Ouverture de la session parlementaire - Andrew Sheer est élu président de la Chambre des communes
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Jack Layton et Stephen Harper encadrent le président de la Chambre des communes, Andrew Sheer. Le français du nouvel élu semble laborieux, mais il s’engage à l’améliorer. «Je fais un grand effort pour améliorer mon français. Et j’apprends le subjonctif malgré l’imparfait de mes paroles.»
Ottawa — Le coup d'envoi aux travaux parlementaires a été donné hier à Ottawa avec l'élection d'un nouveau président et l'engagement, pris par le gouvernement et l'opposition officielle, de rehausser le niveau des débats à la Chambre des communes. La table est mise pour le discours du Trône d'aujourd'hui et le budget de lundi.
Les députés ont élu Andrew Scheer, de la Saskatchewan, comme président au terme d'un long processus de six tours de scrutin ayant duré plus de six heures. Il l'a finalement remporté contre la néodémocrate Denise Savoie, qui avait livré un discours passionné sur l'importance d'enrayer le cynisme de la population en rehaussant la qualité des débats au Parlement.
M. Scheer s'est engagé à améliorer le ton des débats, notamment en ne permettant pas aux députés faisant du grabuge de prendre la parole et en jugeant non parlementaire tout propos attribuant des intentions aux autres élus. Son français semble laborieux, mais il s'engage à l'améliorer. «Je fais un grand effort pour améliorer mon français. Et j'apprends le subjonctif malgré l'imparfait de mes paroles.»
Seule Mme Savoie parlait le français parfaitement. Les huit candidats ont quand même senti le besoin de prononcer quelques mots en français dans leur discours de candidature, y compris ceux qui ne le parlent pas du tout. Les propos de Dean Allison dans la langue de Molière étaient particulièrement incompréhensibles. Lee Richardson, lui, a commencé à prendre des cours récemment pour se lancer dans la course, même s'il a siégé 12 ans à Ottawa.
Plus tôt dans la journée, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, le ministre Christian Paradis, avait déclaré sur les ondes de RDI qu'il n'était pas nécessaire que le président de la Chambre des communes soit bilingue, établissant un parallèle avec les ministres québécois qui ne maîtrisent pas tous l'anglais à la perfection.
Le député néodémocrate Yvon Godin, qui s'est battu pour obliger les juges de la Cour suprême à être bilingues, était un peu déçu de la qualité du français de M. Scheer. «Dans de grandes discussions sur de grands enjeux, il va falloir, comme à la Cour suprême, qu'il s'en remette à la traduction. S'il y a des erreurs dans la traduction, il pourrait y avoir un problème. [...] Ça aurait pu être mieux.»
Désir de décorum
Il faudra voir si le nouveau président devra travailler fort pour faire respecter le désir de décorum exprimé par tous. Hier, autant le leader en Chambre du gouvernement, Peter Van Loan, que le chef de l'opposition officielle, Jack Layton, se sont engagés à imposer un ton plus positif au Parlement.
«On a beaucoup parlé du décorum au Parlement, a indiqué M. Van Loan. Je m'attends à ce que le fait d'avoir un gouvernement majoritaire améliore la situation. Désormais, on s'attardera à débattre d'enjeux politiques à long terme pour améliorer la vie des familles canadiennes et pas seulement, comme cela a été le cas dans le passé, de jouer des jeux politiques de courte vue. Le Parlement sera ainsi plus productif, ce qui est une bonne nouvelle pour les Canadiens.»
M. Layton a rappelé qu'il s'est engagé à ce que son caucus «adhère à ce genre de principe». «Nous sommes prêts à faire cela et à avoir un ton lors des débats et des discussions qui est respectueux et qui reconnaît que les Canadiens veulent voir du changement. Ils n'aiment pas les insultes», a-t-il dit.
Pour sa part, le chef libéral Bob Rae s'est montré sceptique. Selon lui, le décorum ne se résume pas au ton et aux mots employés dans l'enceinte parlementaire, mais comprend aussi le respect du gouvernement envers le processus parlementaire. Si le gouvernement met l'opposition au pied du mur en l'obligeant à adopter des projets de loi à toute vapeur avant la fin de la journée, par exemple, il est évident que l'opposition réagira vigoureusement.
Le ministre Van Loan a annoncé que d'ici le congé estival, le gouvernement non seulement déposera de nouveau son budget, mais présentera sa réforme du Sénat et son projet de loi resserrant les lois sur l'immigration. Il y aura aussi un vote sur le prolongement de la mission canadienne en Libye. Le budget contiendra l'abolition de la subvention étatique de 2 $ par vote versée aux partis politiques, que M. Van Loan apparente à «une taxe sur le droit de vote».
