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    La crise perdure chez Droits et Démocratie

    Le climat de travail exécrable a suscité le départ du tiers des employés

    23 octobre 2010 |Alec Castonguay | Canada
    La crise qui a secoué l'organisme fédéral Droits et Démocratie l'hiver dernier n'est pas complètement terminée, selon plusieurs employés contactés par Le Devoir. Le climat de travail est exécrable et le départ d'une quinzaine d'employés (sur 47) depuis quelques mois ajoute aux difficultés.

    D'ailleurs, dans une lettre qu'il vient d'envoyer au ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, l'ancien président du syndicat des employés de Droits et Démocratie, Maxime Longangué, confirme ces informations. Dans cette missive, que nous reproduisons en page C 5, M. Longangué demande au ministre d'agir pour que l'organisme ne perde pas toute crédibilité.

    «Sous la gouverne de ce conseil d'administration et [du nouveau président] Gérard Latulippe, Droits et Démocratie est en déroute. Une opinion partagée par de nombreux employés qui ne peuvent s'exprimer publiquement par crainte de représailles», écrit-il. L'organisme fédéral indépendant, créé par une loi du Parlement en 1988, a la responsabilité de faire la promotion des droits de la personne et de la démocratie dans le monde. Son budget annuel atteint 11 millions de dollars.

    Maxime Longangué, qui vient tout juste de démissionner, affirme que plusieurs projets sont en suspens et que les nombreux départs, autant les départs volontaires que les congédiements, minent l'organisation. «Loin d'avoir réussi à calmer la crise en réaffirmant la non-partisanerie de l'organisation, les décisions récentes de M. Latulippe et du conseil d'administration n'ont fait qu'envenimer une situation déjà intenable. Il y a matière à s'inquiéter du fait que l'argent des contribuables sert à payer d'innombrables avocats et consultants plutôt qu'à promouvoir le respect des droits de la personne», dit-il.

    Depuis le début de la crise en janvier, après la mort de l'ancien président, Rémy Beauregard, près de 1 million de dollars en contrats ont été accordés à des firmes privées d'enquête, à des consultants et à des cabinets d'avocats. Le tout sans appel d'offres. Ces rapports devraient au moins être rendus publics afin de juger de leur utilité, estime M. Longangué.

    Le rapport d'enquête de la firme Deloitte et Touche, qui a coûté plusieurs centaines de milliers de dollars, pourrait d'ailleurs être rendu public sous peu, affirme Stéphane Bourgon, le nouveau directeur des communications à Droits et Démocratie. Le conseil d'administration se réunit lundi et mardi à Beloeil et ce document sera à l'ordre du jour. «La volonté de notre président est de rendre le document public le plus rapidement possible, dit-il. Dès que le Comité des affaires étrangères des Communes va en faire la demande, on va leur envoyer. Ce sera à eux de le rendre public.»

    Les nombreux départs au sein de l'organisme ont un effet sur les activités, confirme M. Bourgon. «Droits et Démocratie fonctionne. À pleine capacité? C'est certain que non.» Les relations de travail sont «sous contrôle», bien que «difficiles», convient-il. La direction espère que l'organisme retrouvera son rythme de croisière dans les prochaines semaines. Plusieurs projets de développement seront d'ailleurs soumis au conseil d'administration la semaine prochaine.












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