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Les débats font débat

Harper aimerait affronter Ignatieff seul; May refuse toute exclusion

«Je ne veux exclure personne, ce n’est pas à moi de choisir, mais je suis tout à fait prêt à faire un débat direct avec M. Harper», a lancé Michael Ignatieff au sujet de l’éventualité, évoquée par le premier ministre, d’un débat en face à face entre eux. <br />
Photo : Agence Reuters Andy Clark
«Je ne veux exclure personne, ce n’est pas à moi de choisir, mais je suis tout à fait prêt à faire un débat direct avec M. Harper», a lancé Michael Ignatieff au sujet de l’éventualité, évoquée par le premier ministre, d’un débat en face à face entre eux.
Le débat sur les débats des chefs a pris une tournure cacophonique hier: pendant que Stephen Harper proposait d'affronter en solo le chef libéral Michael Ignatieff, Elizabeth May menaçait de son côté de recourir aux tribunaux si le consortium des télédiffuseurs maintient son refus de l'inclure.

Le consortium des télédiffuseurs a confirmé en soirée que les débats auront lieu les 12 et 14 avril et que le Parti vert du Canada n'est pas invité parce qu'il ne compte pas de député à la Chambre des communes.

Mais cette annonce attendue a été en partie éclipsée par une proposition du chef conservateur Stephen Harper: affronter en duel son adversaire libéral Michael Ignatieff, sans Jack Layton ou Gilles Duceppe à leurs côtés. «À la fin, il y a seulement deux choix: un gouvernement conservateur ou un gouvernement mené par M. Ignatieff que tous les autres partis vont appuyer», a soutenu M. Harper.

Concernant une formule duo, Michael Ignatieff a répondu qu'il est «disponible». «Je ne veux exclure personne, ce n'est pas à moi de choisir, mais je suis tout à fait prêt à faire un débat direct avec M. Harper», a lancé le chef libéral, qui martèle depuis le début de la campagne que le choix du 2 mai sera ultimement entre lui ou Stephen Harper.

Mais sans surprise, l'idée de ce duel a été rejetée par les chefs du Bloc québécois et du NPD. Sur Twitter, Jack Layton a été sarcastique: «Je me rappelle les débats de 2008, et je comprends

M. Harper de ne pas vouloir m'affronter de nouveau.» Gilles Duceppe a pour sa part qualifié «d'attaque à la démocratie» la suggestion de Stephen Harper. «Nous représentons près des deux tiers des députés du Québec et ce serait un peu particulier que nous ne puissions être là.»

May irritée


Le Parti vert du Canada a quant à lui organisé sa riposte, hier, avant même que le consortium confirme sa décision d'aller de l'avant sans Elizabeth May. Les verts ont averti que «si le consortium de change pas d'avis, nous serons obligés d'aller devant les tribunaux».

Selon Mme May, la décision de CBC, Radio-Canada, CTV, Global et TVA de l'exclure «ressemble à un sabotage orchestré par l'élite des médias nationaux qui ont décidé que les verts ne comptaient pas». Elle croit que le «public canadien ne tolérera pas ça».

Mme May dispose d'un appui de taille dans sa lutte: les quatre partis ont tous indiqué être favorables à sa participation au débat. «Mais c'est le consortium qui décide», a rappelé Gilles Duceppe. Le NPD a d'ailleurs demandé au consortium d'établir une fois pour toutes des «règles cohérentes et des critères précis» pour éviter que chaque élection crée un psychodrame sur la question.

En 2008, Elizabeth May avait reçu une invitation grâce au geste du député indépendant Blair Wilson, qui avait annoncé son adhésion aux verts quelques jours avant le déclenchement des élections. Il n'a jamais siégé en tant que vert, mais cette affiliation in extremis avait permis à Mme May de revendiquer le titre de parti présent aux Communes.

La performance de Mme May aux débats de 2008 avait globalement été soulignée de manière positive par les commentateurs. Elle avait contribué à gonfler le vote des verts, passé de 664 000 voix en 2006 à 937 000 voix en 2008 (6,8 %).

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • François Ricard - Abonné
    31 mars 2011 06 h 54
    ...«Mais c'est le consortium qui décide»
    Mais c'est vous, M. Duceppe, qui décidez d'y prendre part. Si madame May n'y est pas, vous non plus n'avez pas affaire en ce débat...Vous vous dites "démocrate", alors conduisez-vous en démocrate et exigez que madame May y soit conviée.
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  • celljack - Inscrit
    31 mars 2011 07 h 24
    Le débat des chefs: un outil qui vieillit
    Soyons réalistes, le débat des chefs, c'est un cirque pour la plèbe. Le jeu se fait vieux, à un point où on tente d'en changer les règles pour le rendre plus intéressant. Nous savons tous de toute façon que ce qui s'y dit n'est pas garant de ce qui se fera...

