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    Recensement: Ottawa coupe de moitié le budget de promotion du formulaire long

    15 décembre 2010 |Alec Castonguay | Canada
    Le ministre de l’Industrie, Tony Clement, avait promis cet été une somme de 30 millions de dollars pour convaincre les gens de remplir le formulaire long du recensement, qui ne sera plus obligatoire dès 2011. Or la somme ne dépassera finalement pas 15 millions.<br />
    Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le ministre de l’Industrie, Tony Clement, avait promis cet été une somme de 30 millions de dollars pour convaincre les gens de remplir le formulaire long du recensement, qui ne sera plus obligatoire dès 2011. Or la somme ne dépassera finalement pas 15 millions.
    Le gouvernement Harper va dépenser beaucoup moins d'argent que prévu pour inciter les gens à répondre au questionnaire long du recensement, qui ne sera plus obligatoire dès 2011. Le ministre de l'Industrie, Tony Clement, avait promis cet été une somme de 30 millions de dollars pour convaincre les gens de remplir leur devoir de citoyen. Or la somme ne dépassera finalement pas 15 millions.

    Le ministre Tony Clement avait formulé cette promesse pour tenter de calmer la grogne qui prenait de l'ampleur au pays, alors que plusieurs provinces (dont le Québec et l'Ontario), les grandes villes, les universités, les syndicats, les chercheurs et même les groupes religieux affirmaient qu'abolir le caractère obligatoire du recensement long allait rendre les données inutilisables.

    En entrevue avec Le Devoir cet été, l'ancien statisticien en chef à Statistique Canada de 1985 à 2008, Ivan Fellegi, affirmait que le taux de réponse au questionnaire long est de 70 % les bonnes années et que le taux grimpe à 97 % uniquement lorsque l'organisme relance les citoyens en leur disant que c'est obligatoire.

    La publicité gouvernementale devait compenser l'abolition du caractère obligatoire. Hier, Statistique Canada a confirmé que les sommes dédiées à la promotion atteindraient 15 millions de dollars pour le prochain recensement, en 2011. Les 15 autres millions de dollars sont allés dans l'impression d'un plus grand nombre d'exemplaires (cinq millions) et dans l'ajout de deux questions sur la langue dans le questionnaire court du recensement (10 millions), qui reste obligatoire. Il n'a pas été possible de savoir hier pourquoi l'ajout de deux questions a coûté 10 millions de dollars.

    Le coût total du recensement (fait tous les cinq ans) atteindra 660 millions de dollars en 2011. En 2006, la facture avait atteint 573 millions. La hausse est attribuable aux frais postaux plus élevés, à l'achat de logiciels, au coût du papier et au nombre plus élevé d'exemplaires imprimés. En plus de la promotion.

    Une mauvaise interprétation?


    Au bureau du ministre de l'Industrie, Tony Clement, on affirme qu'il y a eu une mauvaise compréhension et que la somme dédiée à la promotion a toujours été de 15 millions. «Le gouvernement est déterminé à faire du recensement un succès qui permettra d'obtenir des statistiques fiables et utiles. L'allocation des 15 millions sera décidée lors de la période de collecte des données, en fonction des résultats que nous obtenons sur le terrain», affirme Lynn Meahan, attachée de presse du ministre.

    Selon Robert Bouchard, député du Bloc québécois, même les 15 millions restants sont du gaspillage. «Garder le recensement obligatoire n'aurait rien coûté! L'abolition du recensement est idéologique. Les conservateurs ne veulent pas d'information valable scientifiquement pour contredire leurs politiques», dit-il.

    Les conservateurs ont décidé d'abolir le caractère obligatoire du questionnaire long parce qu'ils le jugent trop intrusif dans la vie privée des gens (même si trois plaintes seulement ont été déposées pour cette raison en 2001 et 2006).

    Les spécialistes estiment toutefois qu'en abolissant le caractère obligatoire, des groupes de citoyens seront moins susceptibles de répondre, notamment les autochtones, les immigrants récents ou encore les personnes moins éduquées ou défavorisées. L'échantillon du recensement serait donc biaisé.
     
     
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