F-35: les libéraux jouent la ligne dure
Les troupes de Michael Ignatieff promettent d'annuler le processus d'achat
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Dominic Leblanc, porte-parole du PLC en matière de défense
Au moment où une étude affirme que l'avion de combat F-35 est inutilement trop cher pour combler les besoins du Canada, les troupes de Michael Ignatieff décident de jouer la ligne dure dans ce dossier. Un gouvernement libéral annulerait le processus d'achat en cours et lancerait un appel d'offres pour décider de l'avion qui remplacera le CF-18.
Le Parti libéral accentue la pression sur le gouvernement Harper dans le dossier des 65 avions de chasse F-35 qu'Ottawa souhaite acheter au coût de 9 milliards de dollars, sans appel d'offres. Un peu comme ils l'avaient fait en 1993, les libéraux promettent d'annuler un investissement militaire majeur des conservateurs une fois au pouvoir.
En arrivant au pouvoir en 1993, le gouvernement Chrétien avait annulé une commande de 43 hélicoptères maritimes du précédent gouvernement conservateur, ce qui avait coûté 500 millions de dollars en frais de rupture de contrat.
La situation est toutefois différente cette fois, puisque le contrat d'achat des F-35 n'a toujours pas été signé, malgré l'annonce du gouvernement. Le marché pourrait d'ailleurs ne pas être conclu avant 2013. Au ministère des Travaux publics, on confirme que l'annulation du processus d'achat à ce stade-ci n'entraînerait aucuns frais.
En conférence de presse hier, les libéraux ont demandé au gouvernement de rendre publics les documents qui démontrent que le F-35 est le meilleur avion sur le marché pour combler les besoins du Canada et de justifier leur décision, à défaut de quoi le PLC suspendra cet achat et lancera un processus d'appel d'offres s'il prend le pouvoir. Tous les fabricants seraient invités à soumissionner.
Hier en fin de journée, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a soutenu que toutes les informations sont déjà disponibles. Il n'a toutefois pas parlé des documents, classifiés «Secret».
«Le fait est que les questions posées par les libéraux ont déjà reçu une réponse de la part de spécialistes militaires et de l'industrie aérospatiale canadienne, a dit Tony Clement par voie de communiqué. Ce dont les travailleurs de l'industrie aérospatiale ont besoin est d'un gouvernement déterminé à protéger leurs emplois, pas à les mettre en péril par des bouffonneries partisanes.»
Le porte-parole du PLC en matière de défense, Dominic Leblanc, s'attendait à une fin de non-recevoir. «Ils refusent toujours de répondre à nos questions», a-t-il dit au Devoir hier. Puisque les CF-18 peuvent voler jusqu'en 2018, Ottawa a amplement le temps de lancer un appel d'offres, dit-il. «C'est la meilleure manière de faire baisser les prix, de savoir si c'est le bon appareil pour le Canada et d'avoir une garantie de retombées économiques. Présentement, le gouvernement nous demande un chèque en blanc.» Une fois au pouvoir, les libéraux promettent de rendre publics les documents qui expliquent les besoins opérationnels du Canada.
La bagarre politique qui entoure le F-35 inquiète l'Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC), puisque Lockheed Martin choisit présentement ses fournisseurs. «Toute cette incertitude crée de la confusion et ce n'est pas bon. Tous les contrats pour la chaîne de montage du F-35 seront accordés d'ici 24 mois. On veut que nos entreprises aient accès à ce marché potentiel de 3000 à 5000 avions», a affirmé au Devoir Claude Lajeunesse, le président de l'AIAC.
Une étude critique
Au même moment hier, une étude menée par l'Institut Rideau et le Centre canadien de politiques alternatives conclut que le F-35 est trop cher pour l'utilisation qu'en fera le Canada. L'achat de cet avion «est une erreur fondamentale», peut-on lire dans le document de huit pages, rédigé par le chercheur Steven Staples.
Par exemple, la furtivité de l'avion, qui le rend difficile à détecter par radar, est une technologie coûteuse qui sert essentiellement à aller frapper des cibles lors des premiers jours d'une guerre traditionnelle contre un pays avancé technologiquement.