    Une vraie innovation, pour l'avancement de la démocratie, pour assurer la transparence des dossiers et de l'information, est qu'un politicien promette qu'une fois élu, il va volontairement de rester sous les caméras et les micros lors de ses fonctions officielles.

    Pour que la population puisse vraiment connaitre les enjeux publics, il faut diffuser en temps réel un flux audio-vidéo de tout ce qui se passe dans le bureau, en présence de lobbyistes, lors des dîners d'affaires, au golf, dans les corridors… en somme, en toute circonstance pouvant laisser présager une décision politique. Il faut que ce flux d'information soit diffusé sans filtre et gratuitement.

    Nous ne voulons plus de décisions secrètes, d'ententes confidentielles ou d'accords derrière portes closes pour tout ce qui concerne notre pays démocratique.

    De la folie?
    Pensez-y deux fois.
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  • Veronique D.D. - Inscrit
    31 mars 2011 07 h 28
    Débat
    La confrontation est supérieur en duel.

    Ce que Mme May n'a pas saisi c'est qu'elle se ferait enlevé un épine du pied.

    Fonctionnement par élimination de crédibilité.
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  • Socrate - Inscrit
    31 mars 2011 09 h 30
    cacophonie
    Un débat de chefs a chefs serait supérieur et de beaucoup à celui de 2008 où les gens n'ont rien appris de nouveau que les mêmes mantras habituels.

    Le parti conservateur est un parti économique sans Tata.
    Le PLC est un parti libéral comme sous Jean Chrétien.
    Le Bloc est un parti québécois sans argent québécois.
    Le NPD est dans un état second comme d'habitude.
    Etc,,,,, etc,,,, etc,,,,

    Disposez toutes les promesses électorales dans une colonne de gauche par rapport à toutes les retombées politiques dans une colonne de droite tout comme le bon roi Pétaud, et il n'y aura plus besoin de débats du tout; sauf peut-être encore plus d'autres débats sans chiffres sur des débats sans fonds comme d'habitude habituelle.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    31 mars 2011 09 h 39
    Diffusion en temps réel
    Je suis parfaitement d'accord avec l'idée que tout ce qui touche le public doit être public. Lorsque des personnes sont mandatées pour résoudre une question d'intérêt public, il est inadmissible que cela dépende de la qualité de négociateur de l'un ou de l'autre. Aussi bien tirer à pile ou face.

    Il faut arriver à la meilleure décision pour l'intérêt de tous. Dans ce sens, il est vrai que le débat des chefs fait «combat de coqs». Ça ne garantit en rien qu'on aura un meilleur gouvernement au bout du compte.

    D'autre part, même si on avait 99% des gens qui ont une idée et seulement 1% qui ont une autre idée, il y a quand même deux idées sur la table. Et il est possible que la bonne idée soit celle que seulement 1% de la population partage. Donc il est de l'intérêt de 100% de la population que TOUTES les idées soient discutées. Dans ce sens, le consortium des télédiffuseurs n'agit pas pour le bien commun en empêchant les nouvelles idées de faire surface.

    Serge Grenier
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  • Rironie - Inscrit
    31 mars 2011 10 h 36
    Et si Legault formait son parti
    Et si Legault formait un parti pour se présenter à la prochaine élection québécoise, je suppose, en suivant le raisonnement du consortium, qu'il ne pourra pas participer au débat des chefs, peu importe que les sondages lui soit favorable ou non. Je ne serai pas de ceux qui s'en plaindront. Mais si on devait l'accepter au débat des chef, on pourra compter sur moi pour leur rappeler leur inconsistance.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    31 mars 2011 11 h 12
    Complaisance
    On se complait dans le déficit démocratique! Près d'un million d'électeurs qui ont voté Vert n'étaient pas représentés au Parlement, ce qui est nettement anti démocratique et le « consortium » se base sur cette iniquité pour décider d'exclure les Verts du débat.

    La question ici n'est pas de savoir si Mme May fait un bon discours en français ou en anglais mais bien comment les médias peuvent bafouer la démocratie sans vergogne en se basant sur l'absence de député Vert pour les exclure d'un débat d'intérêt public. Pathétique!
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