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Libre opinion - Fonds fédéraux et langue nationale

Simon-Pierre Savard-Tremblay, président du forum jeunesse du Bloc québécois  30 novembre 2011  Canada
Il y a cinq ans, la Chambre des communes reconnaissait pour la première fois la nation québécoise. L'utilisation du mot «québécois» (en français) dans le libellé en anglais ne présentait aucune ambivalence quant à la «nation» dont il était question: il s'agissait bel et bien de la majorité française, celle dont la langue constitue la représentation d'une culture nationale héritée de l'histoire.

Cinq ans plus tard, le Canada anglais semble en pleine redéfinition identitaire, utilisant légitimement son État pour sortir du multiculturalisme. Et cela va de soi: la loi démocratique de la majorité a parlé, et les Québécois ne sont et ne seront à jamais qu'une minorité au sein de l'ensemble canadien. Nous aurions tort de nous scandaliser de la nomination d'un vérificateur général unilingue anglais dans la mesure où cette indignation ne nous mènerait nulle part: la majorité canadienne pense à elle. Nous n'avons pas à participer davantage au Canada, car son État n'est pas le nôtre; le Québec devra prendre les responsabilités qui viennent avec la compréhension de cette évidence, et enfin conquérir les pleins pouvoirs sur lui-même.

Cependant, est beaucoup plus sournoise la participation financière du gouvernement fédéral contre la langue française. Nous n'avons qu'à observer la nature des subventions fédérales en matière d'enseignement de l'anglais comme langue seconde, ou le surfinancement de la recherche universitaire provenant d'établissements anglophones. Cinq ans après la reconnaissance de notre nation, et à mesure que la région métropolitaine s'anglicise, Ottawa continue de financer à coups de millions le Quebec Community Groups Network (QCGN), successeur d'Alliance Québec (dont le député néodémocrate Thomas Mulcair a déjà été l'avocat) depuis 1995.

Le Quebec Community Groups Network est le plus puissant des groupes de pression anglophones, regroupant pas moins de 38 organisations. Pour ne citer que quelques exemples du type de prises de position du réseau, il appelait en 2007 à la mise en place d'un système de discrimination positive dans l'embauche d'anglophones au sein de la fonction publique québécoise. De plus, le 22 janvier 2009, le réseau se réjouissait de l'invalidation de la loi 104 sur les écoles passerelles par la Cour suprême du Canada.

En 2006, la ministre Josée Verner a affirmé avoir accordé une aide financière de 13,5 millions de dollars au QCGN pour trois ans et y a ajouté une subvention d'un demi-million en 2008. Dans son rapport annuel pour 2006-2007, le QCGN remerciait d'ailleurs Santé Canada pour son coup de main, lui permettant de faire élire des anglophones à des conseils d'administration d'hôpitaux. Depuis le scandale des commandites, nous savons qu'Ottawa n'a jamais craint de s'ingérer au sein de la démocratie québécoise. Nous ne pouvions cependant pas nous douter que même de simples élections au sein des établissements de santé n'étaient pas à l'abri des fonds fédéraux.

L'État fédéral tente de mettre en place une nouvelle dynamique linguistique favorisant une bilinguisation croissante de nos institutions. Le Québec pourra-t-il compter sur ses députés fédéralistes et centralisateurs pour dénoncer ce fait? Rien n'est moins certain.

***

Simon-Pierre Savard-Tremblay, président du forum jeunesse du Bloc québécois
 
 
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  • Jacques Lafond - Abonné
    30 novembre 2011 04 h 39
    Vous êtes surpris, Monsieur ?
    Ne parlez surtout pas des commandites comme une chose du passé. Les commandites, c'est à dire des détournements massifs de fonds d'Ottawa vers la propagande canadienne, est une chose bien réelle et bien présente.

    Et, il n'y a RIEN de laissé au hasard. RIEN. Chaque petit drapeau canadien, chaque T-Shirt canadian dans les magasins de souvenir du Vieux Montréal, tous les moindres petits détails y passent.

