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Le Parlement de la stagnation

Hélène Buzzetti   18 décembre 2010  Canada
Le premier ministre Stephen Harper avait promis, en fermant le Parlement à la veille de Noël, de «recalibrer» son ordre du jour parlementaire. Tous les observateurs et partis d'opposition s'accordent pour dire que ce rajustement n'a pas eu lieu.
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre Stephen Harper avait promis, en fermant le Parlement à la veille de Noël, de «recalibrer» son ordre du jour parlementaire. Tous les observateurs et partis d'opposition s'accordent pour dire que ce rajustement n'a pas eu lieu.

À retenir

    «Je soupçonne que le gouvernement conservateur s'en fout si ses projets de loi sont adoptés ou pas. Ce ne sont que des prises de position pour leur base.»
Ottawa — Jamais deux sans trois, dit l'adage. Stephen Harper a prorogé le Parlement en 2008 par instinct de survie: la coalition menaçait de le remplacer. Il l'a prorogé encore en 2009, par instinct politique cette fois: le dossier des détenus afghans occupait trop d'espace. Qu'en sera-t-il de 2010? La rumeur circule que les conservateurs songent à fermer une fois de plus la porte. Mais fermé ou non, le Parlement fait désormais du surplace législatif, notent plusieurs observateurs. Et le «recalibrage» promis par le premier ministre l'année dernière n'a jamais eu lieu.

L'heure était aux bilans cette semaine, alors que la Chambre des communes a interrompu ses travaux pour le congé des Fêtes. Un bilan un peu particulier, l'année ayant commencé en neuf avec un budget et une pléthore de projets de loi fraîchement mis à l'ordre du jour législatif. Le premier ministre Stephen Harper avait promis, en fermant le Parlement à la veille de Noël, de «recalibrer» son ordre du jour parlementaire. Tous les observateurs et partis d'opposition s'accordent pour dire que ce rajustement n'a pas eu lieu.

Comme Le Devoir en faisait état cette semaine, la moitié des projets de loi non statutaires présentés par le gouvernement cette année (33 sur 61) étaient des redites. Sur le lot, 14 sont moins avancés dans leur cheminement parlementaire qu'avant la prorogation. Autre preuve que la prorogation n'a pas modifié la direction générale de l'ordre du jour: seuls cinq projets de loi de l'ancien Parlement n'ont pas été présentés à nouveau cette année, des projets de loi ayant pour objet Postes Canada, l'éthique au Sénat, la corruption d'agents étrangers, les libérations conditionnelles et l'immigration. Dans ces deux derniers cas, le gouvernement est quand même revenu à la charge avec diverses nouvelles initiatives traitant des mêmes sujets. Quant aux autres nouveaux projets de loi déposés par le gouvernement, ils traitent surtout de la loi et de l'ordre.

Au final, seulement 14 projets de loi non statutaires ont reçu la sanction royale cette année (dont plusieurs à la onzième heure mercredi), dont un instaurant une Journée nationale des aînés et un autre harmonisant les conventions fiscales entre le Canada et la Colombie, la Grèce et la Turquie.

«Ce "recalibrage" relevait de la propagande à la noix», lance Peter Russell, professeur de sciences politiques à la retraite et expert en procédure parlementaire. «Le gouvernement n'a pas eu un nouveau programme législatif. Le crime est encore le thème dominant des projets de loi déposés même si le crime n'est pas vraiment un problème au Canada.» Il donne l'exemple du projet de loi sur les courses automobiles. «Les conservateurs ont dit qu'ils voulaient s'attaquer aux jeunes qui roulent à 100 milles à l'heure dans un quartier résidentiel. Mais cela n'a jamais été permis! Avant, on vous accusait de conduite dangereuse si vous conduisiez à 100 milles à l'heure dans un quartier résidentiel. Maintenant, on va vous accuser de course automobile. La belle affaire!»

