dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Rigidité dangereuse

Manon Cornellier   22 avril 2011  Canada
Étrange pays où les politiciens qui disent la vérité se font accuser de tomber dans le piège de leur adversaire, de commettre une erreur tactique et de se tromper en ne pratiquant pas l'esquive et la langue de bois. Tandis que ceux qui la déforment pour mieux imposer leur optique s'en tirent avec très peu d'égratignures.

Cette campagne en offre de nombreux exemples, mais aucun aussi éloquent que celui offert cette semaine par cette reprise du débat autour d'une possible coalition. Tout a redémarré avec l'entrevue accordée par le chef libéral Michael Ignatieff au chef d'antenne de la CBC, Peter Mansbridge, mardi dernier. À ce dernier qui lui demandait ce qui se produirait si un gouvernement conservateur minoritaire n'arrivait pas à obtenir la confiance de la Chambre au lendemain du scrutin du 2 mai, M. Ignatieff a rappelé le b.a.-ba du parlementarisme de type britannique. Il reviendrait au gouverneur général de décider de se tourner ou non vers un autre parti pour tenter de former un gouvernement. Et si tel était le cas et qu'on l'approchait, il accepterait et tenterait d'obtenir la confiance des autres partis, avec qui, a-t-il dit, il serait prêt à coopérer. Mais il ne serait pas question d'une coalition.

La nouvelle commençait à peine à circuler que Stephen Harper s'appropriait les paroles du chef libéral pour s'en servir comme preuve de ce que les autres partis se préparent à faire à la première occasion: le défaire et former une coalition. La réaction d'un grand nombre de commentateurs et d'experts a été de donner raison à Michael Ignatieff sur le fond, mais pour mieux souligner une prétendue faiblesse tactique de sa part devant l'habileté du chef conservateur.

Un chef parle franc et on le critique pour avoir alimenté les mensonges de son adversaire. Le contraire aurait dû prévaloir. L'obsession pour la stratégie et la tactique est en train de nous faire perdre de vue l'intégrité du débat public.

***

Si M. Ignatieff s'était esquivé, on l'aurait cloué au pilori, accusé avec encore plus de hargne d'avoir un plan secret pour renverser un éventuel gouvernement conservateur minoritaire. Il répète qu'il n'en est pas question, on l'accuse de mentir.

Pendant ce temps, Stephen Harper imagine des complots de coalition, fait des procès d'intention à ses adversaires, mais refuse obstinément de dire comment, lui, il s'y prendrait pour faire fonctionner un Parlement minoritaire. Et ça passe! Le fardeau de la preuve lui revient pourtant, lui qui a été défait à cause de son manque de respect envers le Parlement et qui traîne un lourd bilan d'abus des règles et des institutions.

Il ferme la porte à tout compromis et on s'en offusque à peine. Il l'a dit. Même s'il n'arrive pas à obtenir un mandat majoritaire, son gouvernement présentera à nouveau le budget rejeté juste avant le déclenchement des élections. (Faut-il donc comprendre que, sans majorité, il n'y a plus de compensation pour le Québec pour l'harmonisation de la taxe de vente? Les 2,2 milliards promis ne figurent pas dans ce budget.)

Il martèle qu'il serait vain de tenter de chercher à s'entendre avec l'opposition, les autres partis ayant déjà décidé de le défaire pour former cette «dangereuse coalition», fruit de sa propre imagination. Mais comment peut-il prétendre que l'opposition rejette la collaboration quand c'est lui qui lui tourne le dos? Ce qu'il dit, finalement, est que, même avec un mandat minoritaire, il devrait avoir le pouvoir d'imposer ses vues à la majorité des parlementaires et à la majorité de la population qu'ils représentent. Comme message antidémocratique et antiparlementaire, il est difficile de faire mieux.

M. Harper refuse même de dire s'il trouve légitimes les règles constitutionnelles, évoquées par M. Ignatieff, qui permettent au gouverneur général de se tourner vers un autre parti pour former le gouvernement. Aux journalistes qui l'ont interrogé sur le sujet, il a répondu qu'il s'agissait de «débats constitutionnels théoriques». Il faut le faire! Le premier ministre d'un pays refuse de reconnaître la légitimité des règles auxquelles il est censé se soumettre. Il les réduit au rang de simples arguties.

