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    Reconstruction du Parti libéral du Canada - Stéphane Dion prône la patience

    Ottawa et Québec - Il n'y a pas le feu: l'ancien chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, prône la patience comme approche de reconstruction du parti qui vient d'encaisser la pire défaite de son histoire. Une débandade que l'ex-premier ministre Jean Chrétien a pour sa part expliquée hier par le besoin de stabilité ressenti par les Canadiens.

    Selon M. Dion, les libéraux commettraient une erreur en se lançant immédiatement dans une nouvelle course à la direction. «Il faut laisser le temps au temps et se garder de toute précipitation et agitation», a indiqué M. Dion lors d'un entretien avec Le Devoir, hier.

    «La seule bonne nouvelle de cette terrible défaite, c'est ce que nous avons quatre ans devant nous pour rebâtir le parti. Nous n'aurons pas à nous demander à chaque vote s'il faut aller en élections. Ça nous permet de regarder davantage vers le long terme.»

    À l'instar de Denis Coderre, M. Dion croit que les libéraux devraient nommer un chef intérimaire pour une période d'environ deux ans avant de déclencher la course à la succession de Michael Ignatieff. «Il faut en discuter en caucus [demain], mais je crois que c'est une idée qui fera consensus», dit-il.

    Dans l'intervalle, M. Dion affirme que le parti devra «s'ajuster» au nouveau rôle de deuxième groupe d'opposition. «Il faudra être efficace avec peu de moyens, de temps, de représentation dans les comités. C'est un gros défi.»

    Celui qui a été montré du doigt pour les résultats modestes obtenus par les libéraux en 2008 (77 députés) estime que Michael Ignatieff (36 députés) a mené une «bonne campagne», et qu'il n'a pas à être blâmé pour la défaite subie.

    Chrétien s'exprime

    Cette défaite, l'ancien premier ministre Jean Chrétien croit quant à lui qu'elle est surtout imputable à un besoin de stabilité après sept ans de gouvernements minoritaires.

    «Les gens voulaient avoir de la stabilité. Et ils ont probablement eu l'impression que le seul parti avec une chance de former une majorité était le Parti conservateur», a déclaré l'ex-chef du PLC lors de l'annonce de la tenue à Québec de la réunion annuelle de l'Interaction Council, une association regroupant d'anciens chefs d'État.

    Pressé de questions sur la politique canadienne, Jean Chrétien a d'abord dit ne pas vouloir jouer «à la belle-mère»... mais il n'a pas pu résister à la tentation de faire une série de commentaires. «Je m'ennuie de vous un peu», a-t-il dit aux journalistes.

    M. Chrétien reconnaît donc l'existence d'un problème au sein du PLC, sans le «nommer» comme tel. «Il manque quelqu'un ou il manque quelque chose», a-t-il lancé. «C'est peut-être le programme, c'est peut-être l'organisation.»

    Sans prendre position sur une éventuelle fusion du PLC et du NPD, M. Chrétien a dressé un parallèle entre ce scénario et la fusion de la droite orchestrée par les conservateurs au cours de la dernière décennie. M. Chrétien a eu des échanges sur ce projet il y a un an avec l'ex-chef du NPD, Ed Broadbent, sans que cela débouche sur quelque chose de concret. «Nous avons jasé de cette possibilité, mais [...] nous n'avions pas de pouvoir exécutif. Alors, quand mon leader [Michael Ignatieff] a dit qu'il n'était pas intéressé, nous avons arrêté.»

    Concernant la succession de M. Ignatieff, M. Chrétien a nié avoir donné son appui à Bob Rae. Mais il a vanté ses qualités. «Il est parfaitement bilingue et il a beaucoup d'expérience», a-t-il dit.

    L'ancien premier ministre en a aussi profité pour lancer quelques flèches à Stephen Harper, notamment pour son intention d'abolir le financement public des partis politiques. «Il ne faut pas briser les choses qui fonctionnent bien», croit l'ancien premier ministre.

    À son avis, la fin du système de financement public pourrait faire sombrer le Canada dans les excès des États-Unis. «Lors de ma dernière élection comme premier ministre en 2000, pour toute la campagne du Parti libéral et tous les candidats, j'ai dû collecter les deux tiers de ce que Hillary Clinton a collecté pour devenir sénatrice de l'État de New York.» Il ajoute qu'un tel système bénéficierait d'abord «à ceux qui ont le plus d'argent» et que «des pauvres qui voudraient avoir un parti politique n'auraient pas les moyens de le faire».

    L'ex-premier ministre a aussi fait valoir que la bonne santé de l'économie canadienne dont Stephen Harper se donne le mérite est notamment due à sa propre décision de ne pas déréglementer le secteur bancaire.

    Interaction Council

    Jean Chrétien était à Québec hier pour annoncer la tenue dans la capitale de la réunion annuelle de l'Interaction Council du 29 au 31 mai. M. Chrétien copréside avec l'ancien chancelier de l'Autriche Franz Vranitzky ce regroupement de chefs d'État fondé en 1983.

    Une trentaine d'ex-dirigeants doivent participer à la réunion, dont l'ancien président mexicain Vicente Fox, l'ancienne première ministre de la Norvège et auteure du concept de «développement durable», Gro Brundtland, l'ex-premier ministre argentin Fernando De la Rua, et l'ex-dirigeant du Nigeria Olusegun Obasanjo. M. Chrétien a en outre dit travailler très fort pour convaincre l'ex-président américain Bill Clinton d'être de la partie.

    Cette année, la rencontre portera sur le thème de «la crise de l'eau». La tradition veut que l'Interaction Council produise des rapports à l'intention des gouvernements, mais même M. Chrétien a dit ne pas savoir s'ils étaient consultés par les décideurs actuels.












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