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Après le 11-Septembre...

Chantal Hébert   12 septembre 2011  Canada
Dans le Québec de l'avant-Révolution tranquille, la religion (catholique) et la langue (française) faisaient généralement partie d'une seule et même équation. Après 1960, la première a été reléguée à l'arrière-plan; c'est la seconde qui est devenue porteuse de valeurs communes.

On a souvent entendu au cours de la vingtaine d'années d'existence du Bloc québécois ses ténors soutenir que la différence québécoise était porteuse d'un système de valeurs distinct de celui du reste du Canada. Comme chef du camp du Oui, Lucien Bouchard a également tenu ce discours pendant la campagne référendaire de 1995.

Cette thèse a un pendant canadien. À l'extérieur du Québec, l'idée qu'une société ouverte sur le monde est une société qui fonctionne en anglais est encore répandue.

***

Ce n'est pas un hasard si le Québec a été la scène d'un débat vigoureux sur les accommodements raisonnables pendant la décennie qui a suivi les événements du 11-Septembre. En tandem avec les tours jumelles du World Trade Center, les fondements de l'équation langue-valeur ont été sérieusement ébranlés.

Langue oblige, bien avant le 11-Septembre, le Québec était, de loin, la région du Canada dont l'immigration comportait la plus forte proportion de nouveaux venus des régions musulmanes du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

En 2005, selon un sondage réalisé pour Statistique Canada, trois immigrants québécois sur dix étaient musulmans. Dans la foulée des attentats de 2001, des diplomates américains s'étaient même inquiétés de cette tendance, accentuée par la recherche de renforts francophones pour colmater la brèche d'un taux de natalité en déclin.

Après le 11-Septembre, les caméras se sont braquées sur le monde musulman et, en particulier, sur tout ce qui pouvait le distinguer de la société nord-américaine au sens large. Ici comme ailleurs, il a beaucoup été question de chocs culturels et de conflits de valeurs.

L'idée que la langue — pas plus que la foi — ne soit pas garante d'une vision de société commune ou d'une conception identique de principes comme l'égalité ou la laïcité civique a fait un grand bout de chemin. Celle — encore plus dérangeante à la lumière de la place historique de la langue dans les débats Canada-Québec — qu'un Québécois francophone soi-disant de souche puisse être équipé d'un bagage de valeurs plus proches de celles d'un Torontois anglophone de souche que de certains de ses plus récents compatriotes de langue française aussi.

Au cours des dix dernières années, le Canada hors Québec n'a pas échappé à la révision de certains de ses credo. Le refus ontarien, il y a quelques années, d'ouvrir la porte au financement public d'écoles à vocation religieuse (autre que catholique) découlait d'une méfiance accrue à l'égard de l'édification possible de silos culturels.

Les barrières de la rectitude politique se sont également déplacées. Il y a 10 ans, un candidat à la mairie de Toronto qui se serait, comme Rob Ford, insurgé contre l'arrivée systématique de nouvelles vagues d'immigrants dans sa ville aurait été défait.

Un premier ministre fédéral qui aurait, comme Stephen Harper à l'antenne de la CBC la semaine dernière, décrit «l'islamisme [islamicism]» comme la plus grande menace à peser sur la sécurité interne du Canada aurait soulevé un immense tollé plutôt que les protestations d'usage auxquelles sa déclaration a donné lieu.

Avant le 11-Septembre, le multiculturalisme était une vache sacrée canadienne. Dix ans plus tard, les regards se sont faits plus critiques. Dans une missive diplomatique américaine rendue publique récemment par WikiLeaks, on pouvait lire que des haut-placés du gouvernement du Canada s'inquiétaient de ce que la politique du multiculturalisme favorise l'éclosion de courants extrémistes au Canada.

***

Certains verront dans le parcours des dix dernières années la fin salutaire d'une approche à la citoyenneté plurielle empreinte de naïveté. Il est vrai qu'à l'ère de la mondialisation des échanges, il est plus facile de vivre en visiteur dans un pays d'adoption en gardant un pied dans celui qu'on a quitté.

