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Démocratie bancale

Manon Cornellier   17 octobre 2011  Canada
Le Parlement reprend ses activités aujourd'hui avec, au menu, le débat en deuxième lecture du projet de loi de mise en œuvre du budget, le projet de loi C-13. De la routine, bien sûr, mais de celle qui justifie l'existence de notre démocratie parlementaire. Parler taxes et dépenses est la mission première du Parlement.

Mais maintenant qu'il est majoritaire, le gouvernement Harper traite le Parlement comme une nuisance. Depuis le retour des députés en septembre, il a imposé le huis clos dans les comités où il voulait défaire, sans s'expliquer, des motions de l'opposition demandant, entre autres choses, d'étudier plus à fond des rapports du vérificateur général. Le gouvernement se plaît aussi à forcer le pas aux Communes. Il a par exemple limité le temps de débat sur le projet de loi omnibus en matière de justice, une des pièces de résistance du menu législatif qui va accentuer un profond changement de cap de notre système judiciaire.

Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a décidé de faire de même avec le projet C-13. Il n'a prévu que quatre jours de débats. Trois ont eu lieu, ce qui veut dire que le vote pour renvoyer le tout en comité pourrait se tenir dès aujourd'hui

La manoeuvre est choquante pour quiconque se préoccupe de l'état de santé de notre démocratie. En refusant aux députés l'occasion de jouer leur rôle, on réduit le Parlement au rang de spectateur et on indique aux citoyens qui n'ont pas voté pour les conservateurs que leur voix aura peu de chances de trouver écho aux Communes, qu'elle sera étouffée dès que le gouvernement en aura l'occasion. Les conservateurs se défendent en rappelant que les libéraux étaient friands du couperet quand leurs projets de loi budgétaires étaient à l'étude. Mais ceci ne justifie pas cela, d'autant plus que conservateurs, réformistes et alliancistes ont toujours dénoncé le recours au bâillon quand ils étaient dans l'opposition.

***

La seconde raison de s'inquiéter est inscrite dans le projet lui-même. Il s'agit de l'élimination de la subvention versée aux partis politiques pour chaque vote obtenu. Cette source de financement des partis n'est pas une coquetterie. Elle a été mise en place en même temps que le financement populaire des partis.

«Le montant avait été calculé en fonction des dépenses réelles des partis. L'idée était d'éviter un appauvrissement qui empêcherait les partis de fonctionner correctement avec secrétariat, service de recherche sur les politiques et ainsi de suite», explique en entrevue l'ancien directeur général des élections, Jean-Pierre Kingsley.

«Le Canada est un des rares pays dans le monde à avoir trouvé une formule qui respecte les principes de base de la démocratie. Ailleurs, on voit sans cesse des machinations et un manque de transparence pour pouvoir lever les fonds nécessaires à l'opération des partis», poursuit celui dont les conseils sont très sollicités à l'étranger, mais souvent peu pris en considération au Canada.

La disparition de cette subvention touchera tous les partis. (Ce qui, en soi, devrait inciter un gouvernement à la fibre moindrement démocratique à permettre un débat digne de ce nom.) Mais les conservateurs, qui perdront davantage en chiffres absolus, en souffriront moins que les autres, car seulement le tiers environ de leurs fonds proviennent de cette subvention, note M. Kingsley. «Éliminer la subvention n'est pas une mesure qu'un chef préconiserait si elle mettait son parti en difficulté», dit-il.

Les conservateurs, eux, disent qu'il revient aux partis de subvenir à leurs besoins en faisant appel à la générosité de leur base. Ils évitent cependant de parler des autres sources publiques de financement des partis: le remboursement des dépenses électorales et le crédit d'impôt pour contribution à un parti politique. Comme par hasard, ce sont eux qui en profitent le plus.

***

Il y a plus triste encore. Ce que les conservateurs veulent faire disparaître est le seul mécanisme qui, dans notre système électoral, a été conçu de façon à «parfaitement refléter la volonté populaire exprimée au moment du scrutin», souligne M. Kingsley. La subvention est directement liée au nombre de votes obtenus, ce qui n'est pas le cas des autres sources publiques de financement.

