dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 13h11
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Revue de presse - Maximania

Manon Cornellier   12 février 2011  Canada
Les sujets de réflexion n'ont pas manqué cette semaine. Du périmètre de sécurité nord-américain aux règles du CRTC en matière d'information, tout y a passé, mais, malgré l'embarras du choix, impossible de ne pas tenir compte de la réaction aux propos de Maxime Bernier sur la loi 101 et ce qu'elle révèle sur la perception qu'on en a dans le reste du pays.

Naomi Lakritz, du Calgary Herald, était aux anges. Selon elle, la réaction au Québec et dans la classe politique prouve seulement que la vérité fait mal. La loi 101 n'a pas permis de sauver la langue française au Québec, mais plutôt poussé vers Toronto des gens, du capital et des entreprises, dit Lakritz. Alors qu'elle vivait à Montréal en 1977, elle dit avoir vu des immigrants établir des écoles anglophones clandestines pour leurs enfants «parce qu'ils savaient, comme Bernier, que maîtriser l'anglais était un atout important quand vous vivez sur une île linguistique entourée d'une mer de 350 millions d'anglophones». Elle se souvient de ses voisins francophones dont le mauvais anglais limitait les chances d'avancement et qui ne pouvaient envoyer leurs enfants à l'école anglaise pour éviter qu'ils vivent la même chose. «Et pendant ce temps, dans les écoles francophones, ils étaient trop occupés à bourrer le crâne des élèves avec des absurdités séparatistes pour donner à l'enseignement de l'anglais autre chose qu'un traitement expéditif», écrit-elle sans rire. L'avenir du français dans tout cela? Pas un mot. Pour Lakritz, «la loi 101 est depuis 34 ans une loi régressive, répressive, qui n'a pas de place en démocratie», et elle remercie Bernier de le dire.

L'Ottawa Citizen a pour sa part ouvert ses pages au très conservateur Gerry Nicholls, un ancien président de la National Citizens Coalition. Ce dernier croit, comme Bernier, qu'il n'est pas nécessaire «d'enfreindre les libertés individuelles pour protéger la langue et la culture». À écouter les autres politiciens, dit Nicholls, il semble toutefois «qu'il ne soit pas approprié de défendre ses principes et la liberté face aux bizarres règles linguistiques québécoises». Il tente donc de deviner pourquoi Stephen Harper laisse aller son député. Il est vrai que ses propos n'ont rien de radical pour la base conservatrice et que ses positions «sonnent beaucoup comme celles de Stephen Harper, du moins le Stephen Harper d'il y a dix ans». La première théorie de Nicholls est que «Harper donne de la marge de manoeuvre à Bernier parce qu'il est secrètement d'accord avec lui». Ses autres thèses sont que Harper le laisse faire parce que cela permet d'amadouer une base insatisfaite d'une gestion gouvernementale trop «libérale» ou simplement parce qu'il ne peut arrêter son député. Un rare député, au dire de Nicholls, qui a le «courage de se tenir debout pour ses convictions. [...] S'il y a une chose, c'est que le Canada a besoin de davantage de politiciens comme Bernier.»

Nuances

John Ivison, du National Post, ne se prononce pas directement sur les mérites de la position de Bernier, préférant s'intéresser aux raisons de sa grande marge de manoeuvre sous un chef à la poigne de fer. Faisant en partie écho aux hypothèses de Nicholls, Ivison fait remarquer que le premier ministre serait mal venu de punir le député «pour défendre des vues qui ont déjà été les siennes et le sont peut-être encore». Mais il a appris durant les élections de 2008, dit le chroniqueur, «qu'il fallait laisser tranquilles les paniers de crabes, garder fermées les boîtes de vers et ne pas toucher aux vaches sacrées, et il n'y a, bien sûr, aucun bovin plus sacré que la loi 101». Bernier a fait d'autres sorties qui faisaient fi du pragmatisme du pouvoir mais plaisaient à la base. L'homme est populaire, «mais tant qu'il ne sera pas perçu comme une menace, il semble que le premier ministre tolérera que M. Bernier se positionne, à certains égards, à droite de son gouvernement», pense Ivison.

