La crise perdure chez Droits et Démocratie

La crise qui a secoué l'organisme fédéral Droits et Démocratie l'hiver dernier n'est pas complètement terminée, selon plusieurs employés contactés par Le Devoir. Le climat de travail est exécrable et le départ d'une quinzaine d'employés (sur 47) depuis quelques mois ajoute aux difficultés.

D'ailleurs, dans une lettre qu'il vient d'envoyer au ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, l'ancien président du syndicat des employés de Droits et Démocratie, Maxime Longangué, confirme ces informations. Dans cette missive, que nous reproduisons en page C 5, M. Longangué demande au ministre d'agir pour que l'organisme ne perde pas toute crédibilité.

«Sous la gouverne de ce conseil d'administration et [du nouveau président] Gérard Latulippe, Droits et Démocratie est en déroute. Une opinion partagée par de nombreux employés qui ne peuvent s'exprimer publiquement par crainte de représailles», écrit-il. L'organisme fédéral indépendant, créé par une loi du Parlement en 1988, a la responsabilité de faire la promotion des droits de la personne et de la démocratie dans le monde. Son budget annuel atteint 11 millions de dollars.

Maxime Longangué, qui vient tout juste de démissionner, affirme que plusieurs projets sont en suspens et que les nombreux départs, autant les départs volontaires que les congédiements, minent l'organisation. «Loin d'avoir réussi à calmer la crise en réaffirmant la non-partisanerie de l'organisation, les décisions récentes de M. Latulippe et du conseil d'administration n'ont fait qu'envenimer une situation déjà intenable. Il y a matière à s'inquiéter du fait que l'argent des contribuables sert à payer d'innombrables avocats et consultants plutôt qu'à promouvoir le respect des droits de la personne», dit-il.

Depuis le début de la crise en janvier, après la mort de l'ancien président, Rémy Beauregard, près de 1 million de dollars en contrats ont été accordés à des firmes privées d'enquête, à des consultants et à des cabinets d'avocats. Le tout sans appel d'offres. Ces rapports devraient au moins être rendus publics afin de juger de leur utilité, estime M. Longangué.

Le rapport d'enquête de la firme Deloitte et Touche, qui a coûté plusieurs centaines de milliers de dollars, pourrait d'ailleurs être rendu public sous peu, affirme Stéphane Bourgon, le nouveau directeur des communications à Droits et Démocratie. Le conseil d'administration se réunit lundi et mardi à Beloeil et ce document sera à l'ordre du jour. «La volonté de notre président est de rendre le document public le plus rapidement possible, dit-il. Dès que le Comité des affaires étrangères des Communes va en faire la demande, on va leur envoyer. Ce sera à eux de le rendre public.»

Les nombreux départs au sein de l'organisme ont un effet sur les activités, confirme M. Bourgon. «Droits et Démocratie fonctionne. À pleine capacité? C'est certain que non.» Les relations de travail sont «sous contrôle», bien que «difficiles», convient-il. La direction espère que l'organisme retrouvera son rythme de croisière dans les prochaines semaines. Plusieurs projets de développement seront d'ailleurs soumis au conseil d'administration la semaine prochaine.
4 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 23 octobre 2010 10 h 11

    Stratégie conservatrice

    Sous les conservateurs, Droits et Démocratie est appelé à disparaître. D'abord y foutre le bordel puis couper les vives. Harper ne peut tolérer que quelqu'un puisse promouvoir l'expansion de la démocratie, un système à ses yeux fort dérangeant.
    Roland Berger

  • jacques gelineau - Abonné 23 octobre 2010 11 h 53

    petit train va loin

    subtilement et assurément, les conservateurs mettent en place tout ce qu'il faut pour contrôler le débat social et implanter leur corruption et l'idéologie de ceux qui sont en arrière. Exactement comme le gouvernement Charest au Quebec qui est issu du même parti fédéral.
    Citoyens réveillons nous et allons tous démontrer notre ferme volonté de se débarasser des pourris

    Allons voter

    Jacques Gelineau

  • André Doré - Inscrit 23 octobre 2010 22 h 48

    Tout va se régler...

    Pourquoi tant s'inquiéter? Notre grand spécialiste des droits et libertés, notre fameux ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, va nous régler tout ça.

  • Jean Plante - Inscrit 24 octobre 2010 10 h 30

    Démocratie de droite

    Les organismes indépendants du pouvoir politique servent de chien de garde de la frontière entre le despotisme des gouvernements et les gouvernés. Ces mêmes organismes nous représentent à la face du monde et sont le porte-étendard de nos convictions profondes du droit à la divergence d’opinion et le droit de les exprimer. Elles pour mandat de nous protéger, de dénoncer les excès et les dangers lorsqu’ils se présentent. Cette fenêtre ouverte sur le monde, fait de nous les Canadiens, les précurseurs d’une ouverture et de tolérance qui incite beaucoup d’immigrants à venir grossir nos rangs.
    Il fut un temps où le Canada - figurait sur la scène internationale - comme conciliateur et négociateur à travers le monde. Le gouvernement actuel à lui seul a réussi à ternir notre image, notre intégrité de pacificateur que nous avions laborieusement construit depuis la dernière guerre. En seulement quatre ans, nous sommes devenus des agresseurs aux yeux de plusieurs observateurs d’importance mondiale, au point ou nous n’avons pas eu le siège au conseil de sécurité de l’ONU.
    Quelle évolution! D’une démocratie idéologique, nous sommes passés à une forme de démocratie totalitariste sous une forme douce. La division des gens par les intérêts individuels, de groupuscules, qui chacun à leur manière, se protège contre le pouvoir et qui tente tant bien que mal à poursuivre la mission pour laquelle elle milite. Flatte les uns et fustige les autres, nous tenant divisé et dans une certaine mesure occultant notre capacité d’avoir une vision d’ensemble. Les partis de l’opposition qui eux aussi devraient nous protéger en tant que démocratie sont frileux de prendre position et lorsqu’ils le font c’est en calculant des votes. L’extrême droite, qu’elle soit conservatrice ou libérale, s’entend pour ne pas partager équitablement les richesses.
    Les libéraux d’extrême droite militent pour la déréglementation de b