Après avoir analysé le programme législatif du gouvernement, Peter Russell tire une conclusion dont le cynisme le décourage lui-même. «La plupart de ces projets de loi sont conçus pour améliorer la position du parti politique et n'ont rien à voir avec les véritables problèmes [auxquels fait face le Canada]. C'est abominable de faire ça.»

Son constat est partagé par Ned Frank, lui aussi spécialiste de la procédure parlementaire canadienne et britannique. «Je soupçonne que le gouvernement conservateur s'en fout si ses projets de loi sont adoptés ou pas. Ce ne sont que des prises de position pour leur base.» Vraiment? Étant donné le nombre de fois que le ministre de la Justice et les députés conservateurs se lèvent en Chambre pour déplorer la mollesse de l'opposition envers les criminels, peuvent-ils vraiment ne pas avoir à coeur leurs projets de loi resserrant la vis aux criminels?

«Je ne dis pas qu'ils s'en foutent complètement, mais ils ne sont pas terriblement préoccupés. On ne les voit pas débattre de ces projets de loi. Ils les laissent là [sans les faire cheminer au Parlement]. Certains en sont à leur troisième, même quatrième incarnation au Parlement. Alors, on peut se demander combien de fois encore ils vont s'écraser le nez contre le mur de brique! La réponse c'est: tant et aussi longtemps que cela leur permettra de consolider leur base.» Il précise utiliser le mot «base» en anglais parce que ce mot désigne les militants convaincus du parti, mais fait aussi référence aux «bas instincts» des gens.

Ce qui inquiète M. Franks, c'est que le véritable travail législatif, censé être la raison d'être du Parlement, ne s'effectue plus. Ainsi, en début d'année, le gouvernement a déposé un gigantesque projet de loi de mise en oeuvre du budget qui contenait une multitude d'initiatives sans lien avec le budget: la privatisation d'Énergie atomique du Canada, la fin du monopole de Postes Canada sur le courrier international, la rétroactivité de changements à la taxe d'accise, des modifications au processus d'évaluation environnementale, etc. Au nom du sacro-saint concept de confiance rattaché aux mesures budgétaires, les partis d'opposition se sont sentis obligés de voter en sa faveur sans débattre individuellement de ces mesures non budgétaires.

«Ce projet de loi faisait plus de 800 pages, soit un volume équivalent à la moitié de toutes les législations présentées en moyenne dans une année. Et il n'a pas reçu une attention adéquate», note M. Franks. En définitive, déplore-t-il, le vrai coeur de l'action gouvernementale est adopté d'un coup, par le truchement d'un projet de loi budgétaire fourre-tout, et les autres projets de loi sont utilisés comme des outils de communication politique. «Ce Parlement se comporte comme si son unique objectif était de préparer la voie à la prochaine élection. C'est dangereux pour la démocratie.»

Une opposition dans le noir

Les partis d'opposition, et en particulier le Parti libéral, se défendent bien d'être à l'origine de la non-progression des projets de loi conservateurs. En conférence de presse cette semaine, les libéraux donnaient comme exemple le projet de loi C-43 modernisant les relations de travail à la Gendarmerie royale du Canada. Le projet de loi a été déposé en juin à la Chambre des communes, mais le gouvernement l'a mis à l'ordre du jour des débats pour la première fois... lundi. «On a eu une heure et demie de débat lundi et ensuite, le gouvernement l'a retiré de l'ordre du jour et on n'en a plus entendu parler», a expliqué le chef adjoint libéral, Ralph Goodale. Ses collègues Judy Foote et David McGuinty renchérissent. «L'ordre du jour change chaque jour, c'est très difficile de se préparer, explique Mme Foote. Et il n'y a aucune cohérence dans la manière dont ils décident de présenter les projets de loi pour le débat. Ça ne nous permet donc pas d'en débattre de manière responsable.» M. McGuinty affirme même que les leaders en Chambre ne reçoivent pas à l'avance les horaires des débats.

