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Appui à un projet pertinent pour tous - Longue vie au Wapikoni!

Inês Lopes, Ph.D., consultante en éducation et intervenante jeunesse pour le Wapikoni mobile, Manawan (2008 et 2009), Matimekush et Kawawachikamach (2009)  20 juillet 2011  Canada
Le Wapikoni répondait à certains besoins fondamentaux chez les jeunes, en l’occurrence ceux de s’exprimer et d’avoir des projets.<br />
Photo : Source Wapikoni Mobile
Le Wapikoni répondait à certains besoins fondamentaux chez les jeunes, en l’occurrence ceux de s’exprimer et d’avoir des projets.
Comme plusieurs personnes, je reçois la nouvelle de la coupe de quasi un demi-million au Wapikoni mobile. Peine à y croire. Ce projet, qui aura été maintes fois vanté pour son approche novatrice, pertinente et motivante, est maintenant «sur pause»? Ayant eu l'occasion de participer au projet à trois reprises, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour l'équipe, et une pensée pour les jeunes des communautés autochtones qui attendaient les roulottes pour l'instant stationnées.

Permettez-moi de rappeler la pertinence d'un tel projet. Le Wapikoni mobile vise à intervenir auprès des jeunes autochtones en les encourageant à explorer leur potentiel et à s'exprimer sur des sujets qui leur tiennent à coeur via des courts métrages et compositions musicales. Il vise en outre à faciliter des collaborations entre les jeunes, à provoquer la réflexion et le dialogue intra et intercommunautés, puis à faire tomber les préjugés. Ainsi, le projet permet d'abord de se découvrir, puis de se dévoiler.

Comme une goutte d'eau qui provoque des cercles concentriques, le projet profitait en effet d'abord aux jeunes, puis à leur communauté, pour ensuite arriver jusqu'aux communautés non autochtones ici et à l'international.

Impacts sur les jeunes

Pour plusieurs jeunes, la venue du Wapikoni permettait une première expérience de réalisation d'un court métrage (documentaire, fiction, animation ou vidéoclip). Soutenus par deux cinéastes-formateurs et un intervenant jeunesse, les jeunes exploraient la technique de la caméra et du son, la scénarisation, la réalisation et parfois aussi le montage. D'autres optaient plutôt pour la création musicale. Les jeunes avaient alors l'occasion de se découvrir de nouveaux talents puis d'être valorisés par la réaction positive de leurs pairs.

Les thématiques sur lesquelles ils décidaient de s'exprimer étaient diverses: l'identité, la culture, les traditions et les nouvelles réalités, les relations, la drogue, le suicide, l'environnement, la violence, les pensionnats... En filigrane des formations, l'accompagnement se faisait sous forme d'encouragements à avoir confiance en soi et à persévérer. Parfois, c'est lorsque quelqu'un d'autre croyait à leur idée qu'ils y croyaient aussi.

Le Wapikoni répondait à certains besoins fondamentaux chez les jeunes, en l'occurrence de s'exprimer et d'avoir des projets. Puis, une fois leurs projets menés à terme, la pédagogie du succès amènera valorisation, confiance en soi et ouvrira par ailleurs souvent sur d'autres projets.

À long terme

Au fil de mes allées et venues dans les communautés, j'ai vu des jeunes réaliser qu'ils avaient du talent. J'ai vu des jeunes se questionner sur la poursuite de leurs études ou d'autres projets. J'ai vu de nouvelles collaborations naître. J'ai aussi vu des jeunes inviter à la projection finale toute personne croisée sur leur passage, tellement ils étaient fiers d'y présenter leur film. J'ai vu des jeunes plutôt timides présenter fièrement leur film devant leur communauté. J'ai aussi vu, à la suite de cette projection, ces jeunes être bruyamment félicités par celle-ci.

Puis, au fil des ans, on peut apercevoir certaines retombées à plus long terme. J'ai vu des jeunes arriver à la roulotte avec des idées ou des textes qu'ils avaient pris le temps de rédiger au cours de la dernière année, en attendant la prochaine venue de l'équipe. Au fil des ans aussi, plus de jeunes participent au projet. Ils ont vu les productions de leurs frères, cousins ou amis puis décident d'en réaliser à leur tour.

D'autres, ayant déjà participé, décident d'aller plus loin. S'ils ont touché à la caméra ou à la prise de son lors de leur première année par exemple, ils tenteront peut-être la réalisation ou le montage l'année suivante. Qui plus est, certains jeunes ont eu l'occasion de présenter leurs films ailleurs au Québec ou à l'international. Certains ont même été primés pour leurs courts métrages. Et la valorisation continue.

Impacts sur les communautés

À l'intérieur des communautés autochtones, on peut observer plusieurs retombées intéressantes également. Le projet amène des collaborations sur les productions audiovisuelles ou musicales. Collaborations intra et intergénérationnelles. En outre, les courts métrages permettent aussi une sensibilisation communautaire à divers enjeux que les jeunes ont voulu amener (consommation de drogue, forêts à protéger, etc.).

