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Gouvernance - De responsabilité à opacité

Manon Cornellier   22 janvier 2011  Canada
Les attentes étaient élevées, le 23 janvier 2006. Stephen Harper venait d'être élu sur une promesse de transparence, d'intégrité et d'ouverture, avec dans sa besace des engagements pour renforcer la démocratie et la reddition de comptes. Les choses allaient changer.

La méthode Harper s'est révélée différente, mais autrement que ce qui était prévu. Son premier projet de loi portait, comme promis, sur la responsabilité et la transparence et aucun scandale financier majeur n'est venu entacher le gouvernement. Mais ce dernier est devenu plus opaque et le pouvoir, encore plus concentré entre les mains du premier ministre et de son bureau. Le système d'accès à l'information en a souffert et s'est enrayé. Les médias ont vu leur accès aux fonctionnaires, aux ministres et au premier ministre réduit au minimum. La bureaucratie se sent depuis sous surveillance. Les chiens de garde parlementaires et les dirigeants d'organisations qui ont osé tenir tête au gouvernement en ont subi les foudres. On les a rabroués, eus à l'usure, écartés, ou on a simplement refusé de renouveler leur mandat. Des gens comme Marc Mayrand (Élections Canada), Munir Sheikh (Statistique Canada), Linda Keen (Commission de la sûreté nucléaire), Patrick Stogran (ombudsman des anciens combattants)...

Au Parlement, les conservateurs intimident l'opposition, contestent les pouvoirs des élus et des comités. Pis, croit le professeur Christian Rouillard, spécialiste en gouvernance et gestion publique à l'Université d'Ottawa, le premier ministre a ébranlé notre démocratie avec son recours répété à la prorogation et tout particulièrement à l'automne 2008, quand il a ainsi voulu éviter la perte d'un vote de confiance et du pouvoir. «Depuis, on n'a quasiment plus de gouvernement responsable. Répondre de ses gestes devant les élus est pourtant un fondement de notre État démocratique», dit-il.

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