Selon Ned Frank, le Parlement canadien n'a jamais été à ce point ralenti. Statistiques à l'appui, il démontre qu'en moyenne, 90 % des projets de loi en Grande-Bretagne sont adoptés, alors que ce taux n'est à l'heure actuelle que de 40 % au Canada. La prorogation n'y est-elle pas pour quelque chose, ayant fait reprendre aux projets de loi leur cheminement parlementaire? Et du coup, est-il vraiment réaliste, comme le laissait entendre M. Harper l'année dernière, de proroger le Parlement chaque année et de remettre ainsi les compteurs à zéro?

Ce n'est pas impossible, répond le spécialiste. Il rappelle qu'au pays de la reine mère, le Parlement est prorogé chaque année, généralement à l'automne. Le gouvernement se concentre sur un plus petit nombre de projets de loi, prend en ligne de compte les positions des autres partis et réussit donc mieux à les mener à terme. Mais il n'épargne pas l'opposition pour autant. Il lui reproche de s'opposer à tout, y compris les bons coups des conservateurs, générant une frustration au gouvernement peu susceptible de le rendre moins intransigeant.

Peter Russell, qui a écrit un livre en 2008 encensant les gouvernements minoritaires, conclut que les partis politiques au Canada n'ont pas encore appris à fonctionner dans un contexte de minorité, d'où la stagnation. Pendant ce temps, note-t-il, les sujets de l'heure, comme les changements climatiques, ne reçoivent aucune attention. «Nos chefs, MM. Harper et Ignatieff, n'apprennent pas vite, mais ils y arriveront. Si on regarde les sondages, aucun n'est proche d'obtenir une majorité. Alors, ils devront se demander s'ils vont continuer longtemps à se comporter comme chiens et chats.»
 
 
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    18 décembre 2010 04 h 05
    Les Conservateurs conservent, avec Harper à la tête de la chaîne de montage.
    Vraiment très intéressant cet argument, et que je m'empresse de cité: ««Je soupçonne que le gouvernement conservateur s'en fout si ses projets de loi sont adoptés ou pas. Ce ne sont que des prises de position pour leur base.»»
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  • André Loiseau - Abonné
    18 décembre 2010 06 h 29
    Le ROC est compréhensif
    Et les conservateurs continueront à gagner des élections à l'intérieur du ROC...Au Québec, le solitaire Blaney poursuivra le spectacle divertissant du mensonge télévisé avec autant de talent, devant des québécois médusés par sa mauvaise foi. Comment fait-il pour tellement sourire?
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    18 décembre 2010 07 h 41
    Donc, c'est la «base conservatrice» le problème...
    Arrêtons de perdre notre temps avec les chefs et concentrons-nous sur la «base». Il faut trouver des moyens de les faire évoluer, ou au moins de les empêcher de nuire.

    Serge grenier
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  • Trobadorem - Inscrit
    18 décembre 2010 08 h 35
    Les NDP et surtout les libéraux pensent davantage à leurs intérêt qu'à ceux du Canada
    Depuis belle lurette, ils auraient pu s'associer pour défaire le gouvernement. Il ne l'ont pas fait non par résistance idéologique mais en raison d'un refus à partager le pouvoir. Des opportunistes.....et manqués par surcroit....

    Quant aux conservateurs, Harpeur sait que la crise économique avec un grand "C", arrive bientôt, il sait aussi qu'il pourra proroger le parlement aussi longtemps qu'il le voudra, la démocratie sera tombé avec le dollars US.
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  • michel lebel - Inscrit
    18 décembre 2010 09 h 44
    Une honte!
    Très bon titre et résumé! Il n'y a qu'un remède à cette stagnation: mettre les conservateurs à la porte. Ce gouvernement est une honte, nationale et internationale. Qu'Ignatieff, Layton et Duceppe mettent enfin leurs culottes au lieu de parler pour rien!
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    18 décembre 2010 10 h 01
    Le pire gouvernement à date
    Je pense que ce gouvernement est le pire qu’on n’ait jamais eu au Canada, du moins de ceux que j’ai pu observer depuis 3 décennies.

