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Suites du G20 à Toronto - Saisir l'anarchisme à travers les nuages opaques de la désinformation

Émilie Breton, Anna Kruzynski, Magaly Pirotte et Rachel Sarrasin - Collectif de recherche sur l'autonomie collective  24 août 2010  Canada
Les militants de la mouvance anarchiste expérimentent, au sein de multiples projets, des modes d’organisation et de fonctionnement basés sur la démocratie directe et l’autonomie.<br />
Photo : Agence Reuters Stoyan Nenov
Les militants de la mouvance anarchiste expérimentent, au sein de multiples projets, des modes d’organisation et de fonctionnement basés sur la démocratie directe et l’autonomie.
En tant que membres du Collectif de recherche sur l'autonomie collective (CRAC), nous joignons notre voix à celles des nombreux groupes et individus qui ont vigoureusement dénoncé la violence étatique et la répression policière sans précédent auxquelles nous avons assisté lors du Sommet du G20 à Toronto. Ces violences ont affecté nos amis et amies, nos collègues, nos camarades, nos partenaires, nos communautés.

Par la même voix, nous tenons également à dénoncer les discours sensationnalistes et désinformés qui ont surgi dans les médias à l'occasion de ces événements.

La répression a ciblé délibérément des militants qui n'avaient commis pour unique délit que celui d'être vêtus de noir. Les médias, s'intéressant également à la mode vestimentaire des anarchistes, font la une avec des images de «jeunes» casseurs et s'acharnent sur le fameux «black bloc» dont on répète le nom ad nauseam, prétendant ainsi cerner le phénomène. Comme s'il n'y avait pas de contenu politique derrière les diverses tactiques utilisées...

Des valeurs qui dérangent

Méconnaissance du terrain, paresse intellectuelle ou primauté de la vocation marchande des médias? Peut-être. Cependant, il appert de façon évidente qu'une des raisons principales pour laquelle on cherche à criminaliser et à intimider ceux et celles qui s'identifient à l'anarchisme est le fait que ces personnes composent un mouvement toujours grandissant qui véhicule des valeurs contraires à celles des tenants du projet capitaliste. Coopération au lieu de compétition; aide mutuelle au lieu d'individualisme; autogestion au lieu de hiérarchie; respect au lieu de racisme, (hétéro)sexisme, âgisme; liberté au lieu de contrôle.

La liberté, pour les anarchistes, est au coeur de l'humanité, et ne peut exister sans égalité. Cette liberté, bien loin de celle conçue par la société libérale, vise en fait un épanouissement personnel indissociable du bien-être collectif. L'égalité, quant à elle, devient possible quand les personnes directement concernées prennent en charge tous les aspects qui touchent leurs vies: les décisions politiques, l'offre de services, la production de biens, l'aménagement du territoire.

Or l'État, proche allié du monde capitaliste, semble déterminé à empêcher les idées et pratiques anarchistes, fondées sur ces valeurs positives, de se répandre plus largement dans la société. Sachant qu'un grand pan de la population se sent écrasé par un sentiment toujours grandissant d'impuissance face aux injustices de ce monde, l'État emploie tous les moyens à sa disposition pour faire taire les dissidents qui proposent des chemins alternatifs vers un monde meilleur. Afin de maintenir sa légitimité, il cherche donc à interférer avec la construction d'un mouvement de masse basé sur les valeurs anarchistes.

Un mouvement fort

C'est la mise en pratique de ces valeurs qui est au coeur des travaux du CRAC, groupe de recherche affilié à l'Université Concordia. Depuis cinq ans déjà, le CRAC mène un patient travail de terrain, en collaboration avec des réseaux et collectifs du Québec qui sont fondés sur les valeurs anarchistes, pour documenter leurs idéaux, leurs pratiques, leurs modes d'action et d'organisation.

Ce qui se dégage de nos travaux, c'est qu'il s'agit d'un mouvement qui existe bien au-delà des manifestations fracassantes auxquelles on voudrait le réduire. Ici au Québec, ce mouvement est en effet fort de plusieurs centaines de personnes, qui bénévolement, avec leurs tripes et leurs révoltes, animent un espace de réflexion et d'action politiques dans les marges d'un système institutionnel qui est dans l'impasse.