On ne devrait pourtant pas s'en étonner puisqu'il se plaît, depuis 2008, à exploiter l'ignorance des citoyens pour mieux imposer une compréhension erronée de notre système. Un premier ministre devrait, au contraire, défendre notre démocratie parlementaire et ses règles et communiquer le respect qui leur est dû. Mais pour cela, il faut soi-même les respecter.

***

La capacité de faire des compromis et de tendre la main n'est pas une faiblesse, mais la preuve d'un leadership mature et assumé. Tout comme l'est la capacité d'assumer la responsabilité pour ses propres actions.

Si M. Harper a un mandat minoritaire et persiste à présenter un budget qu'il sait ne pas avoir l'appui de la majorité de la Chambre, il n'aura que lui-même à blâmer. Cet échec ne sera pas celui des autres partis, mais le sien. L'impasse qu'il prépare déjà et ses suites seront le fruit de sa propre intransigeance, celle qu'il affiche sans complexe et qui n'a rien de rassurant. S'il est prêt, en contexte minoritaire, à se montrer aussi têtu qu'un enfant qui boude quand on lui refuse un jouet, qu'est-ce que ce sera s'il est majoritaire?
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • michel lebel - Inscrit
    22 avril 2011 01 h 54
    Une démocratie davantage fragilisée
    Votre analyse me paraît fort juste. Stephen Harper a beaucoup nui à la démocratie canadienne, il l'a détournée. C'est un bien triste legs. Il est à espérer qu'une majorité de Canadiens s'en rendront finalement compte et n'accorderont pas à son parti un mandat majoritaire. La démocratie reste toujours quelque chose de fragile et il est bien dommage que le premier ministre la fragilise davantage. Tout politique qui comprend son rôle et l'importance des institutions devrait savoir ces choses bien élémentaires, mais si importantes.


    Michel Lebel
    Sète, le 22 avril 2011
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • ulysseft - Abonné
    22 avril 2011 03 h 19
    Four more years?
    En effet, nous avons en Harper un bel exemple de ce que peut être le mépris. Il se moque totalement des institutions, prorogation etc. Rien à son épreuve. Soudas qui fait dans la corruption et vogue la galère! Cet homme n'a tout simplement pas l'envergure pour gouverner, surtout pas un pays! N'importe quoi sauf quatre autres années de cette honteuse mascarade! dehors les chiens pas de médaille, aurait dit ma mère
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • lephilosophe - Inscrit
    22 avril 2011 04 h 52
    Un problème lié à la concentration de la presse au Canada
    Les problèmes très graves que vous soulevez sont effectivement très dramatiques. Mais la presse canadian mange dans la main de Harper, sauf peut-être le Globe and Mail qui a quand même une profondeur éthique. Du National Post aux journaux Quebecor-Sun Media, le populisme conservateur leur tient lieu de credo. Les règles parlementaires, quosse ça donne? pour paraphraser Yvon Deschamps sur les syndicats... Pour ces tenors, l'élection seule est la démocratie. L'État de droit, ils s'en fichent et s'ils ont la majorité, le droit sera celui de l'État partisan, point à la ligne. Une sorte de démocratie à la russe.

    Bernard Gadoua
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roy,Louis-Augustin - Abonné
    22 avril 2011 06 h 05
    Échos
    Je suis particulièrement heureux de voir un tel article sur la campagne : une réflexion sérieuse sur les rôles politiques qui permet au lecteur d'aller plus loin, de dépasser les mots contenus dans la chronique pour repenser un peu aux préjugés politiques que l'on se fait enfoncer dans la gorge à longueur de campagne par quelques médias ou partis politiques. Plus souvent qu'autrement, ce que je vois à la télévision et dans les journaux ressemble à un salmigondis de chiffres, de citations et d'impressions éphémères sur une foule de détails concernant chefs, organisations et prétendus « réactions de l'électorat », quand ce n'est pas de « l'électeur » vox-popé parce qu'il n'y a plus rien à dire. C'est abrutissant à la fin. La véritable essence politique des candidats se dégage, plan par plan, dans des observations telles que les vôtre, Mme Cornellier. Malheureusement je n'en croise pas souvent. Il faut dire que je passe de plus en plus rapidement les pages « Élections 2011 » des journaux qui passent sous ma main... Peut-être ai-je abandonné trop facilement...