    Les élections d'administrateurs dans les hôpitaux, et la construction d'hôpitaux anglophones payés par les francophones ... Il n'y a rien de laissé au hasard ...
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  • André Fournier - Abonné
    30 novembre 2011 07 h 20
    Fonds féraux et la langue
    Il ne faut pas oublier que ces fonds fédéraux fiancent l'enseignement du français comme langue seconde partout au pays ainsi que les programmes de français langue première partout au Canada. C'est beaucoup plus d'argent que le financement des organismes anglophones au Québec! Mais pour les Québécois, c'est de l'agent gaspillé, car seuls les Québécois ont le droit de parler le français! Quelle nation qui souhaite le génocide culturel de ces confrères ailleurs au pays!
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  • Michel Simard - Abonné
    30 novembre 2011 09 h 19
    @ André Fournier
    En abandonnant la communauté ontaroise pour venir vivre votre retraite au Québec, vous contribuez individuellement beaucoup plus à ce que vous appelez le "génocide culturel de ces confrères ailleurs au pays". De plus, vous contribuez à l'appauvrissement économique de la communauté ontaroise en transférant, par votre présence au Québec, des sommes importantes du fonds de retraite de l'Ontario, des impôts sur retraits des REER et de votre consommation.

    Par ailleurs, si les Québécois vous donnent tant la nausée parce qu'ils sont responsables de tous les problèmes que vivent les communautés franco-canadiennes, que diable faites-vous au Québec, terre de tous ces minables ?

    C'est bien beau de vomir avec des énoncés abstraits, quand on n'applique pas la même logique dans sa vie réelle.
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  • Notsag - Abonné
    30 novembre 2011 09 h 59
    Money talks!
    Donc, le QCGN aurait reçu du fédéral $14M sur trois ans. Cela fait $4.7M par année.

    L'équivalent du QCGN en Ontario se nomme l'Assemblée de la Francophonie de l'Ontario (AFO) - Anciennement l'ACFO. En 2010-2011, Patrimoine Canada a financé l'AFO à hauteur de $1M, sur un budget total de $1.5M
    Réf: http://www.monassemblee.ca/fr/Etats_Financiers_Ver

    Or, selon le recensement de 2006, il y aurait 510,000 personnes de langue maternelle française en Ontario, et 607,000 personnes de langue maternelle anglaise au Québec.

    Donc, si on calcule le financement du fédéral par tête de pipe, on arrive au résultat suivant:

    Anglophone au Québec: $7.74
    Francophone en Ontario: $1.96

    Tirez-en vos conclusions!

    @André Fournier:
    Vous prétendez que le fédéral finance beaucoup plus l'enseignement du français dans le ROC, que l'anglais au Québec.

    Est-ce que vous auriez des chiffres ou références pour appuyer vos dires?
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  • André Fournier - Abonné
    30 novembre 2011 10 h 46
    @michel Simard
    À titre d'information; aucun transfert de plan de pension s'effectue comme suite à ma présence au Québec. Si jamais je retourne en Ontario, possibilité accrue, l'argent y est toujours incluant mon CPP, et mes autres acquis, surtout du fait que je détiens pas de comptes bancaires au Québec. Autres informations: j'ai la possibilité de voter pour un non si jamais les Québécois décident d'entreprendre un vote pour la séparation. Et même plus qu'un vote car nous sommes venus avec des amis! Et ce n'est pas que les Québécois me donnent la nausée, mais surtout parce qu'ils sont bons pour le système digestif!! Je ne vomis pas avec des énoncés abstraits, mais en connaissance de cause, chose que vous préfériez ignorer! Finalement, ça ne me dérange pas de payer des impôts!
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  • André Fournier - Abonné
    30 novembre 2011 11 h 21
    @Notsag
    Vos chiffres ne font que décrire une partie des fonds fédéraux. Vous oubliez que toutes écoles françaises "langue maternelle" et "langue seconde" du pays reçoivent des sommes importantes du fédéral. À titre d'exemple, en 2001, le fédéral avait déversé des millions de dollar à un seul conseil scolaire (celui pour qui je travaillais) pour un seul projet de francisation et d'accès communautaire en informatique. Je ne peux pas parler pour les 11 autres conseils scolaires de la province, mais je sais fort bien que des sommes équivalentes ont été remises aux divers conseils. Il ne faut pas se fier uniquement aux sommes attribuées aux organismes, mais tenant compte des écoles et conseils francophones de tout le pays, l'argent remis est nettement supérieur aux sommes remises aux anglos du Québec! Et vos chiffres quant à la population francophones n'incluent pas les francophones qui s'identifient comme des bilingues et non "francophones".
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  • Notsag - Abonné
    30 novembre 2011 12 h 59
    Ne mélangeons pas les choses!
    @André Fournier:

    Ici, on parle de deux choses distinctes:

    1- Financement des organismes de "lobbying" des minorités de langues officielles en Ontario et au Québec: le QCGN et l'AFO. J'ai donné des chiffres précis et des références pour appuyer mes dires. C'est de cela dont je parle, pas du système d'éducation des minorités de langues officielles.

    Vous dites: "Et vos chiffres quant à la population francophones n'incluent pas les francophones qui s'identifient comme des bilingues et non "francophones".

    Ben non! Pourquoi devrions nous catégoriser les allophones comme francophone ou anglophone? Donnez-moi vos chiffres, si vous en avez qui seraient plus représentatifs.

    2- Le deuxième élément de la discussion concerne l'éducation des minorité de langues officielles au Canada. C'est ce dont vous parlez. pour supporter vos dires, vous me citez une anecdote dans une commission scolaire qui date de 2001. Cela n'est pas vraiment sérieux.

    Je ne dis que ce que vous prétendez est faux (je ne possède pas les chiffres, pas plus que vous). Toutefois, je dis que vos prétentions sont loin d'être démontrés, de quelques façons que ce soit. Alors, permettez-moi d'en douter.
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  • André Fournier - Abonné
    30 novembre 2011 15 h 37
    @Notsag
    Si on parle de fonds pour les groupes de lobbyistes, alors parlons d'argent donné à tous les groupes de lobbyistes. Moi, je veux parler d'argent pour promouvoir la langue française au Canada. Gestionnaire de projets pour les Conseils scolaires en Ontario, je peux vous dire que je parle pas uniquement d'argent remis aux conseils mais aussi d'argent remis pour des projets spéciaux qui serait utilisé pour la promotion du français au pays. Des millions chaque année. Je le sais comme fait puisque je gérais ces projets pendant des années. Ces argents n'allaient pas en salle de classe mais appuyaient les communautés francophones partout dans la province. Les conseils étaient les catalyseurs de projets tout comme l'ACFO et autres. C'est très sérieux, mais encore une fois, les Québécois préfèrent soutenir des arguments qui ignorent la vérité. Que voulez-vous? Je ne peux pas discuter avec des gens qui ne font que nier la vérité. Pour les gens "bilingues", je ne parle pas d'allophones mais de canadiens français qui préfèrent s'identifier comme des bilingues et non des francophones. Encore là, une vérité!
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  • Gilles Arpin - Inscrit
    30 novembre 2011 15 h 51
    Financement des écoles françaises en Ontario
    Le budget 2011 - 2012 du Ministère de l'éducation ontarien pour 8 conseils scolaires catholiques et 4 conseils scolaires publics est de $1,317,360,072. Une partie importante de ces fonds provient du fédéral.

    J'ai compilé ces données pour la présentation au lien suivant, dont le but est l'élimination de l'éducation confessionnelle en Ontario qui résulte en une duplication onéreuse:

    http://www.onessn.com/facts-figures-2/financial-co
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  • Notsag - Abonné
    30 novembre 2011 16 h 54
    Paroles, paroles, paroles,... mais aucune comparaison chiffrée!
    @André Fournier.
    "C'est très sérieux, mais encore une fois, les Québécois préfèrent soutenir des arguments qui ignorent la vérité."