Il a laissé entendre que ce n'est qu'à l'automne qu'il déposera le projet de loi abolissant le registre des armes à feu, de même que celui mettant fin au monopole de la Commission canadienne du blé.
Les députés ont élu Andrew Scheer, de la Saskatchewan, comme président au terme d'un long processus de six tours de scrutin ayant duré plus de six heures. Il l'a finalement remporté contre la néodémocrate Denise Savoie, qui avait livré un discours passionné sur l'importance d'enrayer le cynisme de la population en rehaussant la qualité des débats au Parlement.
M. Scheer s'est engagé à améliorer le ton des débats, notamment en ne permettant pas aux députés faisant du grabuge de prendre la parole et en jugeant non parlementaire tout propos attribuant des intentions aux autres élus. Son français semble laborieux, mais il s'engage à l'améliorer. «Je fais un grand effort pour améliorer mon français. Et j'apprends le subjonctif malgré l'imparfait de mes paroles.»
Seule Mme Savoie parlait le français parfaitement. Les huit candidats ont quand même senti le besoin de prononcer quelques mots en français dans leur discours de candidature, y compris ceux qui ne le parlent pas du tout. Les propos de Dean Allison dans la langue de Molière étaient particulièrement incompréhensibles. Lee Richardson, lui, a commencé à prendre des cours récemment pour se lancer dans la course, même s'il a siégé 12 ans à Ottawa.
Plus tôt dans la journée, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, le ministre Christian Paradis, avait déclaré sur les ondes de RDI qu'il n'était pas nécessaire que le président de la Chambre des communes soit bilingue, établissant un parallèle avec les ministres québécois qui ne maîtrisent pas tous l'anglais à la perfection.
Le député néodémocrate Yvon Godin, qui s'est battu pour obliger les juges de la Cour suprême à être bilingues, était un peu déçu de la qualité du français de M. Scheer. «Dans de grandes discussions sur de grands enjeux, il va falloir, comme à la Cour suprême, qu'il s'en remette à la traduction. S'il y a des erreurs dans la traduction, il pourrait y avoir un problème. [...] Ça aurait pu être mieux.»
Désir de décorum
Il faudra voir si le nouveau président devra travailler fort pour faire respecter le désir de décorum exprimé par tous. Hier, autant le leader en Chambre du gouvernement, Peter Van Loan, que le chef de l'opposition officielle, Jack Layton, se sont engagés à imposer un ton plus positif au Parlement.
«On a beaucoup parlé du décorum au Parlement, a indiqué M. Van Loan. Je m'attends à ce que le fait d'avoir un gouvernement majoritaire améliore la situation. Désormais, on s'attardera à débattre d'enjeux politiques à long terme pour améliorer la vie des familles canadiennes et pas seulement, comme cela a été le cas dans le passé, de jouer des jeux politiques de courte vue. Le Parlement sera ainsi plus productif, ce qui est une bonne nouvelle pour les Canadiens.»
M. Layton a rappelé qu'il s'est engagé à ce que son caucus «adhère à ce genre de principe». «Nous sommes prêts à faire cela et à avoir un ton lors des débats et des discussions qui est respectueux et qui reconnaît que les Canadiens veulent voir du changement. Ils n'aiment pas les insultes», a-t-il dit.
Pour sa part, le chef libéral Bob Rae s'est montré sceptique. Selon lui, le décorum ne se résume pas au ton et aux mots employés dans l'enceinte parlementaire, mais comprend aussi le respect du gouvernement envers le processus parlementaire. Si le gouvernement met l'opposition au pied du mur en l'obligeant à adopter des projets de loi à toute vapeur avant la fin de la journée, par exemple, il est évident que l'opposition réagira vigoureusement.
Le ministre Van Loan a annoncé que d'ici le congé estival, le gouvernement non seulement déposera de nouveau son budget, mais présentera sa réforme du Sénat et son projet de loi resserrant les lois sur l'immigration. Il y aura aussi un vote sur le prolongement de la mission canadienne en Libye. Le budget contiendra l'abolition de la subvention étatique de 2 $ par vote versée aux partis politiques, que M. Van Loan apparente à «une taxe sur le droit de vote».
Il a laissé entendre que ce n'est qu'à l'automne qu'il déposera le projet de loi abolissant le registre des armes à feu, de même que celui mettant fin au monopole de la Commission canadienne du blé.
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