    En parallèle à la campagne canadienne '11, je lis Fear and Loathing in the Campaign Trail '72, celle qui a vu la réélection de Nixon. L'écriture de l'auteur, Hunter S. Thompson, est très loin du journalisme que l'on trouve sous votre plume (en fait, de n'importe quelle plume à n'importe quelle époque, apparemment), mais il s'est offert la même réflexion que vous vous faites au premier paragraphe sur les reproches faits aux politiciens qui disent à un moment ou un autre la stricte vérité : George McGovern avait cette tendance, de temps en temps, à y aller carrément avec la « plain truth », et ses bonzes des relations publiques avaient de petites sueurs qui perlaient derrière les rideaux de velours des auditoriums... parfois.

    Tandis que pendant le temps des primaires, Nixon gardait les journalistes à distance par son staff, sauf lors de rares entrevues en mi
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gabriel RACLE - Inscrit
    22 avril 2011 06 h 40
    Deux points essentiels
    On oublie, semble-t-il, un point pourtant essentiel et qu’il faudrait souligner haut et fort. S’il y a présentement des élections, c’est parce que le gouvernement conservateur, et S. Harper à sa tête, est coupable d’outrage envers le Parlement. C’est un délit extrêmement grave parce que c’est un délit anti-démocratique. Le Parlement légitimement élu, comme c’est le cas, représente la population canadienne et l’outrage envers le Pareillement est un outrage envers toute la population représentée par ses députés. Autrement dit, Harper et ses sbires se sont moqués de la population canadienne dans son ensemble en commettant cet outrage. Il devrait y avoir dans les règlements de la Chambre une clause spécifiant que le chef de parti coupable d’un tel outrage est frappé d’inégibilité pour une période de 5 ans.
    Et ce que mentionne Manon Cornellier dans son article confirme cette tendance anti-démocratique de S. Harper, qui n’en fait qu’à sa tête et ne tient qu’à ses idées, même si elles vont contre le bon sens le plus élémentaire. Il cherche en particulier à faire peur avec le « spectre » d’un gouvernement de coalition, pourtant fort légitime et plus démocratique encore qu’un gouvernement majoritaire. Ce faisant il embarrasse M. Ignatieff qui a bien du mal à se sortir de ce qui n’est pas un piège, mais une attitude démocratique. Il est curieux qu’Ignatieff ne joue pas sur la véritable démocratie, à la fois pour condamner Harper et son outrage au tribunal, et pour faire voir qu’un gouvernement de coalition est démocratique, comme celui de Londres actuellement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gabriel RACLE - Inscrit
    22 avril 2011 06 h 41
    Deux points essentiels (suite)
    Pourtant, un peu de psychopolitique l’aiderait, mais nos politiciens ignorent cette discipline et je suis persuadé qu’aucun n’a jamais lu les travaux de R. Binion sur ce sujet. Ils en tireraient pourtant grand profit. Car le deuxième point à souligner, c’est la montée du NPD. Et celle-ci s’explique. Le NPD est le seul parti qui à la fois n’est pas empêtré par « les affaires » : scandale des commandites d’un côté, pluie de problèmes d’ingérence, de fausses déclarations, de mensonges, etc. de l’autre, et le NPD est le seul parti qui offre réellement un changement.

