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Adieux obligés à Dimitri Soudas

Des fonctionnaires ont été forcés d'assister à la fête de départ de l'ancien directeur des communications de Stephen Harper

Hélène Buzzetti   10 novembre 2011  Canada
Dimitri Soudas a quitté définitivement ses fonctions le 4 septembre dernier.<br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Dimitri Soudas a quitté définitivement ses fonctions le 4 septembre dernier.
Ottawa — L'ancien directeur des communications du premier ministre canadien, Dimitri Soudas, aura fait grincer des dents certains fonctionnaires jusqu'à la fin de son mandat. Près de 200 fonctionnaires de haut rang ont été obligés par le Conseil privé d'assister à un événement soulignant son départ. Ils s'étaient plutôt fait dire que la rencontre porterait sur les communications du gouvernement fédéral.

Selon les informations recueillies par Le Devoir, le bureau du Conseil privé a convié en août les grands patrons des communications de chacun des ministères du gouvernement fédéral — sous-ministres adjoints et directeurs généraux — à une «réunion spéciale» dont l'ordre du jour n'était pas précisé. Nulle part n'était-il précisé qu'il s'agissait aussi de souligner le départ de M. Soudas. Chacun pouvait se présenter à la réunion accompagné de cinq membres seniors de son équipe de direction.

En tout, 188 personnes se sont déplacées. Elles ont eu droit à une présentation du grand responsable des communications du Conseil privé, Jonathan Massey-Smith. Selon un des fonctionnaires présents, ce discours était totalement inutile tellement il était général, tandis qu'un autre, favorable au gouvernement conservateur, l'a qualifié d'«étoffé». Il y était question du renouvellement du site Internet du gouvernement et du service de monitorage des médias.

À mi-chemin de la réunion, M. Massey-Smith et son adjointe principale, Anne Marie Smart, ont repris la parole pour faire une longue eulogie de Dimitri Soudas et lui offrir un cadeau, soit une photo encadrée de lui devant le parlement. M. Soudas a aussi fait un long discours.

«Cette réunion était un peu plus exceptionnelle parce qu'on avait invité toute la communauté des communications», explique le porte-parole du Conseil privé, Raymond Rivest. D'habitude, seul un responsable par ministère participe à ce genre de rencontre. «Le but était de parler de notre initiative de modernisation des communications et aussi de souligner le départ de M. Soudas et de lui présenter un petit mémento.» Comme M. Soudas a été en poste longtemps, «on a trouvé que c'était tout à fait approprié». Les fonctionnaires ont-ils eu le choix de quitter la rencontre plus tôt s'ils ne désiraient pas assister à la portion destinée à Dimitri Soudas? «Non, ça faisait partie de l'événement», répond M. Rivest.

Certains fonctionnaires présents ont qualifié de «déplacé» le discours de M. Soudas. Il a expliqué qu'au début du mandat conservateur, il n'avait pas une haute estime des fonctionnaires, mais qu'il avait changé d'avis à leur contact. Il imaginait, a-t-il raconté, que la fonction publique fédérale, vendue au Parti libéral, ne coopérerait pas avec le nouveau gouvernement.

Contre leur gré

Plusieurs fonctionnaires présents se sont sentis embrigadés dans un «party» de départ contre leur gré. Certains auraient voulu partir, mais ils n'ont pas osé le faire. Ils se sont surtout sentis attirés sous un prétexte. Certains croyaient que cette réunion serait l'occasion de discuter d'une politique de communication uniforme pour répondre aux médias à propos des coupes de 4 milliards de dollars dans la fonction publique.

La rencontre a eu lieu le 30 août dernier, soit cinq jours avant le départ définitif de M. Soudas.

Peter Donolo a occupé la même fonction que Dimitri Soudas pour Jean Chrétien. Il se rappelle que quelques fonctionnaires étaient présents à sa fête de départ. «Mais je ne pense pas que c'était obligatoire d'y aller!», raille-t-il.

Une autre personne ayant occupé des fonctions similaires et qui requiert l'anonymat a aussi invité certains fonctionnaires à son party de départ, mais sans plus. «Compte tenu du fait que M. Soudas était quand même un personnage controversé, je suis persuadé que des gens se sont sentis froissés s'ils se sont sentis obligés d'y participer.»

Donald Savoie, professeur en gouvernance à l'Université de Moncton et auteur de livres sur l'administration publique, se préoccupe de cet événement. «C'est la première fois que j'entends ce genre d'histoire. Ce n'est pas fréquent du tout.» Fonctionnaires et politiques doivent collaborer, insiste

M. Savoie, «mais pour préserver la neutralité de la fonction publique, son professionnalisme, sa non-partisanerie, c'est important de faire la distinction entre fonction publique et politique. Alors, de ne pas avoir avisé les gens qu'il y aurait une réception pour M. Soudas, je trouve cela un peu osé».
 
