Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Mulcair aura fort à faire au Canada

M. Mulcair ne doit son premier rang général qu'à sa grande popularité au Québec, où il est actuellement le choix de 50 % des néodémocrates. Brian Topp est second avec 8 %, alors que Françoise Boivin — qui appuie M. Topp — obtiendrait 5 %.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir M. Mulcair ne doit son premier rang général qu'à sa grande popularité au Québec, où il est actuellement le choix de 50 % des néodémocrates. Brian Topp est second avec 8 %, alors que Françoise Boivin — qui appuie M. Topp — obtiendrait 5 %.

La bonne nouvelle pour Thomas Mulcair, c'est qu'il est pour le moment le candidat préféré des électeurs néodémocrates pour remplacer Jack Layton. La mauvaise, c'est que ses appuis hors Québec sont absolument «marginaux»... et que c'est là qu'il devra faire le plein de votes s'il veut remporter la course au leadership qui s'amorce.

Selon un sondage Léger-Marketing/Le Devoir mené à travers le Canada, M. Mulcair est le favori de 17 % des répondants identifiés comme électeurs néodémocrates (420 sur 1625) pour devenir le prochain chef du NPD. Candidat officiel depuis lundi dernier, Brian Topp arrive deuxième avec 10 % d'appuis.

Tous les autres candidats pressentis viennent loin derrière et obtiennent des appuis faméliques: Paul Dewar récolte 3 %, Peggy Nash et Nathan Cullen sont à 2 %, Peter Julian à 1 %. Candidat déclaré, Roméo Saganash est virtuellement à zéro.

Mais M. Mulcair ne doit son premier rang général qu'à sa grande popularité au Québec, où il est actuellement le choix de 50 % des néodémocrates. Brian Topp est second avec 8 %, alors que Françoise Boivin — qui appuie M. Topp — obtiendrait 5 %.

Or, le défi d'un candidat comme M. Mulcair sera précisément d'aller chercher des appuis en dehors du Québec, puisque la province compte actuellement moins de 3000 membres sur les 86 500 du parti. Le NPD a opté pour la formule «un membre, un vote» pour son congrès à la direction.

Hors Québec, M. Mulcair n'est le choix que de 3 % des répondants, derrière Brian Topp (11 %) et Paul Dewar (4 %). Libby Davies et l'ambassadeur Gary Doer obtiennent aussi 3 %.

Pour le sondeur Jean-Marc Léger, Thomas Mulcair devra donc surmonter «beaucoup de difficultés» s'il espère l'emporter le 24 mars. «Ses appuis sont minimes au Canada anglais, où se concentre le membership du NPD, dit-il. Il a beau être fort au Québec, le ressac va être très puissant ailleurs.»

Mais selon M. Léger, l'ensemble des résultats prouve surtout que la «course est complètement ouverte et que personne ne part avec une réelle longueur d'avance. MM. Mulcair et Topp se démarquent un peu, mais leurs résultats demeurent marginaux, et la grande majorité des gens n'ont aucune idée de qui est leur candidat préféré», observe M. Léger.

De fait, plus de la moitié des répondants ont indiqué ne pas savoir qui sera leur choix. Le sondage proposait aux répondants une liste des 15 noms ayant le plus largement circulé comme éventuels candidats.

Le coup de sonde indique aussi que 68 % des Canadiens estiment «essentiel que le prochain chef du NPD soit bilingue». Un répondant sur quatre pense au contraire que ce n'est pas nécessaire. La proportion la plus forte des pro-bilinguisme est au Québec (93 %). Les candidats potentiels Paul Dewar, Libby Davies, Megan Leslie, Pat Martin et Robert Chisholm parlent peu ou pas français.

M. Martin a indiqué qu'il se porterait candidat si aucun autre prétendant ne supporte l'idée d'une collaboration plus étroite, voire d'une fusion, avec les libéraux. L'idée d'une fusion est mieux accueillie chez les électeurs libéraux (46 % favorables, 44 % défavorables) que chez les néodémocrates (32 % favorables, 58 % défavorables), montre le sondage.

Trudeau mène

Léger Marketing a également sondé les appuis de différents candidats pour les courses à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) et du Bloc québécois.

Chez les libéraux, c'est Justin Trudeau qui s'établit comme favori de la course qui aura lieu au printemps 2013; 21 % des électeurs libéraux en font leur premier choix, devant le chef intérimaire Bob Rae (19 %). Les appuis de Trudeau sont partagés entre le Québec et le reste du Canada, alors que M. Rae est plus populaire à l'extérieur du Québec.

Suivent ensuite, dans l'ordre, le premier ministre québécois, Jean Charest («c'est son rêve de diriger le Canada, et il serait plus à sa place au sein du PLC que des conservateurs», croit Jean-Marc Léger), qui obtient 6 %, l'ex-député torontois Gerard Kennedy (5 %) et les députés Dominic Leblanc (4 %) et Denis Coderre (3 %).

Vu le faible échantillon de cette portion du sondage (243 répondants sur 1625), la marge d'erreur est d'environ 7 %. «Mais ce sont des électeurs libéraux, plus convaincus, alors ça donne une idée de la tendance», précise M. Léger.

