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Économie - De la frugalité aux abondantes dépenses

22 janvier 2011 | Hélène Buzzetti | Canada
Le gouvernement Harper a réduit la TPS à 5 %.<br />
Photo : Agence Reuters Andy Clark Le gouvernement Harper a réduit la TPS à 5 %.
En 2006, le Parti conservateur promettait aux Canadiens de réduire leurs impôts et les dépenses de l'État. Cinq ans plus tard, on constate que Stephen Harper a rempli la première partie de sa promesse, mais pas la seconde, avec pour conséquence que son administration a renoué avec les imposants déficits.

Comme promis, la taxe sur les produits et services (TPS) a été ramenée à 6 %. Mais sentant peut-être la crise économique arriver — et une réaction publique différente aux réductions de revenus en temps de récession —, le gouvernement l'a réduite à 5 % bien plus rapidement que prévu, retranchant au total 12 milliards des revenus de l'État. Les impôts des contribuables ont été réduits. Le taux d'imposition des entreprises, que les conservateurs promettaient de ramener à 19 % en 2010, a été encore plus réduit (18 %), puis ramené à 16,5 % cette année. Ces réductions réduisent de 6 milliards (ou environ 3 %) les revenus annuels d'Ottawa.

Pendant ce temps, les dépenses de l'État, elles, n'ont pas été contenues. Les conservateurs promettaient de limiter l'augmentation des dépenses de programmes au taux d'inflation plus l'augmentation de la population. Stephen Harper a plutôt dépensé sans compter: les dépenses d'Ottawa ont augmenté de 7,5 % en 2006, de 5,9 % en 2007 et de 4,2 % en 2008. Et ce, avant même que le plan de stimulation économique de 48 milliards ne soit lancé en 2009. Résultat: Ottawa était déjà en déficit avant que la crise économique ne frappe le Canada, et celui-ci, s'élevant à plus de 45 milliards cette année, atteindra encore 29,8 milliards l'an prochain quand le plan aura pris fin. Le plan des conservateurs de retour à l'équilibre budgétaire, consistant à geler les enveloppes des ministères, a été jugé irréaliste par le directeur parlementaire du budget, Kevin Page.

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