    Le Bloc a usé tous ses arguments et à Ottawa, il ne peut qu’appuyer tacitement ou explicitement un gouvernement de coalition sans pouvoir en faire partie. Les deux partis traditionnels n’offrent rien de nouveau, surtout celui de Harper qui s’enfonce de plus en plus dans le terrain de l’extrême droite. Le NPD représente, du point de vue psychopolitique, un changement, avec des représentants qualifiés comme Thomas Mulcair. Il propose une nouvelle forme de politique et les électeurs aspirent finalement au changement qu’il propose.
    Ce qui est important, c’est qu’il ne s’agit pas d’un soudain coup de foudre. Je rappelais le 19 avril dernier le sondage de février 2011 dont rendait compte La presse le 25 février « Les Québécois voient d'un mauvais œil l'idée que les conservateurs de Stephen Harper puissent former un gouvernement majoritaire un jour. Par contre, une majorité d'entre eux approuve l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de coalition formé par le Parti libéral et le NPD et soutenu par le Bloc québécois. »
    Le changement est un moteur psychopolitique important, qu’il est normal de voir s’exprimer démocratiquement. M. Ignatieff devrait en tenir compte et G. Duceppe, qui ne peut proposer autre chose de nouveau que de le soutenir, même s’il est extérieur à son parti, et pour cause, devrait s’y résigner en attendant de le
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Fabien Nadeau - Inscrit
    22 avril 2011 07 h 17
    Ouvrir les yeux!
    J'aime bien votre réflexion, Mme Cornellier. Je me demande bien de quoi est faite cette capacité de M. Harper de toujours agir en fonction de ses intérêts et de le faire oublier aux électeurs.

    J'ai déjà fait partie d'une "communauté religieuse nouvelle", et notre prêtre gourou faisait souffrir le martyre à ceux qu'il n'aimait pas. Certaines personnes nous demandaient comment nous faisions pour travailler avec lui. NOous étions aveugles, subjugués par sa parole ronronnante...

    Mr Harper a cet art d'aveugler tout le monde. Il faut s'ouvrir les yeux et voter contre les Conservateurs le 2 mai. Je vous en prie!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    22 avril 2011 07 h 53
    La complicité tacite des médias anglophones.
    Ce qui fait la force du parti Conservateur et du gouvernement qu'il a produit, c'est évidemment l'art de mentir et celui de l'esquive mais tout cela est rendu facile par l'indifférence des médias Canadians quand ce n'est pas leur complaisance. (le dossier du port de Montréal et beaucoup d'autres) Harper a beau commettre toutes les gaffes et bévues du monde, il s'en tire avec encore plus de déclarations non contestées par la presse canadian qui se montre satisfaite de ses mensonges et de son agenda caché que nous découvrirons une fois retourné au pouvoir majoritaire hélas fort probablement.
    Quand Harper ne pourra pas procéder lui-même comme gouvernement il utilisera la Cour Suprême étoffée de bons juges réactionnaires soigneusement choisis par Harper pour trancher dans des sujets litigieux qui pourrait risquer de diviser son parti comme l'avortement par exemple qui refera surface éventuellement.
    Cinq ans c'est très long dans la vie politique d'un pays.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • alen - Inscrit
    22 avril 2011 07 h 56
    Quand engranger une piastre est tout ce qui compte
    Pourquoi est-ce qu'il pogne alors?.. À cause de la concentration de la presse, comme le dit le philosophe? À cause de la division du vote des opposants? À cause de l'union de la «droite»? Ou toutes ces réponses?

    Personnellement, je crois que c'est à la base à cause du ressac contre l'état providence et l'espoir de voir ses impôts et taxes baisser encore. Même les baisses de l'impôt sur les corporations, qui nous saignent littérallement, réjouissent ces nouveaux riches bedonnants.

    L'éthique, la morale, l'honnêteté, la solidarité ... rien à foutre.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Dugal - Abonné
    22 avril 2011 08 h 08
    Majoritaire
    J'espère de tout cœur que les citoyens canadiens, dans leur sagesse, éliront un gouvernement conservateur majoritaire; le Canada montrera alors son vrai visage.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • M. Julien - Abonné
    22 avril 2011 08 h 10
    « Dis moi pour qui tu votes, je te dirai qui tu es »
    Votre analyse est à la fois juste et extrêmement pertinente.

    Ce qui me bouleverse et me sidère dans tout cela, c’est qu’en dépit de tout ce qu’on sait ou devrait savoir à propos de Harper et de son agenda, son parti sera vraisemblablement reporté au pouvoir, peut-être même avec une majorité, si les derniers sondages disent vrai.

