Gilles Duceppe battu dans son propre comté
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les partisans du Bloc avaient la mine déconfite à l'annonce des résultats des élections.
L’ambiance est funéraire chez les bloquistes, réunis au centre-ville de Montréal pour la soirée électorale. Leur parti, qui a fait son entrée aux Communes il y a 20 ans, a en effet été littéralement submergé par un tsunami néo-démocrate qui a englouti le chef, son principal lieutenant et la quasi-totalité de sa députation.
Avec son parti littéralement effacé de la carte électorale, le chef bloquiste Gilles Duceppe a pris acte de la volonté exprimée de manière criante par les électeurs en annonçant qu’il quittait ses fonctions. Battu dans son bastion de Laurier–Sainte-Marie, à la manière de presque tous ses acolytes — hormis peut-être trois ou quatre résistants à la vague néodémocrate —, M. Duceppe a affirmé qu’il prenait acte du changement souhaité par la population.
«Cette fois les Québécois ont voulu essayer autre chose. Ils ont voulu donner une dernière change à un parti fédéraliste au Québec», a affirmé M. Duceppe devant un parterre de fidèles atterrés par l’ampleur de la défaite. «La démocratie a parlé. Je respecte ce choix. Et j’en assume la responsabilité au nom du Bloc québécois. En conséquence, j’annonce que je quitte mes fonctions.»
M. Duceppe, premier bloquiste élu au Parlement fédéral, a été battu par son adversaire néodémocrate Hélène Laverdière, dans la circonscription de Laurier–Sainte-Marie qu’il représentait depuis 1990.
Son leader parlementaire et dauphin présumé, Pierre Paquette, a aussi été défait dans Joliette et, à 23h, il n’y avait que deux bloquistes élus ou en avance dans la province. Avant la campagne électorale, le parti détenait 47 sièges.
Malgré les espoirs initiaux, la soirée électorale qui se tient au Théâtre Telus a rapidement tourné au cauchemar. Une heure après la fermeture des bureaux de vote, le Nouveau Parti démocratique était en avance dans 61 des 75 circonscriptions de la province.
Le parti de Jack Layton a réussi dès le début de la soirée à ravir au Bloc la circonscription de Gatineau, que détenait Richard Nadeau, ainsi que celle de Saint-Hyacinthe, qui était représentée par Ève-Mary Taï Thy Lac.
Pendant que sur l’écran géant, un réseau de télévision montrait un Québec presque tout orange pour illustrer les avances des candidats néo-démocrates dans la province, un cri de désespoir a surgi dans la salle. «Changez de poste!» a hurlé un militant.
L’un d’entre eux, Sylvain Labonne, retenait difficilement ses larmes devant «l’anéantissement du Bloc. »Je suis décapité, anéanti», a-t-il confié. «On s’éloigne du pays».
Des partisans se disaient doublement déçus: par la déconfiture du Bloc d’abord, mais aussi par la majorité conservatrice.
D’après les données disponibles à 23h15, le NPD avait récolté 43,4 pour cent des votes, contre 23,1 pour cent pour le Bloc, 17,9 pour les conservateurs et 12,9 pour cent pour les libéraux.
Ces résultats sont encore plus renversants que ceux d’une enquête dévoilée au dernier jour de la campagne par la firme Nanos qui accordait 37,4 pour cent des intentions de vote au Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la province, comparativement à 23,9 pour cent pour le Bloc québécois.
Au moment de la dissolution du Parlement, le parti souverainiste trônait en tête des sondages au Québec, avec 39 pour cent des appuis, un résultat comparable à celui du scrutin de 2008. Le NPD était à 16 pour cent.
Depuis sa première participation à une élection générale, en 1993, le Bloc n’avait jamais eu moins que 44 sièges, sur les 75 que compte le Québec. Il a même formé l’opposition officielle aux libéraux de Jean Chrétien, de 1997 à 2000.
Les analystes ont souvent prédit la disparition du Bloc, ce parti né de la colère de Lucien Bouchard en 1990. Jusqu’à maintenant, la formation a toujours réussi à rebondir, en dépit de sombres pronostics. Elle aura certainement du mal à se relever de la dégelée que lui a infligée le NPD.
La campagne du Bloc n’a pas été marquée par de gros faux pas, mais la formation de Gilles Duceppe n’avait pas prévu l’explosion de popularité du parti de Jack Layton.
La formation a été forcée de revoir sa stratégie quand les premiers signes d’une vague néo-démocrate sont apparus, au lendemain des débats télévisés.
Au cours des derniers jours, le chef a recentré son discours sur la défense des intérêts du Québec. Il a redoublé d’ardeur pour fouetter les troupes souverainistes et les inciter à «faire sortir le vote», dans l’espoir de limiter les dégâts.