Notre mode de scrutin respecte moins la volonté populaire que cette subvention, comme on l'a vu lors des élections du 2 mai dernier et des quatre élections provinciales qui ont eu lieu cet automne. Avec moins de 40 % des voix exprimées (et l'appui du quart seulement des électeurs inscrits), les conservateurs ont obtenu une majorité confortable de sièges. À l'Île-du-Prince-Édouard, les conservateurs ont obtenu 40,2 % des voix, mais seulement 5 des 27 sièges. À Terre-Neuve, le NPD a obtenu plus de voix que les libéraux, mais ces derniers forment l'opposition officielle après avoir fait élire plus de députés. Avec seulement 46 % des voix, le NPD a remporté une des plus fortes majorités de l'histoire du Manitoba. En Ontario, il ne manque qu'un siège aux libéraux pour être majoritaires alors qu'ils ont obtenu à peine 2,2 % de plus des voix que les conservateurs.

La priorité des conservateurs fédéraux n'est pas l'amélioration de notre système démocratique, mais le renforcement de leur position dominante sur l'échiquier politique fédéral. Le bâillon est une démonstration de plus du fait qu'ils ne se gêneront pas pour l'occuper.

***

mcornellier@ledevoir.com
 
 
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  • Yves Corbeil - Inscrit
    17 octobre 2011 00 h 58
    Le facisme au Canada maintenant
    Ce n'est surement pas pour cela que le peuple Canadien a vote, le rejet des institutions démocratiques et libérales, la répression de l'opposition et un contrôle politique extensif de la société.
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  • Socrate - Inscrit
    17 octobre 2011 05 h 57
    50 %
    Seuls des députés élus avec 50 % des voix sont représentatifs des citoyens et il est à espérer que des élections en deux temps viendront le confirmer sous très peu.
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  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné
    17 octobre 2011 06 h 58
    Démocratie et dépenses électorales et de fonctionnement
    Dans un futur immédiat, il sera de plus en plus possible de limiter les dépenses électorales et de quand même faire élire une personne comme député fédéral, l'exemple québécois de mai dernier n'étant pas seulement accidentel. Par contre, il sera toujours aussi difficile de faire correctement fonctionner un parti minoritaire au Parlement, et indirectement le Parlement, sans lui assurer les ressources financières suffisantes.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    17 octobre 2011 07 h 13
    Par pté par un système à deux tour!
    @socrate Le système à deux tour est un des pire mode de scrutin qui existe. Pourquoi, est-ce qu'il revient toujours sur la table. D'autre part, ces modes de scrutins améliorés ont pour effet de favoriser énormément les partis centriste, ce qui est d'ailleurs le but de l’exercice. On s'éloignera encore plus de la proportionnalité.
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  • François Ricard - Abonné
    17 octobre 2011 07 h 16
    Le parlementarisme à la britannique est bancal
    Une gouvernance véritablement démocratique fait une nette différence entre les trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Le système britannique est totalement bancal et fait du premier ministre un vrai monarque .Il dirige les législateurs (ses propres députés, à cause de la ligne de parti, ne sont là que pour endosser ses mesures); il supervise l’exécution du tout en nommant ou en dégommant les ministres. De plus, il a une certaine influence, sinon une influence certaine, sur la nomination des juges. C’est en fait un véritable dictateur pour la durée de son mandat.
    Les riches se sont emparé du pouvoir en dominant les partis politiques.
    Combien, de la classe moyenne, surtout avec une famille, peuvent se permettre de donner 3 000$ ou même 1 000$ à un parti politique? Fort peu. Ce sont les riches qui donnent. Et non pas dans un but philanthropique. Et en plus ces riches reçoivent des crédits d’impôt qui, automatiquement, amènent la classe moyenne à défrayer une partie de ces dons sans qu’elle ne le sache
    Si l’on veut tendre vers une certaine égalité pour tous, il faut accepter un financement public des partis et, sinon une interdiction de tout don, du moins une limitation qui empêche les riches de s’accaparer du tout. Le Parti Québécois propose 100$ comme plafond. C’est déjà beaucoup mieux que 1 000$. C’est le prix à payer pour avoir une véritable démocratie.
    Notre système uninominal à un tour avec pluralité simple des voix crée des distorsions qui font que des pans entiers de la population sont sous-représentés. On en trouve des exemples dans toutes les élections, aussi bien canadiennes que québécoises. Il permet aussi à un parti qui obtient 40% des suffrages, et même moins, d’obtenir une majorité de sièges soit au Parlement soit à l’Assemblée nationale et devient donc le gouvernement majoritaire pour cinq ans et le premier ministre dictateur pour cinq ans.
    À quand un deuxième tour qui
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    17 octobre 2011 07 h 37
    Les Banksters aux commandes du financement politique
    C'est au mois de janvier dernier que la Cour Suprême des USA a levé tout plafonnement du financement politique aux États-Unis aux corporations. Les corporations sont des citoyens, a-t-on entendu. Ce fut une des décisions qui est à la source de l'indignation qui a nom «Occupy Wall Street». Un des slogans qui est revenu sans cesse est: Un citoyen, un dollar, un vote! Et par ironie, on a vu d'autres pancartes proclamer: si les Corporations sont des citoyennes, on attend toujours la première exécution d'une corporation au Texas! Eh bien, c'est à ce moment-là que nous arrive d'Ottawa le même type de financement illimité de la part des corporations privées qui se donnent ainsi le droit de façonner les politiques du pays selon leurs intérêts, qui ne représentent qu'une minime faction de la population canadienne (et même souvent étrangère)! Nos voix s'éteignent au coeur même de nos institutions comme le montre tous les éléments mis en exergue par Madame Cornellier dans son article... Plus que jamais cela montre la nécessité de l'action comme celle de Occupy Bay Street ou Occupy Montreal pour que notre démocratie ait encore un sens pour la majorité de la population!
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  • François Ricard - Abonné
    17 octobre 2011 08 h 17
    L'exemple des USA
    Le système américain fait une nette distinction des pouvoirs. Malheureusement ils ont perdu le contrôle de leur système à cause des caisses électorales. Eisenhower en 1958 avait averti ses compatriotes que le complexe militaro-industriel était à faire main basse sur leur gouvernement. Tous ses successeurs ont préféré ignorer son avertissement. Aujourd’hui, quand on y regarde de près, les Etats-Unis d’Amérique ne sont plus une démocratie mais une ploutocratie. Tout ce qu’il leur reste est le simulacre électoral qui est dominé par l’argent.
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  • Jacques Lison - Abonné
    17 octobre 2011 08 h 18
    Indignés vs situation au parlement canadien
    Pendant que les "indignés" se mobilisent pour la démocratie, "le gouvernement Harper traite le Parlement comme une nuisance"
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  • jean-claude Vincent - Abonné
    17 octobre 2011 08 h 26
    Canada Usa du pareil au même.
    Encore là harper et sa bande de néo-cons se collent sur les États-Unis où le financement des partis politiques par les grands lobbys leurs assurent le plein contrôle du gouvernement.

