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Lancement de son programme - Copps place les questions sociales au centre de son engagement

29 juillet 2003  Canada
«Je préférerais investir dans les garderies que d’investir dans les grosses compagnies», a résumé la ministre du Patrimoine en conférence de presse.
Photo : Agence Reuters
«Je préférerais investir dans les garderies que d’investir dans les grosses compagnies», a résumé la ministre du Patrimoine en conférence de presse.
Ottawa — La candidate dans la course à la succession de Jean Chrétien, Sheila Copps, a clairement réitéré ses priorités en dévoilant un document d'orientation de sa campagne, hier, plaçant les questions sociales en tête.

La ministre du Patrimoine espère que le document élaborant sa vision d'un futur gouvernement fouettera son unique adversaire à se prononcer sur une foule de sujets et, ainsi, à susciter un débat.

Le plan d'action, intitulé Fondations, établit les priorités de la candidate au poste de chef du Parti libéral du Canada (PLC). Mme Copps ne garde aucun secret et ses engagements, qui totaliseraient des dépenses de six milliards pour la première année, sont d'abord et avant tout sociaux.

«Je préférerais investir dans les garderies que d'investir dans les grosses compagnies», a résumé la ministre du Patrimoine en conférence de presse.

Dans son plan d'action qu'elle veut proche des idées de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, Mme Copps s'affiche comme la porte-parole des minorités, des moins fortunés et des familles. Si elle devient premier ministre, elle s'engage à s'attaquer au déficit social sans toutefois créer de déficit budgétaire.

Faire mieux

Le plan comporte des promesses fermes pour encourager le transport en commun, protéger l'environnement, relancer la construction de logements abordables et donner un coup de pouce aux régions. «Il existe un certain nombre de domaines clés où le Canada doit faire beaucoup mieux, y compris le logement social, une aide à l'enfance de qualité et le transport public», peut-on lire dans le

document.

En conférence de presse, Mme Copps citera, à de multiples reprises, l'exemple du Québec en matière sociale, notamment pour son système de garderies.

Seule adversaire à tenir encore tête à la puissante équipe de Paul Martin, Sheila Copps espère que les dernières semaines de cette campagne au leadership seront l'occasion de débattre de ses idées avec son adversaire.

Elle a beau espérer, elle risque néanmoins de se buter à la prudence des propos de Paul Martin. Celui qui est perçu comme le meneur de la course n'a pas l'intention d'imiter Mme Copps et de publier une plate-forme. Par contre, souligne un porte-parole de son équipe, M. Martin fera connaître ses idées et ses positions au fur et à mesure.

«Contrairement à Mme Copps, on devra vivre avec les conséquences de nos déclarations», a indiqué ce porte-parole, laissant ainsi entendre que la victoire semblait acquise.

Lancer un débat

Si, dans le clan Martin, on commence à percevoir la victoire plus tangible que jamais, on affirme ne pas prendre pas à la légère Sheila Copps pour autant.

En d'autres mots, l'équipe de Paul Martin a l'intention d'être très présente sur le terrain afin de s'assurer de la présence des militants lors des assemblées de choix de délégués, la fin de semaine du 19 septembre. Ce déploiement de l'équipe dans le cadre de l'exercice du choix des délégués servira aussi, en quelque sorte, de test en vue d'une prochaine élection générale puisque l'équipe de l'ex-ministre des Finances pourra jauger les résultats des organisations des 301 comptés fédéraux.

Les résultats de ce que les libéraux ont désigné comme «le super week-end», en septembre, donneront un avant-goût plutôt précis de ce que pourrait réserver le vote lors du congrès à l'investiture, en novembre. Si l'on se fie à la vente des cartes de membres et aux appuis recueillis, on s'attend à ce que Paul Martin récolte une forte majorité de délégués.

Les chiffres ont beau être en sa défaveur, Mme Copps a répété qu'elle n'avait pas l'intention de quitter le bateau. Avant elle, Brian Tobin, Herb Dhaliwal, Allan Rock et John Manley se sont inclinés devant la supériorité de Paul Martin. «Je suis ici pour lancer un vrai débat d'idées, et c'est ce que les libéraux veulent», a-t-elle mentionné.
 
 
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