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Armes à feu - Un rapport favorable de la GRC pourrait faire pencher la balance

Le sort du registre reposera entre les mains des néodémocrates indécis

Alec Castonguay   30 août 2010  Canada
Il y a 7,5 millions d’armes à feu enregistrées au Canada.<br />
Photo : Agence France-Presse Pascal Guyot
Il y a 7,5 millions d’armes à feu enregistrées au Canada.
La Gendarmerie royale du Canada rendra public cette semaine un rapport qui pourrait décider du sort du registre des armes à feu. Selon les informations obtenues par Le Devoir, ce document de la police fédérale sera largement favorable au maintien du registre. Or, au Nouveau Parti démocratique, qui tient le sort du registre entre ses mains, on affirme que ce rapport pourrait être déterminant dans la décision des députés indécis.

Partisans et opposants au registre des armes d'épaule s'affronteront à nouveau sur la place publique cette semaine, alors que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) rendra publique une «évaluation» du registre. Ce document est entre les mains du gouvernement Harper depuis février dernier. À la GRC, la sergente Julie Gagnon refuse de commenter le contenu, mais confirme qu'il est «en cours de traduction» et qu'il «devrait être rendu public cette semaine».

Selon les informations obtenues par Le Devoir de différentes sources au cours des derniers jours, le rapport d'évaluation, favorable au registre, affirme notamment que «l'enregistrement de toutes les armes à feu permet de responsabiliser les particuliers, favorise la sécurité et les mesures de protection de la vie. Il constitue un outil d'enquête proactif et utile pour l'application de la loi».

Le rapport parle «d'atouts importants» pour «la sécurité des agents et du public». Selon nos informations, cette évaluation fournit des chiffres pour illustrer l'importance du registre des armes d'épaule. Ainsi, en 2009, pas moins de 7000 certificats d'enregistrement d'armes d'épaule ont été révoqués par la GRC ou les tribunaux parce que les détenteurs étaient jugés dangereux pour la sécurité publique, soit en raison de problèmes psychologiques, médicaux ou autres.

De plus, le document reprend le chiffre déjà entendu de la part du chef de police de Toronto, Bill Blair, et du directeur du Programme canadien des armes à feu, Marty Cheliak, lors de leur comparution au comité de la Sécurité publique en mai dernier (M. Cheliak est actuellement à l'écart de son poste sous prétexte qu'il n'est pas assez bilingue). Ainsi, le registre des armes d'épaule est consulté près de 11 000 fois par jour par les policiers du pays. Étant donné qu'il coûte 4,1 millions de dollars à administrer chaque année, cela équivaut à 1 $ la consultation.

Le registre des armes à feu «favorise la réduction des risques», selon les termes de la GRC. De plus, sans cette base de données, le corps policier estime qu'il lui serait plus coûteux et difficile de retrouver les propriétaires des armes à feu utilisées dans certains crimes.

La GRC convient que tous les criminels n'enregistrent pas leurs armes, particulièrement les bandes organisées, mais il serait toutefois faux de prétendre que c'est invariablement le cas. Marty Cheliak avait d'ailleurs abordé cet aspect lors de sa comparution à Ottawa. «Dans les faits, bon nombre d'armes à feu retrouvées par la police sur les lieux du crime sont effectivement enregistrées, et le Programme canadien des armes à feu a permis aux autorités de résoudre plusieurs crimes en établissant un lien entre une arme et un propriétaire inscrit», avait-il dit.

Au Canada, 1,8 million de permis de possession d'arme sont valides, dont 484 000 au Québec. Il y a 7,5 millions d'armes à feu enregistrées au pays, dont 1,6 million au Québec.

Le NPD attentif

Le document d'évaluation qui sera rendu public par la GRC cette semaine pourrait être déterminant, puisque les députés du NPD attendent le rapport avec impatience.

Le 22 septembre prochain, il y aura un vote aux Communes sur une motion de procédure qui émane du comité de la Sécurité publique. Ce type de motion, rarement utilisé, permet d'arrêter l'étude d'un projet de loi privé et ainsi de le tuer avant le vote final. Donc, si les députés de la Chambre se prononcent en faveur de la motion, le projet de loi privé C-391 de la députée conservatrice Candice Hoeppner, qui souhaite éliminer le registre des armes d'épaule, mourra avant le vote final prévu plus tard à l'automne.

