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La réplique bilinguisme - Harper, homme bilingue

Elmer Smith - Franco-ontarien et juge à la retraite de la Cour suprême de l'Ontario  10 novembre 2011  Canada
Stephen Harper n’a cure du bilinguisme ni de se mettre à dos le Québec. Au contraire, il fait tout pour se l’aliéner. Et pourtant, il y a fort à parier qu’il serait le dernier à lésiner, le temps venu, sur les moyens à prendre pour empêcher la mise en œuvre de l’indépendance du Québec.<br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Stephen Harper n’a cure du bilinguisme ni de se mettre à dos le Québec. Au contraire, il fait tout pour se l’aliéner. Et pourtant, il y a fort à parier qu’il serait le dernier à lésiner, le temps venu, sur les moyens à prendre pour empêcher la mise en œuvre de l’indépendance du Québec.

À retenir

    Les déclencheurs › Une autre étape

    Dans sa chronique intitulée «Free-for-all», publiée le 5 novembre dernier dans Le Devoir, Michel David écrivait:

    «La nomination d'un autre juge unilingue à la Cour suprême [Michael Moldaver] il y a deux semaines n'avait donc rien d'étonnant, mais M. Harper est passé à une autre étape dans la révision du bilinguisme officiel cette semaine en imposant celle de Michael Ferguson au poste de vérificateur général, qui relève non pas du gouvernement, mais du Parlement, alors que le bilinguisme était formellement exigé pour occuper cette fonction.»

    Le même jour, dans sa chronique intitulée «Identité et Canada», Denise Bombardier écrivait:

    «Pourquoi alors se formaliser du recul du bilinguisme auquel tant d'entre nous n'ont jamais cru? Et si le Canada de Stephen Harper était en train de voter non à la question qui tue: «Voulez-vous continuer de contenir le Québec au sein du Canada?» Combien de fois, à la blague ou par provocation, n'avons-nous pas entendu des astrologues politiques familiers des configurations des planètes prédire l'expulsion de la fédération canadienne de ce Québec si turbulent et trouble-fête?»
En lisant les chroniques de Michel David et de Denise Bombardier dans le Devoir du samedi 5 novembre concernant le sempiternel problème du bilinguisme pancanadien, il m'est apparu qu'il était peut-être temps pour les francophones hors Québec de commencer à se dire les vraies affaires, selon l'expression consacrée de par chez nous.

Ce que M. David et Mme Bombardier, à la suite de plusieurs sociologues tels Hubert Guindon et Roger Bernard pour n'en nommer que deux (comme par hasard franco-ontariens) qui savaient lire les sondages et les statistiques navrantes sur le recul du français hors Québec, ce que ces deux chroniqueurs, dis-je, ont conclu, se retrouve en résumé dans le dernier livre de Bernard, prématurément décédé depuis, intitulé Le Canada français: entre mythe et utopie.

«Ce fut un beau rêve, celui d'un Canada français à l'intérieur d'un pays bilingue et biculturel. Malheureusement, le Canada français demeure à ce jour un pays mythique. Juridiquement, politiquement et constitutionnellement il n'a jamais existé. C'est une pure construction de l'esprit. Il a existé dans l'imaginaire des Canadiens français en mal de pays, se sentant à l'étroit dans le Canada britannique d'après la Conquête. Or, si le Canada est officiellement un pays bilingue, il est effectivement, dans la vie de tous les jours, un pays de langue anglaise et de culture anglo-saxonne. Dans ce contexte, le Canada français ne verra jamais le jour; c'est un projet impossible, une utopie.»

Mythe ou utopie

Un pays bilingue a mari usque ad mare fut donc un mythe ou une utopie. Hors Québec, point de salut. René Lévesque ne disait pas autre chose quand il a lancé dans une salle comble à Timmins, en Ontario, alors qu'il était encore ministre dans le gouvernement Lesage: si vous voulez vivre en français, venez-vous-en chez nous, partout ailleurs vous êtes des dead ducks.