    J’en ai des frissons dans le dos!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    22 avril 2011 10 h 51
    Mensonges.
    Il faut voir l'entrevue que Harper a donnée à Peter Mansbridge hier au National de la CBC... On voyait très bien que Harper ment et même s'il se faisait dire par Mansbridge que ce n'étaient pas les faits quand il répondait à une question, Harper ne bronchait pas et continuait sur sa lancée. Il a répété à quelques reprises que son gouvernement a été renversé à cause de son budget, ce qui est faux car on sait tous que c'est à cause du fait qu'il s'est livré à un outrage au Parlement et qu'il n'y a jamais eu de vote sur le budget.

    Les médias au Canada anglais font leur job et il faut faire la distinction entre la nouvelle et l'éditorial et si plusieurs appuient les conservateurs, les nouvelles sont quand même justes et on a abondamment parlé des problèmes des conservateurs, y compris l'affaire du Port de Montréal et l'ingérence politique alléguée de Soudas, le « boss du Québec ». Par contre ce qui fonctionne c'est la propagande conservatrice qui est omniprésente et beaucoup plus vigoureuse qu'en français et plusieurs se font berner par ça.

    Mais ce qui est important c'est qu'il devrait y avoir plus d'éditoriaux et d'analyses comme celle de Mme Cornellier pour faire le point d'une manière juste et éclairée et discuter des « vraies affaires ».
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    22 avril 2011 10 h 54
    Pourquoi M. Harper s'entête à parler de la menace d'une coalition.
    Au fond, il se fout de la coalition. Son message est plutôt le suivant: Je veux la majorité pour empêcher la coalition. C'est la majorité qui lui importe le plus. Je ne sais pas ce qu'il ferait de tant de pouvoir? Il tient beaucoup à son idéologie, qu'il cherche stratégiquement à cacher sous le tapis.

    Démocratiquement parlant, Monsieur Harper ne joue pas toujours dignement avec les règles de notre démocratie. Il se fait souvent un malin plaisir pour essayer de les contourner et parvenir à ses fins.

    J'ai malheureusement l'impression qu'il croit intelligent sa façon de jouer avec les failles de notre démocratie. D'ailleurs, ce sont des failles que la plupart des politiciens ont déjà vues avant lui. Sauf que même s'ils le savaient, ils ont toujours défendu le principe de s'en tenir à avancer sur le chemin baliser de ces règles. Mais pas Monsieur Harper!

    Je l'ai dit plus haut, c'est un idéologue. Alors attention, je suis enclin à croire qu'il conduit dangereusement. Notre démocratie pourrait en prendre un drôle de coup de vieux s'il ne respecte pas lui-même les règles.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    22 avril 2011 11 h 04
    Malgré tout ce qui se dit conre Harper, pourquoi va-t-il devenir Premier ministre quand même?
    C'est le principe canadien des deux solitudes. Il faudrait que les anglophones de l'Ouest lisent un peu plus ce qui s'écrit au Québec et que les francophones fassent de même avec ce qui dans l'Ouest.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • M. Julien - Abonné
    22 avril 2011 11 h 55
    De la Révolution tranquille à la Grande noirceur

    À l’évidence, le balancier de l’Histoire penche de plus en plus dangereusement à droite avec tous ces mouvements religieux et libertaires qui émergent un peu partout dans le monde, y compris sur nos propres terres.

    C’est le retour en force de l’idéologie.

