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M. Layton, comportez-vous en homme d'État!

Yves Francoeur - Président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal  3 septembre 2010  Canada
La Chambre des communes votera le 22 septembre pour décider si le Canada maintiendra intégralement ou non le registre des armes à feu.<br />
Photo : Agence Reuters Scott Olson
La Chambre des communes votera le 22 septembre pour décider si le Canada maintiendra intégralement ou non le registre des armes à feu.
Le 22 septembre prochain, un vote crucial à la Chambre des communes déterminera si le Canada perdra un outil primordial contribuant à assurer la sécurité des Canadiens: le registre des armes à feu. Monsieur Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique, comportez-vous en homme d'État et imposez à vos troupes de voter pour le maintien intégral du registre des armes à feu, y compris les armes d'épaule.

La nécessité du registre fait l'unanimité des principaux intervenants en sécurité publique au Canada, soit l'Association canadienne des policiers, l'Association canadienne des chefs de police et l'Association canadienne des commissions de police, car il aide les policiers à prévenir les actes criminels, à enquêter sur les crimes, à trouver les armes à feu et à promouvoir la responsabilité individuelle et sociale. Si ce n'était de la position purement idéologique du gouvernement conservateur, il n'y aurait même pas matière à débat.

En effet, les données colligées par le surintendant principal Marty Cheliak de la GRC, à titre de responsable du programme canadien des armes à feu, sont éloquentes.

  • En 2009, la gestion du registre a coûté 4,1 millions de dollars, soit un peu plus de 0,12 $ par citoyen.
  • L'enregistrement ou le transfert d'une arme d'épaule peut être fait par téléphone ou en ligne en quelques minutes.
  • Enregistrer ou transférer la possession d'une arme d'épaule est gratuit.
  • En 2009, 111 533 armes à feu ont été saisies par les policiers à des fins de maintien de la sécurité publique ou à la suite d'une utilisation criminelle. Parmi celles-ci, 87 893 étaient des armes d'épaule.
  • Des 16 policiers tués par des armes à feu au Canada depuis 1998, 14 l'ont été par une arme d'épaule. Environ 15 % des homicides commis avec une arme à feu en 2007 l'ont été avec une arme d'épaule.
  • Les policiers de partout au Canada y recourent 11 076 fois par jour et 2842 de ces demandes sont liées à des événements relatifs à la sécurité publique.

Pour toutes ces raisons, nous joignons notre voix aux groupes de femmes de partout au pays, qui sont malheureusement trop souvent victimes de ces armes d'épaule, ainsi qu'aux groupes oeuvrant en prévention du suicide, pour vous demander d'imposer à vos troupes de voter pour le maintien intégral du registre des armes à feu. Nous sommes convaincus que c'est la meilleure décision que vous pouvez prendre dans l'intérêt, et surtout pour la sécurité de tous les citoyens et de toutes les citoyennes du pays.

***

Yves Francoeur - Président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal
 
 
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  • meme moi ici
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 07h19
    des policiers
    "Des 16 policiers tués par des armes à feu au Canada depuis 1998, 14 l'ont été par une arme d'épaule"


    s'il y a un registre d armes a feu, il devrait aussi y avoir une plus grande surveillance des policiers qui ont droit aux armes à feu, car dans les mains de plusieurs de ceux ci, c est aussi dangereux que dans les mains d'honnêtes citoyens.
    l'arme a feu est dangereux, on peut le concevoir, cependant, c'est autant le cas dans les mains de policiers arrogants, que dans celles d'autres personnes, car cela leur donne un pouvoir qu'ils ne sont pas nécessairement tous en mesure de bien gérer....
    le registre des armes à feu devra aussi être mieux gérer qu'il ne l'a été lors de sa mise sur pied
    afin que ce ne soit pas qu'une autre façon de fouiller inutilement dans les poches des citoyens...

  • Christian Feuillette
    Abonné
    vendredi 3 septembre 2010 07h32
    Raclée anticipée pour le NPD au Québec
    Si, pour des visées électoralistes, M. Layton persiste à se faire complice de l'abolition du registre, il en paiera évidemment le prix, au Québec en tout cas. Ses votes, qui y avaient récemment gonflé légèrement, vont rétrécir de nouveau en peau de chagrin aux prochaines élections, et ce sera bien fait pour lui, ainsi que pour son député d'Outremont (circonscription qui englobe Polytechnique).