Dans un monde sans frontières virtuelles, l'érosion des différences qui découlait naturellement de l'immersion dans le courant principal d'un pays d'accueil n'est plus acquise.

Cela dit, aujourd'hui au Canada comme au Québec, la quête d'une identité dite nationale plus forte ne passe pas toujours par les chemins les plus rassembleurs. On assiste aussi souvent à une forme de fuite vers l'arrière.

À cet égard, le portrait de la reine que le gouvernement conservateur s'acharne ces jours-ci à faire accrocher sur tous les murs dont il dispose est pour un certain Canada anglo-saxon de souche ce que le crucifix à l'Assemblée nationale constitue pour une certaine tranche nationaliste québécoise: un point de repère identitaire dans le rétroviseur d'une société qui ne se résigne pas à faire son deuil de sa défunte homogénéité.

***

Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.

chebert@thestar.ca
 
 
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  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    12 septembre 2011 06 h 39
    Tout a fait d'accord avec vous.
    Vous êtes toujours à mes yeux la plus incisive analyste de nos sociétés et cet article en est le parfait exemple.Le multiculturalisme a fait son temps au Canada et ses effets pervers se font de plus en plus sentir.
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  • michel lebel - Inscrit
    12 septembre 2011 06 h 52
    Une réalité toujours multiple
    Les différences de toutes sortes font toujours partie de toute réalité sociale. Cerrains voudraient les gommer ou les exagérer, mais c'est une erreur. Votre texte, Mme Hébert, ne fait que le rappeler.
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  • Gaetan Turcot - Inscrit
    12 septembre 2011 07 h 39
    Euh...
    Belle analyse, mais qui ne va pas assez loin. Ce qui manque à votre analyse, et à toutes les analyses sur le sujet, c'est que vous ne posez jamais la question de fond: pourquoi autant d'immigrants?
    Pourquoi le Canada accueille-t-il 300,000 immigrants alors que les Américains n'en accueillent qu'un million?
    Pourquoi le Québec accueille-t-il 54,000 immigrants alors que le Vermont n'en accueille que 867?
    Pourquoi accueille-t-on autant d'immigrants alors qu'ils mettent 20 ans à gagner autant que les Canadiens?
    Bref, à qui profite tous ces masses d'immigrants? (je défie Le Devoir d'essayer de répondre à la question)
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  • Andre Vallee - Abonné
    12 septembre 2011 07 h 56
    Le débat est lancé.
    Et lancé en mettant en évidence les variables, les facteurs, les forces... la résultante devient peut-être, je dis bien peut-être, à portée de vision. Merci à Chantal Hébert pour cet éclairage. Il faut continuer.
    Mais je crois que Harper ne veut que devenir Sir Harper. Il ne sera sûrement pas candidat à l'Ordre du Québec. À moins que John James ne prépare son retour à Ottawa.
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  • Claude Kamps - Inscrit
    12 septembre 2011 08 h 21
    Pourquoi tant d'émigrant? @ Gaetan Turcot
    En 1970, j'ai lu un article qui a été repris par les journaux sérieux du monde qui en gros disait que si le Canada en 1990 n'avait pas 50 millions d'habitants il serrait dépendant du commerce extérieur, son commerce intérieur serait trop petit...
    La dénatalité a pas aidé non plus, les 40% de gens qui vivent seule, les couples séparés qui ont 2 logements au lieu de un, les magouilles des gens au pouvoir, etc. font que la normalité de la vie revient bien plus chère à chacun et réduit notre possibilité de faire une «belle vie» sans passé par un crédit bien trop élevé...

    Voilà pourquoi il nous faut des émigrants en masse, pour remplacer nos pensionnés, pour payer les pensions, pour faire les travaux qu'on veut plus faire...

    Le Vermont en passant est aussi peuplé que la ville de Québec, qui reçoit moins que 1000 émigrants par an...