Ces personnes cherchent à appliquer les valeurs qui les inspirent dans leurs luttes de tous les jours dans des domaines d'activité aussi variés que ceux de la défense des droits des immigrants et des réfugiés, des gais, lesbiennes et queers, contre la guerre, l'impérialisme, la colonisation, la destruction écologique, la gentrification, le sexisme, la malbouffe ou la répression policière, pour ne nommer que ceux-ci.

Créer un monde meilleur ici et maintenant


Ces anarchistes, traités comme des terroristes dans les rues de Toronto, étudient dans nos collèges et universités, s'impliquent dans les comités d'école de leurs enfants, s'occupent de leurs proches, travaillent dans des groupes communautaires, vous vendent votre pain ou servent votre café dans des quartiers qu'ils et elles contribuent à transformer.

Ces personnes créent des cafés-bars militants, des librairies et des bibliothèques indépendantes, des médias alternatifs, des comités de quartier, des coopératives autogérées, des fanzines libertaires... Elles proposent le recyclage de vieux vélos, diffusent des logiciels libres, forment des groupes se vouant à l'autosuffisance alimentaire biologique (par l'entremise de groupes d'achats, de partage de semis, de l'agriculture)... Elles se réapproprient des espaces laissés à l'abandon pour y faire vivre des coopératives d'habitation, des parcs, des soirées de cinéma et des fêtes de quartier. Elles organisent des espaces d'échange de connaissance et des écoles libres pour enfants...

Les militants de la mouvance anarchiste expérimentent, au sein de ces projets, des modes d'organisation et de fonctionnement basés sur la démocratie directe et l'autonomie. Toutes les personnes impliquées dans un projet participent aux prises de décisions, à la gestion et à la réalisation des tâches. Il n'y a ni chef, ni patron, ni représentant. Des mécanismes sont mis en place pour faciliter les discussions, l'apprentissage d'habiletés, la participation aux réunions, la création de rapports sociaux égalitaires.

Refusant les subventions gouvernementales, ces groupes se tournent vers le fais-le-toi-même (Do-It-Yourself), la récupération de matériaux et de nourriture et le troc afin de réduire leur dépendance aux échanges capitalistes.

Enracinés dans leurs communautés, ces groupes cherchent donc à mettre sur pied des projets politiques, sociaux, économiques et culturels autonomes qui rompent avec la logique de domination qui motive l'intérêt capitaliste. Ces initiatives véhiculent une autre forme de lien politique, de «vivre ensemble», fondé sur des valeurs anarchistes et des liens de proximité.

En mettant en pratique leurs valeurs et leurs visions dans le moment présent, ces groupes tentent de faire des «révolutions minuscules de tous les jours», bien souvent dans l'ombre des projecteurs. Ce faisant, ils démontrent à leurs voisins et voisines qu'ils sont en mesure de s'organiser de manière autonome, sans dépendre des élites politiques et économiques. Et chaque fois qu'une voisine, qu'un voisin décide de s'impliquer, elle ou il participe à la construction d'institutions et de projets alternatifs, qui un jour, on ne peut que l'espérer, rendront redondants et désuets ceux du système dominant.

Interférer avec le bon fonctionnement du système dominant

Mais les porteurs de ce système dominant ne se laisseront pas faire. C'est pour ça qu'à ce travail de longue haleine s'ajoutent, comme ce fut le cas lors du G20, des actions d'éclat qui visent les symboles du capitalisme mondial. Ces actions contribuent à révéler au grand jour les conséquences d'un système injuste et à freiner la consolidation des projets des élites.

L'histoire nous démontre que les mouvements qui ont contribué au changement social ont utilisé un éventail de tactiques allant de l'éducation populaire au sabotage en passant par la désobéissance civile. Ces dernières tactiques se veulent donc complémentaires à un éventail d'initiatives ancrées dans des valeurs communes qui, dans leur ensemble, constituent le terrain de lutte des anarchistes contemporains au Québec.

