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Kaboul-sur-Richelieu

Gil Courtemanche   28 mai 2011  Canada
Il y a de ces images qu'on aime bien regarder, images qui attendrissent et qui rassurent. En Afghanistan, des soldats canadiens déblaient un terrain vague pour que les jeunes puissent se livrer à leur traditionnelle bataille de cerfs-volants. En Haïti, d'autres jeunes gens venus de Valcartier aménagent un terrain de soccer sous les yeux rieurs d'une ribambelle de gamins. Ils ne sont pas là pour ces menus plaisirs, ils sont là pour lutter contre les talibans, déblayer des villes en ruine, installer des hôpitaux de campagne, fournir de l'eau potable, mais si, en plus, ils peuvent alléger le stress, provoquer quelques sourires ou fournir quelques instants de bonheur passager, personne, ni en haut ni en bas lieu, se demande si cela entre dans le cadre de la mission d'urgence ou d'intervention.

Mais, au Canada, les petits chefs et les grands, les bureaucrates et les comptables sont là avec leur grille d'interprétation: des feuilles de petits carrés bien tracés dans lesquels tous les aspects d'une tragédie, d'une catastrophe ou d'une situation d'urgence doivent entrer nettement et ne jamais dépasser les lignes. Les mots solidarité, compassion, compréhension n'entrent pas dans ces petits carrés immuables.

Essentiellement, dans le cas de situations d'urgence ou de catastrophes naturelles, l'armée doit aider les autorités civiles qui font appel à ses services parce qu'elles ne parviennent pas à assurer le bien-être et la sécurité de leur population.

Généralement, les catastrophes naturelles s'expriment clairement et de manière emphatique. Le feu se propage à une vitesse folle, les flots engouffrent les maisons, la vie des gens est en danger. Tout cela correspond à la grille d'analyse et l'armée ne lésine pas. On évacue, on protège, on sauve, le ministre met ses bottes et se comporte comme un commandant.

Mais voilà, l'inondation qui afflige des milliers de riverains de la baie de Missisquoi et de la vallée du Richelieu ne répond vraiment pas aux critères de la grille d'analyse. Elle a commencé lentement, insidieusement. Le niveau des eaux a crû paresseusement, de jour en jour, prenant son temps et ses aises, prenant un petit repos puis se remettant à son travail résolu d'érosion et d'envahissement. Si les eaux s'étaient retirées après une semaine ou deux, les victimes se seraient mises à l'ouvrage, auraient vidé les sous-sols, arraché les tapis imbibés, calculé les pertes, pleuré un peu. Et on en serait déjà à planter les rosiers ou les tomates en espérant un été clément qui compenserait le retard.

Ce n'est pas le cas. Cette inondation est comme un cancer qui se propage lentement depuis plus de six semaines. Six semaines à sentir l'odeur de pourriture, à constater la propagation fulgurante des moisissures, à deviner puis à constater que les fondations se lézardent, à se demander si la maison n'est pas atteinte d'une maladie terminale. Comme dans la maladie, on lutte un peu à l'aveugle, mais avec patience. On répare, on colmate, on nettoie un peu et on croise les doigts. On a l'habitude. Dans ces petits bungalows bas, on aménage, on bricole, on améliore depuis des années. Car ces maisons qui s'effilochent lentement, ce sont les maisons de leur vie. La première, juste avant la naissance des enfants, la dernière quand ils seront partis, que l'hypothèque sera enfin remboursée et que l'arthrite conduira les propriétaires dans une résidence.

Voilà ce qu'elle fait, cette inondation lente et permanente, elle ne menace pas de tuer instantanément, danger qui mobiliserait l'armée, non, elle mine le courage, installe l'épuisement physique puis moral, elle vide des vies d'une partie de leur sens. Épuisées, les victimes rêvent encore un peu: après que l'eau sera repartie de chez elle, car ça viendra, on défera tout, planchers, cloisons, panneaux, gyproc avec tous leurs champignons, et puis, on nettoiera le jardin débordant de débris charriés par l'eau. Oui, peut-être, avec des parents, des amis... si la force existe encore et aussi la volonté. Ce ne sera pas facile, les municipalités seront débordées. Sinon, on démolira et on tentera de recommencer ailleurs peut-être.