Depuis que le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada ont annoncé qu'ils voteraient en faveur de la motion, et donc du maintien du registre, son sort repose entre les mains du NPD. Douze députés néo-démocrates ont indiqué, le printemps dernier, vouloir voter avec les conservateurs pour abolir le registre. Avec ces 12 votes, le gouvernement atteint 156 voix sur 308, ce qui est suffisant.

Or, selon nos informations, il reste 11 néo-démocrates opposés au registre, dont 7 ou 8 pourraient encore changer d'avis d'ici au vote. Si tous les députés sont en Chambre le 22 septembre, l'exercice pourrait donc être serré.

Les 13 et 14 septembre prochain, le caucus de Jack Layton se réunira à Regina. «Le registre sera l'un des gros sujets de discussion», explique au Devoir Joe Comartin, porte-parole de son parti en matière de Justice. «On va voir là-bas si des députés changent de position, car la plupart attendent le rapport de la GRC pour prendre une décision finale. Les arguments de la GRC vont peser lourd dans le débat.»

L'ancien ministre de la Justice et candidat libéral dans Outremont à la prochaine élection, Martin Cauchon, affirme lui aussi que le document à venir jouera un rôle dans le débat. «Il y a peut-être encore des ajustements à faire concernant le registre, mais ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain. Ce registre joue son rôle et il est important dans une société qui veut contrôler les armes à feu.»

Maria Mourani, du Bloc québécois, affirme que le rapport d'évaluation de la GRC doit être rendu public «immédiatement». «Le gouvernement dort dessus depuis février! C'est inacceptable dans une société qui veut débattre librement d'un sujet aussi important.»

Les opposants tiennent bon


Cela ne convainc pas les opposants au registre, dont plusieurs chasseurs, agriculteurs et autochtones, qui jugent que l'enregistrement des armes est une obligation bureaucratique gênante qui ne prévient pas les crimes.

Un argument repris par certains policiers, notamment le chef de police de Calgary, Rick Hanson, lors de sa comparution en comité parlementaire ce printemps. «Les criminels n'utilisent pas le registre», a-t-il dit. Bien qu'il soit utile pour savoir qui est en possession d'une arme avant une intervention ou encore pour savoir si un mari violent peut utiliser son arme contre sa femme lors d'une crise, le registre n'est pas toujours précis, dit M. Hanson. Les policiers redoublent donc de prudence, peu importe la situation.

Même son de cloche au gouvernement conservateur, qui juge le registre inefficace. «C'est du gaspillage de fonds publics, dit l'attaché de presse du ministre de la Sécurité publique, Christopher McCluskey. C'est inefficace et ça ne fait rien pour prévenir les crimes. Ça cible inutilement les chasseurs de canards et les fermiers, pas les criminels.» Il ajoute que l'abolition du registre ne changerait rien à l'obligation de détenir un permis de possession d'arme.

La députée conservatrice Candice Hoeppner affirme que «peu importe les rapports qui vont paraître, ça ne changera rien» au débat.
 
 
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  • beaumiche
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 03h55
    rapport GRC
    Il faudrait bien que le NPD se branche quand au registre des armes à feu. Pour le moment, on voit plus le besoin de sentir le vent avant de se positionner que de respecter et d'afficher les valeurs de gauche qui ont toujours porté ce parti. S'aligner avec les conservateurs est pathétique et envoie le mauvais message en ce qui a trait aux valeurs du parti et risque d'éloigner des électeurs sympathisants ou militants.

  • Normand Parisien
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 06h36
    Rien de vraiment nouveau dans cet article.
    Les politiciens font de la politique et les policiers ont toujours été en faveur du registre des armes à feu. Il n'y a donc rien de nouveau dans ce débat qui persiste depuis de nombreuses années et qui nous a déjà coûté près de 2 milliards de dollars. Si le Parti conservateur du Canada était majoritaire à Ottawa, la promesse électorale consistant à abolir ce registre aurait été tenue depuis longtemps. Leur position minoritaire provoque des délais, car tous pensent aux prochaines élections. Il n'y a qu'au Québec que l'électorat semble tenir mordicus à ce registre.

  • jean-claude Vincent
    Abonné
    lundi 30 août 2010 08h16
    Strike out!
    Selon les informations obtenues par Le Devoir de différentes sources au cours des derniers jours, le rapport d'évaluation, favorable au registre, affirme notamment que «l'enregistrement de toutes les armes à feu permet de responsabiliser les particuliers, favorise la sécurité et les mesures de protection de la vie. Il constitue un outil d'enquête proactif et utile pour l'application de la loi».
    ***********

    Devant des faits aussi tangibles je me demande bien ce que pourront opposer les égoistes tenants de l'abolition du régistre. La vie en société c'est aussi ça messieurs les supposés "libertariens" ,accepter des petites contraintes comme l'enregistrement de ses armes pour le bien public.

