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    Affinités avec le Bloc québécois et Québec solidaire - Turmel créerait un «malaise profond» au NPD

    Même Bernard Landry croit que la chef néodémocrate devrait quitter ses fonctions

    5 août 2011 |Geneviève Tremblay | Canada
    Des révélations d’affinités souverainistes viennent assombrir le profil de Nycole Turmel qui, jusqu’à tout récemment, semblait sans tache au sein du Nouveau Parti démocratique.<br />
    Photo: Agence Reuters Blair Gable Des révélations d’affinités souverainistes viennent assombrir le profil de Nycole Turmel qui, jusqu’à tout récemment, semblait sans tache au sein du Nouveau Parti démocratique.
    La crédibilité de Nycole Turmel continue de s'effriter, alors qu'un malaise commencerait à poindre au sein même du Nouveau Parti démocratique (NPD), dont la députée assure la direction intérimaire depuis une semaine seulement. Autre surprise, Bernard Landry a joint sa voix hier à celles venant du Canada anglais, osant même dire que la chef devrait renoncer à ses fonctions.

    C'est sur les ondes de RDI, lors de La Période de questions d'hier midi, qu'un adjoint d'un député du NPD au Québec — qui a exigé l'anonymat — a avoué vivre un «malaise profond». «Comment est-il possible de prétendre souscrire [à] un parti politique et ne pas adhérer à ce parti politique? [...] Quand on prend une carte d'un parti, c'est un signe, qui n'est pas un signe d'amitié pour quelqu'un. [...] C'est un engagement, une adhésion à une philosophie, à un programme», a-t-il déclaré, faisant référence à l'adhésion de Mme Turmel au Bloc québécois, en 2006, pour soi-disant appuyer son amie la députée bloquiste Carole Lavallée.

    Après le vote unanime qui a porté Nycole Turmel à la tête du parti néodémocrate en l'absence de Jack Layton, le 27 juillet dernier, ces révélations d'affinités souverainistes viennent assombrir le profil de la politicienne qui, jusqu'à tout récemment, semblait sans tache au sein de sa formation politique. «Je peux vous dire que le profond malaise qui règne dans le parti, c'est qu'un grand nombre, si ce n'est la majorité des gens qui ont voté, ne le savaient pas à ce moment-là, a poursuivi l'adjoint anonyme, qui a refusé une entrevue avec Le Devoir. Et ça, c'est un malaise très très très grave, parce que c'est une crise de confiance.»

    Plus tard en soirée, en entrevue à l'émission 24 heures en 60 minutes, Nycole Turmel a balayé de la main ces remises en question. «Je ne prête pas foi à un téléphone sur la place publique» où la personne n'a pas décliné son identité, a-t-elle déclaré, sans jamais faire référence aux années où elle fut membre en règle du Bloc québécois et de Québec solidaire. «Je suis convaincue que les gens du Québec et de mon caucus étaient très au courant que j'étais fédéraliste. Je l'ai dit à maintes reprises; est-ce que je l'ai dit assez fort?», a-t-elle même demandé.

    Zones d'ombre


    Les zones d'ombre s'accumulent pourtant sur la feuille de route de Nycole Turmel. Durant la campagne électorale du printemps dernier, elle avait dû accuser le coup porté par le député libéral sortant de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, qui lui avait reproché d'avoir «appuyé à deux occasions des souverainistes», du Bloc québécois en 2006 et de Québec solidaire en 2007, et ce, alors qu'elle se devait, selon lui, de défendre des valeurs fédéralistes en tant que présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada.

    Deux jours plus tard, le 5 avril 2011, Nycole Turmel se défendait dans un communiqué disant qu'en 2006, elle «avait bien expliqué que son organisme appuyait les objectifs progressistes du Bloc québécois, mais pas son objectif de souveraineté». Or, nulle part il n'est fait mention que Nycole Turmel, nouvellement candidate pour le NPD, venait tout juste de résilier son adhésion vieille de cinq ans au Bloc québécois et qu'elle était encore membre de Québec solidaire. Ce qui porte à croire que cette information n'était connue ni du milieu politique ni de ses collègues néodémocrates, contrairement à ce que prétend Mme Turmel.

    «Un problème civique»


    Joignant sa voix à celles du Canada anglais, l'ancien chef souverainiste Bernard Landry a quant à lui déclaré, hier, que Nycole Turmel discréditait l'engagement politique et qu'elle devrait renoncer à ses fonctions, ou à tout le moins présenter des excuses. «C'est rare que je suis en harmonie avec le Canada anglais, mais je pense qu'ils ont raison. Il y a un problème civique grave», a-t-il dit, irrité par les convictions politiques en apparence contradictoires de l'ancienne leader syndicale. «Avoir des convictions totalement opposées dans deux partis indépendantistes, militer dans un parti fédéraliste puis ensuite devenir le chef de l'opposition officielle du Canada, il y a quelque chose qui ne marche pas. C'est un bien mauvais exemple pour la jeunesse.»

    Ce à quoi Nycole Turmel a répondu de façon laconique sur les ondes de RDI hier soir: «Je trouve regrettable le discours de M. Landry. Je peux comprendre qu'il est vraiment déçu que le NPD [se soit] établi au Québec, qu'il n'y ait presque plus de représentants du Bloc, a-t-elle analysé. Mais le Québec nous a donné un engagement, nous a élus pour faire partie du Canada et pour travailler avec le Canada anglais, et c'est bien mon intention de le faire dans les prochaines semaines, tant et aussi longtemps que M. Layton ne sera pas de retour.»

    Les explications répétitives de Mme Turmel, qui a réitéré hier jusqu'à plus soif ses convictions fédéralistes, n'ont pas convaincu le milieu politique, surtout celui du Canada anglais qui a continué de mettre en doute son passé équivoque et son refus d'expliquer un apparent conflit d'intérêts.

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    Avec La Presse canadienne












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