dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 16h33
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Mise en garde des procureurs: C-10 causera trop de procès

Hélène Buzzetti   21 octobre 2011  Canada
Ottawa — Les procureurs de la Couronne ont mis en garde le gouvernement conservateur hier que leur projet de loi omnibus en matière de justice pourrait avoir un effet pervers: la remise en liberté d'accusés parce qu'ils n'ont pas été jugés en temps opportun.

L'Association canadienne des juristes de l'État a comparu en comité parlementaire pour donner son avis sur le projet de loi C-10 resserrant la justice criminelle. Selon ce regroupement des avocats du gouvernement fédéral, et des provinces et territoires, le projet de loi risque d'accroître leur charge de travail de manière «critique» parce qu'il multipliera le nombre de procès.

«Les changements apportés exacerberont une charge de travail qui est déjà dangereusement lourde», a soutenu Jamie Chaffe, président de l'Association. Il a expliqué que la très grande majorité des dossiers criminels ne se rendent jamais en procès. Il y a plutôt des négociations de plaidoyers ou encore l'abandon d'accusations. «En Ontario, par exemple, le système de justice criminel a la capacité d'absorber un taux de procès d'environ 7 ou 8 %», dit-il. Le projet de loi C-10, en imposant une multitude de peines minimales plus sévères, découragera beaucoup d'accusés à plaider coupable. Ils subiront donc plus souvent des procès.

«Nous aurons un problème avec l'article 11 b)» de la Charte canadienne des droits et libertés, avertit M. Chaffe. Cet article prévoit que «tout inculpé a le droit d'être jugé dans un délai raisonnable». «Les accusations seront abandonnées parce que nous ne pourrons pas les juger en temps raisonnable selon la Charte, poursuit M. Chaffe. C'est un enjeu très critique soulevé par ce projet de loi C-10 et toutes les autres lois visant à resserrer les peines.»

Québec proteste

À Québec, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité hier une motion exigeant le retrait des dispositions de C-10 «qui vont à l'encontre des intérêts du Québec et des valeurs québécoises en matière de justice». D'ailleurs, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a envoyé une lettre le mois dernier à son homologue fédéral, Rob Nicholson, exprimant sa déception quant au projet de loiC-10, notamment ses dispositions touchant les jeunes contrevenants.

«Encore une fois, écrit le ministre, le projet de loi C-10 relègue au second plan les principes fondamentaux de la réadaptation et de la réinsertion sociale des adolescents, privilégiés dans le modèle québécois en ce qu'ils assurent une protection durable de la société, par opposition à une répression immédiate et sans suivi suffisant.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Sylvain Auclair - Abonné
    21 octobre 2011 10 h 17
    On engagera plus de procureurs
    et on se passera de médecins, d'infirmières et de travailleurs sociaux. Voilà ce que le gouvernement répondra.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • northernbud - Inscrit
    21 octobre 2011 15 h 46
    @ Mr. Auclair
    Ce gouvernement ne se donnera même pas la peine de répondre. Anyway, qu'est-ce qu'ils en ont à foutre ? Après tout, les coûts supplémentaires seront absorbés par le système judiciaire des provinces.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Dépêches
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012