Les francophones hors Québec lui en ont voulu, mais il disait vrai. Je ne dis pas, par contre, de cesser pour autant de nous battre ou qu'il faille nous mettre à dénigrer les efforts courageux, les miens comme ceux des autres, pour nous tailler une place et essayer de survivre dans cet espace étranger qu'est le Canada hors Québec. Ne nous faisons pas d'illusion: le Canada hors Québec fut et continue d'être une terre hostile à la culture et à la langue françaises de par son histoire et son existence même au sein de la grande mer nord-américaine tout aussi anglaise.

Ne pas nous surprendre donc de la minorisation extrême de nos effectifs francophones. Il reste quand même, faut-il le souligner, qu'il n'y a rien de plus noble et de plus louable pour nous que d'affirmer notre identité et de tenter de la conserver contre vents et marées le plus longtemps possible, du moins jusqu'à ce que la réalité nous rejoigne. Or, la réalité est maintenant à nos portes. Elle y est depuis belle lurette selon plusieurs.

De la suite dans les idées

À preuve, la prise de contrôle par Harper de manière presque absolue le 2 mai dernier sur la destinée nationale des francophones du pays. Pour la subjuguer, de toute évidence, et non pour la faire éclore. Ses interventions en français sur la place publique sont un leurre fait pour endormir. Et pour notre malheur, la conjoncture lui est favorable: les autres partis fédéralistes ne seront pas en mesure encore longtemps d'infléchir la tendance; le Canada hors Québec s'anglicise à la vitesse grand V; la souveraineté au Québec perd son souffle et la mondialisation favorise la droite.

Si Harper a de la suite dans les idées, comme le dit Michel David, Lord Durham aussi en avait, ainsi que la vaste majorité des anglophones du pays qui viennent tout juste de donner enfin à Harper sa très chère majorité. Le Canada pour tout ce beau monde est, a été et pour fort longtemps sera un pays unitaire anglais, britannique d'esprit et sous l'oeil bienveillant de Dieu, sauf pour les trouble-fête québécois dont ils auront un jour raison. Les libéraux, sous Pearson d'abord, et ensuite sous Trudeau et Chrétien, ont faussé le débat. Ils l'ont fait généralement de bonne foi, avec un oeil sur les élections pour plusieurs d'entre eux, en mettant l'accent sur le bilinguisme à l'échelle du pays.

Aucune note discordante donc entre Harper et le Canada anglais. Quand il reprend le bâton du pèlerin pour donner suite aux idées de Durham, il est en accord avec la vaste majorité des Canadiens anglais. Et puisque la démocratie s'articule autour du concept de majorité, l'on peut dire que Harper, déjà gagné à leurs vues sur le bilinguisme depuis longtemps, ne peut que favoriser ses intérêts politiques en rejetant le bilinguisme en esprit et en acte, sauf toujours pour la présence (jusqu'à nouvel ordre) du Québec dans la Confédération.

Mais qu'à cela ne tienne, il n'a pas, pour gagner ses élections, à se préoccuper outre mesure de cette présence, ni à se montrer généreux ou compréhensif à l'égard des communautés francophones minoritaires. Il peut gouverner sans elles et le faire selon sa conception anglaise unitaire du pays, fort de l'appui indéfectible du Canada anglais qui croit dur comme fer que le Canada n'est pas bilingue en dépit de la Loi sur les langues officielles.

Vision ultraconservatrice du monde

Par ailleurs, et c'est désormais ce qui importe, en dehors du débat linguistique il y a d'autres réalités politiques auxquelles on doit faire face. Harper n'est majoritaire que grâce à l'appui de 25 % de l'électorat. Si, dans sa vision unitaire du pays en matière de bilinguisme, une majorité encore beaucoup plus grande que le quart de la population canadienne est prête à le suivre, ainsi que je crois, je doute que le Canada soit disposé de plein gré et dans une proportion majoritaire à se faire enfoncer dans la gorge sa vision ultraconservatrice du monde.

