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Adhésion de la Palestine à l'UNESCO - Ottawa suspend sa contribution volontaire à l'UNESCO

Québec affirme qu'il ne peut intervenir dans cet «enjeu de politique étrangère» malgré sa présence au sein du forum international

Marie Vastel   2 novembre 2011  Canada
Le ministre John Baird<br />
Photo : Agence Reuters Blair Gable
Le ministre John Baird
Le gouvernement du Canada a à son tour annoncé des sanctions contre l'UNESCO hier, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, ayant prévenu qu'Ottawa n'offrirait aucun nouveau financement additionnel à l'organisation internationale.

Le Canada verse annuellement un peu moins de 10 millions de dollars à l'UNESCO en contribution fixe, de même que des financements volontaires. Ce sont ces derniers qui seront gelés désormais, a averti le ministre Baird hier, sans toutefois savoir préciser l'enveloppe budgétaire que cela pourrait représenter. Jusqu'à présent, le Canada aurait versé 1,3 million en contributions volontaires cette année, a simplement indiqué son bureau.

Outre sa contribution fixe, le gouvernement de Stephen Harper ne versera donc pas un sou de plus, a averti le ministre Baird, qui s'est dit «extrêmement déçu» du résultat du vote de lundi auquel le Canada s'est opposé.

Les pays membres de l'UNESCO ont appuyé à 107 voix, contre 14 opposants et 52 abstentions, l'adhésion de la Palestine à leur organisation.

Les États-Unis ont annoncé, immédiatement après ce vote, qu'ils retiraient leur financement à l'UNESCO, qui se chiffre à quelque 70 millions par année et qui représente un peu plus du cinquième des fonds reçus par l'organisation. Tout comme son voisin du sud, le Canada veut faire connaître son opposition à cette reconnaissance de la Palestine comme État indépendant, a plaidé M. Baird. Et surtout avertir l'UNESCO qu'Ottawa n'épongera pas le manque à gagner engendré par le retrait de la contribution américaine.

«Le Canada estime que la seule solution dans ce dossier est une entente négociée entre les deux parties. Sous aucune circonstance le Canada ne compensera les insuffisances budgétaires qui résultent de cette décision et le Canada a décidé de geler toute contribution volontaire supplémentaire à l'UNESCO», a tranché le chef de la diplomatie canadienne à sa sortie des Communes.

Enjeu de politique étrangère


Quoi qu'il en pense, l'adhésion de la Palestine à l'UNESCO n'est pas un sujet sur lequel le Québec peut intervenir, bien qu'il soit présent au sein de ce forum international.

Depuis 2007, à la suite d'une promesse des conservateurs, le Québec fait partie de la délégation canadienne au sein de l'agence de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Répondant hier pour la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay, en mission au Brésil, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, a affirmé que le gouvernement du Québec ne pouvait intervenir dans ce débat.

M. Arcand, qui répondait en Chambre à une question de l'opposition, a expliqué que ce sujet relevait du ministère des Affaires étrangères, donc du gouvernement fédéral. «Le Québec, comme je le disais, défend ses intérêts. Il a un droit de parole, il fait valoir des intérêts sur des sujets qui sont de sa compétence sur le plan de la juridiction, et l'adhésion de la Palestine à l'UNESCO est vraiment un enjeu de politique étrangère qui relève du gouvernement fédéral», a dit M. Arcand.

Selon le ministre, le Québec tenait à être présent à l'UNESCO pour défendre ses intérêts sur des sujets qui touchent d'abord et avant tout à la culture, à l'éducation et à la promotion de la langue française.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires internationales, Alexandre Cloutier, a relevé que M. Arcand venait lui-même d'admettre les limites de la présence québécoise au sein de l'agence onusienne, dont le siège est à Paris. «Je ne peux pas ne pas souligner le fait que le ministre réduit lui-même la portée de l'entente», a-t-il dit.

Cet échange étant survenu avant qu'Ottawa annonce sa décision de retirer son financement volontaire à l'UNESCO, M. Arcand avait refusé de dire quelle serait la réaction de son gouvernement advenant une telle situation.

Après la campagne électorale fédérale de 2006, le premier ministre Stephen Harper a réalisé qu'il ne serait pas en mesure de tenir sa promesse de permettre au gouvernement du Québec d'avoir un siège à l'UNESCO, selon le modèle du Sommet de la Francophonie, où le Québec a un statut de gouvernement participant. Le Québec a dû se contenter d'une place au sein de la délégation canadienne.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Henry Fleury - Inscrit
    2 novembre 2011 07 h 36
    Une vraie honte
    Z'avez pas honte d'être Canadien vous parfois ? Moi si.
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