Originaire du Québec, Tasha Kheiriddin, du National Post, estime que Bernier a raison de dénoncer la loi 101. «C'est une loi draconienne, discriminatoire, qui contrôle la langue que les gens parlent au travail et à l'école.» Elle évoque le départ de 100 000 anglophones, ce qui a affecté l'économie et «fait reculer le Québec financièrement alors que les sièges sociaux fuyaient». La loi, déplore-t-elle, a découragé des unilingues anglophones de s'établir dans la province, mais a aidé à la création d'une classe d'affaires francophone, «les francophones occupant les postes laissés vacants par le talent anglophone disparu». Elle convient que les francophones peuvent maintenant vivre, travailler et réussir en français. Malheureusement, dit-elle, la loi a donné naissance à une bureaucratie envahissante, accaparant beaucoup de ressources publiques et renforçant l'idée de la nécessité d'un État fort. «Et le Québec est devenu la province la plus socialiste au pays», endettée et dépendante des transferts fédéraux. Kheiriddin trouve toutefois un important avantage à la loi: les Québécois peuvent vivre en français dans une société fiscalement distincte sans avoir à se séparer du Canada, note-t-elle. «Alors, merci au Parti québécois pour la loi 101 qui, sans le vouloir, a aidé à garder notre grand pays uni.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Gilles Gagnon - Abonné
    12 février 2011 08 h 01
    La loi 101 vue par le ROC.
    Quelle ignorance crasse de la part de ces commentateurs! J'ai beau aasez bien connaître le ROC, de telles réactions me dévoiffent toujours. On se dit toujours qu'à un moment donné, quelqu'un quelque part dans un journal anglophone, à part le Commissaire aux langues officielles, ne serait-ce qu'une personne, va finir par écrire quelque chose de sensé sur l'importance de notre langue comme société francophone au Québec. Nenni! Plus on avançe dans le temps, plus les commentaires des chroniqueurs et des lecteurs du ROC font preuve, non seulement d'ignorance crasse, mais d'étroitesse d'esprit et carrément de racisme. Et les pires a cracher leur fiel ne sont pas les moindres, mais des personnes qui ont habité au Québec jadis. Quel gachis que ce pays où le ROC nous aiment d'un amour passionné entre la tenue de référendums mais nous méprise le rest du temps. C'est à pleurer!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nelson - Inscrit
    12 février 2011 12 h 33
    Est-ce que tous ces anglophones du Canada sentiraient et exprimiraient les mêmes opinions si c'était leur langue maternelle en jeu.

    L'esprit et le contenu du Rapport Durhan semble encore bien présent...assimiler la minorité française en Amérique.

    Toute sorte des menaces et chantages économiques leur semblent permis dans la campagne de terreur , en incluant la perte d'emplois et déménagements des bussisnes.

    La réalité démographique, celle qu'a sauvé la langue et culture des quebecois dans le passé, (temps ou il avait beaucoup des "petits"), semble compliquer la situation, avec plus de 40.000 immigrants par année.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    12 février 2011 20 h 57
    Deux pays
    Ces attaques vicieuses contre le français au Québec nous montre une fois de plus que le Canada aux deux peuples fondateurs est mort, grâce à l’intransigeance et le racisme du Canada anglais envers les francophones depuis l’Acte d’Union, le million de Métis anglicisés de force, le règlement 17 en Ontario, et l’hypocrisie actuelle du bilinguisme de façade des institutions canadiennes..

    Le Québec ne se reconnaît pas dans ce Canada sclérosé dans sa Constitution-camisole-de-force, qui réunit deux peuples ( le ROC et le Québec) aux aspirations différentes sinon divergentes; et le Québec enserré et étouffé dans les griffes de ce Canada qui nous aime tant …

    Le Canada n’est pas UN vrai pays, il y a en réalité DEUX pays au nord du 45e parallèle. Deux langues, deux mentalités, deux pays.

    Vive le Québec francophone et souverain!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    12 février 2011 21 h 58
    Mme Tasha n'erre pas trop
    Mme Cornellier rapporte : «Tasha Kheiriddin, du National Post trouve toutefois un important avantage à la loi: les Québécois peuvent vivre en français dans une société fiscalement distincte sans avoir à se séparer du Canada, note-t-elle. «Alors, merci au Parti québécois pour la loi 101 qui, sans le vouloir, a aidé à garder notre grand pays uni.»

    Elle a raison sur ce point. C'est ce que j'avais dit à mon député péquiste, tout de suite après l'adoption de la loi 101 :

    Vous venez de vous tirer dans le pied parce que cette loi va rassurer les Québécois qui vont se sentir plus confortables que le Québec demeure dans le Canada à la place de s'en séparer. Chaque fois que le PQ fait des gains, il rend les Québécois plus confiants de leur situation, ce qui les incite moins à la séparation par le facteur de confort qui mène à l'indifférence, comme nous l'a confirmé un de nos cinéastes préférés.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc-Antoine Daneau - Abonné
    13 février 2011 10 h 13
    Hé ben!
    Voilà ce que pense le Canada du Québec, fort bien! Ça ne change rien à la validité de l'indépendance sur la dépendance, à la nécéssisté d'une république au détriment d'une monarchie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Chroniques
Dépêches
éditoriaux
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012