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Libre-échange - La transparence s'impose

Jean-Robert Sansfaçon   12 décembre 2011  Canada
Lancées au printemps 2009, les négociations pour un accord de libre-échange Canada-Union européenne en seraient, dit-on, à la phase critique préalable à la conclusion du processus. Même si les enjeux sont importants, l'information fait cruellement défaut, comme on a pu le constater lors du passage en commission parlementaire du représentant du Québec, l'avocat Pierre Marc Johnson.

Sans la sortie publique d'un groupe de députés, dont Louise Beaudoin, Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Amir Khadir, peu de gens seraient au courant de la comparution de M. Pierre Marc Johnson devant une commission parlementaire, jeudi dernier.

Nommé par le gouvernement Charest pour défendre les intérêts du Québec au sein de la délégation canadienne, M. Johnson a vainement tenté de rassurer les députés de l'opposition, n'étant pas en mesure de leur fournir les détails, encore moins les textes au coeur de ces négociations. Le négociateur s'est donc contenté de réponses vagues que l'on pourrait résumer par sa propre affirmation, aussi laconique qu'inquiétante: «Tout est sur la table!»

Le Québec en sortira-t-il gagnant? Tout ce que l'on peut répondre, c'est qu'il faut l'espérer... L'ennui, c'est qu'il risque d'être trop tard pour contester les résultats, car, contrairement aux négociations de libre-échange sous Brian Mulroney, cet Accord économique commercial et global avec l'Europe n'aura jamais fait l'objet de discussions au sein de la société civile.

Depuis aussi loin que Pierre Elliott Trudeau, le Canada a cherché à diversifier ses relations commerciales pour être moins dépendant du géant américain. Malgré cette ouverture, l'Europe ne s'est pas montrée intéressée jusqu'à récemment, trop préoccupée qu'elle était à créer sa propre zone de libre-échange.

Avec l'arrivée au pouvoir de Brian Mulroney, le Canada a rompu avec ces tentatives infructueuses pour concentrer ses efforts sur son principal partenaire, les États-Unis. Après quelques années de négociations, l'Accord de libre-échange allait être adopté, non sans avoir été au coeur de la campagne électorale de 1988, avec le Québec comme grand défenseur.

Quoi qu'en disent ses détracteurs et malgré la présence d'éléments irritants certains, tel le fameux article 11 qui permet à une entreprise de poursuivre un gouvernement, l'ALE puis l'ALENA ont largement profité à l'économie canadienne.

Or, l'entrée en scène récente de la Chine est venue déplacer l'axe des relations commerciales vers l'Asie, tant pour les États-Unis que pour le Canada. Pour ne pas être en reste, Ottawa a dû s'adapter en plaçant cette région du monde en tête de ses priorités, notamment pour la vente de pétrole. Mais pendant que l'Ouest canadien trinque, l'Est peine à maintenir sa place sur le marché américain. C'est pourquoi les négociations en cours avec l'Union européenne doivent être prises au sérieux.

Malheureusement, tant à Québec qu'à Ottawa, on refuse de discuter des enjeux de ces négociations sur la place publique, de peur sans doute d'ouvrir un autre champ de mines politiques. Qu'il soit question d'exemption ou d'exception culturelle, d'aide à l'agriculture, de prix des médicaments ou d'ouverture des marchés publics aux multinationales, on ne compte pas le nombre de sujets litigieux qui mériteraient d'être soumis au débat public. Ce manque total de confiance des gouvernements dans l'intelligence populaire choque et désespère.
 
 
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    12 décembre 2011 08 h 09
    Stage, chef du P.Q.
    Maintenant que nous connaissons les couleurs des Jonhson, Bouchard, Boisclair, nous sommes en droit de penser que chef du P.Q. c'est un stage de choix pour les fédéralistes.

    Jean-Batiste devrait regarder de plus près sous la peau de son mouton, je ne savais pas que des moutons pouvaient avoir de si grandes dents.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    12 décembre 2011 09 h 17
    Et les médias n'ont-ils pas un rôle à jouer?
    Vous écrivez monsieur Sansfaçon que:

    «Sans la sortie publique d'un groupe de députés, dont Louise Beaudoin, Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Amir Khadir, peu de gens seraient au courant de la comparution de M. Pierre Marc Johnson devant une commission parlementaire, jeudi dernier.»

    Je ne comprends pas. Les médias ne sont-ils pas là pour nous informer de ce qu'il se passe à l'Assemblée nationale?