    Avec l'explosion des dépenses militaires et des interventions agressives de la Royal Army , le pavoisement d'un patriotisme Wasp et de ses symboles, l'augmentation des peines d'emprisonnement et des prisons, les coupures d'impôts aux grandes entreprises et l'ouverture toute grande à l'évasion fiscale pour les plus riches , on reconnait la même philosophie de l'état que celle des républicains américains qui enfoncent lentement le pays dans une crise économique et l'agitation sociale.
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 octobre 2011 08 h 44
    Pourquoi démolir ce qui va bien?
    «Le Canada est un des rares pays dans le monde à avoir trouvé (avant le projet conservateur d'éliminer la subvention versée aux partis politiques pour chaque vote obtenu) une formule qui respecte les principes de base de la démocratie. Ailleurs, on voit sans cesse des machinations et un manque de transparence pour pouvoir lever les fonds nécessaires à l'opération des partis», dit l'ancien directeur général des élections, Jean-Pierre Kingsley, dont les conseils sont très sollicités à l'étranger, mais souvent peu pris en considération au Canada.
    "La priorité des conservateurs fédéraux n'est pas l'amélioration de notre système démocratique, mais le renforcement de leur position dominante sur l'échiquier politique fédéral."
    Quitte à démolir ce que ailleurs on nous envie.

    Un autre élément au tableau du vrai visage du Canada.
    Quand il sera complété, verra-t-on apparaître le portrait d'une dictature?
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  • Raymon Lutz - Inscrit
    17 octobre 2011 08 h 47
    Destitution?
    Déficit démocratique, capture législative par la plutocratie... Mme Corneiller, existe-il au Canada des mécanismes de rappel démocratique? Une assemblée citoyenne représentative des 76% des électeurs canadiens qui n'ont pas voté pour le CPC de Harper peut-elle constitutionnellement destituer ce gouvernement illégitime?
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  • Bouletrouge - Inscrit
    17 octobre 2011 09 h 45
    oh que oui
    J'aimerais bien dire que tout cela me facilite la vie car je saurais pour qui ne pas voter aux prochaines élections....

