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Environnement - Le «cancre» des changements climatiques

Louis-Gilles Francoeur   22 janvier 2011  Canada
Sous les conservateurs, le Canada est devenu le «cancre» international en matière de lutte contre les changements climatiques. Au lieu d'abaisser les émissions canadiennes à 6 % sous la barre de 1990, le Canada les a laissés augmenter de près de 30 % au-dessus de ce niveau.

Lors de la dernière élection, Stephen Harper s'est lancé dans des attaques démagogiques contre son rival, Stéphane Dion, qui avait malhabilement proposé une taxe carbone en remplacement de taxes sur les revenus des particuliers et des entreprises. Pourtant, plusieurs expériences européennes démontrent l'efficacité de cette taxe. Aujourd'hui, elle est réclamée par le milieu des affaires canadien en complément à une politique de réduction des émissions de GES des grands émetteurs, qui se fait toujours attendre.

Sous Stephen Harper, le Canada a non seulement décidé de renier ses engagements légaux liés au protocole de Kyoto, mais il a réduit ses propres engagements de -20 % à -17 % d'ici 2020 par rapport aux émissions canadiennes de 2006. Il prétend s'aligner sur les États-Unis, mais omet de développer massivement ses énergies vertes, comme le fait l'administration Obama. Dans sa lutte contre la récession, le Canada n'a pratiquement rien retenu pour stimuler l'émergence des énergies vertes, comme l'énergie éolienne, offrant plutôt des milliards aux exploitants de sables bitumineux.

Il a aussi profité de la crise économique pour sabrer les mécanismes d'évaluation environnementale en vigueur, soustrayant plus de 2000 projets de relance d'un coup. Plusieurs organismes ont conclu dans la dernière année que son évaluation des projets d'exploitation des sables bitumineux ne correspond même pas aux règles d'évaluation des grands projets... dans les pays en développement.

Le gouvernement Harper a aussi montré la porte à Linda Keen, de la Commission canadienne de sécurité nucléaire, qui voulait appliquer les normes internationales à la restauration des vieux réacteurs d'ici. Il a aussi rejeté tout moratoire sur les projets d'exploration pétrolière à grande profondeur dans l'Arctique, même après le désastre du golfe du Mexique.

En matière de protection de la diversité biologique, on lui doit cependant d'avoir protégé de vastes espaces naturels. Mais il refuse toujours de signer le protocole de Carthagène sur la biosécurité, même après avoir forcé la communauté internationale à abaisser ses exigences sur les OGM.

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  • Jean de Cuir - Abonné
    22 janvier 2011 08 h 33
    Nous rêvons!
    Cela en clair signifie que les Canadiens sont pour le laisser-faire et qu'ils "méritent" ce genre d' autoritarisme. La façon dont la gouverne est organisée, le pouvoir réside essentiellement chez le premier ministre et son entourage. Cela se nomme une tyrannie. Qu'elle soit forte ou douce ne change en rien sa nature. Réforme du système canadien? Mais allons, nous rêvons, et encore plus qu'Ignatieff ainsi dépeint par les "surplaces-à-reculons".
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  • Hélène Tremblay - Abonnée
    22 janvier 2011 10 h 27
    Triste bilan
    Chose sûre, l'Histoire se souviendra des années Harper comme d'une période sombre marquée par de graves errements, et ce, dans bien des domaines.

    L'odeur d'élections prochaines me remplit d'amertume à la pensée qu'on va sans doute réélire ces saboteurs, à la faveur d'une persistante division des votes.

    Pour moi, il ne fait pas de doute que la reprise en main politique du Canada exigerait un Beau geste de la part du Bloc Québécois - soit sortie élégante, soit fusion avec un autre parti. Les enjeux actuels sur la scène fédérale sont trop graves pour qu'on se permette encore le luxe d'un parti mannequin voué à une gesticulation à perpète. Se rendra-t-on enfin compte de l'impact qu'ont tous ces votes perdus sur notre destinée environnementale?

    Le plus grand service que le Bloc pourrait rendre au Québec (et à la planète) serait de tirer sa révérence en désignant clairement l'ennemi à battre. Qu'on se le dise, les souverainistes n'ont plus rien à faire sur ce champ de bataille!
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  • Oznog - Inscrit
    22 janvier 2011 11 h 21
    Élucubration!
    Wow, on en apprend beaucoup aujourd'hui. Y a pas à dire, l'actualité environnementale pilule, oups pullule!
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  • Oznog - Inscrit
    22 janvier 2011 11 h 42
    Ouf!
    Ouf, Madame Tremblay.

    Voilà justement ce qu'un Québec libre peut faire, prendre ses responsabilité au lieu de se laisser bercer par le Canada de Harper! Ici, malgré tout, notre première richesse énergétique et l'hydroélectricité. Or donc, peut importe la vision de nos ploutocrate, elle iront toujours en ce sens. Ça d'ailleurs toujours été ma position, un moindre mal...
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  • Mariette Provencher - Abonnée
    22 janvier 2011 17 h 38
    Merci, monsieur Francoeur!
    Merci de si bien mettre en lumière la performance désastreuse de Stephen Harper en matière de protection de l'environnement.
    Y a-t-il quelqu'un qui ose écrire/parler comme vous à l'ouest de l'Ontario ? On ne peut pas réélire ce type et son équipe aux prochaines élections. Je tiens à ce que le BQ reste, c'est rêver que de croire qu'il pourrait se fusionner avec un parti fédéraliste, il perdrait tous ses supporteurs du Québec de toute manière. Mais Gilles Duceppe a un certain prestige dans le ROC. Pourquoi n'irait-il pas faire une campagne 'contre le parti conservateur à tous prix' ?
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