    Christian Feuillette
    Montréal

  • Guillaume L'altermontréaliste
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 08h30
    tiraillé sur 2 débats différents
    M. Francoeur, je tiens d'abord moi aussi à me joindre aux groupes de citoyen nes, heureusement à vous aussi, pour réclamer le maintien du registre des armes à feu.

    Vous êtes dans votre champ de compétence sur cette question qui affecte notre sécurité à tous ; vous identifiez bien la cause du problème, et je vous cite "Si ce n'était de la position purement idéologique du gouvernement conservateur, il n'y aurait même pas matière à débat."

    Par contre, primo, vous ciblez le mauvais acteur ; je n'ai pas voté pour son parti, mais M.Layton, ainsi que la presqu'unanimité des hommes et femmes politiques du Québec, est un allié dans ce combat pour le renforcement de ce registre.

    Et, secundo, vous abordez la question de la discipline de parti ; vous vous faites partisan de l'imposition d'une ligne de parti (par un whip), même lorsque la majorité des propositions ne sont pas votés à l'unanimité à l'intérieur de ces partis.
    Je suis partisan de la conception qu'un député représente, au meilleur de son discernement, la population de sa circonscription et suis farouchement contre une ligne de parti qui, comme dans le cas des conservateurs et du lobby des armes à feu, nie le discernement de mon "représentant du peupe" et vend la démocratie au lobby le plus offrant.

    Vous devriez canaliser votre rhétorique critique sur ces conservateurs qui, d'une part se clament pro-vie dans la planification familiale et d'autre part agissent comme anti-vie pour ce qui est des armes à feu. Tant qu'à moi, vivement un vote libre sur cette question, en espérant que des conservateurs aussi puissent exprimer leur discernement, un discernement pro-vie et anti-crime, exprimer librement leur vote POUR le maintient de ce registre.

    Si seulement on valorisait le discernement de toutes et tous, qu'on se disait que le discernement du plus grand nombre est le meilleur, et qu'on me faisait voter cette proposition par référendum, je commencerais à me sentir dans une d

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 11h20
    Police politique?
    Il y a toute une marge entre donner votre point de vue sur une question qui affecte votre travail en tant que policier et d'intervenir dans un parti politique pour lui dire comment agir. Je trouve ça complètement irresponsable alors que M. Layton se fie au bon jugement de ses députés qui représentent aussi leurs commettants. M. Francoeur, vous ne détenez pas la vérité et dans cette question il y a deux côtés de la médaille et vous avez fait connaître votre position en utilisant votre pouvoir comme fonctionnaire public. Mais maintenant vous allez bien au-delà de ce qui est acceptable dans une société libre et démocratique où la police n'a pas d'affaire à dire aux politiciens comment faire de la politique.

    Je tiens aussi à vous rappeler que plusieurs policiers ont été impliqué dans plus de mille arrestations à Toronto lors du G20, la plupart de ces arrestations étant illégales, sans poursuites subséquentes. Plusieurs questions ont été soulevées suite à cet abus de pouvoir, dont, entres autres, les liens entre la police et le pouvoir politique qui avait alors son « agenda ». Il est ironique de vous voir prendre aujourd'hui le rôle de défenseur de la veuve et de l'orphelin alors que du même souffle, vos collègues de Toronto n'ont pas hésité à incarcérer bien des innocents, à la demande du pouvoir politique... Il me semble que nous frôlons un peu trop près de la police politique.


  • Abonné
    vendredi 3 septembre 2010 12h05
    Mauvaise cible
    Monsieur Yves Francoeur
    Président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal

    Monsieur,

    C'est avec une grande déception que j'ai pris connaissance de votre lettre interpellant mon chef Jack Layton à se comporter en homme d'État.

    Comme vous le soulignez dans votre lettre, "Si ce n'était de la position purement idéologique du gouvernement conservateur, il n'y aurait même pas matière à débat." Vous avez entièrement raison. Il est d'autant plus dommage que vous ayez complètement raté de cible en oubliant de sommer notre premier ministre de se comporter justement en homme d'État.

    Je cite mon chef: "M. Harper oppose les régions et les provinces du Canada les unes aux autres selon la bonne vieille recette de diviser pour régner. Ça va à l’encontre des valeurs canadiennes. Ce style de politique à l’américaine, ce n’est pas dans la tradition politique de notre pays et je la rejette." Voici l'exemple d'un homme d'État qui refuse de réduire l'espace public à une arène de lutte où les apparences et les perceptions occultent complètement la réflexion et les débats de fond.

