Périmètre de sécurité - Les libéraux soupçonnent Harper d'avoir menti
Photo : Agence France-Presse Saul Loeb
Stephen Harper et Barack Obama à Washington au début du mois de février. Le premier ministre avait ensuite annoncé en grande pompe la signature d’une entente sur le périmètre de sécurité entre le Canada et les États-Unis.
Ottawa — Le Parti libéral se demande si Stephen Harper, à l'image de sa ministre Bev Oda, a menti à la Chambre des communes à propos du périmètre de sécurité avec les États-Unis. M. Harper a annoncé en grande pompe la signature d'une entente avec son vis-à-vis Barack Obama, au début de février, alors que moins de deux mois auparavant, il affirmait au Parlement qu'il n'avait pas de «tel plan».
«Ce n'est pas possible de faire une telle annonce, un accord à propos du périmètre, sans qu'il y ait eu plusieurs brouillons de préparation qui aient circulé», a soutenu la députée libérale Martha Hall Finlay, hier en conférence de presse.
En décembre, les médias ont mis la main sur une ébauche d'entente entre Ottawa et Washington visant à harmoniser les règles des deux pays en matière de sécurité et de commerce. Alertée, l'opposition a interrogé le premier ministre à ce sujet à la Chambre des communes.
M. Harper a finalement déclaré: «Je n'ai pas un tel plan.»
Mais voilà: le 4 février suivant, il signait à Washington avec M. Obama une déclaration intitulée de la même manière que cette ébauche qui n'existait soi-disant pas, «Par-delà la frontière», et dont la très grande majorité du texte est identique. Seuls quelques détails ont été omis, par exemple le délai de 120 jours que se donnaient les deux chefs d'État pour étoffer leur initiative.
Manque de respect
Martha Hall Finlay établit un parallèle entre ce déni trompeur de M. Harper et les déclarations jugées mensongères de sa ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, à propos d'une subvention qu'elle a refusée au groupe Kairos. «C'est une façon d'agir. C'est un manque de respect pour le Parlement», estime Mme Hall Finlay.
La députée tenait une conférence de presse pour dénoncer le secret entourant cette initiative de périmètre autour du Canada et des États-Unis. Elle déplore que les Canadiens aient été placés devant un fait accompli. À l'inverse, rappelle-t-elle, lorsque Brian Mulroney avait voulu instaurer un accord de libre-échange, il avait d'abord annoncé son intention à la Chambre des communes et contacté les premiers ministres provinciaux.
L'entente de février prévoit notamment que le Canada et les États-Unis se doteront d'un système intégré d'entrée-sortie à la frontière commune avec à la clé échange d'informations sur les voyageurs. De plus, un nouveau Conseil de coopération bilatérale en matière de réglementation harmonisera les règles des deux pays pour faciliter les exportations de biens.
Les libéraux s'interrogent sur les bénéfices de ce genre d'entente. La collaboration — Martha Hall Finlay a presque parlé de servilité — du Canada n'a pas empêché les États-Unis d'exiger de tous les voyageurs canadiens survolant son espace aérien qu'ils fournissent leurs informations personnelles ou encore de songer à leur imposer une taxe de 5,50 $ pour couvrir les frais des mesures de sécurité américaines.
«Ce n'est pas possible de faire une telle annonce, un accord à propos du périmètre, sans qu'il y ait eu plusieurs brouillons de préparation qui aient circulé», a soutenu la députée libérale Martha Hall Finlay, hier en conférence de presse.
En décembre, les médias ont mis la main sur une ébauche d'entente entre Ottawa et Washington visant à harmoniser les règles des deux pays en matière de sécurité et de commerce. Alertée, l'opposition a interrogé le premier ministre à ce sujet à la Chambre des communes.
M. Harper a finalement déclaré: «Je n'ai pas un tel plan.»
Mais voilà: le 4 février suivant, il signait à Washington avec M. Obama une déclaration intitulée de la même manière que cette ébauche qui n'existait soi-disant pas, «Par-delà la frontière», et dont la très grande majorité du texte est identique. Seuls quelques détails ont été omis, par exemple le délai de 120 jours que se donnaient les deux chefs d'État pour étoffer leur initiative.
Manque de respect
Martha Hall Finlay établit un parallèle entre ce déni trompeur de M. Harper et les déclarations jugées mensongères de sa ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, à propos d'une subvention qu'elle a refusée au groupe Kairos. «C'est une façon d'agir. C'est un manque de respect pour le Parlement», estime Mme Hall Finlay.
La députée tenait une conférence de presse pour dénoncer le secret entourant cette initiative de périmètre autour du Canada et des États-Unis. Elle déplore que les Canadiens aient été placés devant un fait accompli. À l'inverse, rappelle-t-elle, lorsque Brian Mulroney avait voulu instaurer un accord de libre-échange, il avait d'abord annoncé son intention à la Chambre des communes et contacté les premiers ministres provinciaux.
L'entente de février prévoit notamment que le Canada et les États-Unis se doteront d'un système intégré d'entrée-sortie à la frontière commune avec à la clé échange d'informations sur les voyageurs. De plus, un nouveau Conseil de coopération bilatérale en matière de réglementation harmonisera les règles des deux pays pour faciliter les exportations de biens.
Les libéraux s'interrogent sur les bénéfices de ce genre d'entente. La collaboration — Martha Hall Finlay a presque parlé de servilité — du Canada n'a pas empêché les États-Unis d'exiger de tous les voyageurs canadiens survolant son espace aérien qu'ils fournissent leurs informations personnelles ou encore de songer à leur imposer une taxe de 5,50 $ pour couvrir les frais des mesures de sécurité américaines.
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