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La dérive de Stephen Harper

Chantal Hébert   18 octobre 2010  Canada
Sur fond de déficit record, Ottawa devra renégocier les arrangements fiscaux avec les provinces au cours des cinq prochaines années. Pour plusieurs, ce rendez-vous incontournable s'annonce comme l'occasion d'une réflexion plus large sur le fonctionnement de l'union sociale canadienne.

L'État providence est en net recul dans la plupart des pays industrialisés, et l'idéologie du gouvernement canadien actuel ne le prédispose pas à l'activisme social. Les libéraux de Michael Ignatieff affirment déjà que l'avenir des programmes sociaux canadiens dépendra beaucoup de l'identité du premier ministre qui représentera Ottawa à la table fédérale-provinciale après les prochaines élections.

Ce n'est cependant pas ce que laisse entendre la mise à jour budgétaire présentée la semaine dernière par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty. Elle garde résolument le cap sur le statu quo.

***

Le ministre ne promet pas de maintenir la croissance des transferts sociaux à son rythme actuel. Mais il affirme qu'il pourrait le faire. Selon les chiffres mis en avant par M. Flaherty, Ottawa pourrait à terme rééquilibrer le budget fédéral d'ici 2015-2016 sans imposer un régime minceur aux transferts sociaux.

Moins de 24 heures après la présentation de cette feuille de route gouvernementale la semaine dernière, l'ancien ministre Maxime Bernier y allait d'une tout autre proposition. Selon lui, il est temps de sortir Ottawa de la politique sociale en mettant fin au pouvoir fédéral de dépenser et en remplaçant les transferts aux provinces par des points d'impôt.

La proposition Bernier va à contre-courant du programme de son collègue des Finances. Mais elle reflète davantage les orientations que défendait Stephen Harper à son arrivée au pouvoir que l'énoncé de Jim Flaherty. L'approche décentralisatrice des conservateurs était alors un des traits fondamentaux qui distinguaient cette formation du Parti libéral.

À cette époque, pas si lointaine, l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser, ou tout au moins son encadrement, était une priorité de M. Harper. Le désengagement d'Ottawa du front de la politique sociale correspond non seulement à une revendication de longue date de gouvernements québécois successifs, mais également à une vision du Canada que défendent plusieurs intellectuels influents au sein de la droite canadienne.

De toute évidence, l'idée d'aligner davantage l'action d'Ottawa sur le partage des responsabilités négocié par les pères de la Confédération s'est perdue dans les brumes fédérales depuis 2006. À l'instar de la stratégie de lutte contre la récession présentée en 2009, l'esprit du plan fiscal esquissé par Jim Flaherty est plus libéral que conservateur.

***

Paul Martin ou encore John Manley n'auraient eu aucune difficulté à livrer le discours de leur successeur conservateur et, chaque jour davantage, l'ancien premier ministre Jean Chrétien semble parler par la bouche de Stephen Harper.

Après avoir affiché un grand scepticisme envers le multilatéralisme à la Pearson, le premier ministre a par exemple décidé de tenter de faire élire le Canada au Conseil de sécurité des Nations unies. Cette démarche (ratée) constituait une concession tardive à la culture libérale en matière de politique étrangère.

À son arrivée au pouvoir, Stephen Harper soutenait que le gouvernement Chrétien avait sacrifié les droits de la personne à son désir de cultiver l'amitié de la Chine. Il se faisait fort de faire les choses autrement. Mais, depuis, il est revenu à la case départ. Mardi dernier, le premier ministre a livré tout un discours sur les relations Canada-Chine sans faire la moindre allusion à la détention de Liu Xiaobo, le militant pour les droits de la personne qui vient tout juste d'obtenir le prix Nobel de la paix.

On retrouve les mêmes échos «chrétiennesques» dans la gestion conservatrice d'autres dossiers délicats. À son arrivée au pouvoir, Stephen Harper savait que le portefeuille des Travaux publics était celui de tous les dangers, surtout pour un ministre doté de responsabilités politiques particulières au sein du gouvernement. Comme Jean Chrétien avant lui, Stephen Harper a néanmoins confié ce ministère à son lieutenant québécois.

Aujourd'hui, Christian Paradis doit se dépêtrer d'allégations de collusion entre collecteurs de fonds conservateurs et entrepreneurs, et le premier ministre emprunte de grands pans du vocabulaire de Jean Chrétien pour défendre son ministre.

