dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Recensement - L'obscurantisme

Marie-Andrée Chouinard   18 septembre 2010  Canada
Dénigré. Le recensement, version courte et volontaire choisie par le gouvernement de Stephen Harper dans la controverse la plus totale, sera dénigré par certains des groupes de référence en matière de statistique.

Dans un entretien accordé à notre collègue Hélène Buzzetti cette semaine, le responsable de la base de données IPUMS-International (Integrated Public Use Microdata Series International) a clairement indiqué que le recensement canadien 2011, dans sa version édulcorée, serait sans nul doute laissé de côté. Robert McCaa, responsable de l'IPUMS-International, citée comme une base de référence par des chercheurs habitués à manier les stats, a indiqué que les données tirées d'un échantillon volontaire ne «satisfaisaient pas aux critères de qualité». Pour manque de fiabilité, exit le Canada!

Au coeur de la tempête, Ottawa a fait fi des craintes exprimées notamment par les chercheurs, lesquels prédisaient justement la désuétude prochaine des données canadiennes, dépourvues de toute valeur. On voit maintenant que ces pressentiments s'appuyaient sur la conviction que sans représentativité statistique, les recensements n'équivalent à rien. Les données fantoches ne seront d'aucun usage pour les organismes sérieux.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a lui aussi prévenu cette semaine, lors d'un passage au Globe and Mail, que son institution n'allait sans doute plus se fier aux données de Statistique Canada pour nourrir ses analyses économiques. Cela provoque chez eux une réelle inquiétude.

Rien de tout cela ne devrait résonner comme une surprise. Ce sont les experts eux-mêmes qui ont prédit l'impact catastrophique que pourrait avoir l'implantation d'un semblant de recensement pour l'analyse et la compréhension de la société canadienne. Les acteurs sociaux, avides de données crédibles pour pointer les défis d'une collectivité, n'ont que faire d'un tableau impressionniste.

Ce mépris affiché par les conservateurs pour un portrait crédible et fiable de la population — sa population — constitue une attaque à la démocratie. Vidées de leur sens, ces similidonnées serviront à gouverner à l'aveugle ou cautionneront au gré des politiques publiques l'idéologie de ceux qui auront encouragé le concept de demi-portrait de société. Ne connaissant pas les faits réels, le gouvernement aura beau jeu de faire ce que bon lui semble — apparemment, c'est ce qu'il fait déjà!

Les échos venus de la IPUMS-International ou encore de la Banque du Canada ne font pas que confirmer les craintes appréhendées. Ils annoncent une ère d'obscurantisme qui n'est pas à l'image du Canada. Le gouvernement de Stephen Harper ne peut pas envelopper la société d'un voile d'ignorance. Il peut encore changer d'idée.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • pgmartin - Abonné
    18 septembre 2010 08 h 32
    Le doute
    C'est fort regrettable, mais à partir de maintenant, nous aurons un doute après ce recensement, chaque fois que nous verrons des données de Statistique Canada, nous nous demanderons si celles-ci sont fiables et représentatives. Pas seulement celles issues du recensement, mais toutes les autres également. C'est la réputation de Statistique Canada qui est en jeu ici, et comme on peut le constater, pas uniquement chez nous mais aussi à l'échelle internationale.
    Regrettable.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Paillé - Abonné
    18 septembre 2010 08 h 59
    Des querelles de «spécialistes» en vue

    Vous avez raison de dire que «sans représentativité statistique, les recensements n'équivalent à rien. Les données fantoches ne seront d'aucun usage». Cependant, je me pose cette question : puisque l’occasion fait le larron, ne doit-on pas craindre que des chercheurs accepteront de juteux contrats de recherche pour donner un sens – sans doute idéologique – à ces données ? Des querelles de «spécialistes» sont en vue. Un fossé sépare déjà un premier groupe de chercheurs très critiques de la valeur des données et un deuxième groupe sans scrupules à la solde de notre gouvernement.

    MP, démographe
    Québec
    Site internet : http://michelpaille.com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Page - Inscrit
    18 septembre 2010 10 h 54
    Un "Agenda" caché sous-jacent à la question du prochain recensement? Des francophones hors-Québec le croeint
    L'entêtement au-delà de tout raisonnement crédible du gouvernement Harper surprend tout le monde.
    Il pourrait témoigner d'une intention cachée de camoufler les effets de la politique d'immigration à portes ouvertes pratiquée par le gouvernement fédéral depuis quelques années. Là, il ne faut jamais oublier de faire peuve de soildarité avec les francophones hors-Québec. je précise ma pensée par les références ci-après.