    La vérité, cela se démontre avec des chiffres, et des faits concrets. Pourquoi devrais-je vous croire sur parole?


    "Pour les gens "bilingues", je ne parle pas d'allophones mais de canadiens français qui préfèrent s'identifier comme des bilingues et non des francophones".

    Je référais au recensement 2006 de votre pays sur le nombre de personnes avec langue maternelle française ou anglaise. En connaissez vous beaucoup de citoyens qui ont déclarés avoir une langue maternelle bilingue?
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  • Gilles Arpin - Inscrit
    30 novembre 2011 17 h 12
    Écoles françaises en Ontario (suite)
    Précision importante:

    Il y a 86,014 élèves inscrits aux écoles françaises ontariennes.
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  • Notsag - Abonné
    30 novembre 2011 17 h 13
    Bon départ!
    @Gilles Arpin.
    Enfin, voilà quelque chose de concret. L'éducation pour le secteur francophone en Ontario s'élève à $1.4 milliards (est-ce que cela inclus le réseau universitaire?). Cela serait bien si on pourrait identifier de ce montant, la part du fédéral. Mais, passons.

    Maintenant, il faudrait déterminer le nombre d'élèves que ce montant dessert, pour obtenir un ratio $/élève.

    Ensuite, il faudrait faire la même démarche pour l'éducation des anglophones au Québec.

    Alors là, on pourrait commencer à faire des comparaisons qui auraient un minimum de crédibilité. Peut-être que M. Fournier pourrait nous aider.
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  • André Fournier - Abonné
    30 novembre 2011 18 h 33
    @Notsag
    Et oui, je pourrais en nommer au moins une centaine, et cela dans une petite municipalité! Mais pourquoi me croire? Faites ce que vous en voulez.
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  • Laurent Desbois - Inscrit
    1 décembre 2011 10 h 32
    Liste des régions bilingues du Canada aux fins de la langue de travail
    Liste des régions bilingues du Canada aux fins de la langue de travail

    http://www.tbs-sct.gc.ca/pubs_pol/hrpubs/offlang/c

    À l’extérieur du Québec, on dirait le gruyère des réserves indiennes, des townships en Afrique du Sud ou de la Palestine !!!!

    Le Canada a complètement abandonné sur les francophones dans les quatre provinces de l'ouest, y inclus Saint-Boniface au Manitoba, qui est à 85% anglais aujourd'hui..

    Rare comme de la merde de pape, lorsqu’on s’éloigne des frontières du Québec et surtout…où le nombre le justifie !!!
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  • Laurent Desbois - Inscrit
    1 décembre 2011 10 h 35
    Une plateforme Bloquiste pour défendre tous les francophones du pays
    Une plateforme Bloquiste pour la nation québécoise et la démocratie

    SRC - Société Radio-Canada
    lundi 4 avril 2011

    Défendre tous les francophones du pays

    Le Bloc québécois exigera du gouvernement fédéral qu'il embauche des employés bilingues pour les postes nécessitant la maîtrise des deux langues officielles et qu'il bonifie les primes au bilinguisme. Il note que les Forces armées canadiennes sont « particulièrement coupables » puisque les membres francophones sont tenus de respecter les ordres qui leur sont donnés en anglais, peu importe leur degré de compréhension de la langue.
    Le Bloc se dit aussi le défenseur de toutes les communautés francophones et acadienne du pays et s'engage à continuer de le faire, rappelant qu'il est le parti politique fédéral qui a le plus souvent soulevé des questions à la Chambre des communes sur des enjeux qui touchent le développement et la survie de ces communautés.
    http://www.blocquebecois.org/dossiers/campagne-201
    http://elections.radio-canada.ca/elections/federal
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