«Marine royale»: Peter MacKay dit avoir réparé une «erreur historique»
Ottawa — La royauté est en vogue à Ottawa: après le retrait de toiles d'Alfred Pellan au profit d'un portrait de la reine au ministère des Affaires étrangères, c'est la marine et le corps d'aviation des forces armées qui bénéficient maintenant d'un traitement royal visant à corriger une «erreur historique», selon le gouvernement. D'autres sont plus sceptiques...
Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a ainsi confirmé hier le rétablissement immédiat des désignations traditionnelles de la marine royale canadienne (MRC), de l'armée canadienne et du corps d'aviation royal canadien (CARC).
Dans un processus d'unification des services de l'armée en février 1968, le gouvernement Pearson avait décidé d'abandonner ces appellations pour parler plutôt de trois commandements (maritime, aérien et force terrestre) formant indistinctement les forces armées canadiennes. Selon M. MacKay, il s'agissait là d'une «erreur historique» qu'il fallait absolument réparer.
«Le rétablissement des désignations d'origine permet de renouer avec la glorieuse histoire et les fières traditions» de la marine et du corps d'aviation, a affirmé le ministre. Questionné à savoir combien coûterait ce changement, M. MacKay a répondu que cela était «priceless» («ça n'a pas de prix»), sans vouloir préciser.
La décision du gouvernement a été annoncée exactement 100 ans après la création de la marine. Elle survient neuf mois après qu'un comité sénatorial a adopté une motion demandant la création de l'appellation «marine canadienne» — mais sans le mot «royal».
La Légion royale canadienne, une organisation d'anciens combattants, a applaudi le geste du gouvernement en disant qu'il répond à un débat «qui soulevait les passions de nos membres».
Mais la décision d'Ottawa est reçue avec étonnement ailleurs. Le professeur d'histoire au Collège militaire royal du Canada, Roch Legault, estime que «le débat n'était pas majeur» et qu'il n'y avait pas lieu de ramener le mot «royal» si le gouvernement désirait renommer la marine. «C'est du marketing, dit-il, et je ne crois pas que ce soit très habile pour convaincre les francophones et les gens de Toronto de s'engager.»
Vétéran de la marine, le député libéral Marc Garneau était lui aussi perplexe. «Ça va plaire à certains vétérans qui aiment la tradition, mais ça va déplaire à tous ceux qui perçoivent ça comme un geste régressif alors qu'ils préfèrent voir le Canada comme un pays moderne et émancipé», détaché de son passé colonisé, croit M. Garneau.
Pour le Bloc québécois, il s'agit d'un «retour en arrière [...] motivé par le désir de faire plaisir à la base militante des conservateurs attachée à la monarchie». Le groupe Citizens for a Canadian Republic a de son côté rappelé au gouvernement que «les années 50 sont terminées».
Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a ainsi confirmé hier le rétablissement immédiat des désignations traditionnelles de la marine royale canadienne (MRC), de l'armée canadienne et du corps d'aviation royal canadien (CARC).
Dans un processus d'unification des services de l'armée en février 1968, le gouvernement Pearson avait décidé d'abandonner ces appellations pour parler plutôt de trois commandements (maritime, aérien et force terrestre) formant indistinctement les forces armées canadiennes. Selon M. MacKay, il s'agissait là d'une «erreur historique» qu'il fallait absolument réparer.
«Le rétablissement des désignations d'origine permet de renouer avec la glorieuse histoire et les fières traditions» de la marine et du corps d'aviation, a affirmé le ministre. Questionné à savoir combien coûterait ce changement, M. MacKay a répondu que cela était «priceless» («ça n'a pas de prix»), sans vouloir préciser.
La décision du gouvernement a été annoncée exactement 100 ans après la création de la marine. Elle survient neuf mois après qu'un comité sénatorial a adopté une motion demandant la création de l'appellation «marine canadienne» — mais sans le mot «royal».
La Légion royale canadienne, une organisation d'anciens combattants, a applaudi le geste du gouvernement en disant qu'il répond à un débat «qui soulevait les passions de nos membres».
Mais la décision d'Ottawa est reçue avec étonnement ailleurs. Le professeur d'histoire au Collège militaire royal du Canada, Roch Legault, estime que «le débat n'était pas majeur» et qu'il n'y avait pas lieu de ramener le mot «royal» si le gouvernement désirait renommer la marine. «C'est du marketing, dit-il, et je ne crois pas que ce soit très habile pour convaincre les francophones et les gens de Toronto de s'engager.»
Vétéran de la marine, le député libéral Marc Garneau était lui aussi perplexe. «Ça va plaire à certains vétérans qui aiment la tradition, mais ça va déplaire à tous ceux qui perçoivent ça comme un geste régressif alors qu'ils préfèrent voir le Canada comme un pays moderne et émancipé», détaché de son passé colonisé, croit M. Garneau.
Pour le Bloc québécois, il s'agit d'un «retour en arrière [...] motivé par le désir de faire plaisir à la base militante des conservateurs attachée à la monarchie». Le groupe Citizens for a Canadian Republic a de son côté rappelé au gouvernement que «les années 50 sont terminées».