Pendant ce temps, des centaines de jeunes militaires se tourneront les pouces entre deux entraînements plus ou moins utiles. Car le ministre de la Défense l'a dit: «Pas question de participer au nettoyage pour ne pas concurrencer l'entreprise privée.» C'est la phrase la plus idiote, la plus dépourvue de sens que j'ai jamais entendue prononcer par un homme censé être doté d'un minimum d'intelligence. Mais on sait que le dogmatisme idéologique transforme l'être humain en robot idiot. Nous payons ces militaires et, en ce moment, le seul endroit où ils peuvent être utiles, c'est dans la vallée du Richelieu. Pas pour sauver des vies menacées d'une mort imminente, mais pour relancer des vies éteintes ou presque. Leur présence permettrait à des centaines de victimes à bout de force et de ressources financières de se sortir plus rapidement et plus sereinement d'un cauchemar qui aura duré deux mois. Il n'y a pas de honte pour une armée à faire oeuvre de solidarité et de compassion, au contraire. Il n'y a que gloire et reconnaissance.
 
 
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  • Normand Carrier - Abonné
    28 mai 2011 07 h 17
    Si nous étions un pays ....
    ... Nous n'aurions pas a attendre des décisions favorables du ROC et de ceux qui décident pour nous a Ottawa car nous aurions notre propre armée , moins militariste mais plus humanitaire qui serait utilisée pour ce genre de mission ..... Pourquoi ne pas utiliser cette armée et optimaliser son rendement pour une cause aussi utile qu'aider ces pauvres gens fatigués , démoralisés , découragés et qui ont perdu une grande partie de leur patrimoine .....
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    28 mai 2011 07 h 22
    Quel beau texte
    Une fois de plus vous avez touché juste....et bien dénoncé la stupidité d'un gouvernement à l'idéologie pernicieuse...quatre ans souffrir ses dévos de la droite radicale.
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  • alen - Inscrit
    28 mai 2011 07 h 43
    Beau texte, mauvaise cible
    Jean Charest a du flair, on le sait, quand il s'agit de son image. Il l'a encore démontré en fin de semaine dernière, en laissant délicatement entendre que l'armée avait <gaffé> en retirant une partie de ses effectifs de la Montérégie. Ça lui a permi de passer sous le radar toute la semaine quant à sa gestion de la crise.

    Toutefois, la réalité implaquable est que le premier ministre et sont gouvernement n'ont pas pris (et n'exerce toujours pas) le leadership dans cette crise. C'est au PM qu'appartient l'organisation des mesures de mitigation de la montée des eaux et de restauration du milieu après le sinistre. C'est le PM Charest qui a merdé et qui merde encore en ne rassurant pas les sinistrés quant à l'après crise.

    Les pauvres maires du coin ne peuvent que s'en prendre à l'armée, puisqu'il serait périlleux de s'en prendre à la main dans laquelle ils devront manger demain matin.
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  • gilbert troutet - Inscrit
    28 mai 2011 09 h 18
    Trop occupés, les militaires
    Vous avez raison de vous indigner, Monsieur Courtemanche. De tout évidence, les milliards $ que le gouvernement Harper alloue à son armée ne serviront pas à la sécurité des Canadiens. Moi qui habite l'Outaouais, je peux vous assurer que les militaires sont très occupés à leurs tâches quotidiennes : tous les matins ou presque, on entend les mitrailleuses ou le canon de l'autre côté de la rivière (face à Aylmer). On se pratique ainsi pour la prochaine gué-guerre et surtout on écoule les balles et les obus pour faire marcher l'industrie de l'armement, qui elle ne connaît pas la récession. War is business et nous en sommes en période de restrictions budgétaires. Quant à l'idée de ne pas vouloir «concurrencer l'industrie privée», elle reflète, comme vous le dites, la pensée d'un idiot qu'on a nommé ministre.
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  • grace - Inscrit
    28 mai 2011 09 h 53
    Beau texte et bon sens
    Bonjour Monsieur

    Je voudrais vous féliciter pour ce beau texte rempli de bon sens. Il fait beaucoup de bien à mon âme ce matin.

    Je venais tout juste de terminer de lire l'édition du samedi de La Presse dans laquelle, j'ai pris connaissance d'un texte d'André Pratte, intitulé La Crise de nerf. Cet homme devrait être dénoncé tellement le texte sur l'inondation et ses sinistrés démontre aucune empathie. Je ne sais si cet homme a déjà vécu des évenements graves, tristes et soutenus sur une période de temps,dans sans vie, mais à lire son texte on peut en douter.

    Je vous félicite pour votre humanité qui transparait dans votre texte. Cela atténue, ce matin, mon opinion sur certains journalistes, analystes et chroniqueurs du Québec. Il y a encore de l'espoir pour certains de ces commentateurs de nos vies.