 
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  • Marc Chenier de Laval - Inscrit
    10 novembre 2011 07 h 52
    C'est entre-autre pour cela que j'ai quitté
    Ce gouvernement pratique "la politique" d'une façon qui fait honte aux canadiens-québécois progressistes! Un autre exemple de leurs approches pour lesquelles j'ai eu honte de travailler dans ce gouvernement que nous ne pourrons se débarrasser d'ici 2015! Et il vont couper 10 % des budgets d'opération pour émasculer toute capacité d'intervention gouvernementale pour le bien public, c'est leur religion!

    Honte pour le Canada....
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  • northernbud - Inscrit
    10 novembre 2011 08 h 10
    Pente glissante
    Ça commence à ressembler à de la dictature cette façon de gouverner.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    10 novembre 2011 08 h 24
    PCC
    Ce sont des méthodes de gouvernance qui ressemblent à s'y méprendre aux séances staliniennes du Parti Communiste Chinois! C'est pas peu dire!
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    10 novembre 2011 09 h 37
    Harper dictateur
    Même si ça rime en crime (?) les faits et gestes du "Premier Canadian résolutely WASP-orangist" ne font que confirmer sa "royale de droit divin" conception personnelle. Il travaille à la régression du Canada et à la sortie du Québec de cette fédération de cons... Les souverainistes québécois sauront-ils en profiter? ou continueront-ils à vivre à genoux devant leurs conquérants méprisants et francophobes du ROC ?
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  • André Fournier - Abonné
    10 novembre 2011 10 h 20
    Que voulez-vous?
    On a élu ce gouvernement. Entres autres, les Québécois s'en prennent aux Libéraux, le seul parti qui pouvait empêcher ce gouvernement à devenir majoritaire. On mérite ce que nous avons élu! Aussi simple que cela! Tant et aussi longtemps qu'on boudera les autres partis, on aura ce gouvernement! POUR PLUSIEURS ANNÉES!!!
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  • Jacques Lafond - Abonné
    10 novembre 2011 10 h 26
    Bla Bla Bla ...
    Franchement, on s’en fout-tu …
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    10 novembre 2011 10 h 39
    Pas étonnant
    Les conservateurs ont une vision partisane de la fonction publique et c'est la raison pour laquelle ils croyaient que les fonctionnaires étaient tous des partisans libéraux quand ils ont pris le pouvoir. Ils voient la fonction publique comme une extension du PCC et ils font tout pour la politiser. Si ça ne fait pas l'affaire de certains, ils n'ont qu'à démissionner et ils seront remplacés par quelqu'un de plus « malléable »...

    Cela est complètement inadmissible dans une démocratie moderne et ça démontre qu'en fin de compte le Canada est loin d'être cette démocratie modèle que certains prétendent.
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  • michel lebel - Inscrit
    10 novembre 2011 10 h 45
    D'autres clowneries à venir!
    Ils sont de dangereux clowns ces conservateurs! Il faut s'attendre à d'autres belles surprises! Comme le remplacement du "Ô Canada" par le "God Save the Queen". Quant à y être!
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  • vision - Inscrit
    10 novembre 2011 11 h 36
    ancienne allemagne de l'est
    Sa commence a ressembler a la stasi
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    10 novembre 2011 14 h 46
    Pour mieux comprendre la stratégie des Cons...
    Lisez "Le Magicien" un roman de Sergio Kokis, Éditions XYZ Montréal 2002, 284 pp. sur le dictateur paraguayen Alfredo Stroesssner et son secrétaire en 1990... C'est ce qui nous attend si on laisse Harper gouverner le Canada assez longtemps... J'espère être parti pour un monde meilleur quand ça arrivera ...
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  • hugues2 hugues2 - Inscrit
    10 novembre 2011 17 h 38
    Une dictature élue et qui gouverne comme tel
    Ils vous demandent votre avis aux quatre ans et après ils se comportent comme des dictateurs, de toute façon Haper est un quasi-monarque, prérogative royale oblige.

    Quant à Soudas, je ne l'ai guère en estime, au dernier somment sur l'environnement il s'est comporté comme un petit "bum".
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  • d.lauzon - Inscrit
    11 novembre 2011 12 h 47
    Il est bien vrai de dire qu'Harper dirige le pays comme un dictateur
    Depuis 7 mois qu'Harpeur a été élu PM du Canada majoritaire et on peut dire qu'il ne se gène pas pour imposer ses politiques ultra-conservatrices et tout ça à un rythme accéléré.

    Les trois partis d'opposition qui sont tous affaiblis (NPD depuis la mort de Jack Layton, le PLC qui n'a pas de chef officiel et le Bloc représenté par seulement quelques élus) n'offrent aucune résistance aux Conservateurs.

    Ce qui se passe à la Chambre des Communes nous désole et savoir que nous aurons à endurer ça pour les 4 ou 5 prochaines années a de quoi nous dégoûter de la politique.

    On peut toujours s'exprimer ici ou ailleurs dans d'autres médias mais on sait très bien qu'Harper ne lira jamais nos commentaires. La lecture n'est pas son fort et que quand il se donne la peine de lire, il le fait en anglais.
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