  • Sanzalure
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 08h31
    Je n'ai pas d'armes et je n'en veux pas
    Je pense que les gens qui veulent posséder une arme devraient accepter d'être enregistrés de bonne grâce. Une arme, c'est fait pour tuer. C'est dangereux. Encore plus qu'une automobile. Pourtant on a des permis de conduire et le gouvernement possède un registre des détenteurs de permis de conduire.

    Les gens qui possèdent une ou plusieurs armes sont tous susceptibles de s'en servir un jour pour tuer. Personne ne connaît l'avenir. Mais chaque fois qu'une arme est utilisée, il faudrait pouvoir en retracer le propriétaire.

    Après des années à en discuter, c'est certain que le registre peut avoir pris du retard et n'être pas aussi précis qu'il le devrait. Mais si on décide de le garder et de le tenir à jour de façon appropriée, il deviendra plus précis et encore plus utile.

    Je ne comprend pas comment le gouvernement conservateur peut vouloir d'une part être plus sévère envers les bandits et d'autre part les laisser avoir libre accès aux armes à feu. À moins qu'il ait des parts dans l'industrie des prisons.

    Serge Grenier

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 10h58
    On mélange tout... encore.
    Il s'agira de voir qui a fait la recherche derrière ce rapport et jusqu'à quel point la police l'a influencé. Ceci dit, après avoir été pedant près de 25 ans procureur de la couronne, avant et après le registre, je n'ai jamais vu comment ce registre pourrait être utile à la société en général. Il est utile pour la police pour lui donner un plus grand contrôle sur la population mais du point de vue de résoudre des crimes ou de diminuer les risques avec les armes de chasse, je n'ai jamais vu un seul cas où cela se serait produit.

    Par contre, on criminalise une affaire qui est strictement administrative et on ne se gênait pas, avant le moratoire, pour affubler un citoyen qui avait négligé d'enregistrer (ou même oublié) son arme à feu d'un dossier criminel avec tout ce que ça comporte. Car c'est ça, c'est une affaire administrative puisque toutes les dispositions de la loi sur les armes à feu qui traitent de la sécurité (remisage, entreposage

  • Cagou
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 13h33
    «Tough on crime»
    Le gouvernement conservateur suit aucune logique. Obsédé par le crime, il cherche toujours à être plus stricte avec les criminels. Il dément même statistiques canada: «Non, le crime augmente toujours au Canada!». Foutaise. Mais quand les différents corps policier s'unissent pour affirmer haut et fort que le registre les aide beaucoup à être «tough on crime», les conservateurs ne les écoutent pas! Ce sont les policiers qui sont les mieux placés pour comprendre si le registre marche ou non. Pas des politiciens conservateurs qui disent une chose, mais font le contraire. Aucune logique.

  • Guy Fauteux
    Abonné
    lundi 30 août 2010 17h39
    Pierre Rousseau vous avez 100% raison
    En admettant que les conservateurs perdent un jour le pouvoir je doute fort que les liberaux et/ou une eventuelle coalition de partie hesiterons a criminaliser a nouveau les coupables relatif aux lois sur les armes a feu. Les liberaux parlent des maintenant de modifier cette loi criminalisant d'honnete citoyens .
    Le debat va se poursuivre et en attendant le moratoire en place depuis 4 ans protege des abus de la police.
    Rien de nouveau sous le soleil, les policiers preferent harceler le bon citoyen c'est plus facile que de courir apres les bandits.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 30 août 2010 19h45
    En tout cas pour harceler les chasseurs c'est utile
    Je me suis enregistré pour obtenir un permis de possession d'arme à fau même si j'avais déjà un certificat du chasseur émis par le provincial et passé un cours de sécurité sur le maniement des armes prérequis à celui-ci. Dès l'inscription ca me prenait deux répondants qui ont été visités par la GRC avant de me l'accorder. J'avais un petit .410 pour chasser la perdrix sur les terres privés de mes amis.

    L'an passé je reçois une lettre de la SQ m'intimant d'enregistrer une arme sous la menace de suspendre mon permis. J'ai obtempéré à cette menace et enregistré auprès de la GRC ce petit fusil. Car la SQ nous envoye à la GRC à Miramichi, N.B. pour s'enregistrer.