Ainsi, l'approche médiatique qui réduit le mouvement à ses coups d'éclat sans en relever le contenu repose sur une bien étroite conception du politique. Ce qui est proposé dans les médias ne décèle que la partie visible de l'iceberg d'un phénomène beaucoup plus important.

Aussi, en réprimant massivement la dissidence sous prétexte du danger de quelques actions musclées, l'attitude des autorités traduit la volonté de réduire au silence un mouvement qui dérange, surtout par la force de ses idées et la profondeur de son enracinement. Mais le passé nous démontre aussi que ceux et celles qu'on écrase trouvent toujours la force de se relever...

***

Émilie Breton, Anna Kruzynski, Magaly Pirotte et Rachel Sarrasin - Collectif de recherche sur l'autonomie collective
 
 
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  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 24 août 2010 08h53
    Merci de vous rendre ici saisissables
    La publication de ce texte est aussi un événement, elle me rend encore plus cher Le Devoir. La grogne populaire ne s'essouflant pas tellement les injustices et l'irrespect sont flagrants, révoltants, la population sera, je crois, de plus en plus et tout naturellement réceptive au travail et à la réflexion des regroupements anarchistes qui oeuvrent pour le moment dans l'ombre. Je ne suis certainement pas la seule à pouvoir leur dire qu'ils ont ailleurs des alliés qui peuvent s'ignorer mais qui poussent à leur manière dans le même sens qu'eux.

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 08h58
    RAFRAÎCHISSANT MAIS...
    Rafraîchissantes toutes ces initiatives citoyennes. Il est manifeste que cela doit prendre encore plus d'ampleur tout commes les Accorderies(mouvement citoyen d'échanges de services-sans fric et sans profit). Mais il y a un mais, ces anars-référence à ceux et celles qui ne votent pas-, font le jeu de la droite, en ne donnant pas la chance à l'alternative de gauche de prendre de l'expansion et rejoindre un jour la droite lors du calcul électoral.

  • Élaine Bissonnette
    Abonnée
    mardi 24 août 2010 09h23
    Le Nouveau monde
    Voilà des jeunes qui s'engagent et qui participent à créer le Nouveau monde. On ne parle pas assez souvent de ce mouvement de fonds que reconnaissent les babyboomers qui eux, ont clamer plus fort leur organisation. Ici, on ne s,exprime fort que lors des réunions internationales . Il faut leur laisser la tribune pour qu'ils nous disent clairement comme dans cet article, tout le bien qu'ils entrevoient pour nous tous, ce qui nous changerait de toutes les conneries de nos politiciens.

    Elaine

  • Renaud Blais
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 10h13
    Encore un groupe qui prétendent à la vérité comme Mgr Ouellet
    J'aimerais savoir qu'est-ce que pensent, après délibération évidemment, ces anarchistes de celles et ceux qui ne sont que réformistes mais qui sont autant qu'eux très critique des dommages collatéraux du capitalisme.
    Leur approche est la même que les missionnaires qui sont venus dans la colonie française pour "répandre la bonne nouvelle".
    Elles ont LA vérité et en dehors de leur cercle de convaincuEs point de reconnaissance.
    Renaud Blais
    Militant pour un altermondialisme ouvert large et inclusif

  • Simon Beaudoin
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 11h02
    Des valeurs et des actes criminels
    Je ne conteste pas les valeurs que vous véhiculez, mais avouez tout de même qu'il y a un gouffre entre prôner la collaboration volontaire, le troc et la liberté et agir contre ce même État qui est le garant de cette liberté.

    Pourquoi "l'État" vous a-t-il attaqué? Ce n'est pas, à mon avis, à cause de ces belles valeurs que vous auriez plus de difficulté à faire accepter en étant stigmatisés, c'est parce que certains d'entre-vous font des actes que l'État considère criminels. Il n'est pas criminel de refuser l'aide du gouvernement, il n'est pas criminel de promouvoir le troc et l'entraide, il est criminel de casser des vitres appartenant à quelqu'un d'autre.