    Gracia
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    28 mai 2011 09 h 55
    Une mise à jour qui n'en est pas une...
    Du temps des bouffons de Falardeau, nous en sommes au temps des morons. Plus ça change, plus c'est pareil.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    28 mai 2011 10 h 52
    Garde civile
    En l'absence de Garde civile ou de Garde nationale, l'armée est censée jouer un rôle primordial en temps de crise, y compris en aidant la population civile à retourner à la normale. Les néo-conservateurs ne comprennent pas ça et pour eux l'armée c'est rien qu'une business qui tue le monde quand ça fait l'affaire des politiciens. Ça ne serait pas si mal si notre pays avait une garde nationale qui s'occuperait justement des désastre qui affectent la population et devant lesquels nous sommes démunis mais ça n'est pas le cas et nos morons au volant de l'état continuent à regarder ailleurs en sifflotant.

    En passant vous parlez de feux qui se propagent à vitesse folle - or je ne crois même pas que l'armée ait fait quoique ce soit lors du feu de brousse qui a détruit une bonne partie de la municipalité de Slave Lake. Pour l'urgence on repassera! Non seulement ils ne sont pas vite dans le cas de catastrophes très évidentes mais ils semblent se déplacer pour aider le monde comme pour aller à une visite chez le dentiste...
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  • Claude Kamps - Inscrit
    28 mai 2011 10 h 53
    Un service sociale obligatoire pour les jeunes
    Si Charest avait un peu de jugeote autre que sa satanée image publique, il créerait un «service obligatoire civile» qui réunirait l'idée que des jeunes décrocheurs de 18 ans, ou qui on fini leurs études, devrait faire une année de discipline militaire sans arme, pour les former à la vraie vie...
    On aurait pas a demander l'armée du ROC et on pourrait aider bien des communautés à réaliser des projets qui demande du monde mais ne peuvent s'auto financer...

    Le but premier est d'aider ces jeunes à se trouver une place dans la vie, plutôt que de traîner dans les pattes des gangs de rue....

    L'autre avantage est de mettre dans ce service les jeunes pour un an lors d'une première offense plutôt que de la criminaliser... Conduite avec alcool = 1 an de service sociale encadré.... et on peut facilement voir le bienfait de cette mesure....
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  • Roger Lasalle - Abonné
    28 mai 2011 11 h 51
    L'évidence, il me semble.
    Monsieur Courtemanche, vous pensez tout haut ce que je pensais tout bas.
    Tout me semble plus facile quand il faut aller aider ailleurs...

    So,so,so,solidarité. C'est le temps de le montrer.
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  • henri gabrysz - Inscrit
    28 mai 2011 12 h 12
    l'être et le néant
    en vous lisant ce matin, j'avais l'impression de lire Sartre dans la Nausée... vous ne seriez pas un brin existentialiste en plus?....
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  • Yves Corbeil - Inscrit
    28 mai 2011 12 h 48
    Compassion
    Bonjour M.Courtemanche,

    Je suis en partie d'accord avec votre chronique de ce matin. Mais la vrai compassion devrait venir du peuple. Nous sommes plusieurs a critique ce que faient ou ne faient pas les gouvernements en place, ca c'est bien facile a faire assis devant son ordi au chaud les pieds au sec.

    La compasion du peuple on la verra le weekend du 11 et 12 Juin, le weekend de la grande corvee de nettoyage pour vraiment donne un vrai coup de main au sinistre de la Monteregie. On verra combien de gens se presenteront par solidarite pour leur semblable, sacrifier un petit weekend et j'espere qu'il fera tres beau pour aider et non critiquer.

    Le Lundi suivant on parlera de vrai compassion quand on annoncera que des milliers de Quebecois se sont presente pour mettre la main a la "bouette".

    Apres ce weekend de grands travaux, les instances gouvernementales debloqueront les budgets pour l'aide financiere.

    Cessons de critiquer tout le temps et passons a l'action quand la situation le commande.

    http://www.sosrichelieu.com/la-grande-corvee/

    Bien a vous

    Yves Corbeil
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    28 mai 2011 13 h 59
    un peu plus de compassion serait de bon aloi de la part des dirigeants de l'armée.
    Merci pour votre compassion pour ces gens qui sont en train de vivre un vrai cauchemar. L'armée pourrait faire plus pour aider, mais à la condition de ne pas avoir ces gens au pouvoir dont les dogmes tiennent lieu de béquilles à leurs compréhension boiteuses des choses.