***

Que ce soit sur la direction économique du Canada, le partage des responsabilités constitutionnelles, la politique étrangère ou la transparence, le gouvernement actuel offre de plus en plus une mauvaise copie de la direction libérale des affaires plutôt qu'une nouvelle approche.

Selon les témoignages recueillis par le journaliste Lawrence Martin pour Harperland, l'ouvrage qu'il vient de publier sur les années au pouvoir de Stephen Harper, le premier ministre actuel est animé par une haine viscérale des libéraux et un désir tout aussi viscéral de réduire l'influence du PLC à néant. À voir son gouvernement aller alors qu'il se rapproche de son cinquième anniversaire, on peut se demander: pour quoi faire?

***

Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.

***

chebert@thestar.ca
 
 
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  • Côté Marcel - Inscrit
    18 octobre 2010 00 h 56
    LA QUESTION.
    Bonjour.
    Vous,vous attendiez à quoi?

    Marcel Côté.
    Région de Charlevoix.
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  •  
  • Fernand Trudel - Abonné
    18 octobre 2010 09 h 34
    Oui le temps de la fin de la récréation arrive
    Le temps des pique-assiette qui grugent les recetttes des autres achève. L'économie est chancelante et vouloir étirer le lastic est passer aux générations suivantes nos exagérations.

    Tous ceux qui monteront aux barricades et noirciront le gouvernement responsable d'Harper sont les premiers qui veulent que leurs enfants n'aient pas à payer la facture. Ce sont aussi les mêmes qui parlent contre l'exploitation des gaz de chistes ou les sables bitumineux qui pourtant nous permetteront de payer la lourde facture sociale acrtuelle.

    Il est intéressant que le Québec, la province BS du Canada ayant besoin des 8,5 milliards annuels de péréquation, soit celle qui a le plus de programmes sociaux chromés . Par exemple, le congé parental est un gain du Conseil de la Fédération et malgré celà seul le Québec l"a mis en place au maximum. Nous sommes les artisans de notre malheur et comme la cigale nous avons chanté tout l'été. N'envions pas la fourmi dans le reste du Canada, eux ont été raisonnables. La fin de la récréation arrive, soyons responsable et agissons avec gros bon sens. Visons à créer la richesse pas de profiter des initiatives des autres...
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  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    18 octobre 2010 10 h 25
    Les contradicitons de Harper.
    M. Harper ne fait que s'empêtrer dans ses contradictions. Il essaie de maintenir le cap d'accroître ses pouvoirs et son idéologie, mais il semble que le cap est plus fort que l'idéologie. Il se dit peut-être qu'une fois ses pouvoirs accrus, il pourra reprendre en main les guides de son idéologie.
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  • Côté Marcel - Inscrit
    18 octobre 2010 10 h 43
    DÉVELOPPEMENT DURABLE.
    @M.Trudel .
    Je comprend que vous êtes pour le développement des gaz de schiste
    et que vouz avez peut être investis dans l'exploiration,mais il y a un mais oui il y a de la place pour les entreprises mais pas à n'importe condition car le développement durable passe par ordre des priorités les moins polluantes pour notre environnement et surtout de garder claire et pure la nappe phréatique car nous devons être les gardiens "MONDIALE"de cette ressouce naturel l'eau car le monde ne vie pas sans eau.

    Copenhague ou le Canada a été la risée du monde entier pour son développement durable et M.Charest qui lui vient dénoncer les politique de M.Harper avec le développement vert ,et que le premier projet qui arrive dans la face de la population est le développement des gaz de schiste bien il a de quoi se poser des QUESTION COMME?

    M.Harper et M.Charest ont-ils été mis en place pour avantager l'industrie gazière et les gaz de schiste?

    Je vous laisse la réponse car vous les connaissez mieux que moi.

    Marcel Côté.
    Région de Charlevoix.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    18 octobre 2010 10 h 47
    Pour une majorité
    Le rapprochement d'Harper envers les politiques de Chrétien est simplement une manoeuvre pour tenter d'obtenir une majorité. Harper voit bien que la grande majorité des Canadiens se trouve au centre de l'échiquier politique et il courtise cette clientèle qui, si les Conservateurs appliquaient strictement leurs politiques, voterait libéral.

    Mais ne nous détrompons pas... Dès qu'Harper va obtenir une majorité, il est fort à parier que les politiques du gouvernement fédéral vont changer d'une manière très drastique et que son gouvernement va alors imposer sa philosophie politique mur à mur.