Cette conscientisation à divers enjeux s'étend aux communautés non autochtones ici, voire dans des festivals à l'international. En regard de la diversité culturelle à promouvoir, de la compréhension et du respect mutuel à encourager entre communautés, l'éducation est toujours mise à l'avant-scène des solutions à privilégier. Comment se fait-il que si peu de liens sont encore tissés entre nous? Je crois que le Wapikoni mobile permettait justement de les tisser.

Puis, sans vouloir perpétuer les stéréotypes, il est néanmoins important de reconnaître que certaines réalités sociales sont plus présentes dans les communautés autochtones qu'ailleurs. Que l'on pense au taux de suicide de cinq à huit fois supérieur chez les jeunes des Premières Nations que chez les autres jeunes Canadiens, à l'alcoolisme, à la toxicomanie, au décrochage scolaire, au manque d'emplois, au découragement par rapport à l'avenir, à la pauvreté, à l'exclusion sociale, à la criminalité, ou au fossé entre générations, il va sans dire que certaines interventions sont souhaitables pour favoriser le bien-être individuel et communautaire. Certaines ressources existent certes déjà au sein des communautés, mais la venue du Wapikoni mobile amenait néanmoins des interventions novatrices et une écoute nouvelle. Mais aussi, ne l'oublions pas, de faire des films sur ce qui va bien aussi. Sur ce qui se reconstruit.

Sept ans, 2000 jeunes initiés, plus de 450 courts métrages et une collection de prix plus tard, le Wapikoni mobile en a fait du chemin... Je souhaite vivement que ce projet obtienne le soutien qu'il mérite afin de lui permettre de poursuivre sa précieuse mission. C'est par la concertation des efforts, par un appui financier et par la volonté de tisser des liens que ce projet pourra continuer de rayonner. Longue vie au Wapikoni.

***

Inês Lopes, Ph.D., consultante en éducation et intervenante jeunesse pour le Wapikoni mobile, Manawan (2008 et 2009), Matimekush et Kawawachikamach (2009)
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    20 juillet 2011 07 h 44
    Demander au provincial
    Le Québec veut s'occuper des affaires culturelles sur son territoire. Il veut que le fédéral s’en retire. Il vient de s’en retirer avec ce programme. Le Québec va être enchanté de payer ce qu'il faut avec le 2 % de TPS que le fédéral a coupé qui à été récupéré par M. Bachand sur sa TVQ, ce qui lui donne de gros montants d’argent en dollars canadiens, on s'entend.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    20 juillet 2011 08 h 37
    Et la constitution?
    Les « Indiens » sont de la compétence du Parlement fédéral, pas des provinces, selon la constitution canadienne.
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  • Suzanne Bettez - Abonné
    20 juillet 2011 08 h 44
    Reconnaître une nation...
    C'est à se demander ce que M. Harper avait en tête lorsqu'il a reconnu publiquement les Premières Nations comme peuple fondateur. Au bout de la phrase, un point final? Cette phrase n'a de sens qu'avec des gestes concrets.

    Wapikoni mobile est un projet concret, intelligent, créatif. LE geste du gouvernement canadien... offert sur un plateau d'argent, lui qui n'a d'autres efforts à fournir, pour être conséquent avec sa parole, qu'un petit 500 000 $ à sortir de son gros coffre. Quand on pense aux dépenses occasionnées par le G8 et G20, toute justification de sa part aux coupures de fonds pour ce projet relève de la pure bêtise idéologique.

    Suzanne Bettez
    Abonnée
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    20 juillet 2011 09 h 08
    @ M. Rousseau
    Les Québécois devraient se rapprocher de nos Indiens, de solides fédéralistes canadiens dont la grande majorité parlent anglais et/ou sont anglophiles
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  • celljack - Inscrit
    20 juillet 2011 09 h 19
    Financement direct par les communautés?
    Et si les communautés autochtones se cotisaient entre elles pour conserver ce service? Personne ne les empêche et le coût ne doit pas être exorbitant!
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  • Antoinette - Abonnée
    20 juillet 2011 10 h 12
    Désolant!
    Donnons notre appui à Mme Barbeau et à ces jeunes des Premières nations en écrivant à la ministre Diane Finley au courriel suivant :
    min.hrsd-rhdc@hrsdc-rhdcc.gc.ca avec copie conforme au ministre Christian Paradis, lieutenant du gouvernement Harper au Québec : ministre.industrie@ic.gc.ca.
    J'ai également envoyé ce courriel à Mme Christine St-Pierre à l'adresse suivante : ministre@mcccf.gouv.qc.ca.

    Espérons donc que cette décision soit révisée. Ce projet est d'une valeur inestimable.

    Carole Smith
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