    L’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire sonnera définitivement le glas des acquis de la Révolution tranquille et marquera le point de départ d’une nouvelle ère de Grande noirceur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    22 avril 2011 15 h 17
    À bas la constitution !
    « M. Harper refuse même de dire s'il trouve légitimes les règles constitutionnelles, évoquées par M. Ignatieff, qui permettent au gouverneur général de se tourner vers un autre parti pour former le gouvernement. » Pour Harper, comme pour G.W. Bush aux États-Unis, c'est la constitution elle-même qui dérange. Bien oui, quand on croit tenir sa mission directement du dieu judéo-chrétien, toute loi humaine constitue un obstacle à éliminer.
    Roland Berger
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • homocalculus - Inscrit
    22 avril 2011 16 h 07
    Rigidité dangereuse
    Toutes les opinions des journalistes, des autres partis (évidemment) des universitaires, politologues, bref, des gens instruits et au fait des bourdes à répétition de notre "tête dure" ( je suis poli...) de Harper sont, on ne peut plus ,négatives , réalistes et honnêtes. Pas la peine de répéter tout cela, ça crève l'oeil.
    Les canadiens (surtout de l'ouest) semblent contaminés d'une certaine partie des américains, nos voisins, par la course à des rigolos ( Palin, Trump et autres urluberlus...), le Tea Party, les Christian Brothers, les républicains, (or what have you...) ! Harper ne cesse de mentir, même en campagne électorale...! Que serons-nous si jamais il devient majoritaire?
    Faut-il penser, à ce point, qu'un électeur un tant soit peu intelligent et honnête, puisse encore croire ou penser que la démocratie et nous seront mieux assurés avec un tel HOMOPOLITICUS ? WOW!
    Réfléchissons donc et allons surtout voter avec notre conscience et notre rationalité...
    HOMOCALCULUS
    Maurice.bernard@videotron.ca
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Annette Hayward - Inscrit
    22 avril 2011 16 h 43
    Le Québec semble y voir clair, au moins!
    Beaucoup tient, j'en suis persuadée, à la façon de mentir de Harper. Il le fait avec une telle assurance, une telle certitude, une telle naïveté, que cela rassure les électeurs - ou du moins les électeurs anglophones, apparemment. Au Québec, ça prend moins, et on semble capable de voir les faits derrière cette mascarade. Cela ne suffira pas pour sauver ce pauvre pays, mais c'est déjà quelque chose...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Louise Hurteau - Abonnée
    23 avril 2011 10 h 42
    @Jacques Morissette
    Pas besoin d'aller dans l'Ouest, on peut se poser la question ici même du côté de la ville de Québec ;-)

    Une explication - biais de confirmation:

    "Le biais de confirmation, également dénommé biais de confirmation d'hypothèse, est la tendance qu'ont les individus à privilégier les informations qui confirment leurs idées préconçues ou leurs hypothèses (sans considération pour la véracité de ces informations) et/ou d'accorder moins de poids aux hypothèses jouant en défaveur de leurs conceptions...

    .... Les biais de confirmation contribuent à l'excès de confiance dans les croyances personnelles et peuvent maintenir ou renforcer les croyances face à des preuves contraires..."

    source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Boisvert Nicolas - Inscrit
    23 avril 2011 11 h 44
    Populisme: Petite et grande échelle
    Petite ou grande échelle, le citoyen est égal à lui-même. Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec ma microsociété, un "syndicat de copropriété".

    Suite à l'acquisition d'un condo en 2005, construit en 1984, j'ai été élu Président du CA. Il s'avérait que la gestion à la petite semaine des 20 premières années avait amené à faire face à des travaux de rénovation de 240 000$ mais pas un dollar de côté pour les faire. Après avoir mis la réalité sur la table et établi un plan de relance, sans dorures aucune, une des copropriétaires s'est mise aux jeux de coulisses afin de convaincre les gens que ma vision était mauvaise, qu'il y a avait manque de transparence et de communication.

    Personne ne m'a appelé pour valider sa propagande et son salissage. Deux tiers du CA a été destitué dans un peloton d'exécution en règle la semaine dernière.

    L'intérêt pour la stratégie et la tactique ont fait perdre de vue l'intégrité du débat.

    La propagandiste a refusé de dire comment, elle, s'y prendrait pour faire fonctionner le syndicat.

    Comment peut-elle prétendre que le CA rejetait la communication et la transparence alors que j'ai été élu sur ce que j'avais présenté mais que de son côté, tout s'est fait dans le corridor?

    Dans une assemblée, elle me traitait de dictateur et de despote parce que je tenais à respecter les procédures établies par le C.c.Q en termes d'administration d'une copropriété. Elle s'est pourtant fait élire au CA. Comment, une copropriétaire peut se présenter comme candidate d'un CA alors qu'elle refuse de reconnaitre la légitimité des règles auxquelles elle est censée se soumettre?

    Depuis 2 ans, elle exploitait l'ignorance des copropriétaires pour mieux imposer une compréhension erronée du système.

    Vous frappez tellement juste madame Cornellier. La politique est ce qu'elle est, peu importe à quelle niveau elle agit. Le citoyen est prêt à gober n'importe quoi. Comme le dit l'
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
20 réactions
9 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012