    Quand je pense qu'ils invoquent des arguments comme celui de ne pas nuire aux entreprises privées. On dirait qu'ils ont un coeur qui n'est pas connecté avec leur tête. Il y a parfois des gens qui décident en nous faisant la démonstration qu'ils sont eux-mêmes très loin de notre et de la nature. Je suis quasi certain que les simples soldats de l'armée seraient plus aptes, que leurs dirigeants, à mieux comprendre ce qu'ils vivent.
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  • perro blanco - Inscrit
    28 mai 2011 14 h 48
    Israël d'abord,
    La Grèce ensuite, puis les combats en Lybie et ailleurs contre les ennemis d'Israël, pour donner au Canada une image de puissance militaire aux côtés des États-Unis et de ses alliés.
    Parler de compassion à Harper, c'est perdre son temps, comme avec son ministre que vous avez traité d'idiot.
    Quant à la vraie compassion dont parle M. Corbeil, elle n'exclut surtout pas celle de ceux qui sont grassement payés à même nos impôts pour le service public.
    Je crois que les Québécois ont plus d'une fois montré leur grande sensibilité et générosité, au pays comme à l'extérieur, et ils sont très loin d'être de grands parleurs et de petits faiseurs.
    M. Corbeil, c'est de l'armée qu'il est question ici et de l'attitude du ministre et du PM, pas des simples citoyens qui ont fait, souvent dans l'ombre, beaucoup plus que vous ne le soupçonnez.
    Alors, votre commentaire, en plus d'être impertinent, est dès plus désobligeant.
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  • Francine D'ortun - Abonnée
    28 mai 2011 15 h 22
    Concurrencer l'entreprise privée
    Ce texte fait réfléchir à plusieurs égards et sa relecture augmente le plaisir. Cette phrase idiote du ministre de la Défense que vous rapportez: «Pas question de participer au nettoyage pour ne pas concurrencer l'entreprise privée.» soulève la problématique des contrats (payants) qui seront octroyés… à qui et sur quelles bases et payés par qui. Nous finançons collectivement l'armée et sa main-d’œuvre. Comme plusieurs j'ai connu le "verglas" et constaté l'énergie que déploie cette main-d’œuvre. Concurrencer le privé? Pourquoi pas! L'armée pourrait dument répondre à un appel d'offres en vendant ses services de nettoyage et de rassurance 1$. Qui dit mieux?
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    28 mai 2011 19 h 17
    Concurrencer l'entreprise privée.
    Un auteur, Vercors, je me permets de lui emprunter le titre de l'un de ses livres: Les animaux dénaturés. Pour moi, dans certaines situations, dire qu'il ne faut pas concurrencer l'entreprise privée, ça me fait penser à des animaux dénaturés.

    Je dirais même plus, je gagerais ma chemise qu'un riche qui perdrais sa fortune et qui se retrouverais dehors du jour au lendemain pour X raisons se ferait fort probablement aider plus par des pauvres que par des riches. Sauf si ces derniers y verraient quelques intérêts dont ils pourraient profiter au passage.
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  • jeanduc - Abonné
    28 mai 2011 21 h 36
    C'est quoi au juste avoir les deux mains sur le volant?
    Lors de la crise du verglas, Lucien Bouchard a fourni une excellente étude de cas de ce que c'est d'être un homme d'état en situation de crise. Charest a misérablement failli à son rôle qui aurait dû être celui de chef d'état major. Toutes ces stupides remarques à propos du rôle de l'armée n'aurait jamais dû sortir de son bureau s'il avait réellement eu les mains sur le volant. Un vrai dirigeant aurait dû expliquer dans son point de presse journalier que l'armée avait fait son travail et que maintenant une nouvelle équipe mieux adaptée à l'évolution de la situation prendrait la relève. En lieu et place, il a joint sa voix aux détracteurs du fédéral. Si tu as le cul dans la flotte, une telle réaction laisse entendre qu'on te laisse tomber! C'est quoi au juste avoir les deux mains sur le volant monsieur Charest?
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  • Martin Lachapelle - Inscrit
    29 mai 2011 13 h 43
    Changer le mandat de l'armée ou créer une Garde nationale grâce à la souveraineté
    Comprenons-nous bien : analyser le travail des gouvernements, même en temps de crise, n’est pas un exercice partisan. Ça s’appelle seulement : faire son devoir de citoyen. Et en tant que citoyen de St-Jean-SOUS-Richelieu, j’ai beau avoir la chance de ne pas figurer parmi les sinistrés, je n’en demeure pas moins dégoûté par l’indifférence et l’incompétence des principales autorités gouvernementales.