    Leur fort penchant idéologique de droite est très nocif pour notre pays. Notre réputation internationale est en train d’être saccagée.

    Les lois répressives sont sur le point de devenir un poids énorme sur l’économie sans qu’ils livrent la marchandise.

    Les Conservateurs ne veulent pas s’arrêter à réfléchir sur les enjeux de société. Tout ce qu’ils veulent, c’est un gouvernement bulldozer qui va enfoncer leur idéologie dans la gorge du peuple.
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    18 décembre 2010 10 h 26
    La démocratie est toujours fragile
    On a pris l'habitude de croire que notre démocratie est éternelle. Or, le gouvernement conservateur nous montre depuis plusieurs années qu'elle peut être grugée, diminuée, amoindrie (encore plus que ne l'avait fait le précédent parti au pouvoir qui pourtant savait y faire en matière de manquements à la démocratie...). La classe dirigeante - qui inclut les pouvoirs économiques, les véritables pouvoirs en fait - n'est pas moins corrompue que ne l'était celle des monarchies d'autrefois. Une autre idéologie règne tout simplement : naguère, on justifiait le pouvoir par Dieu, aujourd'hui on le justifie par la supposée volonté du peuple (que l'on manipule) et les lois du marché (lois auxquelles on ne peut que se plier disent les riches et leurs mercenaires médiatiques). L'histoire se répète avec des variantes. Parfois, heureusement, cette histoire nous donne à voir des changements positifs, des évolutions (qui parfois sont des révolutions), dont les acquis toutefois sont eux aussi bien fragiles. Bref, la société, la culture, le pouvoir politique, l'économie, tout cela nous appartient, tout cela relève de notre responsabilité car l'homme crée le monde dans lequel il veut vivre pour le meilleur et (trop souvent) pour le pire.
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  • Michel_Vallee - Abonné
    18 décembre 2010 10 h 54
    Gouvernement canadien majoritaire
    C'est pas demain la veille ou le gouvernement canadien pourra être majoritaire. Tant que le Bloc Québécois sera dans le décor, autrement dit aussi longtemps que le Québec ne sera pas indépendant, ce sera très difficile d'avoir un gouvernement majoritaire.

    Si les canadiens anglais prennent autant de temps à comprendre comment fonctionner en gouvernement minoritaire qu'ils en mettent à comprendre que le Québec a le droit d'aspirer à son indépendance, cela risque d'aller très mal pour le Canada au cours des prochaines années.
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    18 décembre 2010 10 h 56
    Gouvernement minoriatire
    Les conservateur sont minoritaires à la chambre, il est tout à fait normal qu'ils ne puissent pas légiférer puisque les autres partis, et en particulier les libéraux, peuvent bloquer toutes les réformes.

    Sans 51% des sièges on peut pas faire grand chose, et c'est Obama qui va le savoir bientôt d'ailleurs puisque les républicains pourront bloquer toutes ses réformes.

    On ne peut pas faire de lois qui plaisent à tout le monde en démocratie, sinon il n'y aurait qu'un seul camp, d'où un blocage législatif et un Parlement de la stagnation.

    Il est curieux que personne ne fasse état de la raison réelle de cette situation, qui utilise un faux argument, avec un Ignatief qui, rappelons le, peine à amasser 30% de voies mais a le pouvoir de tout bloquer.