Bien qu'il ne faille pas écarter complètement la filière linguistique, la lutte sera plutôt faite pour des raisons humanitaires. Les francophones hors Québec sont d'avis, je pense, qu'il est urgent d'agir. À eux et aux autres Canadiens progressistes de choisir le véhicule le plus apte à la tâche, soit le Parti libéral ou le Nouveau Parti démocratique ou un tout nouveau parti s'il le faut. Si à la fin les francophones du pays sortent gagnants de l'engagement, ils recueilleront l'avantage additionnel de voir leur langue et leur culture survivre plus longtemps.

Comment diable a-t-on fait, se demande la majorité des Canadiens, pour élire un tel homme? Il y a, j'espère, dans mes élucubrations un embryon de réponse à cette question lancinante. Ce qui est clair, Harper n'a cure du bilinguisme ni de se mettre à dos le Québec. Au contraire, il fait tout pour se l'aliéner. Et pourtant, il y a fort à parier qu'il serait le dernier à lésiner, le temps venu, sur les moyens à prendre pour empêcher la mise en oeuvre de l'indépendance du Québec advenant un vote favorable. Et ce, au nom de l'unité de la nation canadienne alors qu'il s'acharne à la diviser à tour de bras. Par ses agissements, il pousse les Québécois vers la sortie tout en se préparant à les retenir de force afin de ne pas compromettre l'unité du pays. Cherchez la logique ou le paradoxe.

***

Elmer Smith - Franco-ontarien et juge à la retraite de la Cour suprême de l'Ontario
 
 
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  • Pierre Schneider - Abonné
    10 novembre 2011 06 h 51
    Ententes de non agression
    Monsieur le juge, j'ai lu avec énormément d'intérêt vos propos et vos constatations fort justes sur l'état déplorable du sort des francophones hors Québec. Et, si la tendance se maintient au rythme où elle va, vos petits-enfants seront totalement anglicisés et intégrés à ce Canada qui montre enfin son vrai visage, celui d'un pays unilingue et monarchiste qui continue de mettre en oeuvre les recommandations de Lord Durham.
    Je ne crois pas que le NPD ou le Parti libéral ne puisse renverser cette tendance lourde. Mais je pense qu'un Québec-pays serait plus en mesure de porter secours aux irréductibles francophones hors- Québec en établissant un traité avec le ROC, spécifiant que , au nom de la justice et des droits traditionnels, le Québec serait prêt à accorder aux anglophones habitant sur son territoire le même traitement que celui que le Canada réserve aux francophones disséminés dans le grand Canada anglais.
    C'est ce qui s'appelle, vous en conviendrez, un pouvoir de négociation d'égal à égal. Et c'est ce que je nous souhaite à tous.
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  • Denis Paquette - Abonné
    10 novembre 2011 07 h 31
    Un petit effort M. le juge, le monde est en train de changer
    M. Le juge votre analyse m’apparait très convenue. Que vous nous parliez de l’attrait de la culture anglaise au moment où elle est mise en cause partout dans le monde est tout à fait ironique. Vous n’êtes pas s’en savoir qu’avec la mondialisation, que nous devons compter maintenant sur les pays émergeants pour nous tenir à flot. A partir de ce constat, il est facile pour moi de vous dire, que peut être le monde de demain ne ressemblera pas à celui d’hier. En ce domaine monsieur le juge, nécessité fait loi. Pensons seulement au Québec, d’hier, qui était complètement colonisé et aliéné, et s’est donner en l’espace d’un demi-siècle des structures et des organisations, faisant l’envie de tout le Canada. Bon nos producteurs d’huile de l’ouest ne me semblent pas si inspirés et me semblent plutôt une génération en retard sur leur temps. Il y aura, soyez en sûr « backlash. »
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  • Yv Bonnier Viger - Abonné
    10 novembre 2011 10 h 25
    Pour changer les choses
    Francophones du Canada, refusons de parler anglais dans toutes les instances fédérales !

