Rapport du Comité permanent de la sécurité publique sur les sommets du G20 et du G8
Le comité recommande une enquête publique et des excuses d'Ottawa
Photo : Valerian Mazataud - Le Devoir
Des manifestants arrêtés au sommet du G20 de Toronto. Le Comité permanent de la sécurité publique brosse un sombre portrait de l’organisation du G20 et du G8, notamment en ce qui a trait à l’explosion des coûts et les nombreuses arrestations.
Les sommets du G8 et du G20, tenus simultanément l'été dernier en Ontario, ont généré une explosion incontrôlée des coûts ainsi que des arrestations si nombreuses qu'elles nécessitent une enquête publique et des excuses officielles d'Ottawa.
Le Comité permanent de la sécurité publique et nationale brosse un portrait accablant de l'organisation des deux sommets des leaders des pays industrialisés, à Huntsville et à Toronto. Non seulement la facture a gonflé à 930 millions de dollars, mais 1105 personnes ont été arrêtées et détenues, souvent de façon arbitraire, en marge de la rencontre des leaders des pays industrialisés. Il s'agit «de la plus grande arrestation de masse en temps de paix dans l'histoire du Canada», déplore le rapport.
Le comité recommande la tenue d'une enquête publique indépendante afin de faire la pleine lumière sur les violations massives des libertés civiles commises par les policiers.
Le gouvernement devrait présenter des excuses «officielles et inconditionnelles» aux milliers de citoyens emprisonnés injustement, recommande par ailleurs le comité, présidé par le député conservateur Kevin Sorenson.
Lors des audiences du comité, plusieurs témoins ont dénoncé les arrestations arbitraires, les gestes de brutalité, les fouilles à nu, les privations de soins médicaux, les difficultés à avoir accès à un avocat et des périodes de détention allant jusqu'à 57 heures. Les francophones ont fait l'objet d'un traitement particulièrement hostile aux mains de certains policiers, une situation répréhensible, juge le comité.
«Il y a eu beaucoup d'insultes contre les femmes, les Québécois et les gais», déplore Maria Mourani, critique du Bloc québécois en matière de sécurité et membre du comité. Peu importe le parti qui sera appelé à former le prochain gouvernement, il ne pourra faire l'économie d'une enquête publique, estime Mme Mourani. «Au Bloc québécois, on va ramener ce rapport sur la place publique. Ce qui s'est passé là-bas [à Toronto] est un enjeu fondamental pour les droits de la personne», affirme la députée d'Ahuntsic.
Des coûts astronomiques
Le rapport dénonce par ailleurs «le manque de contrôle du gouvernement» sur les coûts et les dépenses partisanes faites au bénéfice des électeurs de Parry Sound-Muskoka, la circonscription du ministre de l'Industrie, Tony Clement.
Le comité recommande au gouvernement de prendre des mesures afin de prévenir «les achats de votes avec l'argent des contribuables» dans le futur. L'accusation de dépenses partisanes est basée sur le seul fait que le Sommet du G8 s'est déroulé à Huntsville, une municipalité rurale qui fait partie de la circonscription du ministre Clement.
Les autorités jugeaient qu'il était plus facile d'établir un périmètre de sécurité dans une ville de faible taille. Il a cependant fallu que des locaux temporaires soient aménagés pour accueillir plus de 4500 policiers. Conclusion du comité? C'était une erreur de tenir les deux sommets dans des lieux séparés.
Sur un budget de 930 millions, 790 millions (85 % des dépenses) ont été réservés à la sécurité, la part du lion revenant à la GRC.
Tous ne tirent pas les mêmes leçons des sommets du G8 et du G20. Plusieurs manifestants ont indiqué, lors des audiences du comité, qu'ils avaient perdu confiance dans les droits et les valeurs du Canada. À l'inverse, le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, s'est félicité d'avoir organisé une manifestation d'une telle ampleur. C'était la première fois dans l'histoire qu'un même pays accueillait simultanément les sommets du G8 et du G20.
