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    Revue de presse - Nouvelle donne

    La majorité québécoise au sein du caucus du Nouveau Parti démocratique suscitait un brin de nervosité chez plusieurs commentateurs. Ils craignaient que, pour cette raison, Jack Layton accorde une place prépondérante aux enjeux québécois. En entrevue à la chaîne Postmedia News, il a calmé le jeu: «Notre dernier caucus était composé aux deux tiers d'Ontariens et nous avons travaillé comme un parti national. Je pense que les gens respectent cela. Notre point de vue est que nous sommes tous des Canadiens et le but est de travailler ensemble.» Il a précisé qu'il allait défendre des intérêts régionaux, mais sans abandonner l'objectif d'être un parti pancanadien.

    Une question subsiste cependant, pense Jeffrey Simpson, du Globe and Mail. Comment Jack Layton et son lieutenant québécois, Thomas Mulcair, harmoniseront-ils leurs pas? Après tout, le lieutenant a maintenant plus de soldats que le général en avait il y a deux semaines. Simpson s'attend à un spectacle fascinant, d'autant plus que le NPD occupera pour la première fois le poste d'opposition officielle. Layton n'est pas contesté, avec raison, mais les ambitions de Mulcair transpirent. La popularité du premier a ouvert la voie à la victoire du parti, mais c'est le second qui aura la tâche d'encadrer les recrues québécoises. Or, selon Simpson, le parti doit avoir à l'oeil Mulcair lui-même. Le chroniqueur rappelle que Mulcair a exprimé ses doutes sur la mort d'Oussama ben Laden, mais a aussi poussé son parti à prendre une position très nationaliste en matière de langue au travail. L'ancien ministre québécois est reconnu pour sa combativité, son intelligence, mais aussi sa tendance à suivre son propre chemin. En tant que lieutenant, il aura maintenant beaucoup d'influence sur cette majorité québécoise du NPD. Selon Simpson, le comportement de Mulcair et sa relation avec Layton seront scrutés à la loupe. «Cela sera particulièrement important pour le NPD au Québec et à l'échelle nationale puisque M. Mulcair espère un jour être là où est M. Layton aujourd'hui.»

    Vers la sortie

    Le chef libéral Michael Ignatieff a fait chou blanc et tiré sa révérence, mais cela n'empêche pas le Boston Globe d'encourager d'autres intellectuels à se frotter à la réalité politique. Le Globe déduit du résultat des élections qu'Ignatieff est meilleur écrivain et professeur que politicien. «Cependant, Ignatieff mérite certains éloges pour avoir fait ce que peu de commentateurs des affaires publiques feront jamais: soumettre leurs idées à l'examen et au jugement des électeurs.» Défenseur des droits de la personne, champion de la responsabilité de protéger, il a gardé le cap en appuyant la participation du Canada à la mission de l'OTAN contre les talibans, dit le Globe. Et cela a peut-être été une des raisons de sa défaite et de celle de son parti. Malgré cela, «davantage d'intellectuels devraient l'imiter. Si le débat public peut profiter de l'apport d'un plus grand nombre de penseurs, bien des auteurs tireraient profit à solliciter des appuis pour leurs idées et à tenter de les mettre en pratique.» (À voir le soulagement d'Ignatieff à son départ du Parlement cette semaine, on doute que beaucoup d'universitaires suivent son exemple.)

    À mon avis...

    Parlant des libéraux, rares sont ceux qui n'ont pas une opinion sur leur sort. Le flot de conseils ne tarit pas depuis une semaine. En voici deux autres échantillons.

    Ouvertement conservateur, Charles Moore, du Telegraph Journal, de Saint-Jean (N.-B.), pense que le scandale des commandites a lesté le parti au Québec, alors que dans le reste du pays l'erreur fut de faire pencher le parti plus à gauche alors que la population glissait vers la droite. La prééminence de libéraux perçus plus à gauche et l'effacement de ceux jugés plus près des milieux d'affaires et des Américains ont brisé un certain équilibre qui maintenait le parti bien au centre, dit Moore. Citant plusieurs faits qui auraient dû l'alerter, il ajoute: «Vu sous cet angle, l'effondrement du Parti libéral était plus prévisible que la plupart d'entre nous ne voulaient le reconnaître, conditionnés à croire à l'invulnérabilité de la grosse machine rouge et à sa prétention d'être le parti naturel du gouvernement.» Aujourd'hui, le parti se bat pour sa survie, mais pour retrouver sa gloire d'antan, il doit à nouveau s'identifier au centre de l'échiquier politique.

    L'équipe éditoriale du Vancouver Sun doute pour sa part que le PLC puisse redevenir une force politique dominante, voire survivre. Ce serait dommage, dit le Sun, car il y a un espace inoccupé dans l'arène politique fédérale. Le choix d'un nouveau chef ne sera pas une panacée, dit le quotidien. Comme d'autres, il mentionne l'urgence de redonner aux membres le pouvoir qui leur revient afin que le parti tire sa légitimité de sa base. Cela veut dire renouer avec son électorat naturel, ces Canadiens socialement progressistes, mais conservateurs sur le plan fiscal, qui croient que le gouvernement et le marché ont chacun un rôle à jouer. Et il y a l'organisation à rebâtir, un chef inspirant à trouver. «Au bout du compte, cependant, l'avenir du Parti libéral du Canada dépendra de sa capacité à apprendre à refléter le pays qu'il espère gouverner», conclut le Sun.

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    mcornellier@ledevoir.com












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