    Depuis 1951, et de manière accélérée depuis le recencement de 1971 l'immigration aglophone/anglotrope a servi d'outil de marginalisation puis d'assimilation des Canadiens-français hors-Québec (de l'Ouest et de l'Ontario ). Plusieurs pourront voir dans la politique d'immigration aux portes ouvertes, à des niveaux historiquement élevés depuis 2006, une autre tentative masquée du gouvernment fédéral pour venir à bout des Canadiens-français, de résoudre la "question francophone". La polémique est ouverte: les taux d'assimilation et plus particulièrement la régression de 9% à environ 4,3% des franco Ontariens; de 1951à ce jour, 98% de l'immigration ontarienne s'est massivement jointe à la langue anglaise! Comprenez l'insoutenable pression!

    Pour en savoir un peu plus de la révolte tranquille de Franco-ontariens, lisez la lettre au Commissaire aux langues officielles
    et lisez les représentations des Acadiens,
    VOIR
    http://www.vigile.net/Francophones-hors-Quebec,29627

    P.S. Un dernier point: l'immigration canadienne dépasse au pro rata tout ce qui se fait ailleurs. Ramenée au prorata des Étas-Unis ou de la Grande Bretagne, un niveau d'immigration viable, à l'intérieur des capacités d'intégration, sans provoquer des dérapages sur le plan social ou accroître des risques de terrorisme, serait de l'ordre de 100,000 immigrants par anéée pour tout le Canada. à ce niveau il serait possible d'établir une politique de jsuste répartition d'une l'immigration francophone par rapport à l'immigration anglophone
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Dugal - Abonné
    18 septembre 2010 11 h 37
    Le gouvernement Harper
    Le gouvernement Harper a été démocratiquement élu et il gouverne pour le meilleur intérêt de tous les canadiens et canadiennes. Il veut notre bien, il va l'avoir.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Éric Lavoie - Abonné
    19 septembre 2010 04 h 48
    Il ne changera pas d'idée
    Le Canada devient une filiale américaine, sans plus. Tout se met en place lentement mais sûrement. Le contrôle de l'information est la première étape. En plus de nous couper de la réalité, ils forgeront de plus en plus de mensonges. Le Canada devient une sorte de laboratoire où l'on peut tester la résistance d'une démocratie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Stephanie L. - Inscrite
    19 septembre 2010 10 h 28
    Petit cours accéléré sur les différences entre recensement et sondage
    Si la question laisse tant de citoyens indifférents, c'est peut-être qu'ils confondent le recensement avec un simple sondage!

    Les sondages sont généralement destinés à connaître les allégeances politiques de la population ainsi que les valeurs qu'elle défend. Leurs résultats sont donc subjectifs et peuvent varier d'un sondage à l'autre. Le parti au pouvoir a toujours de loisir d'user de manipulation pour influencer les résultats de sondages futurs qui lui indiqueront si ses tentatives pour faire changer l'opinion publique à son avantage a porté fruit ou non. Il peut prétendre ensuite que ses politiques reflètent la volonté populaire.

    Un recensement est très différent puisqu'il recueille des données qui correspondent à des réalités concrètes (niveau de revenu, langue, origine ethnique, religion) qui ne changent pas en fonction des fluctuations de l'opinion publique et ne peuvent donc pas être influencées par le pouvoir ni être interprétées de façon abusive. Rendre le recensement optionnel lui ferait perdre toute sa valeur scientifique puisqu'il ne pourrait plus prétendre représenter rigoureusement toutes les strates d'une population.

    Plusieurs québécois appuient la décision de rendre le recensement optionnel, malgré le fait que cela revient à participer à notre propre baîllonnement, en tant que francophones notamment, et contribue à nous rendre invisible aux yeux d'Ottawa. Un recencement facultatif est le seul moyen dont dispose Stephen Harper pour influencer des résultats qui normalement ne seraient pas manipulables.

    Le recensement doit donc demeurer obligatoire afin que le gouvernement fédéral n'ait pas la possibilité de donner une couleur idéologique aux résultats et nier les besoins de la population en pariant sur le désengagement politique de cette dernière. Cela dit, étant donné le faible taux de participation aux élections, on ne peut malheureusement pas dire que ce soit un pari très risqué...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
5 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012