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Harper voudrait Luc Lavoie au CRTC

Le gouvernement lui aurait offert un poste de vice-président, mais «pour lui, c'est la présidence ou rien»

Guillaume Bourgault-Côté   10 septembre 2010  Canada
Luc Lavoie<br />
Luc Lavoie
Ottawa — Le vice-président sortant du CRTC le confirme: le nom de Luc Lavoie circule beaucoup au sein de l'organisme. Plusieurs sources ont ainsi confié à Michel Arpin — dont le mandat vient de se terminer — que le gouvernement aurait offert son poste au bras droit de Pierre Karl Péladeau. Un geste qui soulève des questions éthiques, dit-il.

Vice-président en radiodiffusion depuis le 30 août 2005, Michel Arpin a quitté ses fonctions au terme de son mandat il y a 10 jours. Depuis quelques mois, il affirme avoir entendu «à de nombreuses reprises» que le gouvernement aurait offert à M. Lavoie la vice-présidence du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Selon ces rumeurs internes, M. Lavoie aurait dit non. Car «pour lui, c'est la présidence ou rien du tout».

Le témoignage de M. Arpin au Devoir s'ajoute à des rumeurs récentes ramenant Luc Lavoie à l'avant-plan. À la mi-août, le Globe and Mail avait indiqué que son nom circulait comme remplaçant potentiel de M. Arpin, mais aussi comme possible successeur au président du CRTC, Konrad von Finckenstein.

Le mandat de ce dernier ne se termine qu'en 2012, mais le Globe affirmait que le premier ministre Harper souhaitait qu'il cède sa place immédiatement. On lui aurait offert un poste d'ambassadeur en échange. Mercredi, M. von Finckenstein a toutefois affirmé que «personne au gouvernement ne m'a approché à propos de la demande de Sun TV [la Fox News du Nord], de la nomination du vice-président ou encore de mon propre mandat».

Chose certaine, la nomination de Luc Lavoie au CRTC créerait d'importants remous. Ancien porte-parole de Brian Mulroney et de Quebecor Media, M. Lavoie est revenu dans le giron de l'entreprise de Pierre Karl Péladeau en juin dernier. Il seconde actuellement Kory Teneycke, l'ancien directeur des communications de Stephen Harper recruté par M. Péladeau pour mettre sur pied la nouvelle chaîne d'information SunTV. Celle-ci se présente comme une chaîne campée à droite, inspirée du modèle développé par Fox News.

Il a été révélé ces dernières semaines que Stephen Harper s'intéresse de près à ce dossier. Il a mangé l'an dernier à New York avec le patron de Fox News, Rupert Murdoch, repas auquel a pris part Kory Teneycke. M. Harper s'est aussi fait préparer cet été des notes de synthèse concernant la demande de licence de Quebecor pour SunTV — dont le CRTC a refusé la première mouture cet été.

S'il était nommé, Luc Lavoie devrait en théorie juger de la pertinence de ce projet de créer une chaîne dont il est l'actuel promoteur. Il serait aussi aux premières loges pour arbitrer les tensions entre son patron, Pierre Karl Péladeau, et Radio-Canada devant le CRTC.

Une situation qui laisse perplexe Michel Arpin. Mais «il y a des règles en place, dit-il. Le commissaire à l'éthique ferait enquête pour savoir si Luc Lavoie a été lié à Quebecor dans les 12 derniers mois. Comme c'est le cas, il lui serait interdit de siéger sur n'importe quel dossier concernant Quebecor. Le bureau du premier ministre et le Conseil privé sont tout à fait au courant de cette règle», estime M. Arpin.

Déçu

Michel Arpin le dit sans ambages: il aurait aimé rester en fonction. En entretien avec Le Devoir, il affirme être «déçu» face à la décision du gouvernement de ne pas considérer sa proposition de renouveler son mandat.

M. Arpin a signifié au gouvernement dès janvier 2010 son intérêt à demeurer en poste à un moment critique pour le CRTC. Le ministre du Patrimoine, James Moore, a répondu par lettre à la demande de M. Arpin pour lui dire qu'un concours serait ouvert afin de trouver un remplaçant.

Le vice-président a alors déposé sa candidature à sa propre succession, mais sans succès. «J'ai manifesté très formellement mon désir», dit-il aujourd'hui. Selon ce qu'il sait du processus en cours, six candidats ont été rencontrés par le gouvernement. Au bureau de M. Moore, on indiquait hier que «le processus se poursuit toujours». «Les nominations sont faites pour une durée déterminée, et nous remercions M. Arpin pour sa contribution au cours de son mandat», a-t-on mentionné.

