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Le Canada doit se réengager à l'international, dit Ignatieff

Le pays devrait commencer par «remettre son casque bleu»

Alec Castonguay   3 novembre 2010  Canada
Michael Ignatieff était devant le Conseil des relations internationales de Montréal, hier.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Michael Ignatieff était devant le Conseil des relations internationales de Montréal, hier.
Le Canada doit jouer un plus grand rôle sur la scène internationale et, pour y arriver, il doit s'engager plus activement dans les affaires de l'ONU, a affirmé hier Michael Ignatieff. Le chef libéral propose des idées, notamment de revenir aux opérations de maintien de la paix et de s'occuper des enfants soldats.

Le Canada a «gaspillé une rare occasion d'être au poste de commande» lorsqu'il a échoué dans sa tentative d'obtenir un siège au prestigieux Conseil de sécurité de l'ONU, le 12 octobre dernier. Et s'il ne veut pas revivre ce triste événement dans 10 ans, il doit commencer à y voir dès maintenant, a soutenu hier le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, devant le parterre du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Michael Ignatieff a d'abord affirmé qu'il était «ridicule» de le blâmer pour cette défaite, comme l'a fait le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon. «On a beaucoup exagéré mon influence à l'échelle mondiale!», a-t-il dit, sourire aux lèvres, avant de reprendre son sérieux. «C'est une condamnation claire de notre politique étrangère.»

Le Canada «doit se réengager» dans les affaires de l'ONU, affirme le chef libéral, qui reconnaît que l'organisme international n'est pas «parfait». «Mais c'est là que se prennent des décisions capitales.»

Michael Ignatieff affirme que le Canada devrait commencer par «remettre son casque bleu». Ottawa arrive au 50e rang des pays contributeurs, avec 200 soldats sous le drapeau de l'ONU. «En temps normal, le Canada affectait au moins 3000 militaires par année à des missions de l'ONU», a-t-il dit.

Par contre, pas question d'intervenir n'importe où et n'importe comment, a-t-il prévenu. «Il faut que la mission soit bien définie et que notre capacité militaire soit adéquate.» Il ne faut pas «revivre le Rwanda», a-t-il lancé.

M. Ignatieff n'a pas écarté l'idée qu'un gouvernement libéral envoie des soldats en République démocratique du Congo (RDC), où des milices attaquent des civils. Il y a un an, l'ONU a demandé l'aide du Canada pour cette mission de paix, mais Ottawa a dit non. «Je serais d'accord, à certaines conditions. Il ne faut pas s'engager dans un conflit sans fin», a dit Michael Ignatieff.

Une campagne contre les enfants soldats?

Le chef libéral a également avancé l'idée que le Canada lance une campagne mondiale pour prévenir l'usage des enfants soldats, «un cancer qui se répand», a-t-il dit. «Ce serait un beau projet, nous pourrions devenir le pays qui prend en charge cette campagne internationale.» M. Ignatieff a évidemment fait le lien avec Omar Khadr, qui est devenu en fin de semaine le premier enfant soldat jugé et condamné par un tribunal occidental depuis 50 ans.

Parmi les autres actions que le Canada doit prendre sur la scène internationale, le chef libéral a mentionné la lutte contre les changements climatiques et des investissements plus importants en Afrique et en Asie.

Au Proche-Orient, le Canada doit revenir à une position plus «équilibrée», a-t-il dit. «Le gouvernement a utilisé la politique étrangère pour faire élire des députés conservateurs.» Ottawa doit insister sur le fait que deux États — Israël et la Palestine — doivent cohabiter dans cette région, dit le chef libéral. «Une politique équilibrée, ça ne veut pas dire être neutre. On ne peut pas rester neutre quand il s'agit de terrorisme et d'un État démocratique. Mais il faut insister sur le fait qu'il y a un territoire à partager et qu'il faut être juste. Notre siège au Conseil de sécurité aurait pu servir à ça: protéger nos amis d'Israël et défendre les droits des Palestiniens.»
 
 
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  • oracle - Abonné
    3 novembre 2010 08 h 05
    Engagement incomplet, Mr Ignatieff.
    Le Canada a fui les missions de la paix à cause d'un événement sérieux, il est vrai, comme il s'est quasiment désengagé d'Haiti, suite à l'échec retentissant, dans les années 80,de son projet DRIP, scellé par une perte sèche d'une soixantaine de millions, même quand les intentions étaient excellentes. Dans l'un et l'autre cas la frilosité du Canada vient valider la pratique fort répandue de jeter le bébé avec l'eau du bain.