    Ou je pense que le bas blesse c'est quand on accepte des gens qui n'on pas le profil nécessaire à un emploi vacant ici et aussi que nos médecins par exemple proclament que ceux qui ont leur diplôme à l'étranger ont pas assez de compétences pour pratiquer ici et en font des chauffeurs de taxis...
    La concordance des diplômes devraient être établie avant l'arrivé de l'émigrant, qu'une période de un an ou deux maximum soit nécessaire pour équilibrer ses connaissances, mais pas des 5 ou dix ans complètement inutile...
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  • Democrite101 - Inscrit
    12 septembre 2011 08 h 41
    Savoir bien identifier les problèmes et les vraies valeurs débattues

    Excellent travail journaliste, comme toujours, de Chantal Hébert.

    Rajoutons:

    1. La Cour suprême du Canada, dans son désastreux jugement sur le kirpan-poignard porté par un enfant à l'école et que la Cour se contente d'exiger qu'il soit dissimulé sous les vêtements, a confirmé des droits aux religions. Elle le fit au mépris de la sécurité publique, au mépris de la plus élémentaire pédagogie. Elle avait d'ailleurs donné raison à un religieux sigh de préférence à un psychopédagogue qui plaidait pour la protection des enfants.


    2. Les immigrants ont droit à demeurer presque intégralement ce qu'ils sont (impossible de changer de peau à 30 ou 40 ans), sauf que la 2e génération doit être totalement intégrée aux valeurs démocratiques, non sexistes et de liberté de la culture canadienne.

    3. Le refrain anti-islamiste de Harper est redondant. Les terroristes sont nihilistes. Ils ne méritent que la répression armée ou policière. L'Islam, lui, doit être relégué à la vie privée, sous réserve de s'amender fortement à l'égard de l'égalité homme-femme qu'il ne respecte pas, comme toutes les autres religions d'ailleurs.

    3. Il est important que notre propre archaïsme religieux (chrétien) ne cherche pas à prendre du gallon sur le dos des Arabo-musulmans et en fissurant notre culture politique libérale.

    Enfin, nous devons célébrer nos immigrants. J'ai enseigné à des étudiants du Maghreb et ils étaient formidables. Ils sont d'excellents citoyens canadiens.

    Le problème n'est donc pas l'immigration, ni l'Islam, mais notre frilosité à affirmer haut et clair que la vraie patronne de nos valeurs est la philosophie des Lumières qui s'est d'ailleurs constituée à la fois contre la royauté de droit divin et contre toute forme de théocratie, y compris dans la sphère familiale privée.

    Le marais de la discussion actuelle provient de la non-reconnaissance des valeurs culturelles (les anciennes et les modernes).

    Jacques Lé
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  • Jean Lapointe - Abonné
    12 septembre 2011 08 h 50
    Une analyse tirée par les cheveux

    Comme ça. à votre avis, certains Québécois nationalistes ne se résigneraient pas à faire le deuil de leur homogénéité tout comme un certain Canada anglo-saxon de souche.

    La preuve serait que ces pauvres Québécois attardés tiendraient au crucifix à l'Assemblée nationale et que ces Canadians de souche s'acharneraient à accrocher partout sur tous les murs le portrait de la reine.

    Je suis désolé madame Hébert mais je trouve votre parallèle complètement tiré par les cheveux.

    En rélité, si je comprends bien, ce que vous prêchez c'est une bonne entente entre Québécois et Canadians étant donné qu' il n'y aurait plus de raison d'essayer de vouloir essayer de maintenir une homogénéité qui n'existerait plus et qui ne pourrait plus exister.

    A mon avis, les deux phénomènes sont complètement différents et je trouve complètement absurde de mettre les deux en parrallèle dans l'espoir de mettre du plomb dans ce que vous souhaitez pour votre beau pays le Canada.