    Indifférence dans le cas des Conservatives de Harper qui ont donné le mandat à l’armée d’en faire le moins possible afin de ne pas concurrencer l’entreprise privée… Deux mots: minable et irresponsable. En plus d'être totalement contraire à la vocation première d’une armée jadis source de fierté : l’aide humanitaire.

    Personne ne demande à l’armée de venir secourir chaque citoyen à chaque fois qu’un problème quelconque survient. Votre voiture tombe en panne? Pas de panique, oubliez le CAA, appelez l’armée. Un tank-towing viendra vous chercher.

    Franchement, personne ne demande à l’armée d’en faire plus que le strict nécessaire. Mais personne ne me fera croire qu’aider des citoyens à ramasser des centaines de poches de sable et à nettoyer ensuite les maisons dévastées serait un luxe que notre société ne peut pas se payer. Surtout quand on compte sur une armée déjà payée à l'année...

    Honte également aux Liberals de Charest qui, après avoir trop tardé à demander l’intervention de l’armée, tente maintenant de mettre tout le blâme sur le fédéral sans trop le critiquer ni rien exiger. Question de ne pas faire monter l’appui à la souveraineté.

    Or, bien qu'un Québec souverain n’aurait évidemment pas pu éviter les inondations, une Garde nationale québécoise au service de nos citoyens serait toutefois nettement plus utile qu’une Canadian Army destinée à ne pas nuire au secteur privé et à assurer le vol du pétrole et la chasse aux sorcières musulmanes dans les pays étran
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  • Daniel Breton - Inscrit
    29 mai 2011 15 h 08
    Renvoyez les bénévoles chez eux!
    Ils font une concurrence déloyale à l'entreprise privé!
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    29 mai 2011 17 h 17
    Bravo M. Breton.
    C'est ridiculement bien dit! Avec les politiciens, il faut parfois être à la hauteur.
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  • - Abonné
    29 mai 2011 20 h 19
    Concurrence déloyale, vraiment?
    Il s'agit de bien plus que d'éviter une concurrence déloyale à l'entreprise privée. Si ce n'était que ça!
    Les symboles sont, en politique, peut-être plus importants que l'action. Ici, il fallait signifier par un symbole fort qu'avec les Conservateurs, le rôle de l'armée est désormais, non plus d'aider ou de pacifier. Le rôle de l'armée est de se battre, de tuer, de faire la guerre.
    Rapprocher cette décision à première vue stupéfiante, d'un autre symbolique : on ne voit quasiment plus un militaire en uniforme. En toutes circonstances, on ne les voit plus qu'en tenue de combat. Même quand un général donne une conférence de presse, il se présente désormais en tenue de combat.
    Le Canada de Stephen Harper est aux antipodes de celui de Lester B. Pearson.
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  • Christian Loupret - Inscrit
    29 mai 2011 21 h 29
    Ah l'idéologie
    Maxime bernier doit être fière de la maxime du jour:
    NE PAS NUIRE À L'ENTREPRISE PRIVÉE.
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  • nicole guimond - Abonné
    30 mai 2011 08 h 31
    des décès il y en aura...
    merci M.Courtemanche pour ces propos. Je vous dirais attendez quelques semaines, queques mois et il y aura des morts reliés à ce stress vécu parfois seul pour certains très âgées, présent 24hres sur 24 et dont on n'entrevoit pas de solution jour après jour, toutes ces pertes, ces deuils jour apès jour... On ne relie pas ces décès directement avec l'évènement mais parlez avec les proches et vous verrez qu'il y a beaucoup de victimes "collatérales". J'ai été témoin lors de l'après verglas de ces morts prématurées , chez des personnes déracinées en catastrophe incapapables de se remettre de ce choc.
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  • Christian Haché - Abonné
    30 mai 2011 11 h 09
    Bien dit.
    Que c'est bien dit, je n'aurais pas fait mieux comme commentaire. Je fais parti de ses sinistrés, étant de St-Paul-Ile-Aux-Noix, et l'auteur a tout a fait raison. Même si les autorités ont voulus nous faire croire le contraire, parlez au sinistrés, et ils vous dirons comment il se sentent, comment ils ont été laissés a eux même au début de la crue, ou ils aurait bien aimés avoir des bras pour placer des sacs de sables et tentés de sauver leurs maisons. L'Armée est arrivée trop tard, mal équipé, et surtout avec le mauvais mandat, et le responsable est notre premier ministre Charest. Le PM Harper n'est pas mieux, il a délaissé notre région qui n'a pas voté sur le bon bord. Bonne journée.
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