Libre opinion - Lettre à mon fils pour qu'il vote
Cher Félix, le 2 mai prochain, c'est la première fois que tu auras la chance d'aller voter. Tu viens de m'apprendre que tu as décidé de boycotter les élections. Tous les partis, semble-t-il, s'équivalent; tu rejettes le «système» en bloc.
Je pense que tu commets une grave erreur de jugement. Dans notre système électoral, l'abstention ou l'annulation de son vote n'a aucune valeur. Seuls comptent les votes pour un des candidats. Ne pas voter, c'est, en fait, laisser aux autres décider à sa place qui va gouverner le pays. Si les gens qui ne votent pas avaient une devise, ce serait celle de Ponce Pilate: «Je m'en lave les mains.»
L'expérience politique récente nous a rappelé avec brutalité que les résultats d'une élection ont un impact sur la vie de milliers, voire de millions de personnes. Si Al Gore avait été élu en 2000 plutôt que George W. Bush, les États-Unis n'auraient pas bombardé puis envahi l'Irak. Et si les conservateurs avaient été au pouvoir à Ottawa à ce moment-là, le Canada aurait participé à cette croisade désastreuse.
Il y a plusieurs enjeux importants à l'élection du 2 mai. Si les conservateurs sont élus majoritaires, nous aurons droit à l'achat des avions F-35 au coût de 35 milliards de dollars, à l'abolition du registre des armes à feu, à la baisse de l'impôt sur les entreprises, à la remise en cause du droit de grève dans la fonction publique fédérale, j'en passe et des pires.
Mais ce sont surtout deux façons de voir le monde qui s'opposent. On l'a vu encore récemment, les conservateurs sont des obsédés du contrôle. Ils n'aiment pas se faire poser des questions, ils n'aiment pas les manifestants, ils n'aiment pas l'opposition, ils n'aiment pas le Parlement, en un mot, ils n'aiment pas la démocratie.
Une image me reste en mémoire: le gouvernement vient d'être défait à la Chambre des communes pour outrage au Parlement, et les conservateurs, tout sourire, applaudissent debout Stephen Harper. Ça en dit long sur le mépris que ces gens-là portent aux institutions démocratiques. On semble vite oublier que Harper a prorogé le Parlement il y a deux ans pour éviter un vote de confiance à la chambre. Ailleurs dans le monde, ça pourrait s'appeler un coup d'État.
Par ton abstention, c'est à cette vision du monde que tu laisses le contrôle. La montée en force des conservateurs populistes en Occident coïncide avec une baisse de la participation des jeunes aux élections.
Après t'avoir dit pour qui ne pas voter, tu ne voudrais quand même pas que je te dise pour qui voter! La fameuse division de la gauche existe, c'est sûr, au Canada. Mais ce n'est pas l'abstention qui va régler ce problème, bien au contraire. Je te fais confiance pour choisir le parti ou le candidat qui correspond le plus à tes valeurs, à ton idée de la société québécoise et canadienne. Nous avons la chance le 2 mai de dire: «Harper, dégage!» Il ne faut pas la manquer.
***
Gilles Sabourin - Saint-Lambert
Je pense que tu commets une grave erreur de jugement. Dans notre système électoral, l'abstention ou l'annulation de son vote n'a aucune valeur. Seuls comptent les votes pour un des candidats. Ne pas voter, c'est, en fait, laisser aux autres décider à sa place qui va gouverner le pays. Si les gens qui ne votent pas avaient une devise, ce serait celle de Ponce Pilate: «Je m'en lave les mains.»
L'expérience politique récente nous a rappelé avec brutalité que les résultats d'une élection ont un impact sur la vie de milliers, voire de millions de personnes. Si Al Gore avait été élu en 2000 plutôt que George W. Bush, les États-Unis n'auraient pas bombardé puis envahi l'Irak. Et si les conservateurs avaient été au pouvoir à Ottawa à ce moment-là, le Canada aurait participé à cette croisade désastreuse.
Il y a plusieurs enjeux importants à l'élection du 2 mai. Si les conservateurs sont élus majoritaires, nous aurons droit à l'achat des avions F-35 au coût de 35 milliards de dollars, à l'abolition du registre des armes à feu, à la baisse de l'impôt sur les entreprises, à la remise en cause du droit de grève dans la fonction publique fédérale, j'en passe et des pires.
Mais ce sont surtout deux façons de voir le monde qui s'opposent. On l'a vu encore récemment, les conservateurs sont des obsédés du contrôle. Ils n'aiment pas se faire poser des questions, ils n'aiment pas les manifestants, ils n'aiment pas l'opposition, ils n'aiment pas le Parlement, en un mot, ils n'aiment pas la démocratie.
Une image me reste en mémoire: le gouvernement vient d'être défait à la Chambre des communes pour outrage au Parlement, et les conservateurs, tout sourire, applaudissent debout Stephen Harper. Ça en dit long sur le mépris que ces gens-là portent aux institutions démocratiques. On semble vite oublier que Harper a prorogé le Parlement il y a deux ans pour éviter un vote de confiance à la chambre. Ailleurs dans le monde, ça pourrait s'appeler un coup d'État.
Par ton abstention, c'est à cette vision du monde que tu laisses le contrôle. La montée en force des conservateurs populistes en Occident coïncide avec une baisse de la participation des jeunes aux élections.
Après t'avoir dit pour qui ne pas voter, tu ne voudrais quand même pas que je te dise pour qui voter! La fameuse division de la gauche existe, c'est sûr, au Canada. Mais ce n'est pas l'abstention qui va régler ce problème, bien au contraire. Je te fais confiance pour choisir le parti ou le candidat qui correspond le plus à tes valeurs, à ton idée de la société québécoise et canadienne. Nous avons la chance le 2 mai de dire: «Harper, dégage!» Il ne faut pas la manquer.
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Gilles Sabourin - Saint-Lambert
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