    D'abord ce ne sont pas nécessairement les plus nationalistes parmi les Québécois qui tiennent au crucifix. Je pense que parmi eux, il y a surtout des croyants qui ne sont pas nécessairement très nationalistes et aussi des gens qui tiennent à conserver un certain patrimoine sans être nécessairement pratiquants. On peut ne pas être en accord avec eux mais je doute fort que cela ait quoi que ce soit à voir avec une incapacité de faire le deuil d'une certaine homogénéité.

    Pour ce qui est des Canadians anglo-saxons attardés qui tiennent à tout prix à afficher les portraits de la reine, moi je suis porté à penser que ce sont des gens qui n'ont jamais accepté l'émancipation du Canada face à l'Angleterre et qui profitent d'un retour enfin des Conservateurs au pouvoir pour tenter de redonner vie à la monarchie. Pour eux c'est une façon de nous dire à nous Québécois qu'ils en ont assez de nous, qu'ils en ont assez de l'influence que nous avons exercée et que
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  • Gerald Durocher - Inscrit
    12 septembre 2011 11 h 35
    Merci Madame Hébert.
    Quel plaisir que de nous faire réaliser... quelques jours après que plusieurs
    québécois (comprenez ceux qui se croient les vrais québécois) se sont pein-
    turés dans le coin -avec un texte bien ciselé- en regard du retour des portraits
    de la Reine dans nos Ambassades canadiennes (Au fait, il y a t-il une règle ou
    une coutume que ce soit le Chef de l'État que l'on affiche dans une Ambassade?). Oui, la réaction de ceux qui habitent le pays (celui du Canada comme celui du Québec) depuis plusieurs générations (le plus souvent) peu-
    vent avoir le réflexe de revenir à des valeurs (antérieures)... Ça les rassurent
    et ça permet à ces personnes (bien enracinées)... de se payer une petite
    victoire avec le retour d'une photo... ou d'un crucifix. Ce qui me préoccupe
    davantage, ce sont ceux et celles qui conseillent nos dirigeants en jouant avec les symboles... comme si c'étaient des hochets.
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  • Charles Dubois - Inscrit
    12 septembre 2011 12 h 01
    Analyse pertinente
    Dans son ensemble, c'est une excellente analyse!

    Il est vrai que la crise des accomodements a fait ressortir les similitudes culturelles et sociales entre la majorité des Québécois francophones et les anglophones du reste de l'Amérique du Nord. La langue française, si elle ne s'accompagne pas de références sociales et culturelles, devient par le fait même un simple outil de communication. La défense du français devient moins importante et perd ,aux yeux de plusieurs, une partie de son attrait à la défendre.

    La proportion d'immigrants au Québec provenant des pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord est au-dessus 40%. Il faut aussi inclure la France car une proportion importante transite par ce pays.
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  • Andre Vallee - Abonné
    12 septembre 2011 12 h 27
    Aux chiâleux
    Un article sur le journal ne peut pas tout dire. Ce que j'y ai lu et pertinent. Ceux qui sentent le besoin de compléter, allez-y... enrichissez... c'est parti.
    Merci à Chantal Hébert.
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    12 septembre 2011 13 h 59
    L'Occident contre l'islam

    OK. Si je comprends bien, avant, c'était les catholiques français contre les anglais protestants. Ensuite, ce fut les français contre les anglais. Maintenant, suite au 11 septembre, il faut changer de perspective : ce sont valeures occidentales contre l'islam.

    Comme ça, l'islam est égal à Al Quaida et à Ben Laden!

    Je pense qu'il faut réviser cette approche après tout ce qui s'est passé par le suite du 11 septembre et en tirer des leçon. Georges Bush est parti, c'est Obama qu'il l'a remplacé et il a fait un formidable discours au Caire d'ouverture aux musulmans. De l'eau a coulé sous les ponts et Ben Laden est mort. Sa mort n'a pas soulevé les foulles. De plus, avec les changements présentement dans le monde arabe, le printemps arabe, les islamistes qui s'intègre à la démocratie et renoncent à la violence...
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  • Minotaur - Inscrit
    12 septembre 2011 16 h 55
    Qu'il est bien ce texte
    La reine comme symbole identitaire versus le crucifix de l'assemblé nationale, quelle belle comparaison. Deux choses qui me sont insupportables... Deux retour en arrière inutiles.

