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    Des conservateurs veulent évaluer Harper

    31 mai 2011 |Hélène Buzzetti | Canada
    Stephen Harper
    Photo: Agence Reuters Chris Wattie Stephen Harper
    Ottawa — Au moins un groupe de militants conservateurs croient que le chef Stephen Harper devrait se soumettre à un vote de confiance des partisans, qu'il ait gagné l'élection ou pas. Il en va de la «responsabilité», croient-ils. Cette résolution sera débattue lors du congrès bisannuel du Parti conservateur, la semaine prochaine. Les militants seront aussi appelés à se prononcer sur le taux de taxation uniforme, l'euthanasie, la garde partagée d'enfants et le contrôle étranger des entreprises exploitant les ressources naturelles canadiennes.

    Contrairement aux autres partis politiques, le Parti conservateur ne soumet pas automatiquement son chef à un vote de confiance lors de ses congrès. Ce vote n'est enclenché que lorsque le parti perd une élection générale. Les militants de la circonscription d'Esquimalt-Juan de Fuca, en Colombie-Britannique, veulent changer cela. «Le chef doit toujours être responsable devant le parti, que les élections soient gagnées ou perdues, est-il écrit dans le document consulté par Le Devoir. L'examen fréquent et régulier du leadership assure un lien continu entre le leadership et le reste du parti.»

    La présidente de la circonscription, Kerrie Reay, a rappelé Le Devoir, mais lorsqu'elle a constaté qu'elle s'adressait à une journaliste, elle a indiqué qu'elle devait obtenir plus d'informations avant de répondre. Elle n'a pas rappelé.

    Le congrès devant se tenir à Ottawa permettra aux conservateurs de se prononcer sur près de 80 résolutions politiques. Un très grand nombre d'entre elles se font l'écho d'événements ayant fait l'actualité.

    Ainsi, les militants proposent d'adoucir la politique du parti à propos du contrôle étranger d'entreprises oeuvrant dans des secteurs névralgiques. Si le parti se dit toujours favorable au contrôle étranger, les militants de deux circonscriptions proposent de compliquer, voire d'interdire celui-ci lorsque les entreprises exploitent des ressources naturelles canadiennes. Faut-il y voir l'effet de la saga Potash Corp., dont l'acquisition étrangère a été bloquée par le gouvernement conservateur après la levée de boucliers en Saskatchewan?

    Omar Khadr semble avoir inspiré une autre résolution. Des militants proposent de révoquer la citoyenneté canadienne de quiconque prend les armes contre l'armée canadienne. Ces personnes seraient ensuite jugées pour «haute trahison».

    Plusieurs autres résolutions proposent de resserrer les règles d'accueil des réfugiés au Canada. Une de celles-ci propose même de «créer un processus proactif qui sollicite les réfugiés plus jeunes et leurs familles», ce qui semble trahir une confusion entre réfugiés et immigrants.

    Les militants de Calgary Nose Hill et d'Oshawa suggèrent l'instauration d'un taux de taxation unique. D'autres demandent que les tribunaux accordent de facto la garde partagée en cas de séparation à moins que cela ne soit contraire à l'intérêt de l'enfant. Plusieurs circonscriptions ontariennes exigent pour leur part que le Parti conservateur «n'appuie aucun projet de loi légalisant l'euthanasie ou le suicide assisté au Canada». Un projet de loi bloquiste sur l'euthanasie avait été défait lors du précédent Parlement.

    Enfin, sujet cher aux conservateurs s'il en est, la justice criminelle fait l'objet de plusieurs résolutions politiques. Une de celles-ci raye la prévention du crime comme un des objectifs du système de justice. Elle vise à faire enchâsser dans la politique officielle du parti «le droit des citoyens respectueux des lois d'utiliser la force pour prévenir des crimes dont ils font l'objet». Une autre propose de ramener de trois à deux le nombre de condamnations graves à partir duquel un criminel serait jugé «dangereux» et incarcéré indéfiniment.

    Pas beaucoup de Québécois

    Selon nos informations, environ 80 Québécois seulement se seraient inscrits pour le congrès débutant jeudi de la semaine prochaine. Lors du précédent congrès conservateur, un peu plus d'une centaine au total avaient participé, mais celui-ci se tenait à Winnipeg.

    «Un congrès à Ottawa, pour beaucoup de Québécois, ne représente pas un même niveau d'investissement. On devrait avoir le double d'inscriptions, ce qui ne se vérifie pas à l'heure actuelle», note un militant du Québec qui y voit un signe de désenchantement des troupes à la suite du résultat décevant de l'élection.

    Cinq résolutions visent à abolir le principe d'égalité entre les circonscriptions lors du choix du chef ou de l'adoption des politiques du parti, qu'elles comptent 20 ou 10 000 militants. Les Québécois craignent du coup de voir leur voix noyée dans une mare d'alliancistes de l'Ouest. Un des députés à l'origine des changements réclamés, Scott Reid, rétorque qu'il n'est pas juste que la voix des militants québécois ait plus de poids que celle des militants d'ailleurs au pays. M. Reid fait circuler depuis hier une pétition pour solliciter l'appui de sa résolution. Il utilise le cas des militants de Montebello, en Outaouais, dont le vote lors de la course à la direction de 2004 «valait 89 fois celui d'un militant de Fredericton». Dans une précédente lettre, il s'en prenait au poids disproportionné des militants de Hochelaga, à Montréal.
     
     
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