Dans une opinion dissidente, les élus conservateurs membres du comité se sont opposés «vigoureusement» aux conclusion d'un rapport qu'ils disent «extrêmement biaisé». Les conservateurs reprochent aux députés d'opposition de «discréditer le bon travail des policiers canadiens».
Le Comité permanent de la sécurité publique et nationale brosse un portrait accablant de l'organisation des deux sommets des leaders des pays industrialisés, à Huntsville et à Toronto. Non seulement la facture a gonflé à 930 millions de dollars, mais 1105 personnes ont été arrêtées et détenues, souvent de façon arbitraire, en marge de la rencontre des leaders des pays industrialisés. Il s'agit «de la plus grande arrestation de masse en temps de paix dans l'histoire du Canada», déplore le rapport.
Le comité recommande la tenue d'une enquête publique indépendante afin de faire la pleine lumière sur les violations massives des libertés civiles commises par les policiers.
Le gouvernement devrait présenter des excuses «officielles et inconditionnelles» aux milliers de citoyens emprisonnés injustement, recommande par ailleurs le comité, présidé par le député conservateur Kevin Sorenson.
Lors des audiences du comité, plusieurs témoins ont dénoncé les arrestations arbitraires, les gestes de brutalité, les fouilles à nu, les privations de soins médicaux, les difficultés à avoir accès à un avocat et des périodes de détention allant jusqu'à 57 heures. Les francophones ont fait l'objet d'un traitement particulièrement hostile aux mains de certains policiers, une situation répréhensible, juge le comité.
«Il y a eu beaucoup d'insultes contre les femmes, les Québécois et les gais», déplore Maria Mourani, critique du Bloc québécois en matière de sécurité et membre du comité. Peu importe le parti qui sera appelé à former le prochain gouvernement, il ne pourra faire l'économie d'une enquête publique, estime Mme Mourani. «Au Bloc québécois, on va ramener ce rapport sur la place publique. Ce qui s'est passé là-bas [à Toronto] est un enjeu fondamental pour les droits de la personne», affirme la députée d'Ahuntsic.
Des coûts astronomiques
Le rapport dénonce par ailleurs «le manque de contrôle du gouvernement» sur les coûts et les dépenses partisanes faites au bénéfice des électeurs de Parry Sound-Muskoka, la circonscription du ministre de l'Industrie, Tony Clement.
Le comité recommande au gouvernement de prendre des mesures afin de prévenir «les achats de votes avec l'argent des contribuables» dans le futur. L'accusation de dépenses partisanes est basée sur le seul fait que le Sommet du G8 s'est déroulé à Huntsville, une municipalité rurale qui fait partie de la circonscription du ministre Clement.
Les autorités jugeaient qu'il était plus facile d'établir un périmètre de sécurité dans une ville de faible taille. Il a cependant fallu que des locaux temporaires soient aménagés pour accueillir plus de 4500 policiers. Conclusion du comité? C'était une erreur de tenir les deux sommets dans des lieux séparés.
Sur un budget de 930 millions, 790 millions (85 % des dépenses) ont été réservés à la sécurité, la part du lion revenant à la GRC.
Tous ne tirent pas les mêmes leçons des sommets du G8 et du G20. Plusieurs manifestants ont indiqué, lors des audiences du comité, qu'ils avaient perdu confiance dans les droits et les valeurs du Canada. À l'inverse, le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, s'est félicité d'avoir organisé une manifestation d'une telle ampleur. C'était la première fois dans l'histoire qu'un même pays accueillait simultanément les sommets du G8 et du G20.
Dans une opinion dissidente, les élus conservateurs membres du comité se sont opposés «vigoureusement» aux conclusion d'un rapport qu'ils disent «extrêmement biaisé». Les conservateurs reprochent aux députés d'opposition de «discréditer le bon travail des policiers canadiens».
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