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    Congrès fédéral - Le NPD s'attaque au défi de la crédibilité

    «En faisant du NPD l'opposition officielle à Ottawa, les Canadiens nous ont donné une grande responsabilité, a lancé Jack Layton lors de son discours d'ouverture hier soir.
    Photo: Agence Reuters «En faisant du NPD l'opposition officielle à Ottawa, les Canadiens nous ont donné une grande responsabilité, a lancé Jack Layton lors de son discours d'ouverture hier soir.
    Le Devoir à Vancouver - Dans le hall d'entrée du Centre des congrès de Vancouver, un groupe syndical distribuait hier des chandails et des autocollants présentant une esquisse du parlement et l'inscription «NPD: gouvernement en attente». Au-delà du slogan, c'est à ce défi de la crédibilité que le parti s'attaque cette fin de semaine à l'occasion d'un congrès dont personne n'avait prévu le contexte.

    Planifié de longue date, ce congrès bisannuel survient à peine quelques semaines après des élections historiques pour le NPD: 103 députés et le statut d'opposition officielle — ce qui a d'ailleurs permis à Jack Layton de faire son entrée à Stornoway cette semaine. Un bond spectaculaire, certes, mais qui vient aussi avec une obligation de résultat... et une attention accrue du public.

    «En faisant du NPD l'opposition officielle à Ottawa, les Canadiens nous ont donné une grande responsabilité, a lancé Jack Layton lors de son discours d'ouverture hier soir: s'opposer, bien sûr, mais aussi se préparer à la prochaine étape et être prêt dans quatre ans à former le gouvernement.»

    Selon M. Layton, «les délégués présents à notre congrès de fondation il y a 50 ans n'ont pas créé le NPD pour être un parti d'opposition. Ils l'ont créé pour être un parti au gouvernement. Et c'est exactement à quoi sert ce congrès», a-t-il dit.

    C'est notamment pour démontrer la capacité du NPD à former le gouvernement que le parti a invité à son congrès Adrian Dix, le chef du NPD en Colombie-Britannique — où le parti a été au pouvoir entre 1991 et 2001 — et le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Darrell Dexter.

    «Le parti est dans une position spéciale, reconnaît l'ancien chef Ed Broadbent. Nous ne sommes pas seulement l'opposition officielle, mais un gouvernement en attente. Jack Layton est la personne vers qui les gens se tournent naturellement lorsqu'ils pensent au futur premier ministre. C'est historiquement nouveau, et important. Mais ça veut dire que le parti doit se préparer aux idées à plus long terme, maintenant que nous sommes sortis de la dynamique de gouvernements minoritaires.»

    M. Broadbent y contribuera indirectement: il a annoncé hier la mise sur pied de l'Institut Broadbent, qui se présente comme un think tank de gauche dédié à la promotion des principes sociaux-démocrates (une sorte de contrepoids au Centre Manning).

    Encore à l'étape d'ébauche, la mission de l'institut sera de «contribuer au développement de la social-démocratie par l'entremise de l'éducation, de la formation et d'idées qui ont une application pratique pour ceux qui gouvernent». Le financement n'a pas été dévoilé, mais l'institut se dit officiellement indépendant du NPD. «L'idée est de créer une institution hors NPD, mais qui a les mêmes valeurs», a indiqué M. Broadbent, maintenant âgé de 75 ans.

    Le Québec?

    En coulisse du congrès, les néodémocrates prévenaient hier que la nouvelle réalité du parti — un caucus composé à 57 % de députés québécois — ne pourrait se refléter immédiatement. «On sort à peine de l'élection, les résolutions ont été préparées dans les dernières semaines, c'est un peu rapide», indiquait un membre de l'entourage de M. Layton.

    Sur 1558 délégués enregistrés, 183 viennent du Québec, soit quelque 11 % (le français se faisait pourtant bien entendre, hier). Les 40 associations de circonscription québécoises du NPD ont proposé 4 des 70 propositions qui seront débattues d'ici demain — les discussions ont débuté en soirée. «C'est davantage au prochain congrès que l'influence du Québec se fera sentir», croit-on.

    Mais, selon le lieutenant québécois et chef adjoint du parti, Thomas Mulcair, les délégués et députés québécois n'auront pas de difficulté à faire entendre leur voix dans ce congrès. «Les Québécois représentent le renouvellement dans le parti, dit-il. Ils ont des yeux frais pour regarder ça, et la plupart ont l'expérience de débats semblables.»

    Cela dit, les stratèges s'attendaient à peu de déchirements: les résultats du 2 mai ont fait peu de malheureux au parti...

    50 ans

    Les néodémocrates ont par ailleurs souligné hier soir (après l'impression de cette édition) le 50e anniversaire du parti créé en 1961 par l'alliance entre la Fédération du Commonwealth coopératif (CCF, aussi appelé Parti social-démocratique du Canada) et du Congrès du travail du Canada (CTC).

    C'est Tommy Douglas, premier ministre de la Saskatchewan depuis 1944, qui a tenu les rênes du NPD durant les 10 premières années du parti. Son passage sur la scène fédérale a marqué l'histoire du parti et laissé une empreinte durable à Ottawa, où tous reconnaissent son intégrité et l'ampleur de sa contribution — ce fut notamment un des rares députés à s'opposer fermement à l'imposition de la Loi sur les mesures de guerre en octobre 1970. Il a largement contribué à la mise sur pied du régime d'assurance maladie au Canada.

    Sous Tommy Douglas, le NPD fait élire 22 députés en 1968, et reçoit des appuis d'environ 15 % qui demeureront la norme pendant longtemps. Son successeur, David Lewis, obtient 31 sièges en 1972, avant de redescendre à 16 deux ans plus tard.

    Avec Ed Broadbent (1975-1989), le NPD atteint un sommet de 43 députés en 1988 et franchit pour la première fois la barre des 20 % d'appuis. Mais l'après-Broadbent a été difficile: les règnes d'Audrey McLaughlin (première femme chef d'un parti fédéral présent à la Chambre des communes) et d'Alexa McDonough ont été marqués par des déceptions.

    En 1993, le NPD perd ainsi son statut de parti officiel (9 députés, alors que le seuil est fixé à 12), et il franchit à peine la barre en 2000 (13 députés). Cela forcera une profonde remise en question qui mènera à l'arrivée de Jack Layton en 2003.

    M. Layton fait élire 19 députés en 2004, 37 en 2008 et 103 le mois dernier, alors que 4,5 millions de Canadiens ont voté pour le NPD.
    «En faisant du NPD l'opposition officielle à Ottawa, les Canadiens nous ont donné une grande responsabilité, a lancé Jack Layton lors de son discours d'ouverture hier soir. C’est Tommy Douglas, premier ministre de la Saskatchewan depuis 1944, qui a tenu les rênes du NPD durant les 10 premières années du parti, qui fête ses 50 ans.<br />












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