    Quoi qu'on pense des idées des Conservateurs il faut souligner que c'est problème finalement plus statistique qu'autre chose.
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  • lephilosophe - Inscrit
    18 décembre 2010 11 h 10
    Agitation et propagande
    Je suis tout-à-fait d'accord avec les propos du commentateur selon lesquels les projets de loi du gouvernement ne servent en fait que d'instruments de propagande à l'intention de leur base. Et j'aime bien aussi le mot d'esprit en anglais à propos de «base». Cela me rappelle un Georges W. Bush dans un cocktail de millionnaires et milliardaires ayant le mot d'esprit suivant: «They called you elite, i call you my base».
    Le Parti conservateur ressemble à s'y méprendre, par bien des aspects, aux Partis communistes du XXe siècle. Une petite équipe de (contre-révolutionnaires) professionnels déterminés à prendre TOUT le pouvoir, le Parti n'étant qu'une vaste machine stratégique et idéologique servant à mobiliser les troupes ou bon nombre se perçoivent comme des soldats d'une grande cause. Ainsi, à cette fin tout le reste doit être instrumentalisé. Leurs stratégies électorales sont calquées sur les techniques de guérilla des Partis communistes asiatiques: encercler les villes à partir des campagnes. Pour se faire, il faut constamment entretenir un climat de «contre-révolution culturelle» contre les classes moyennes urbaines et «libérales» au sens large du terme. Pour se faire, ils mobilisent les préjugés les plus éculés contre un groupe à la fois: les chercheurs, les artistes, les homosexuels, les immigrants, les journalistes, les juges, les avocats, les criminels, les jeunes, les drogués, etc. Les maoïstes ne fonctionnaient pas autrement à leur apogée! D’ailleurs de nombreux intellectuels néo-conservateurs américains furent dans leur jeunesse qui maoïste qui trotskyste (comme Monsieur Wolfowitz). Ce sont eux qui ont le plus fort ascendant sur NOS néo-conservateurs…
    Ce faisant, ils menacent l'État de droit... même en étant minoritaires...

    Bernard Gadoua
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    18 décembre 2010 14 h 03
    Comment, Sanzalure, vous prônez de faire évoluer la «base» conservatrice?
    "Crocs-blancs", de Jack London: «Manger ou être manger». C'est un peu de cette façon que pensent les éléments de la «base» conservatrice. Alors bon courage!
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  • François Dugal - Abonné
    18 décembre 2010 14 h 26
    Rapport qualité-prix
    Démocratie canadienne: en a-t-on vraiment pour son argent?
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  • frekent - Abonné
    18 décembre 2010 15 h 47
    L'heure de la révolution approche
    Il s'agit bien là d'une nouvelle ère de la démocratie libérale porposé il y a déjà quelques décennies. Il nous sera important de réagir afin de remettre les "pendules à l'heure" et rétablir une démocratie digne du contrat d'engagement social proposé par un certain Jean-Jacques Rousseau autodidacte convaincu. Selon plusieurs observateurs le problème réside dans le désintérêt de la population aux différents débats politques, les horaires surchargés des parents, et les milles et une distrations, le désengagement social etc. Mais quand est-il de la consommation? Sommes-nous condamnés à perdre nos libertés et droits au nom de la consommation ?
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    18 décembre 2010 16 h 10
    Feue la démocratie...
    La démocratie est la grande victime car l'administration Harper d'extrême droite ne compte que sur 37% des votes de ceux qui se sont déplacés pour voter aux dernières élections alors que le centre et le centre-gauche (les 3 autres partis représentés aux Communes), avec plus de 60% des votes se tournent les pouces ou encore pire, flirtent avec la droite (Ignatieff qui donne son soutien à l'accord de libre-échange avec la Colombie, un pays notoire d'extrême droite où il y a abus massifs des droits humains). Le résultat: ce parlement ne représente pas les Canadiens et est une sorte d'hallucination collective.