Le Canada n'a pas besoin d'une telle capacité, affirme l'étude, puisque nos alliés, comme les États-Unis, ont déjà ce type d'avion. «Il serait préférable d'avoir un avion un peu moins développé, mais aussi moins cher. Et d'en acquérir davantage», affirme Steven Staples.
Le Parti libéral accentue la pression sur le gouvernement Harper dans le dossier des 65 avions de chasse F-35 qu'Ottawa souhaite acheter au coût de 9 milliards de dollars, sans appel d'offres. Un peu comme ils l'avaient fait en 1993, les libéraux promettent d'annuler un investissement militaire majeur des conservateurs une fois au pouvoir.
En arrivant au pouvoir en 1993, le gouvernement Chrétien avait annulé une commande de 43 hélicoptères maritimes du précédent gouvernement conservateur, ce qui avait coûté 500 millions de dollars en frais de rupture de contrat.
La situation est toutefois différente cette fois, puisque le contrat d'achat des F-35 n'a toujours pas été signé, malgré l'annonce du gouvernement. Le marché pourrait d'ailleurs ne pas être conclu avant 2013. Au ministère des Travaux publics, on confirme que l'annulation du processus d'achat à ce stade-ci n'entraînerait aucuns frais.
En conférence de presse hier, les libéraux ont demandé au gouvernement de rendre publics les documents qui démontrent que le F-35 est le meilleur avion sur le marché pour combler les besoins du Canada et de justifier leur décision, à défaut de quoi le PLC suspendra cet achat et lancera un processus d'appel d'offres s'il prend le pouvoir. Tous les fabricants seraient invités à soumissionner.
Hier en fin de journée, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a soutenu que toutes les informations sont déjà disponibles. Il n'a toutefois pas parlé des documents, classifiés «Secret».
«Le fait est que les questions posées par les libéraux ont déjà reçu une réponse de la part de spécialistes militaires et de l'industrie aérospatiale canadienne, a dit Tony Clement par voie de communiqué. Ce dont les travailleurs de l'industrie aérospatiale ont besoin est d'un gouvernement déterminé à protéger leurs emplois, pas à les mettre en péril par des bouffonneries partisanes.»
Le porte-parole du PLC en matière de défense, Dominic Leblanc, s'attendait à une fin de non-recevoir. «Ils refusent toujours de répondre à nos questions», a-t-il dit au Devoir hier. Puisque les CF-18 peuvent voler jusqu'en 2018, Ottawa a amplement le temps de lancer un appel d'offres, dit-il. «C'est la meilleure manière de faire baisser les prix, de savoir si c'est le bon appareil pour le Canada et d'avoir une garantie de retombées économiques. Présentement, le gouvernement nous demande un chèque en blanc.» Une fois au pouvoir, les libéraux promettent de rendre publics les documents qui expliquent les besoins opérationnels du Canada.
La bagarre politique qui entoure le F-35 inquiète l'Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC), puisque Lockheed Martin choisit présentement ses fournisseurs. «Toute cette incertitude crée de la confusion et ce n'est pas bon. Tous les contrats pour la chaîne de montage du F-35 seront accordés d'ici 24 mois. On veut que nos entreprises aient accès à ce marché potentiel de 3000 à 5000 avions», a affirmé au Devoir Claude Lajeunesse, le président de l'AIAC.
Une étude critique
Au même moment hier, une étude menée par l'Institut Rideau et le Centre canadien de politiques alternatives conclut que le F-35 est trop cher pour l'utilisation qu'en fera le Canada. L'achat de cet avion «est une erreur fondamentale», peut-on lire dans le document de huit pages, rédigé par le chercheur Steven Staples.
Par exemple, la furtivité de l'avion, qui le rend difficile à détecter par radar, est une technologie coûteuse qui sert essentiellement à aller frapper des cibles lors des premiers jours d'une guerre traditionnelle contre un pays avancé technologiquement.
Le Canada n'a pas besoin d'une telle capacité, affirme l'étude, puisque nos alliés, comme les États-Unis, ont déjà ce type d'avion. «Il serait préférable d'avoir un avion un peu moins développé, mais aussi moins cher. Et d'en acquérir davantage», affirme Steven Staples.
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