    Électeurs, faites attention avant de donner votre vote à Harper et sa cohorte, en vous basant sur les politiques actuelles de son gouvernement. Vous pourriez avoir toute une surprise après les prochaines élections s'ils obtiennent une majorité! Regardez plutôt la plateforme politique réelle des Conservateurs et les écrits passés de leur chef avant de leur donner votre vote.
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    18 octobre 2010 11 h 00
    Chrétien et Bernier
    Quel amalgame étonnant ?

    Quant à moi, j'ajouterais que monsieur Bernier n'est pas motivé par autre chose que sa croisade contre l'état et non par souci de décentralisation. Lui, il lutte contre le pouvoir de dépenser de l'état en général et non pas contre celui du gouvernement fédéral.

    L'analogie avec Jean Chrétien devait fatalement se matérialiser car ces deux partis entretiennent la même vision de l'état, c'est-à-dire aucune, opportuniste et ancrée dans l'immédiat. La seule chose qui est irritante, c'est l'apprentissage du pouvoir. Nous avons payé cher jusqu'à maintenant pour retourner à la case départ
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  • camelot - Inscrit
    18 octobre 2010 11 h 03
    Cancer
    On doit sortir du système politique actuel, le Canada. Récupérer tous nos impôts. Se tenir debout et enfin administrer notre pays, le Québec, et ses valeurs sociales-démocrates.
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  • gilbert troutet - Inscrit
    18 octobre 2010 12 h 14
    Excellente analyse
    Madame Hébert, vous avez vu juste. Stephen Harper essaie d'emprunter aux politiques libérales pour gruger des votes au centre Mais c'est un loup qui veut seulement montrer patte blanche, comme dans la fable. S'il obtenait une majorité, ce serait un véritable recul pour le Canada. On le voit déjà maintenant avec le désaveu de sa politique étrangère. Pour ce qui est de ses politiques nationales, on retient surtout les milliards de $ pour l'armée, les prisons... avec le retour à un déficit budgétaire colossal (ceci expliquant cela).
    Quant à M. Bernier, il ne cache pas que ses modèles politico-économiques étaient Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Nous en sommes revenus aujourd'hui. Reagan et Thatcher, par exemple, aimaient bien Pinochet. Les amis de nos amis sont nos amis, dit un proverbe...
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  • Franfeluche - Abonné
    18 octobre 2010 12 h 44
    Cher M. Trudel
    Vous parlez du Québec comme la province BS du Canada. Or, savez-vous M. Trudel que 7 provinces sur 10 reçoivent actuellement de la péréquation et que, de plus, elle est loin d'être celle qui reçoit le plus par tête de pipe comme on dit.
    Vous dites que la récréation est fini et vous avez raison. Alors que le gouvernement fasse une véritable chasse aux abris fiscaux, au travail au noir et à la corruption, qu'il cesse sa politique militariste. Alors que le gouvernement fédéral donne au Québec ce qu'il a donné à la province à laquelle on aime se comparer, c'est-à-dire, l'Ontario: Les dix milliards à l'industrie automobile, le soutien à Hydro Ontario pour le nucléaire, la ligne Borden qui a fait en sorte que l'industrie pétrochimique de Montréal jadis florissante est maintenant moribonde. Alors que penser de la tentative du fédéral de centraliser à Toronto l'autorité des marchés financiers. Ça, M. Trudel, c'est du BS financier qui rapporte beaucoup plus que la péréquation.
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  •  
  • art5 - Inscrit
    22 octobre 2010 07 h 10
    derive harper
    Cher Franfreluche,

    Vous avez entierement raison. J e crois que notre ami M. Trudel a ete mal informe.

    Le grand defi de nos temps present c est la confiance, la confiance dans les ou nos institutions politiques, financieres, religieuses etc.

    D aucuns chefs d etat mentent puis font des querres sans issu. Un autre qui lui propose son fils a peine lettre comme responsable du quartier de la defense avec l appui de senateurs irreflechis. La crise financieres qui nous a fait decouvrir les envers du grand casino. Les scandales dans l eglise sans compter tous les scandales du passe.

    On peu pas dire qu on est trop gate par les temps qui courrent.

    Est-ce qu il est possible de revoir nos choix de societe comme en faveur ou pas pour la retraite a 85 ans.

    Depuis toujours, certains se sont fait des gorges chaudes pour ridiculiser l etat providence de la Suede par exemple.

    Aujourd hui, ils sont confondu. Les lecteurs devraient voir comment la Suede traverse ces temps difficiles. Puis, aller voir ce qui se passe reelllement aux USA, au Royaume Uni.

    Merci
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