    J'ai plusieurs amis chasseurs et je suis sensible à leur réticence concernant la criminalisation des manquements à l'enregistrement d'une arme à feu. Notre proposition de mettre en place un système d'amendes en lieu et place d'accusation criminelles était une voie prometteuse que les trois autres partis ont malheureusement rejetée. En réalité, le dossier de la pérennité du registre des armes à feu a été pris en otage selon une optique bassement électoraliste. J'espère sincèrement que le projet de loi privé C-391 sera battu dans quelques semaines. Votre rôle, à mon avis, est de dénoncer les médiocres manoeuvres politiques dont le registre fait les frais. Nous aurons besoin de toute l'aide possible de leaders de la communauté comme de l'ensemble des citoyens pour assainir le climat malsain qui règne à la Chambre des Commun

  • Steve Harvey-Fortin
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 13h00
    La passion des armes à feu
    Il y a une nette différence entre les États-Unis et les autres pays. En 1996, on a tué par balle deux personnes en Nouvelle-Zélande, 15 au Japon, 30 en Grande-Bretagne, 106 au Canada, 211 en Allemagne et 9390 aux États-Unis. Chaque année aux États-Unis, des armes à feu sont impliquées dans un demi-million d'agressions criminelles et quelque 35 000 morts, suicides et accidents compris. Pourtant, les américains détenteurs d'armes à feu "veulent conserver leur arme à tout prix. Bien loin d'opter pour un contrôle renforcé, à l'image de nombreux autres pays, ils se ruent dans la direction opposée. Actuellement, 31 États autorisent le port d'armes dissimulées.

    Est-il normal que des politiciens prennent en otage la sécurité des citoyens pour se faire un capital politique ? La politique n'a rien à faire avec la sécurité des citoyens qui sont avant tout des humains et non du bétail. Un enjeu basé sur le mépris et la vie des gens par des partis politique n'est que de la pure bassesse et lâcheté.

    Est-il normal lorsqu'un policier se présente en salle de cour pour témoigner sous serment qu'il porte une arme en cour de justice ? Je pense que poser la question s,est y répondre, personnellement, si j'étais juge, je n'autoriserait aucun policier à porter une arme dans l'enceinte de la cour à l'exception des constables de la cour.

    Si certains pensent qu'une arme est une forme de disuasion, pour d'autres, c'est aussi une arme de provocation. Une arme n'induit pas la confiance, elle induit plutôt la méfiance, voilà ce qu'elle suscite.

  • Denis Blanchette
    Abonné
    vendredi 3 septembre 2010 13h14
    Prendre un peu de recul
    M. Francoeur,

    Il est désolant de constater la faiblesse dont vous faîtes preuve dans votre lettre. Vous ai-je entendu dénoncé le Parti Conservateur qui introduit, à chaque session parlementaire, un projet de loi pour diminuer la portée du registre ? Oui vous dénoncez le projet de loi mais vous vous gardez une petite gêne qui a disparu, ici; il semble plus facile d'attaquer le 3ème parti fédéral (on regarde le nombre de députés mais on oublie qu'à la dernière élection, le NPD a récolté 1,1 million de votes de plus que le Bloc Québécois) que le parti au pouvoir.

    Au delà des clivages entre "bons" et "méchants", les députés du NPD, parce qu'ils maintiennent une bonne communications avec leurs commettants, ont vu les irritants associés au registre, tels qu'ils se vivent en zone rurale. Est-ce une mauvaise chose, pour un député, d'écouter et de porter la voix des citoyens qu'ils représentent ? Ici, au Québec, on n'en entend pas parler parce que le Bloc Québécois impose une ligne de parti mais les irritants sont quand même présents; un vote libre des députés du Bloc Québécois et du Parti Conservateur (tel que le veut la tradition parlementaire, pour les projets de loi émanat des députés) nous aurait sûrement causé quelques surprises au sein de ces 2 partis au Québec.

    Le NPD a donc cherché la manière de régler certains de ses irritants sans atténuer la portée du registre car, en se contentant de battre aux votes, ces projets de loi, sans trouver une solution aux irritants, on s'expose à voir, un jour, un de ces projets de loi adopté; est-ce une finalité que vous souhaitez ?

    Bref , M. Layton se comporte en homme d'État (et c'est le seul, soit dit en passant) en adressant le fond de la question par le biais d'une nouvelle législation, cet automne, qui aura le mérite de satisfaire les besoins des citoyens des grands centres urbains (tel que vous) tout en envoyant un signal clair aux citoyens des zones rurales que leu

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