    Le thème des enfants soldats est très exploité depuis quelques lunes, au point de friser la démagogie plus souvent que autrement, du fait que les propositions comme celles du chef libéral occultent le vrai problème. Le phénomène est lié d'abord à la pauvreté. Comment alors notre premier ministre en devenir peut-il l'aborder rationnellement sans faire la moindre allusion à l'aide au développement ? S'il arrive un jour au pouvoir, je lui conseillerais impérativement un grand coup de balai dans les structures dirigeantes de l'ACDI en vue de délester l'agence de ses hauts fonctionnaires vieillots, usés sous le poids des échecs répétés de leurs initiatives dénuées d'originalité et d'imagination.

    Pierre-Michel Sajous
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    3 novembre 2010 10 h 49
    Et les droits humains?
    L'article est assez éloquent par ce qu'il ne dit pas... Nulle part n'y lit-on une mention du respect des droits humains à l'échelle internationale. Mais, rassurons-nous, ce n'est pas surprenant car les Libéraux ont non seulement soutenu l'accord de libre-échange avec la Colombie mais ils en ont même été les artisans avec l'intervention directe de leur député Scott Brison avec le gouvernement Uribe.

    Or on sait que la Colombie est un des pays où on trouve des violations massives des droits de l'homme: il y a au-delà de 4 millions de personnes déplacées par le conflit interne, des assassinats de chefs syndicaux, leaders autochtones et d'avocats défenseurs des droits humains en plus du fait qu'une grande partie du pays est livrée à des groupes armés illégaux (que ce soient des groupes insurrectionnels et / ou des paramilitaires et des narco-trafiquants). On se souviendra aussi des déclarations du président Uribe à l'effet que les défenseurs des droits humains, y compris les ONG internationales, sont des partisans des insurgés...

    Au lieu de se servir de l'accord de libre-échange pour renforcer les droits humains avec des observations internationales, des interventions humanitaires etc, les Libéraux ont choisi tout simplement de demander au gouvernement de Colombie, sur une base annuelle, un rapport sur les droits humains dans ce pays. Le gouvernement colomien est un maître de la désinformation et de la propagande sur la situation des droits de l'homme dans le pays et on va se contenter d'un « rapport ». Les Libéraux n'ont pas de leçons à donner en matière de protection des droits de l'homme et en matière internationale.
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  • Dr.Safwat Ayoub - Inscrit
    4 novembre 2010 07 h 44
    Le Ministere canadien des affaires étrangeres devrait aussi regagner sa gloire


    L'affaire Richard Colvin, diplomate canadien en Afghanistan matraqué pour avoir dit la vérité semble avoir été le point culminant dans la chute libre qu'a malheureusement connue le Ministere des AE. Les séquelles de cette triste affaire traumatise toujours les diplomates canadiens. Les meilleurs des plus jeunes se portant candidats au concours des AE se desistent.. A mon humble avis, il faut commencer par rétablir la confiance parmi les diplomates actuels et potentiels. Un premier pas exigerait que les diplomates décident eux-memes de leur sort. Comment faire? Le Canada, par un témoignage universel possede des diplomates de premier plan. Ceux-la devraient récupérer le role qui leur est du. On investit des millions pour former des diplomates de qualité supérieure pour leur substituer ensuite qq de l'éxtérieur au corps diplomatique! Redresser la pente devrait etre la priorité, le reste suivra naturellement. Es-t-il concevable ce dechainement sur le plan tant intérieur qu'éxtérieur accusant le chef de la diplomatie de mentir ou de se taire lorsqu'il faut répondre? Il va sans dire que certaines qualités de base sont indispensables a la carriere diplomatique. Mais il existe des qualités infiniment plus rares et qui, contribuent grandement a la réussite d'un diplomate. Le mensonge et l'intrigue pronés par Machiavel, ne paient pas, tout court.. Car, un diplomate qui a menti a ses interlocuteurs, il est évident qu'il a perdu son crédit et, par conséquent sa raison-d'etre. Il existe des rassemblements, a Ottawa, d'anciens ambasssadeurs canadiens et il serait de la plus grande sagesse de les consulter, ne serait-ce qu'a titre non officiel et bénévole..
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