    "L'idée que la langue — pas plus que la foi — ne soit pas garante d'une vision de société commune ou d'une conception identique de principes comme l'égalité ou la laïcité civique a fait un grand bout de chemin. Celle — encore plus dérangeante à la lumière de la place historique de la langue dans les débats Canada-Québec — qu'un Québécois francophone soi-disant de souche puisse être équipé d'un bagage de valeurs plus proches de celles d'un Torontois anglophone de souche que de certains de ses plus récents compatriotes de langue française aussi."

    C'est tellement vrai!! Pour un chinois trouver la différence entre un canadien-québécois ou un québécois-canadien serait très difficile. S'il n'y avait pas de différence linguistique, la différence serait bien ténue...

    Pour ma part, c'est vrai aussi de bien des pays occidentaux. On a bien plus en commun que de différences. Des connards, il y en a partout, c'est la seule chose qui est uniformément répartie. D'ailleurs ce sont souvent eux qui misent sur la différence pour diviser les gens.
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    12 septembre 2011 23 h 28
    L'immigration, un cheval de Troie dans la nation
    À propos des taux d’immigration au Québec, tant en qualité qu’en quantité, toute concentrée qu’elle soit dans la métropole montréalaise, je prétends ici me faire l’avocat de la théorie du complot, avec la complicité du PLQ et de John James Charest, stratège payé par la mafia, à même les deniers publics ou le blanchiment d’argent des grands financiers. On m’accusera d’exagération, d’intolérance, de racisme ou de paranoïa, je l’assume pour une fois… car une fois n’est pas coutume !
    On nous serine dans les oreilles qu’on va manquer de main d’œuvre - tant au Québec qu’au Canada - quand les baby-boomers seront à leur retraite. J’ai vu passer une étude qui préconisait tout le contraire, mais il semble qu’on se soit empressé de la camoufler si bien que je ne la retrouve plus nulle part… Si quelqu’un la retrace, elle ferait un certain contrepoids au discours ambiant quelque peu manipulateur et culpabilisant visant « une revanche des berceaux » comme au bon vieux temps des années ’40-50 où il fallait préserver la foi catholique et la francophonie tout en méprisant le plaisir charnel hors du mariage fécond sans contraception disponible sous peine de mériter l’enfer éternel.
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  • amaranta - Inscrit
    13 septembre 2011 02 h 22
    Analyse simpliste
    Votre texte porte à confusion, certains y voient une critique du multiculturalisme, d'autres, une apologie. Personnellement, j'y vois un moyen détourné de critiquer une fois de plus le nationalisme québécois. Vous associez les conservateurs monarchistes aux nationalistes québécois de souches qui sont pour le maintien du crucifix sur les murs du Parlement. Or à ce niveau, les Québécois sont partagés, et bon nombre de nationalistes québécois de souches sont contre. De même, plusieurs Québécois fédéralistes et catholiques préféreraient qu'il y reste. J'ajouterais qu'il y a aussi des musulmans pour ou contre le maintien du crucifix au Parlement. Bien entendu, dans cette optique, la comparaison initiale ne tient plus la route. La situation est beaucoup plus complexe que vous la décrivez. Les passéistes ne se situent plus seulement chez les Québécois nationalistes de souches, mais aussi parmi les Québécois fédéraliste, catholiques et musulmans. De plus, ceux qui s'opposent au retrait du crucifix des murs du Parlement ne sont pas tous des réactionnaires. Pour plusieurs, le crucifix renferme une valeur patrimoniale au même titre que les églises, un repère culturel. Pour ma part, tant qu'il reste symbolique et qu'il ne renvoie pas à une religion d'État, cela m'est égal. Dans la même logique, je ne suis pas contre le port du hijab. Plutôt qu’un symbole d’oppression, il correspond, pour moi, à un marqueur identitaire.
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