    Je ne dis pas que la police n'a aucun tort, elle vous a probablement provoqué. Mais c'est un peu gros de faire passer tout ça pour un complot contre l'anarchisme. Dans l'usage populaire, ce mot est devenu synonyme de Chaos, et ce n'est pas en donnant des images de manifestant attaquant un gouvernement préoccupé par l'Ordre que vous renverserez cette impression.

    Le gouvernement, qu'on l'apprécie ou non, est élu par les citoyens et les représente, si imparfait soit-il. Ces gens font des accords en notre nom parce qu'ils en ont le mandat, fourni par des institutions qui nous ont laissés les élire sans nous brimer. En bref, si les deux premières parties de votre texte sont très belles, la troisième est celle qui heurte, avec raison selon moi, ceux qui nous gouvernent par la démocratie indirecte.

    Simon Beaudoin

  • Godfax
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 13h05
    L'anarchisme n'est pas une resistance
    L’anarchisme comme valeur et comme projet de societe n’est nullement opposee a l’ideologie en place, elle est meme une facette de sont fondement.

    L’anarchisme c’est simplement l’abandon de l’etat nation; de la chose politique. Au Quebec c’est simplement une degeneration a bout de soufle du militantisme erotico-mystique des baby boomer. Le conformisme des anarchistes (presque exclusivement des etudiants debut 20 ene ou des vieux bourgeois babyboomer) n’a d’egale que la paresse intellecttuelle des idees du mouvement.

    Les Strauss-Khan (le socialo-anarco-fmi) Summer de ce monde veut dans sa logique du sain ultra-liberalisme privatiser l’ensemble des services sociaux, pendant ce temps, les anarchstes et autres altermondialistes cherche a ramener les pauvres dans une economie de survit (auto-gestion artisanal).


    "Lucido-liberal" ou "Anarco-Solidaire", voila les deux facettes de ce qui attend le Québec. Aucune de ces "solutions" ne va assurer la justices sociale.

    Le discoure des anarchistes sur l'économie c'est l'écosocialisme, décroissance et anticapitalisme(Marx se retournerait dans sa tombe), ils veulent une économie d'autogestion artisanal a économie local.(néo-féodalisme) Les économistes décroissant de l'UQAM (CRSDD) et plein d'autres dépendu partout dans le Québec (et des millier dans le monde) qui tiennent le meme discoure et on comme base de toute leurs travaux l'ignoble rapport du Club de Rome pour la féodalisation mondial et la depopulation(et oui alors qu'on crève dans les urgences et qu'on monte les impôts, notre gouvernement finance a grand coup des études de décroissances!!!).

    Le conformisme nihiliste est en train de détruire notre société. Le conformisme, c’est une paresse intellectuelle, un vide qu’on ne prend pas le temps de remplir, une appartenance superficiel...
    Alors non, l'anarchisme n'est absolument pas une resistance.

    Bien cordialement
    Gabriel Claveau

  • La Feuille
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 13h09
    Texte remarquable
    On aimerait trouver de telles analyses dans la presse française, en particulier la presse de gauche, qui se contente bien trop souvent de hurler avec les loups et de dénigrer systématiquement les libertaires. Ce qui s'est passé au moment de "l'affaire de Tarnac" est tout à fait symbolique de cette attitude. L'ensemble des journaux, de droite comme de gauche, ont commencé à hurler au loup et à appeler à la curée, avant de faire (pour certains) prudemment et discrètement marche arrière. L'anarchisme est un mode de pensée révolutionnaire et novateur qui a le mérite de ne pas trainer dans son sillage un passé jalonné de crimes de masse et d'assassinats collectifs. Les anarchistes ont été bien trop souvent du côté des balles plutôt que des fusils. Il y a pourtant bien des enseignements à tirer de l'histoire de leurs propositions et de leurs réalisations.
    Bonne continuation au "devoir" que je lis de temps à autre, ne serait-ce que pour y trouver des infos sur ce qui se passe au Québec, un pays que j'aime beaucoup !
    Note complémentaire : A Denys Duchêne qui croit encore aux élections comme levier pour changer la société, je propose de lire un petit texte que j'avais écrit dans mon blog au moment des élections en France... "Petit florilège à ma façon sur les élections" voici le lien :
    http://www.lafeuillecharbinoise.com/?p=3892

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 13h14
    Cet article est subversif
    Parce qu'il mise trop sur le bon sens...