    J'ai assez d'ami(e)s au Canada anglais pour croire que la majorité des canadiens et des canadiennes n'appuient pas la politique d'assimilation linguistique. Nous sommes des milliers de francophones à participer à des comités et autres instances fédérales ou interprovinciales. Si nous cessons de parler anglais à ces rencontres, nos collègues bilingues se verront valorisés puisque les unilingues seront hors-jeu. On peut renverser la tendance. À nous de faire montre de détermination.
    Une telle attitude renforcera le respect mutuel. Les anglophones parleront leur langue et nous parlerons la nôtre. Le respect ne se quête pas. Il s’impose, réciproquement…
    Yv
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    10 novembre 2011 10 h 36
    Le silence des fédéralistes
    Sous des apparences de pays démocratique, le Canada, maintenant dominé par les conservateurs, fait en fait figure de despotisme doux relativement à sa minorité francophone. Maintenant qu'il n'existe plus de leaders francophones à Ottawa, les attaques antifrancophones fusent de toute part et c'est un profond silence qui surgit des voix fédéralistes au Québec.

    Il est choquant de constater que Jean Charest, en fait seul politicien de premier plan de langue française au Canada, n'a pas osé prendre position devant cette guégerre antifrancophone des conservateurs.

    Bien sûr que Harper et les conservateurs sont très dangereux pour nous francophones. Toutefois, Jean Charest, Christine St-Pierre et de nombreux fédéralistes québécois le sont encore plus par leur silence. Le message qu'ils envoient à tout le monde, «Canadians», groupes ethniques et francophones «flottants», c'est que Harper a peut-être raison de faire ce qu'il fait.

    La question est maintenant de savoir combien de temps le Québec demeurera impuissant devant la ruse des fédéralistes consistant à faire croire aux Québécois que le Canada est un pays bilingue et qu'il est possible que les «Canadians» veuillent bien s'entendre avec les Québécois. Les Québécois doutent encore de la souveraineté pour régler le problème. Toutefois, entre deux mots, peut-être faudrait-il choisir le moindre, c'est-à-dire la souveraineté, puisque le rêve fédéraliste s'avère de plus en plus inopérant.

    Bernard Dupuis, Berthierville
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 novembre 2011 11 h 04
    Point aveugle
    De toute évidence, vous n'avez pas lu jusqu'au bout.

    "Ce qui est clair, Harper n'a cure du bilinguisme ni de se mettre à dos le Québec. Au contraire, il fait tout pour se l'aliéner. Et pourtant, il y a fort à parier qu'il serait le dernier à lésiner, le temps venu, sur les moyens à prendre pour empêcher la mise en oeuvre de l'indépendance du Québec advenant un vote favorable. Et ce, au nom de l'unité de la nation canadienne alors qu'il s'acharne à la diviser à tour de bras. Par ses agissements, il pousse les Québécois vers la sortie tout en se préparant à les retenir de force afin de ne pas compromettre l'unité du pays."