    Malheureusement, avec la diminution graduelle de la démocratie, mon vote sert de moins en moins...
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  • northernbud - Inscrit
    17 octobre 2011 10 h 00
    Vous êtes en retard sur la nouvelle
    Vous dites : "maintenant qu'il est majoritaire, le gouvernement Harper traite le Parlement comme une nuisance."
    Dans les faits, ce gouvernement considérait le parlement comme une nuisance encore bien pire quand il était minoritaire. Maintenant, il a les coudées franches pour nous passer dans la gorge son agenda faciste et il ne va se gêner.
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  • Kris13104 - Inscrit
    17 octobre 2011 10 h 19
    La démocratie est une vertu
    Jean-Jacques Rousseau, au xviiième siècle, écrivait déjà: « Le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l’élection des membres du parlement. Sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien».
    Le Canada s'est organisé historiquement sur l'exemple britannique et n'a guère évolué semble-t-il. De là, la conclusion de Rousseau est d'autant plus vrai qu'un parti imbu de son idéologie prend le pouvoir. En effet, une telle situation implique que ce part au pouvoir soit particulièrement à l'écoute de son opposition, par sagesse, sinon par sentiment démocratique.
    D'évidence, on en est pas là.
    Par ailleurs, les limites des élections à un tour apparaissent une fois encore clairement. Elles permettent, sans fraude aucune, par une fraction minoritaire des scrutins, d'obtenir une majorité parlementaire, donc décisionnaire, ce qui est contraire à la démocratie et rejoint l'opinion de Jean-Jacques Rousseau sur le système britannique.
    Par ailleurs, financer les partis qui sont partenaires dans la gestion politique du pays livrent aux lobbys le financement des élections, ce qui, encore, est d'évidence la négation de la démocratie. Les partis sont nécessaires à la démocratie parce qu'ils ont une mission de service public, c'est donc à la collectivité de prendre en charge, au moins, certains coûts destinés à garantir une égalité démocratique. Évidemment, certains partis «affairistes» ne peuvent que ne pas être en accord avec des mesures qui soutiennent une libre expression citoyenne.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    17 octobre 2011 10 h 58
    Monarchie démocratique?
    En fait c'est un oxymoron, et les deux ne vont pas ensemble. Notre soit-disant démocratie est malade et on tolère facilement qu'une grande partie de la population ne soit pas représentée au Parlement (le parti Vert pendant plusieurs années) ou qu'elle soit sous-représentée alors que tout le monde est obligé de payer ses taxes et impôts (sauf évidemment ceux qui peuvent se permettre l'évasion fiscale).

    Mais comme le souligne Mme Cornellier, c'est l'aspect dictatorial qui trouble le plus. Avec moins de 40% des voix, le PM a tous les pouvoirs d'un dictateur et son attitude démontre très clairement que c'est là où on s'en va. Le législatif et l'exécutif sont maintenant entre ses mains et dans peu de temps le judiciaire va l'être aussi. En effet, en nommant les juges de la Cour suprême, il va façonner le plus haut tribunal à l'image de son parti néo-conservateur et va obtenir les jugements qu'il désire, enlevant par là le dernier rampart contre la dictature. Il n'a pas digéré la défaite dans l'affaire de la clinique Insite et va s'assurer que ça ne se reproduise plus et il sait que cela pourra se faire en moins d'une ou deux années alors que plusieurs juges de la CSC sont près de la retraite.

    Pour devenir une vraie démocratie, le Canada a encore bien du chemin à faire et ça passe nécessairement par une réforme électorale majeure et une division des pouvoirs beaucoup plus réelle et étanche.
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  • Notsag - Abonné
    17 octobre 2011 11 h 09
    Comment contourner cet obtacle à un financement sans limites
    1- Une corporation peut se camoufler derrière des financements de particuliers, et c'est très difficile à détecter.

    2- La source la plus intéressante de financement demeure le financement corporatif. Malheureusement, la loi électorale ne permet plus cela. Par contre, des corporations peuvent financés de façon occultes des organismes supposément indépendants qui militent en faveur d'une idéologie particulière. Ces organismes ont les deux pieds dans le politique, et leur financement échappe à tout contrôle.

    Exemple: National Citizens Coalition: http://nationalcitizens.ca/

    Cet organisme milite activement pour mousser l'idéologie de droite, et son financement est secret.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    17 octobre 2011 11 h 10
    Le gouvernement harper est comme un château fermé du moyen-Âge.
    Manon Cornelier, je vous cite: «En refusant aux députés l'occasion de jouer leur rôle, on réduit le Parlement au rang de spectateur et on indique aux citoyens qui n'ont pas voté pour les conservateurs que leur voix aura peu de chances de trouver écho aux Communes, qu'elle sera étouffée dès que le gouvernement en aura l'occasion.» Tout est dit!