  • Mbotemingi
    Abonné
    mardi 24 août 2010 13h42
    Trier les criminels
    J'ai vu à la télé comment on massacre les fenêtres, les distributeurs de billets et comment les supposés manifestants sont vêtus de noir de sorte que les gens ne puissent pas les reconnaitre. Peut-on parler de démocratie ? Quand les personnes vêtus de noir de la tête aux pieds, peut-on parler de démocratie ? Dans une société libre et démocratique, on doit être visible à visage découvert, autrement on ne parle pas de démocratie, c'est la société totalitaire, tyrannique. Le Canada est-il en train de devenir totalitaire avec cette bande de personne couvertes de la têtes aux pieds, non reconnaissables.
    JE NE VEUX PAS VIVRE DANS UN PAYS TOTALITAIRE DIRIGÉ PAR UN TYRAN COMME DANS LES PAYS COMME L'Iran, le pays de Kadhafi etc. Il faut identifier les criminels qafin de les différemcoer des manifestants pacifiques, afin que la police puisse faire son travail.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 15h03
    Voilà un texte instructif...
    ...qu'on ne verra jamais dans les autres quotidiens.

    Je pensais que les anarchistes n'étaient que des poseurs de bombes et des boutefeux (j'exagère un peu). Je constate que s'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer.

    Je constate aussi qu'ils sont porteurs d'un message d'espoir tout en étant très impliqués dans la communauté.

    Entre un anarchiste libre de penser et d'agir et un policier qui obéit aux ordres aveuglément, je choisis le premier.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 24 août 2010 15h32
    On juge de l'arbre à ses fruits
    N'empêche M.Godfax, les anarchistes ont une action concrète sur la réalité; ils questionnent et dérangent drôlement les pouvoirs répressifs. Vous, je n'en suis pas certaine.

  • Erwan Basque
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 16h25
    Un aphorisme de Bakounine.
    Bonjour,
    Et pourquoi résister à l'envie de citer un aphorisme de Bakounine qui veut dire froidement par réalisme soit que : < L'uniformité, c'est la mort, la diversité, c'est la vie ! >. Et que certains le sachent enfin, l'ouverture aux autres est toujours un must. Bien à vous, Erwan Basque.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 20h56
    La Catalogne et l'anarchisme
    Intéressant de se rappeler que l'Espagne a été tenté par l'anarchisme avant que Franco mette fin à la République. En Catalogne, le mouvement anarchiste menait.

  • zerg
    Abonné
    mardi 24 août 2010 21h08
    Léo Ferré
    "On ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux... les anarchistes."
    Léo Ferré

    http://www.dailymotion.com/video/x1brp4_leo-ferre-

  • Jean Francois Bissonnette
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 21h36
    Questions
    Voici un texte qui a le mérite de remettre les pendules à l'heure.
    Deux problèmes subsistent, cependant.
    1- Peut-on vraiment dire que l'État capitaliste cherche à empêcher le développement de formes d'autonomie collective comme celles que décrivent les auteures, et sinon, l'anarchisme en pratique est-il soluble dans le cadre général du libéralisme?
    2- L'emploi de la violence contre les symboles de l'économie capitaliste peut-il vraiment susciter une prise de conscience de la part des citoyens peu au fait de la théorie politique, ou bien n'a-t-il pas pour effet de renforcer la légitimité de l'appareil répressif et idéologique de l'État aux yeux de ces mêmes citoyens?