    J'ai beau n'être qu'une femme innocente (!), c'est ce que contenait aussi mon commentaire sous la chronique de Denise Bombardier.
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  • Yves Côté - Abonné
    10 novembre 2011 12 h 50
    Merci Monsieur le juge...
    Merci Monsieur le juge.
    Enfin un discours de réalisme pur est entendu (lu...) du côté de nos soeurs et frères du ROC. Pour tout vous dire, j'en désespérais presque d'un jour en apprécier la saveur.
    Une seule nuance me paraît utile, si vous me le permettez ?
    Vous écrivez "des Canadiens français en mal de pays, se sentant à l'étroit dans le Canada britannique d'après la Conquête...".
    Sans vouloir diminuer en rien la qualité de votre texte et encore moins la réflexion préalable (longue et entêtée je crois...) qui y fut nécessaire, en réalité, comme ce sentiment collectif ne fut pas immédiat après la chute du Régime français mais qu'il se construisit peu à peu sur des bases individuels, il serait plus juste de dire que nos anciens se sentaient de plus en plus à l'étroit avec le temps qui s'écoulait; par les exigences de plus en plus pressantes des nouveaux arrivants Anglais loyalistes à représenter le vrai Canada...
    Ce qui se prolonge aujourd'hui, selon moi, dans le sentiment de plus en plus général au Canada anglais que les francophones n'y comptent finalement que pour pas grand chose.
    A part pour les récriminations durables et irritantes qu'ils lui manifestent, bien entendu...
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  •  
  • michel lebel - Inscrit
    10 novembre 2011 13 h 12
    Les grandes exigences du fédéralisme canadien
    Le Canada est un pays multinational, dont la nation(francophone) du Québec. Aucun premier ministre du Canada ne peut faire fi de cette donne. En raison du fait historique de cette présence et vie francophone, le gouvernement fédéral et ses principales institutions se doivent d'être bilingues. Rigoureusement et qualitativement bilingues. Pas un baragouinage dans une des langues officielles .Cette exigence de qualité est une question de respect.

    Le fédéralisme canadien comporte nécessairement de fortes exigences. C'est le prix à payer pour qu'il fonctionne bien et qu'on s'y sente aussi bien. Sinon, mieux vaut qu'il éclate. Stephen Harper et son parti ne se comportent pas comme des fédéralistes responsables. Ils se comportent plutôt comme des Canadiens (ou Canadians) bornés, stupides, voulant ignorer ce qui fait la spécificité du Canada à savoir que le pays est une fédération et une fédération multinationale. Oublier cela et vous courez à l'éclatement.


    Michel lebel
    Ancien professeur de droit constitutionnel
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 novembre 2011 14 h 47
    Mais ce titre?
    Ce titre a-t-il été choisi par l'auteur du texte?

    Il me semble qu'il n'en résume pas du tout le contenu ni l'esprit.
    Il n'incite pas à le lire, pourtant, il est des plus intéressants.
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  • Roland Berger - Abonné
    10 novembre 2011 17 h 50
    Une propagande réussie
    Je vis en Ontario depuis bientôt six ans. La propagande fédéraliste y a très bien réussi. Les Franco-Ontariens ont une peur viscérale d'une possible indépendance politique du Québec. Ils ne comprennent pas qu'un Québec souverain constitue leur seul espoir de reconnaissance de leurs droits de minorité linguistique dans le ROC.
    Roland Berger
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 novembre 2011 19 h 00
    Rapatriement de la francophonie
    Oui, Comme le suggéra donc René Lévesque par le passé, on pourrait très bien envisager que tous les francophones du Canada viennent se "réfugier" au Québec, fuyant la menace conservatrice.

    On comblerait ainsi du même coup une partie des problèmes de la démographie chancelante du Québec ainsi que ceux relatifs au vieillissement de la population. L'immigration ne serait pas liée à la survie économique de façon aussi pressante, dramatique, périlleuse.
    La francophonie s'en trouverait renforcée directement et sans tergiversations ou tataouinage.

    Il pourrait entrer au Québec 50 000 Canadiens francophone par année...
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  • L'ex-Canard - Inscrit
    10 novembre 2011 19 h 58
    Des communautés "vibrantes"
    C'est comment l'organisme porte-parole des francophones hors-Québec continue à nous endormir...
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  •  
  • Gilles Arpin - Inscrit
    11 novembre 2011 07 h 00
    Ça porte à réflexion…

    Extrait d’un article publié il y a plusieurs années par le Conseil de la vie française en Amérique et autres média hors Québec, intitulé: "Réflexions sur la francophonie hors Québec":