    On dirait que le gouvernement Harper, comme un château moyenâgeux, a levé le pont Levi. C'est un danger très profond pour notre démocratie. Comme si le gouvernement Harper décidait unilatéralement de notre évolution, en tant que société.
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  • Denis Miron - Inscrit
    17 octobre 2011 11 h 38
    Modernisation du fascisme
    Les conservateurs ont entrepris de moderniser la gouvernance de type fasciste tout en conservant le droit de vote. Nous pourrons désormais choisir nos dictateurs entièrement aux service des grandes corporations privées de sens éthique par voie électorale. Comme vous dites si bien, le Parlement sera traité comme une nuisance et l’opposition comme de la chicane inutile, et de la perte de temps. L’attitude de Harper dans le débat pré-électoral à la télé de Radio-Canada était tout à fait éloquent à ce sujet.

    Les libéraux ont une grande part de responsabilité dans l’avènement de cette ploutocratie fasciste. N’avaient-ils pas confié le ministère des finances à un usager des paradis fiscaux en la personne de Paul Martin, celui-là même qui entrepris de rembourser la dette fédérale en détournant des fonds puisés à même la caisse d’assurance-emploie. Que peuvent-ils reprocher au gouvernement Harper avec un sens éthique aussi peu démocratique que celui-ci, et cela , c’est sans parler des commandites. Sous le règne libéral, la démocratie existait depuis longtemps sous la forme d’un mirage.

    Pour terminer, voici une petite citation de Churchill : «Mussolini a établi avec le régime fasciste, une orientation centrale que les pays engagés dans la corps à corps contre le socialisme ne doive pas hésiter à prendre pour guide» (Max Gallo Clé de l’histoire contemporaine p. 602 .)Comment ne pas établir de lien entre l’action policière du G20 et l’inspiration inavouée de l’idéologie conservatrice. Ce n’est certainement pas une coïncidence, alors que l’opposition officielle appartient au NPD. On peut dire que le modèle de gouvernance Étatsuniens déteints de plus en plus sur le modèle canadien, mais on peut aussi voir que ça vient de loin, et que cette façon de faire ne peut plus s’exécuter à visage découvert et en avouant sa véritable source d’inspiration.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    17 octobre 2011 13 h 27
    Destitution?
    Bien sûr qu'il existe une manière de destituer M. Harper. Il existe une assemblée qui représente 100% des Canadiens, qu'ils aient voté pour les conservateurs, pour un parti d'opposition ou qu'ils n'aient pas voté du tout, et cette assemblée a tout à faire le pouvoir de destituer M. Harper. Elle s'appelle la Chambre des communes.
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  • Democrite101 - Inscrit
    18 octobre 2011 06 h 21
    Le Printemps occidental est la prochaine étape

    François Ricard et Manon Cornellier ont parfaitement décrit la situation. Il reste maintenant la solution.

    Il faut de toute urgence se mobiliser pour opérer un véritable printemps occidental. Avoir le courage des Tunisiens, des Égyptiens, des Libyens et des Syriens. Mais d'une façon pacifique: à la fois par conviction humaniste et par notre situation autrement moins tragique. Harper n'est pas un fasciste, c'est un démocrate ploutocratisé. Un sacristain anti-féministe, un pollueur doré.

    Notre système britannique est un couteau, certes, mais tout autant pour tout fasciser à la Cromwell ou néodémocratiser comme les travaillistes anglais. Pour trancher la gorge ou pour trancher le pain. Vaut mieux le pain, c'est mieux pour la gorge...

    Cependant la situation n'est pas désespérée, car Ploutos n'est pas Arès. Ploutos est peureux et il préfère ses sous à sa vie à la différence d'Arès qui préfère tout brûler par rage de frapper.

    De toute façon, ces ploutocrates myopes ou démocrates déraisonnables vont se tirer dans le pied, comme tous les toxicomanes par l'esprit. La révolte populaire sera proportionnelle aux bêtises qu'ils feront pour s'enrichir encore plus, car la cupidité est une passion, non une raison. Hors du raisonnable, le politique devient incontrôlable, se révolte et explose.

    Mais le remède ne viendra pas tout seul. Il faut lancer le mouvement du Printemps occidental.