    Les premiers coupables: Harper et Ignatieff. Les deux autres chefs sont malheureusement des suiveux qui ne semblent pas pouvoir rien faire pour nous sortir de de « Twilight Zone »...
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    18 décembre 2010 18 h 59
    Consommation et travail.
    Ce sont 2 ogres qui avalent presque tout le monde, au point de ne plus leur donner le temps de vraiment vivre. Y a-t-il déjà eu un temps où la qualité de vivre avait un certain sens? Nous perdons de plus en plus notre qualité de vie, au nom du dieu "croissance". En fait, ce dieu "croissance", il ne favorise que les déjà bien nantis. Au fond, la "base" conservatrice, ce sont ceux dont le puzzle de vie est défait et les Harper leur font avaler un soporifique, illusion tranquille de conservateur pour dire qu'un congélateur attend ceux qui les dérangent. Que de faux semblants, pour amener ses troupes à les suivre à leur terre promise.

    La réalité est tout autre. Nous vivons une époque où nous ne devrions pas nous diviser, en tant qu'êtres humains, mais plutôt être solidaires. L'idéologie conservatrice est pleine de contradiction. Pour eux, les clés de l'économie sont pour qui veut les prendre, cela indépendamment de notre économie locale. D'autre part, l'idéologie conservatrice veut protéger les mieux nantis, tout en laissant croire que tout le monde profitera de cette protection. En réalité, le nombre des mieux nantis va diminuer et c'est la pauvreté qui engendrera ce besoin de protéger la petite clientèle de très favoriser dont le nombre sera de plus en plus restreint.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    18 décembre 2010 19 h 00
    Consommation et travail (Suite)
    N'avons-nous pas autre chose à faire que de croire en ces balivernes de conservateur à l'esprit si étroit au point d'en faire une, sinon leur prison? Notre démocratie a vraiment besoin d'air. Et, ce sont tous les Harper de la terre qui sont en train de l'étouffer à notre détriment. Il y a aussi la mondialisation qui, tout comme une araignée, est en train de tisser sa toile pour nous y emprisonner tous, en tant que travailleur. À ce chapitre, l'entreprise privée, chapeauté par la mondialisation, fait de plus en plus ses propres lois, tout en mettant un couvert sur la démocratie et la société civile.
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  • Segre Granger - Inscrit
    18 décembre 2010 22 h 35
    Rien n'arrête l'immobilisme
    Même pas les «libéraux» dont le nom a un sens pour les aveugles et les nostalgiques.
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  • Jean Peupu - Inscrit
    19 décembre 2010 08 h 18
    chacun mon tour l assiette au beurre
    Après avoir braillé et déchirer leurs chemises les con servateur ont pris le pouvoir promettant de tout changer ,mais comme a leurs habitudes les politiciens quand ils prennent le pouvoir deviennent comme DR jeckill et mister hyde et dans les faits ils font la même chose que nos bons libéraux ON SE FOUT DE NOUS on nous ment en pleine face a nous disant toujous que cela est fait pour notre bien .Le peuple est pris dans un carcan sans issue la démocratie comme on la conçoit et notre forme de parlement sont désuets si on veut avancer il va falloir changer le fond sinon on va tourner en rond et a chaque fois on change 4 trente sous pour une piastre et les magouilleurs restent au pouvoir
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  • France Marcotte - Abonnée
    19 décembre 2010 11 h 41
    Découvrons le Canada
    Pourquoi crier? Stephen Harper représente une partie bien réelle quoique méconnue de la population de ce pays. Elle avait jusqu'ici été plutôt silencieuse mais elle existait bel et bien. Avec le parti de S.Harper, elle trouve à s'exprimer. Le portrait qui était une illusion que l'on pouvait avoir du Canada s'en trouve altéré. "Ce qu'il souhaite, c'est être celui qui aura changé les valeurs du pays pour les rendre conformes au conservatisme social économique qu'il prône", dit M.Descôteaux dans son éditorial en parlant de S.Harper.
    Cela peut avoir comme effet positif au Québec de se décider enfin à consommer ce qui rend nos deux nations inconciliables par une séparation exécutée dans les règles de la démocratie.
    Merci M.Harper de rendre si claires nos différences respectives.
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  • Gabriel Martin - Inscrit
    19 décembre 2010 12 h 27
    Belle tasse Tim Hortons
    Si j'étais actionnaire de Tim Hortons, j'aimerais certainement Stephen Harper. Malheureusement, je ne le suis pas... Mais quelle photo éloquente! :)
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  • André Loiseau - Abonné
    19 décembre 2010 13 h 52
    L'immobilisme actif
    @Bien dit, M. Granger.
    Certains politiciens se sont même déjà statufiés. Seules, leurs lèvres bougent afin de propager insanités et mensonges sur fond de langue de bois.
    Pourquoi sommes nous les seuls canadiens à percevoir l'immobilisme chronique contenu dans le nom même de ce parti.
    Au Québec, nous pouvons peu devant la masse de voteurs conservateurs hébergée par le ROC, anglophone par nature.
    Toronto explique beaucoup de choses avec l'élection d'un nouveau maire qui porte très "à droite". Jusqu'à l'absurde. Jusqu'à l'inhumain, bientôt.
    C'est un sérieux avertissement donné aux forces progressistes.
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    19 décembre 2010 17 h 50
    Une coalition ditres-vous? Pas si sûr!
    Ce n’est pas aussi évident de mettre la faute sur Ignatieff. Une coalition serait bien sûr la meilleure solution à court terme pour défaire les Conservateurs. Par contre, il y a un fort blocage au Canada anglais face au Bloc Québécois que plusieurs voient comme l’Antéchrist.