M. Duceppe a notamment fait campagne avec l’ancien premier ministre péquiste Jacques Parizeau, avec l’ancien syndicaliste Gérald Larose et avec la chef du Parti québécois, Pauline Marois, aux côtés de laquelle il a parcouru 700 kilomètres en moins de 12 heures. Ces efforts se sont visiblement avérés vains.
Avec son parti littéralement effacé de la carte électorale, le chef bloquiste Gilles Duceppe a pris acte de la volonté exprimée de manière criante par les électeurs en annonçant qu’il quittait ses fonctions. Battu dans son bastion de Laurier–Sainte-Marie, à la manière de presque tous ses acolytes — hormis peut-être trois ou quatre résistants à la vague néodémocrate —, M. Duceppe a affirmé qu’il prenait acte du changement souhaité par la population.
«Cette fois les Québécois ont voulu essayer autre chose. Ils ont voulu donner une dernière change à un parti fédéraliste au Québec», a affirmé M. Duceppe devant un parterre de fidèles atterrés par l’ampleur de la défaite. «La démocratie a parlé. Je respecte ce choix. Et j’en assume la responsabilité au nom du Bloc québécois. En conséquence, j’annonce que je quitte mes fonctions.»
M. Duceppe, premier bloquiste élu au Parlement fédéral, a été battu par son adversaire néodémocrate Hélène Laverdière, dans la circonscription de Laurier–Sainte-Marie qu’il représentait depuis 1990.
Son leader parlementaire et dauphin présumé, Pierre Paquette, a aussi été défait dans Joliette et, à 23h, il n’y avait que deux bloquistes élus ou en avance dans la province. Avant la campagne électorale, le parti détenait 47 sièges.
Malgré les espoirs initiaux, la soirée électorale qui se tient au Théâtre Telus a rapidement tourné au cauchemar. Une heure après la fermeture des bureaux de vote, le Nouveau Parti démocratique était en avance dans 61 des 75 circonscriptions de la province.
Le parti de Jack Layton a réussi dès le début de la soirée à ravir au Bloc la circonscription de Gatineau, que détenait Richard Nadeau, ainsi que celle de Saint-Hyacinthe, qui était représentée par Ève-Mary Taï Thy Lac.
Pendant que sur l’écran géant, un réseau de télévision montrait un Québec presque tout orange pour illustrer les avances des candidats néo-démocrates dans la province, un cri de désespoir a surgi dans la salle. «Changez de poste!» a hurlé un militant.
L’un d’entre eux, Sylvain Labonne, retenait difficilement ses larmes devant «l’anéantissement du Bloc. »Je suis décapité, anéanti», a-t-il confié. «On s’éloigne du pays».
Des partisans se disaient doublement déçus: par la déconfiture du Bloc d’abord, mais aussi par la majorité conservatrice.
D’après les données disponibles à 23h15, le NPD avait récolté 43,4 pour cent des votes, contre 23,1 pour cent pour le Bloc, 17,9 pour les conservateurs et 12,9 pour cent pour les libéraux.
Ces résultats sont encore plus renversants que ceux d’une enquête dévoilée au dernier jour de la campagne par la firme Nanos qui accordait 37,4 pour cent des intentions de vote au Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la province, comparativement à 23,9 pour cent pour le Bloc québécois.
Au moment de la dissolution du Parlement, le parti souverainiste trônait en tête des sondages au Québec, avec 39 pour cent des appuis, un résultat comparable à celui du scrutin de 2008. Le NPD était à 16 pour cent.
Depuis sa première participation à une élection générale, en 1993, le Bloc n’avait jamais eu moins que 44 sièges, sur les 75 que compte le Québec. Il a même formé l’opposition officielle aux libéraux de Jean Chrétien, de 1997 à 2000.
Les analystes ont souvent prédit la disparition du Bloc, ce parti né de la colère de Lucien Bouchard en 1990. Jusqu’à maintenant, la formation a toujours réussi à rebondir, en dépit de sombres pronostics. Elle aura certainement du mal à se relever de la dégelée que lui a infligée le NPD.
La campagne du Bloc n’a pas été marquée par de gros faux pas, mais la formation de Gilles Duceppe n’avait pas prévu l’explosion de popularité du parti de Jack Layton.
La formation a été forcée de revoir sa stratégie quand les premiers signes d’une vague néo-démocrate sont apparus, au lendemain des débats télévisés.
Au cours des derniers jours, le chef a recentré son discours sur la défense des intérêts du Québec. Il a redoublé d’ardeur pour fouetter les troupes souverainistes et les inciter à «faire sortir le vote», dans l’espoir de limiter les dégâts.
M. Duceppe a notamment fait campagne avec l’ancien premier ministre péquiste Jacques Parizeau, avec l’ancien syndicaliste Gérald Larose et avec la chef du Parti québécois, Pauline Marois, aux côtés de laquelle il a parcouru 700 kilomètres en moins de 12 heures. Ces efforts se sont visiblement avérés vains.
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