Lettres - C-10 et les chiffres sur la criminalité
Me Claude Laferrière, avocat et ex-agent de libération conditionnelle fédéral à la retraite - Le 23 novembre 2011
28 novembre 2011
Canada
Le problème des études des spécialistes des sciences humaines, autrefois dites «sociales» auxquelles on a ajouté les humanités, dont la philosophie et autres, est qu'elles utilisent ad nauseam les données de Statistique Canada.
Or ces données en matière de justice et de criminalité visent pour l'essentiel les crimes violents. Il manque tout le secteur des infractions reliées aux drogues et autres substances illicites. Pourquoi a-t-on commis cette omission? On les considère comme des crimes non violents. Peut-on aussi raisonnablement penser qu'un certain «lobby» en faveur de la décriminalisation a réussi à se faire entendre?
Je soulevais l'argument de ce trou statistique à l'occasion d'une émission de la SRC à Citoyens avertis en compagnie de Me Gilles Ouimet et de l'animateur Simon Durivage.
Par ailleurs, à voir les opérations policières se multiplier contre les trafiquants de drogue et le crime organisé en général, il apparaît que, si la criminalité «primaire» diminue (vols de dépanneur, agressions contre les plus vulnérables), la criminalité dite «secondaire» ou organisée, elle, prend de l'expansion, mais elle plus difficile à démontrer: je le répète, les statistiques en lien avec les substances illicites et le gangstérisme sont presque inexistantes.
Dans ma pratique au Service correctionnel du Canada, je constatais au quotidien que l'immense majorité des crimes violents sont causés par des personnes intoxiquées: il est difficile de ne pas faire de lien entre la consommation et la violence. Mais cette violence est de moins en moins dans la rue, donc moins visible, et davantage au sein des gangs... et dans le milieu familial (violence conjugale et entre parents et enfants).
Facile à vérifier, faites l'exercice: les ressources en désintoxication débordent au Québec, de même que les refuges pour femmes violentées et les Centres Jeunesse.
***
Me Claude Laferrière, avocat et ex-agent de libération conditionnelle fédéral à la retraite - Le 23 novembre 2011
Or ces données en matière de justice et de criminalité visent pour l'essentiel les crimes violents. Il manque tout le secteur des infractions reliées aux drogues et autres substances illicites. Pourquoi a-t-on commis cette omission? On les considère comme des crimes non violents. Peut-on aussi raisonnablement penser qu'un certain «lobby» en faveur de la décriminalisation a réussi à se faire entendre?
Je soulevais l'argument de ce trou statistique à l'occasion d'une émission de la SRC à Citoyens avertis en compagnie de Me Gilles Ouimet et de l'animateur Simon Durivage.
Par ailleurs, à voir les opérations policières se multiplier contre les trafiquants de drogue et le crime organisé en général, il apparaît que, si la criminalité «primaire» diminue (vols de dépanneur, agressions contre les plus vulnérables), la criminalité dite «secondaire» ou organisée, elle, prend de l'expansion, mais elle plus difficile à démontrer: je le répète, les statistiques en lien avec les substances illicites et le gangstérisme sont presque inexistantes.
Dans ma pratique au Service correctionnel du Canada, je constatais au quotidien que l'immense majorité des crimes violents sont causés par des personnes intoxiquées: il est difficile de ne pas faire de lien entre la consommation et la violence. Mais cette violence est de moins en moins dans la rue, donc moins visible, et davantage au sein des gangs... et dans le milieu familial (violence conjugale et entre parents et enfants).
Facile à vérifier, faites l'exercice: les ressources en désintoxication débordent au Québec, de même que les refuges pour femmes violentées et les Centres Jeunesse.
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Me Claude Laferrière, avocat et ex-agent de libération conditionnelle fédéral à la retraite - Le 23 novembre 2011
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