    Est-ce que ce n'est pas à vous les journalistes de nous mettre au courant?
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    12 décembre 2011 09 h 26
    Douter de l'intelligence populaire, ce serait vraiment se confondre soi, et ses préjugés, avec la réalité objective..
    Je vous cite; «Ce manque total de confiance des gouvernements dans l'intelligence populaire choque et désespère.» Je ne suis pas certain que c'est parce que nos dirigeants manquent de confiance en l'intelligence populaire. Tout au contraire, je dirais qu'ils nous cachent des informations parce qu'ils savent que la population n'est pas facile à duper, tellement elle est intelligente.
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  • Diane Leclerc - Abonnée
    12 décembre 2011 09 h 26
    Quand parle la grosse finance
    Quand parle la grosse finance, les pelés, les galeux n'ont qu'à s'incliner. Ce ne sont pas les «crisettes politiques» (mots de P.-M. Johnson) qui les arrêteront.

    Nous l'avons vu en Grèce où la simple perspective de consulter les citoyens au moyen d'un référendum a été vue comme un risque impossible à prendre, une aberration; nous le verrons ici dans cet accord de libre-échange qui risque de faire disparaître les derniers pans de notre autonomie québécoise.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    12 décembre 2011 10 h 10
    Notre système économique et une certaine oligarchie.
    Notre système économique est manipulé de a à z, non pas au nom des intérêts communs, mais plutôt au nom des intérêts d'une certaine oligarchie.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    12 décembre 2011 11 h 15
    Influence réelle ?
    Qui croît que P-M Johnson ou le Québec a une influence réelle sur le déroulement de ces négociations ? -- éventule accord dont il ne faut pas trop attendre beaucoup de concret, l'économie européenne comptant de moins en moins sur l'échiquier mondial. Peut-être des BMW au lieu de Chevrolet pour la SQ ?
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  • Denis Paquette - Abonné
    12 décembre 2011 13 h 02
    Ce n'est pas m"Charest qui va pleurer ca va enfin lui donner l'occasion de justifier son salaire
    Ce que j’ai peur c’est que le libre échange canada-Union européenne soit un traité articuler a en catimini par la haute finance pour asservir le Québec
    En fait le Québec ayant toujours été un empêcheur quelle belle occasion en or (Sic) de l’assoir une fois pour toute
    Quelle belle occasion d’utiliser, la haute finance comme repoussoir pour annuler toutes velléités d’autonomie, de faire en sorte que toutes nos institutions, voire les offices de mises en marché, de développement du territoire, de l’exploitation des richesses naturelles confisqués au nom d’un traité multinational de libre échanges, commandé en catimini par la haute finance
    Plus de problèmes de langues, plus de problèmes d’identité, le Québec n’a que se soumettre ce sont des multinationale qui dictent les règles
    N’est ce pas, un peu ce que Bombardier nous propose actuellement
    Imaginons le même phénomène à tous les niveaux d’activités, supervisé par M. Harper et son armée
    Même Mme. Marois n’y voit que du feu lorsqu’elle dit qu’il faut accumuler la richesse avant de la distribuer.
    Tous les partis politique n'étant plus que l'ombre d'eux meme
    Quelle belle occasion pour un coup fourré pour réglé enfin le probleme québécois, ce n'est pas m"Charest qui va pleuré
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    12 décembre 2011 13 h 07
    Prudence...
    Cet accord devrait revenir ici afin d'être entériné par la population du Québec. Sachant l'appétit vorace de nos oligarques, il pourrait nous en coûter de ne pas nous occuper de nos affaires.
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  • Denis Paquette - Abonné
    12 décembre 2011 13 h 11
    Ne soyez pas naif
    Ne soyons pas naif , ce qui compte en politique ce sont les symboles que ce soit des gros ou des petits libre échanges M.Tétrault le travail de sappe aura été fait , ce que nous avons pris des années a construite sera engloutis et disparus a jamais N'oublier jamais que ces gens se nourrissent des petites gens et qu'ils n'ont aucun remort pensez vous lorsque nous avons perdu 40 milliards lors de la crise que ca leur a fait de la peine, au contraire meme Rousseau est parti la tete haute avec son salaire et une prime et j'espere que vous savez ou il est parti . En bon entendeur je vous salue
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  • Maco - Abonné
    12 décembre 2011 14 h 00
    HA!HA!HA!HA!HA!HAH!AH!AHAHGAGSDFDQYWEDEU
    Faut pas charrier! De quel genre de transparence parlons-nous? Celle de la boue? Celle de la rivière au moment de la crue?

    Simo...k
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