    En février dernier, même menace de la SQ disant que j'avais une arme enregistrée et que je j'avais un permis de possession échu, donc non valide pour posséder cette arme. On me donne un mois pour régulariser l'affaire sinon on vient saisir mon arme.

    Alors j'appelle la SQ sur le champ qui me réfère encore une fois à la GRC de Miramichi. On me répond qu'on m'envoi une formule et qu'on prolonge mon délai jusqu'à mai. Surprise mon ancien nom de rue était encore dans leur fichier alors je n'ai jamais eu cette formule. Vers la mi-mai, j'ai pris sur moi d'imprimer un formulaire de renouvellement de permis et de l'expédier avec une photo récente authentifiée par mon épouse. Réponse, je dois recommencer à neuf ma demande comme si je n'avais jamais été inscrit car mon permis est périmé. Je rempli et oublie de faire signer ma femme à l'endos de la deuxième photo, Alors autre délai pour faire signer ma photo.

    Je recois le 18 août une lettre de la GRC m'indiquant que ma demande est acceptée mais que j'ai une arme qui n'a pas de certificat d'enregistrement valide. Alors on me demande de réenregistrer mon arme sous peine de me retirer mon permis. Voilà comment on nous écoeure avec leur paperasse et qu'on a gaspillé 2 millards de nos taxes. Merci Gilles Duceppe et l

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 21h55
    Désolé...
    Mais encore une fois mon message a été tronqué. Ce que je voulais dire à la fin c'est que les dispositions de la loi sur les armes à feu qui fonctionnent et qui permettent de diminuer la criminalité, comme celles sur l'entreposage, le remisage et le transpoirt des armes à feu, de même que celles sur les permis d'acquisition et de possession d'armes ne sont PAS touchées par l'abolition du registre. Le registre n'est qu'une affaire administrative et on criminalise ces gens pour rien.

  • Serge St-Arneault
    Inscrit
    lundi 30 août 2010 22h56
    Armes à feu et droit constitutionnel américain
    Selon l’association nationale des armes à feu des États-Unis (National Rifle Association (NRA)) « ..., le droit constitutionnel américain de posséder et de porter une arme à feu ne peut être violé ». Cependant, les trois petits points « ... » du début de la citation suggèrent un bout de phrase qui a été intentionnellement omis.
    La phrase complète dit ceci; « une milice régulière est nécessaire pour la sécurité d’État. Ainsi, le droit constitutionnel américain de posséder et de porter une arme à feu ne peut être violé ». La condition indispensable pour exercer ce droit est donc conditionnelle au besoin de former une milice là où les conditions l’exigent. À l’époque de la Nouvelle Angleterre, la population a catégoriquement rejetée l’idée de créer une armée à l’exemple du roi qui, à sa guise, pouvait déclarer une guerre. La milice était une alternative répondant aux besoins de la République américaine alors nouvellement établie. En cas d’urgence, les miliciens pouvaient être convoqués par le Président des États-Unis et retournaient chez eux une fois les troubles terminés.
    De nos jours, les partisans du droit américain de posséder et de porter une arme à feu manipulent les termes employés par la constitution américaine. Cette justification est devenue une idéologie contraire aux idéaux des fondateurs des États-Unis d’Amérique.
    Au Canada, il en va autrement. Notre constitution n’a jamais accordé un droit de posséder ou de porter une arme à feu. Il s’agit d’un privilège accordé, par exemple, aux amateurs de chasse sportive. Ce privilège n’est nullement remis en cause par la loi fédérale sur le contrôle des armes à feu. C’est pure fabulation de prétendre, comme l’affirme la NRA, que cette loi s’inscrit dans une forme de conspiration internationale pour interdire toutes les armes. Il est plus juste de dire que la NRA exerce démesurément son influence sur nos politiciens

  • Malartic
    Inscrit
    mardi 31 août 2010 21h39
    Registre pratiquement inutile
    Les force policieres sont incapable d'arreter le commerce des droques dure tel l'heroine et la coke; pourtant completement illegale. Comment peut-on
    me faire croire quils pourront controller la possession d'arme legale qu'on demande de faire une paperasse sans valeur. Ca cree des emploies bien sur mais ca n'empechera pas (jamais) le gars decider de se procurer une arme sans l'enregistrer s'il en a besion pour faire une certaine "job".

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