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique
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  • Denis Miron - Inscrit
    18 octobre 2011 09 h 22
    Arès qui préfère tout brûler par rage de frapper....
    "La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même. Ce qui, fondamentalement est le fascisme". F.D.Roosevelt


    «Arès qui préfère tout brûler par rage de frapper.» Alors comment interpréter ce qui s’est passé à la rencontre du G20 à Toronto? Ploutos aurait-il acheté les services d’Arès, car depuis le temps qu’on dit que l’argent est le nerf de la guerre? Avez-vous suivi la bataille engagé par ce gouvernement pour changer de fond en comble les politiques concernant l’organisme para-gouvernemental Droit et Démocratie qui est désormais aligné entièrement de façon aveugle sur les politiques d’Israël vis-à-vis de la Palestine.? L’achat de F35 sans appel d’offre? L’entente commercial signée avec la Colombie, pays le plus meurtrier pour les syndicalistes (et j’en passe…)? Que vous faut-il de plus pour appeler un chat, un chat? J’ai toujours cru qu’un philosophe avait plus de questions que de réponses.
    Un mouvement du printemps en pleine automne risque-t-il d’aller se fracasser contre un thermomètre à 30 sous zéro très bientôt . Un humain, c’est beaucoup plus que quelqu’un qui n’a pas de mitaine en hiver.
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  • Geoffroi - Abonné
    18 octobre 2011 17 h 28
    Si la tendance se maintien
    Pas rassurant:

    « Les régimes autoritaires ne présentent que rarement des caractéristiques démocratiques. Ils s'opposent profondément au parlementarisme et prospèrent généralement sur la perte de crédibilité de ce système politique - nous y sommes depuis mai 2011 -. Ni la population dans son ensemble ni une de ses composantes ne peut destituer le pouvoir en place, le critiquer ou exiger de lui une décision favorable à l'ensemble du peuple.

    En conséquence, les citoyens (ou sujets) de ces régimes disposent généralement de moins de droits que ceux des régimes démocratiques.»

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Autoritarisme

    Si ça va encore plus loin, nous serons probablement de plus en plus "singapourisés":

    « Les lois sur le comportement social sont réputées très strictes (certains disent que « Tout ce qui est amusant est interdit à Singapour ») [ mais c'est comme à Toronto et Ottawa!] . Le maintien de l'ordre est assuré par un corps de police dont la plus grande partie des membres agit en civil, permettant ainsi de surveiller toute entorse à la loi de manière plus efficace. La législation est d’ailleurs appliquée strictement tant aux nationaux qu’aux étrangers.
    Ainsi, le taux de criminalité de Singapour figure parmi les plus bas du monde, les rues étant sûres à toute heure.»

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Singapour
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  • Democrite101 - Inscrit
    19 octobre 2011 16 h 08
    Ploutos est né sur un champ trois fois labouré; en clair, le travail bien fait enrichit...

    À monsieur Miron:

    Vous êtes sévère envers ma position, tout en la déformant quelque peu.

    Vous évoquez la Colombie: Là, ce n'est plus du Harper démocrate ploutocratisant mais du démocrate (s'il est élu) franchement fascisant puisqu'il tue des syndicalistes.

    Appuyer unilatéralement Israël est bien évidemment une cruauté envers les Palestiniens.

    Acheter des F-18 sans appel d'offre un pot-de-vin aux entreprises qui financent son parti.

    Supprimer «Droit et Démocratie» une volonté de transformer notre démocratie assez libertaire en démocratie musclée et rigide.

    Avec vous je les dénonce.

    Avec Arès et Ploutos, deux dieux grecs, ce sont de simples concepts pour clarifier le débat. Les assoiffés de pouvoir peuvent jouer des deux, comme sur un clavier. Hitler n'était qu'un pur Arès, les grands capitalistes que des ploutocrates, et rarement et avec répugnance ils jouent du Arès. Car ce sont deux sentiments bien distincts que l'amour de l'argent et l'amour du sang versé.

    Cela dit, si Arès est l'horreur, Ploutos est plutôt une erreur, car le profit est finalement moindre, à terme, quand le peuple se révolte.

    Le sens de mon propos, c'est de dire que le riche a intérêt à enrichir tous ses compatriotes quand il a réussi de lui-même à sortir de la gêne. S'il continue la chrématistique comme une drogue, il sera un jour rattrapé par la justice distributive qui est souvent fort peu délicate pour ses sous et ses fesses...

    Quant au «printemps» qui surviendrait en automne ou en hiver, le peuple se révolte soit à l'automne soit au printemps. Cronos, dieu du Temps, qui dévorait ses enfants, a sans doute ses saisons préférées pour manger...

    Jacques Légaré
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