    Une coalition avec le Bloc provoquerait de lourdes pertes de confiance pour le Parti Libéral et lui serait nuisible sur le long terme. Je crains même que cela signerait l’avènement d’un gouvernement Conservateur majoritaire. Les cheveux m’en dressent sur la tête juste d’y penser.
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  • d.lauzon - Inscrit
    19 décembre 2010 23 h 26
    L'allure de S. Harper en dit long sur sa personnalité
    Peut-être que Stephen Harper aurait dû se lancer en musique car ses talents de musicien sont plus évidents que ceux du politicien. Autant il donnait au départ l'impression de vouloir faire de grands changements, autant on a pu constater que c'est un personnage nonchalant et sans envergure.

    Sachant que ces politiciens sont grassement payés et font si peu progresser le pays et on pourrait même dire que dans certains cas le font systématiquement reculer, on ne peut que se désoler. On mérite sûrement mieux que ça.

    Il est urgent que les partis d'opposition se mettent ensemble pour renverser, au plus sacrant, ce gouvernement qui est a des années lumière des valeurs démocratiques les plus élémentaires.
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  • d.lauzon - Inscrit
    20 décembre 2010 10 h 40
    Plus conservateurs que progressistes
    Est-ce officiel ce retrait du mot progressistes? Car notre PM Harper et sa "clic" d'extrême droite n'ont rien de progressiste. Ils sont en réalité très proches dans leurs valeurs avec la droite américaine chrétienne pro-gun, pro-guerre et anti-écologie. Les gens de la région de Québec qui ont élu des députés conservateurs devraient lire cet article au lieu d'écouter des animateurs-radio bidons qui prétendent bien informer la population.
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  • d.lauzon - Inscrit
    20 décembre 2010 14 h 21
    Une coalition au plus vite
    Je ne vois pas de solution autre qu'une coalition des trois partis d'opposition car il y a des points positifs dans chacun de ces partis. De plus, on sait que le Bloc Québécois et le NPD ne prendront jamais le pouvoir, ce serait donc une façon démocratique de mettre en application le meilleur plan politique découlant de ces trois partis. On dit que le Parti Conservateur pourrait être réélu aux prochaines élections, alors M. Ignasief devrait saisir l'occasion de gouverner une coalition au lieu de se retrouver tout au long de sa vie politique dans l'opposition.
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