    "Après une très longue réflexion pour faire le point, je me suis rendu compte que je perdais mon temps à essayer de motiver des francophones qui ne veulent pas être motivés. A London, je regarde avec envie la fierté des communautés italienne, allemande, portugaise, espagnole, polonaise, grecque et même les "Maritimers" qui, sans octroi de Patrimoine canadien ou soutien autre que leurs propres efforts, se sont dotées de centres communautaires vivants et représentatifs de leur patrimoine. Pourquoi les francophones n'ont-ils pas cette ferveur?
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  • Gilles Arpin - Inscrit
    11 novembre 2011 07 h 02
    Ça porte à réflection... (suite)
    J'ai cherché longtemps pour trouver un remède à cette inertie et je crois avoir réussi. J'ai pris conscience d'un autre groupe qui, en raison de certains choix, est souvent isolé et manque de ressources pour atteindre ses buts. Il s'agit des nombreux parents qui continuent d'inscrire leurs enfants dans des écoles d'immersion française, et les parents non francophones qui poussent pour les inscrire dans nos écoles "français langue première" (c'est ainsi qu'on appelle nos écoles en Ontario), dont six sont à London (3 catholiques et 3 publiques, d'où les chicanes).

    Ces anglophones sont plus convaincus que bien des francophones de "souche" sur l'importance du français dans leur vie, et un grand nombre sont membres de "Canadian Parents for French" (fpf.ca), un organisme anglophone qui milite très fort et très ouvertement pour la francophonie au Canada et qui s'est impliqué en notre faveur lors du processus du CRTC mentionné plus haut.


    Très peu est fait pour les rapprocher de nous, même si nous avons la francophonie comme point de ralliement. Je travaille donc à développer des opportunités pour nous "connecter" avec ces gens et permettre à leurs enfants de pratiquer leur français avec les nôtres. Cela permettra aux nôtres de réaliser que si tant d'anglophones mettent tant d'effort pour apprendre le français, ça doit être important pour les francophones de conserver leur langue.

    Gilles Arpin
    Vice-président
    CSDCSO.ON.CA"
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  • Laurent Desbois - Inscrit
    11 novembre 2011 16 h 48
    Le parti Libéral du Canada a perdu sa raison d’être.
    Le parti Libéral du Canada a perdu sa raison d’être.

    Le Parti Libéral du Canada est le parti des minoritaires. Parce que c’est normal pour tout être humain de faire parti d’une majorité, ils ont perdu leurs quatre bases électorales. Je m’explique.
    1.) Ils avaient le vote des Canadiens-Français du Québec. Depuis la révolution tranquille, ceux-ci se sentent majoritaires et sont devenus Québécois, ils votent donc plus à gauche maintenant (Bloc-NPD).

    2.) Les Francophones hors-Québec s’assimilent à la majorité Anglaise, pour devenir Canadian. Ils votent donc NPD ou Conservative, dépendant s’ils sont de gauche ou de droite. (ex. St-Boniface au Manitoba et Chéticamp, N-É qui sont allés Conservateur. Bathurst au N-B et le nord de l’Ontario qui sont allés NDP).

    3.) Les immigrants aussi, qui après deux générations, s’assimilent aux Anglais et deviennent Canadian (NPD-Conservateur). Ils sont donc une clientèle d’électeurs éphémères, à renouveler constamment.

    4.) Et la dernière minorité, les Anglais du Québec. C’est tout ce qui reste (libéral), mais c’est très limité, avec quelques contés dans le West-Island.
    Comme vous voyez, ce n’est pas une question de chef, même si ceux-ci ne sont pas forts. Les deux derniers Dion-Ignatieff ont été choisis par défauts, parce que personne ne veut être chef d’une gang de loosers systémiques et chroniques.
    Le parti libéral a toujours été un regroupement de minoritaires et aujourd’hui ils récoltent ce qu’ils ont semé… leur clientèle historique est devenu adulte et s’est affranchie.

    Prochainement, il ne restera que deux nations souveraines le Québec et le Canada…. Le parti Libéral aura bientôt perdu sa raison d’être. Nous seront tous majoritaires et le parti libéral disparaîtra paisiblement. Ce sera la fin du beau rêve à Trudeau et on en parlera dans les livres d’histoire comme un exemple à ne pas suivre.
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