Au Bloc québécois, où la campagne est commencée depuis hier, ce sont deux ex-députés qui ont déjà signifié qu'ils ne seraient pas candidats qui arrivent en tête. Pierre Paquette obtient 19 %, devant Daniel Paillé (11 %). Les deux seuls candidats intéressés, Maria Mourani et Jean-François Fortin, obtiennent respectivement 6 % et 3 %. Encore ici, ce n'est là qu'une tendance, dit Jean-Marc Léger: il y avait 63 électeurs bloquistes sur les 1625 sondés.

Intentions de vote fixes


Au chapitre des intentions de vote, le sondage révèle que rien n'a bougé depuis les élections du 2 mai. Si un scrutin avait eu lieu la semaine dernière, les conservateurs l'auraient emporté avec 39 % d'appuis, suivi des néodémocrates (33 %), des libéraux (17 %) et des verts (6 %). À quelques points près, c'est là le reflet exact des pointages obtenus le 2 mai.

Au Québec, le NPD maintient ses appuis avec 43 %, suivi par le Bloc (23 %). «On voit que la vague orange était plus qu'une saute d'humeur, indique M. Léger. Malgré le décès de Jack Layton, il n'y a pas de mouvement de recul. Même chose pour le Bloc, qui conserve ses appuis malgré les événements.»

Le portrait global au Canada fait dire à M. Léger que «les gens sont satisfaits du choix qu'ils ont fait le 2 mai». Apprécié ou détesté, le gouvernement Harper obtient un taux de satisfaction de 48 %, alors que 46 % de la population se dit insatisfaite. La plus forte insatisfaction est au Québec (64 %), où moins du tiers de la population est satisfaite du gouvernement.

Mené auprès de 1625 Canadiens entre le 12 et le 15 septembre, le sondage présente une marge d'erreur de 2,4 % dans 19 cas sur 20.

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Un chef doit être bilingue
Est-il essentiel que le prochain chef du Nouveau Parti démocratique soit bilingue?

Légende: 1- Canada, 2- Québec

Oui, c'est essentiel

1- 68%
2- 93%

Non


1- 24%
2- 5%

Ne sait pas

1- 8%
2- 2%

Sondage Léger Marketing réalisé par Internet auprès de 1 625 personnes de plus de 18 ans réparties dans toutes les régions du Canada, du 12 au 15 septembre 2011.

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Les Canadiens ne modifient pas leurs choix électoraux
Si des élections fédérales avaient lieu aujourd'hui, pour quel parti auriez-vous l'intention de voter?

Légende: 1- Élections du 2 mai, 2- Canada septembre 2011, 3- Québec septembre 2011

Conservateur

1- 39,6%
2- 39%
3- 19%

NPD

1- 30,6%
2- 33%
3- 43%

Libéral

1- 18,9%
2- 17%
3- 11%

Vert

1- 3,9%
2- 6%
3- 2%

Bloc

1- 6,0%
2- 5%
3- 23%

Sondage Léger Marketing réalisé par Internet auprès de 1 625 personnes de plus de 18 ans réparties dans toutes les régions du Canada, du 12 au 15 septembre 2011.
9 commentaires
  • mamaira@hotmail.com - Abonnée 19 septembre 2011 06 h 11

    Unilingue francophone?

    Et pourquoi pas une question portant sur l'unilinguisme dont il est question?
    # Un chef unilingue devrait-il être:
    1- Francophone?
    2- Anglophone?
    3- Cela n'a aucune importance.
    Je souris en imaginant la "distortion" entre les réponses présumées du ROC et celles des québécois...

  • Assez merci - Inscrit 19 septembre 2011 06 h 58

    Peine perdu M.

    J`imagine très mal l`Ouest canadien supporter un québécois à la tête du NPD.
    Les électeurs surtout....
    Les québécois divent suivre et non prendre la place au canada.

  • Nicolas Thibodeau - Inscrit 19 septembre 2011 07 h 37

    Au début il n'avait que 17...

    Les appuis à Tom me rappellent l'appui du NPD dans Outremont avant qu'il se présente. Bien qu'une course dans le parti ne soit pas du même calibre. Je demeure confiant que sa présence soit essentielle pour construire un bon gouvernement canadien issu du NPD.

  • Frédéric Jeanbart - Abonné 19 septembre 2011 08 h 37

    D'accord

    Prenons acte des chiffres. Maintenant pour le reste, on peut spéculer tant qu'on veut, et pour ma part autant dépenser ces énergies sur la politique québécoise, la politique canadienne n'étant de toute façon ni à notre image (à tout le moins depuis quelques années), ni entre nos « mains démocratiques » en tant que Nation, les dernières élections le montrent avec éloquence.

  • Rodrigue Guimont - Abonnée 19 septembre 2011 08 h 42

    Ce n'est pas parce qu'il vient du Québec (anglais) qu'il sera le meilleur pour remplacer Layton

    Monsieur Mulcair s’est fait une réputation politique en combattant la Loi 101, en se battant contre les indépendantisates-souverainistes à l’Assemblée Nationale, dans les médias et ailleurs, et depuis son départ canon du gouvernement Charest, par son élection dans Outremont, circonscription qu’il a gagné, grâce en évoquant constamment l’origine juive de son épouse auprès des douze tribus d’Israël. Facile…

    Peut-on donner son appui à un candidat uniquement parce qu’il est bilingue et qu’il vient du Québec sans prendre en considération son passé et ses idées politiques? Ce n’est pas parce que la bête politique vient du Québec et qu’il parle français qu’il sera un meilleur politicien, plus juste et plus près des gens.