Michel Arpin comprend la situation, mais il désirait néanmoins avoir la possibilité de terminer le travail entamé. «Depuis quatre ans, le CRTC a révisé l'ensemble des règles en télédiffusion et distribution. Nous arrivons maintenant à la phase de mise en place: en 2011, le conseil doit tenir des audiences pour renouveler toutes les licences pour la télévision hertzienne. Je voyais un grand intérêt, pour le conseil et pour moi-même, qu'il y ait uniformité de vue pour la mise en place de ces nouvelles règles.»
 
 
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  • Tube
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 06h50
    Parasites malfaisants
    Comme aux États-Unis... Les conservateurs mettent en pratique la méthode qui a permis aux républicains de phagocyter l'État. Même Obama semble incapable de se débarrasser de toutes les nominations partisanes de l'ère Bush. Pire encore, il est incapable de faire ses propres nominations, même avec la majorité. C'est quelque chose comme ça que nous prépare Harper. La même stratégie mesquine, les mêmes nominations partisanes, la même idéologie perverse, les mêmes attaques contre les individus. Nous étions nombreux à dénoncer Bush... tout est bien silencieux maintenant que ça se passe chez nous! Il ne nous manque que notre Glen Beck!

  • jean-claude Vincent
    Abonné
    vendredi 10 septembre 2010 08h15
    Péladeau mettrait la main sur le CRTC
    Cette nomination nous démontre une fois de plus les faiblesses de nos prétendues démocraties. Comme nous le démontre les audiences de la Commission Bastarache où on apprend que Charest et son collecteur de fonds Fava nomment "leur monde" en priorité à la tête de toutes les institutions publiques et para-gouvernementales pour en controler les décisions, Harper fait la même chose à Ottawa.

    On se retrouve donc avec des institutions qui contrairement à leur mandat de rechercher l'intérêt public lorsqu'ils doivent prendre des décisions ,deviennent les pantins des partis politiques au pouvoir.

    Luc Lavoie au CRTC ce serait pousser cette logique jusqu'à l'absurde. Aussi bien d'abolir l'organisme et de le laisser gérer par Québécor à partir de ses bureaux de Montréal.

  • Jean Rage
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 08h36
    Urgence
    Il faut se débarrasser de cet émule de G.W.Bush le plus tôt possible, car il est en train de transformer notre pays en clône GOP des USA.

    Il est tout aussi impérieux de procéder ainsi à l'endroit du PLQ.

    Alors, il ne restera plus que le parti des Péquistes pour prendre le pouvoir et celui-ci évoluera dans le même sens que les deux autres.

    La politique, c'est de la charogne.

    Quelle époque!

  • 93Licar
    Abonnée
    vendredi 10 septembre 2010 09h47
    Qui nous gouverne?
    C'est incroyable qu'à la lumière de ce qui nous est appris par les journaux, fouillé par les émissions télé d'enquête, que ce qui ressort c'et que le pays est mené toujours par le même groupe de personnes, qui favorise ceux qui gravitent dans leur petit milieu, se nomment à des postes clés au Gouvernement et dans les institutions para-gouvernementales, se refilent des contrats, s'obligent les uns les autres, et siphonnent notre argent allègrement pour ensuite se le redistribuer.

    Un groupe à Québec, à Ottawa : échange de bons procédés. Et on nous fait croire qu'il faut faire confiance à l'entreprise privée pour développer le Québec ou le Canada mais on oublie de nous dire qu'ils ont déjà la mainmise sur nos institutions économiques, politiques et culturelles. Les gouvernements leur appartiennent déjà!

  • J. Hardy
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 10h34
    Nous pouvons les stopper
    Ce que Fox News représente aux États-Unis, c'est non seulement une télé qui représente les intérêts républicains, mais aussi un réseau de désinformation, d'intolérance et de haine. En laissant le personnel s'exprimer au gré de leurs émotions, Fox News autorise silencieusement leurs propos. (Tel que Obama est un muslim) C'est une vraie calomnie chez nos voisins du sud.

    Péladeau et Harper souhaiteraient faire de même ici.

    Avaaz a démontré au cours des deux dernières années que nous pouvons changer les choses en stoppant la motion d'ouverture à la pêche commerciale des baleines et beaucoup d'autres dossiers.

