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L'opposition ne décolère pas contre Oda

Aux ministres et non aux fonctionnaires de prendre les décisions, répond Harper

Hélène Buzzetti   17 février 2011  Canada
La ministre Bev Oda n’a répondu à aucune des questions lui étant adressées hier au parlement.<br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
La ministre Bev Oda n’a répondu à aucune des questions lui étant adressées hier au parlement.
Ottawa — Les appels à la démission, autant politiques que médiatiques, n'ont pas eu raison de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, mais ses détracteurs ne lâchent pas prise pour autant. Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, estime que le premier ministre mine les principes mêmes de la démocratie canadienne en maintenant en poste une ministre qui a falsifié un document gouvernemental et caché la vérité aux parlementaires et aux citoyens.

L'atmosphère était explosive à la Chambre des communes hier, où les députés ne décolèrent pas. Pour une seconde journée, la ministre Bev Oda n'a répondu à aucune des questions lui étant adressées. Les députés soutiennent qu'une ministre leur ayant si clairement menti ne peut rester en poste sans saper les principes démocratiques.

«Le manque de respect de ce premier ministre pour cette question montre ses valeurs, son manque de respect pour la démocratie, son manque de respect pour cette Chambre, son manque de respect pour les citoyens», a lancé le chef libéral hier lors de la période de questions.

Mme Oda avait toujours dit, et écrit, que c'était sur le conseil de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) que le financement du groupe Kairos avait été refusé. Sous la menace d'être déclarée en bris de privilège par le président de la Chambre, elle a admis lundi qu'en fait, c'est elle qui a pris cette décision, contraire à l'avis de ses fonctionnaires. Elle a aussi reconnu, après avoir plaidé l'ignorance de nombreuses fois, que c'est elle qui a demandé à son équipe politique d'ajouter un «not» à la recommandation positive de l'ACDI pour en modifier le sens.

Preuve d'une démocratie saine

Loin de se démonter par les attaques, le premier ministre a soutenu hier qu'au contraire, le fait que sa ministre ait infirmé la décision de ses fonctionnaires est la meilleure preuve d'une démocratie saine. «Dans une démocratie, ce sont les ministres élus qui prennent les décisions. C'est cela, la démocratie», a déclaré M. Harper. Le premier ministre est allé plus loin en laissant entendre que Kairos avait des objectifs autres que l'aide humanitaire, sans préciser lesquels.

«Ce qui est mal, a dit M. Harper, c'est quand le gouvernement suit servilement les conseils qui ont pour effet d'utiliser l'argent des contribuables, non pas pour les fins déterminées, comme aider les peuples dans les pays en voie de développement ou aider les pauvres et les plus vulnérables, mais pour d'autres fins. Le gouvernement a été très clair en disant qu'il s'attend à ce que l'argent des contribuables soit utilisé, non pas pour récompenser des organismes canadiens, mais pour promouvoir la politique étrangère et les objectifs humanitaires du gouvernement.»

Cette réponse a fait hurler le libéral Bob Rae. «Le problème que j'ai avec M. Harper, c'est qu'il veut seulement financer les organisations qui représentent le Parti conservateur. [...] Vous pouvez voir autour du bureau du premier ministre les têtes empalées de tous ceux qui sont en désaccord avec lui. Pour moi, il est clair que c'est ce qui est arrivé ici. Nous avons affaire à un gouvernement qui punit les gens qui ne font pas ce qu'il veut.»

Et Kairos?

Les partis d'opposition et Kairos lui-même désirent maintenant savoir pour quelle raison le gouvernement a coupé les vivres à un groupe d'aide jugé utile, efficace et conforme aux programmes. «Il n'y a aucune explication crédible de la raison pour laquelle nos fonds ont été abolis», explique en entrevue Mary Corkery, la directrice générale de Kairos. «Beaucoup croient que cela peut être lié aux positions que nous avons prises sur les changements climatiques, sur l'impact de l'industrie minière dans les communautés en développement ou encore à notre travail au Moyen-Orient.»

Rappelons que le ministre Jason Kenney avait d'abord déclaré à Jérusalem que Kairos était puni parce qu'il était impliqué dans le boycottage international d'Israël. Kairos n'a jamais été impliqué dans une telle campagne, rappelle Mme Corkery. «Il a dû nous confondre avec un autre groupe, Kairos Palestine.» Il n'existe aucun lien entre les deux.
 
 
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    17 février 2011 06 h 58
    Dehors
    Indépendamment de la décision controversée de retenir la subvention à Kairos pour crime de lèse-Israël, la ministre doit démissionner et si elle ne le fait pas, le Premier Ministre doit lui montrer la porte.

    Ne serait-ce que pour avertir les ministres d'être plus discrets dans leurs décisions!!!

    Mme Oda a oublié de se réserver un Plan B. Too bad, Ms Oda!
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  • François Dugal - Abonné
    17 février 2011 09 h 50
    Le photographe
    Félicitation au photographe Chris Wattie; voilà une photo qui vaut mille mots.
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  • Jean de Cuir - Abonné
    17 février 2011 11 h 06
    Ignorance?
    Peut-être s'agit-il d' ignorance, celle des valeurs en démocratie si chère au cabinet minoritaire? Et là, il faut démissionner. Publier cette photo ne l' aide pas, alors, on accusera encore les médias. Qui doit démissionner celle qui dit non ou/et celui qui dit qu'elle a tous les droits d'apposer sa décision à sa façon ! Quant au mensonge, et bien qu' est-ce qu'un mensonge? Ignorance encore !
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  • jeanclro - Abonné
    17 février 2011 12 h 04
    Dehors
    Oda est une faussaire ! Dehors dehors dehors tout en apportant plusieurs avec elle!
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  • northernbud - Inscrit
    17 février 2011 16 h 05
    Visez plus haut
    Le problème véritable c'est qu'en éliminant Oda on ne touche qu'au messager. Le fait est que tout ceci est commandé du bureau du PM lui même si ce n'est pas directement des anciens réformistes qui noyautent ce parti. Ces gens qui gouvernent strictement par idéologie n'ont que faire des opinions discordantes et vont tout faire pour que leur agenda soit imposé, même si c'est illégitime, voir illégal. La démocratie est en danger au pays
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