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    À qui Layton fera-t-il mal au Québec?

    Le vote néodémocrate pourrait faire élire une poignée de conservateurs et de libéraux. Le Bloc serait le grand perdant.

    21 avril 2011 |Hélène Buzzetti | Canada
    Outre ces deux circonscriptions, la montée du NPD risque donc davantage de gruger les appuis du Bloc québécois pour faire passer libéraux et conservateurs. <br />
    Photo: Agence Reuters Outre ces deux circonscriptions, la montée du NPD risque donc davantage de gruger les appuis du Bloc québécois pour faire passer libéraux et conservateurs.
    Ottawa — Le Nouveau Parti démocratique grimpe dans les intentions de vote au Québec, au point d'être maintenant en deuxième position. Ses appuis ne sont pas (encore?) suffisants pour garantir à la formation de Jack Layton de nombreux sièges supplémentaires dans la province, mais ils pourraient être suffisants pour faire élire une poignée de conservateurs et de libéraux. Le Bloc québécois serait le grand perdant.

    Lors des élections de 2008, le NPD de Jack Layton avait fait élire un député au Québec. Il avait terminé au quatrième rang dans 56 des 74 autres circonscriptions, au troisième rang dans 11 cas, et second dans 4 circonscriptions, soit Gatineau et 3 châteaux forts montréalais peu susceptibles de tomber: Westmount, Repentigny et Hochelaga (élection partielle de 2009). Le Bloc québécois a quant à lui fait élire 49 députés, coiffant le Parti libéral arrivé second dans 23 cas, et le Parti conservateur dans 17 cas.

    Selon le sondeur Jean-Marc Léger, ces résultats de 2008 pour le NPD ne laissent pas entrevoir beaucoup de victoires supplémentaires au Québec. D'autant plus qu'à son avis, les conditions ne sont pas réunies pour transformer en votes les appuis rapportés dans les récents sondages.

    «Le taux de votation des électeurs néodémocrates est faible, 52 % des gens qui pensent voter pour le NPD disent qu'ils peuvent encore changer d'avis, ce qui en fait le parti fédéral avec le plus haut pourcentage à ce chapitre, les candidats locaux ont peu d'envergure pour la plupart et il n'y a pas d'organisation locale», explique-t-il.

    Le NPD peut probablement miser sur Gatineau, où une véritable course à trois avec le Bloc québécois et le Parti libéral pourrait favoriser l'ex-libérale devenue néodémocrate, Françoise Boivin. Elle avait perdu la lutte en 2008 par à peine 1600 voix.

    La circonscription nordique d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou offre aussi de bonnes possibilités au NPD, qui y présente le candidat-vedette Roméo Saganash. Certes, le parti y est arrivé quatrième en 2008, mais selon le sondeur Jean-Marc Léger, ses appuis ont augmenté de 14 points, tandis que ceux du Bloc québécois et du Parti conservateur ont diminué de 10 et 6 points respectivement. En outre, cette circonscription n'a pas d'attache partisane particulière. Créditiste dans les années 1970, elle est brièvement devenue libérale en 1980, puis progressiste-conservatrice en 1984 avec Guy Julien. Après avoir été défait par le Bloc québécois en 1993, M. Julien avait effectué un retour sous la bannière libérale en 1997. Le Bloc l'a remplacé en 2004.

    Outre ces deux circonscriptions, la montée du NPD risque donc davantage de gruger les appuis du Bloc québécois pour faire passer libéraux et conservateurs. Car Jean-Marc Léger note que si le transfert de votes vers le NPD s'est d'abord effectué au détriment du Parti libéral, c'est maintenant le Bloc québécois qui écope.

    Les luttes les plus chaudes menées en 2008 par le Bloc québécois l'ont été avec le Parti libéral. Il n'a gagné contre la formation alors dirigée par Stéphane Dion que par quelques centaines de voix dans Ahuntsic (423), Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia (616), Brome-Missisquoi (1200), Jeanne-Le Ber (1300), Saint-Lambert (4000), Laval (5000) et Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (5000). Ces circonscriptions pourraient être ravies par Michael Ignatieff s'il consolide son vote.

    Dans ses luttes avec le Parti conservateur, le Bloc québécois s'en était tiré plus confortablement... quand il a gagné. Il a conservé Chicoutimi-Le Fjord (3000), Louis-Hébert (4500), Drummond (6000) et Manicouagan (7000), mais il a essuyé des défaites crève-coeur dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup (partielle de 2009, 1500 voix), Roberval-Lac-Saint-Jean (1500), Beauport-Limoilou (2000) et Charlesbourg-Haute-Saint-Charles (6000). Sans compter celle dans Portneuf contre l'indépendant André Arthur par à peine 662 votes.

    Le Bloc québécois espère beaucoup récupérer ces circonscriptions perdues, mais si ses appuis devaient être grugés encore un peu plus par le NPD, il n'y parviendra probablement pas. «À Québec, je ne vois pas comment les conservateurs pourraient perdre, analyse M. Léger. À ce moment-ci, ce n'est pas un facteur important.»

    La diminution initiale des appuis aux libéraux pourrait donc aussi coûter des sièges au Parti libéral au profit du Bloc québécois. On pense dans ce cas à Papineau, remporté par Justin Trudeau avec une marge d'à peine 2200 voix, Brossard-Laprairie, gagnée avec une mince avance de 69 voix, ou encore Hull-Aylmer. Dans cette dernière circonscription, la victoire libérale était confortable, mais le NPD présente une candidate bien connue, Nycole Turmel, qui pourrait permettre au Bloc québécois de se faufiler.

    «Nous sommes maintenant à 34/24, souligne Jean-Marc Léger en parlant des appuis récoltés par le Bloc québécois et le NPD. On entre dans la zone payante. Pas pour le NPD, mais pour les autres partis.»












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