    Harper et ses acolytes tentent par tous les moyens de stopper la pétition contre Sun TV de Avaaz. (Mise en demeure, sabotage électronique, salissage dans les journaux,

    Voici la pétition
    http://www.avaaz.org/en/no_fox_news_canada

    Des nouvelles sur les moyens de pression des conservateurs et Sun TV.
    https://secure.avaaz.org/en/fox_news_north_attacks/?vl

    Un interview de Ricken Patel et de Kory Teneycke en direct sur CBC, qui démontre que Kory était au fait au moment même où les cyberattaques avaient lieu:
    http://www.cbc.ca/video/#/News/Featured_Videos/ID=

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 10 septembre 2010 15h34
    Pourtant les libéraux ont encore des entrées dans les médias.
    @jean-claude Vincent

    Michel Arpin, le Globle and Mail ne sont que sur des rumeurs actuellement. M.Arpin à travaillé pour Astral, le CRTC à différent poste, Sondage BBM et plusieurs organismes dans le domaine. Il a des compétences mais que je déteste les gens qui se servent des médias pour défendre ses propre intérêt. Il est vrai qu'au Québec si c'est un québécois connu qui réussit il sera au banc des accusés même avant les faits.
    Avouons que des libéraux sont encore en poste un peu partout dans le système comme à Radio Canada, Corus qui a détruit notre radio CKAC sous le règne libéral par de bon libéraux et aboli les tribunes téléphoniques sous commande à mon avis. On a fermée la gueule des québécois francophones et les mêmes responsables ont toujours leur entrée à Radio Ca. Même à TVA. Continuons de faire f….par des mollusques. « On se retrouve donc avec des institutions qui contrairement à leur mandat de rechercher l'intérêt public lorsqu'ils doivent prendre des décisions ,deviennent les pantins des partis politiques au pouvoir. Luc Lavoie au CRTC ce serait pousser cette logique jusqu'à l'absurde. Aussi bien d'abolir l'organisme et de le laisser gérer par Québécor à partir de ses bureaux de Montréal. » C’est Mieux à partir de Toronto n’est-ce pas. Disons que je préfère Luc Lavoie que des gens qui ont travaillés pour des compagnies canadienne plutôt que québécoise. Tant qu’au pantin politique et bien sachez qu’autant les médias et certains artisans dégustent de bons repas payé par John James Charest et autres même un journaliste du Devoir comme J’ai entendu cette semaine à la télévision. «Dites-moi comment être du côté du peuple après ça? Bravo si la rumeur ce confirme car Québécor en a baver un coup avec les autres provinces. Si seulement ce pays rapportait ce qui se passe d'un océan à l'autre.

  • JF Mezei
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 17h14
    Le CRTC est un tribunal administratif et non une association
    Malgré le nombre de décisions en faveur des grosses compagnies de télécommunications, Le CRTC n'est pas une association qui représente les intérets de ses membres; c'est un tribunal administratif.

    Le président doit agir comme juge. Il doit peser les soumissions d'intervenants envers les loies applicables ainsi que les politiques directionelles instituées par le gouvernement. Ceci dit, le CRTC a une grande latitude d'interprêtation quand vient le temps de supporter un décision favorisant une compagnie telle que Bell Canada ou Videotron.

    Cette grande latitute est pourquoi il faut absolument quelque de neutre à la présidence du CRTC.


    Lorsqu'on regarde le pédigree de M. von Finckenstein, on voit que M. Lavoie n'aproche même pas les qualifications pour être président du CRTC.

    Par contre, les commissaires proviennent non seulement de différentes régions, mais aussi de différentes industries, avec une expérience souvent utile aux dossiers du CRTC. Dans cette optique, M. Lavoie serait probablemenmt qualifié.

    Considérant sa position actuelle, je me demande pourquoi M. Lavoie accepterait un poste à Ottawa, beaucoup moins payé et avec un mandat fixe.

  • Michel Samson
    Abonné
    vendredi 10 septembre 2010 22h41
    Jamais, dans mes pires moments de scénarios politiques pourris...
    ...aurais-je crû que Luc Lavoie puisse être pressenti par Mystère Harpeur pour remplacer Konrad ! Nous sommes au paroxysme de la farce, sauf que tout cela prend aussi des allures empoisonnées et profondément malsaines.

    Les positions publiques de Luc Lavoie durant, disons les quinze dernières années, démontrent un parti-pris tellement grossier en faveur du secteur privé et surtout de l'empire Québécor qu'on imagine mal que le Premier Minus ait même considéré pareille candidature sans l'intervention directe de Karl Péladeau. Votre imagination fera le reste,

    Même Franco Fava n'a pas tant d'influence !

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