  • Amara
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 21h37
    La vigilance est de mise.
    Il est évident que nous ne pouvons écarter les droits des personnes et le fait que des policiers sont souvent infiltrés dans ces manifestation afin de donner plus de pouvoir à l'organisme qui gère la "sécurité" comme cela s'est vu dans les années 70.

    De plus, l'énoncé : «le savoir est le pouvoir» s'avère vrai depuis la nuit des temps. Il est donc normal de penser que l'on ne sait pas tout de ce qu'il s'est passé et qu'il y a nul doutes qu'il y ai eu magouille à quelque part. Reste à savoir si l'on pourra savoir ce qu'il s'y est passé.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 22h05
    Tyrans???
    D'abord une citation: « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez les exprimer » Evelyn Beatrice Hall (traduction).

    Les tyrans sont ceux qui briment la liberté d'expression. Si ces gens se cachent le visage, c'est qu'ils craignent la répression des autorités de ce pays s'ils manifestent. On peut arrêter des gens qui commettent des actes criminels mais pas des gens qui manifestent légalement. On n'a pas le droit d'arrêter des gens seulement parce qu'ils s'habillent en noir...

    Ce qui est plus grave c'est qu'il y a des policiers qui étaient là et qui ont pris des photos des manifestants qui causaient des dommages mais qui n'ont RIEN FAIT pour les arrêter. Ils ont préféré arrêter n'importe qui, ce qui est on ne peut plus illégal au Canada.

    On peut être d'accord ou non avec les anarchistes mais on ne peut qu'être d'accord avec leur droit de manifester et de s'exprimer. Si les anarchistes n'ont plus le droit de s'exprimer et de manifester, quel sera le groupe suivant qu'on jettera en prison pour leurs idées?

  • Marco Silvestro
    Abonné
    mercredi 25 août 2010 10h02
    ça fait plaisir...
    ...de lire des commentaires qui ne soient pas tous campés à droite, comme cela se voit dans le site d'autres quotidiens... Concernant le vandalisme, réitérons qu'il ne s'agit que d'un aspect, le plus spectaculaire oui, mais un seul petit aspect de la praxis anarchiste. Et une question: s'il n'y avait pas eu de la "casse" a Toronto, parlerait-on encore du satané G-20 au Canada? Ce sommet n'a rien décidé et rien amené à la poursuite du monde: ce ne fut que du show et de la poudre aux yeux, comme d'habitude. L'un des buts de la tactique du BB est notamment de faire surgir au grand jour la brutalité, l'insignifiance et la superficialité des tenants du pouvoir. Quant à moi, c'est réussi. Et d'ici un an, on verra que le millier de personnes arrêtées seront toutes et tous libérés et, en plus des tenants du pouvoir, c'est l'appareil répressif qui sera ridiculisé. Peut-être, comme c'est exprimé dans un commentaire ci-haut, la casse n'attire pas "Monsieur-Madame Tout-le-monde", mais la casse a réussi à poser dans l'espace public deux-trois questions importantes: le non-respect des droits constitutionnels par ce gouvernement; la magouille systématique et l'incurie généralisée de l'appareil répressif; l'inutilité des grands sommets et l'illégitimité des gouvernements. C'est maintenant clair pour tout le monde - Mais il faudra le dire et le redire encore, et des vitrines péteront sûrement encore longtemps avant que la population ne sorte de sa torpeur et refuse de se laisser parquer dans des enclos (mentaux) comme des bêtes.

  • Jor
    Inscrit
    mercredi 25 août 2010 10h39
    monopole de la violence et légalité

    Un vitre vol en éclat, un gros scandale, partout les médias en parle,
    on appellent les auteurs de ces gestes des criminelles... Ils n'ont pas manifesté légalement... Pourtant les compagnies et institutions qui sont visées sont en général directement ou indirectement lié à plusieurs crimes contre lesquels la loi ne fait absolument rien.
    Alors qu'on considère comme criminelle une personne qui brise une vitre on permet et encourage des compagnies à mener leurs activités en écrasant les droits humains les plus fondamentaux de nombreuses personnes dans plusieurs pays du monde par les lois et les fonds du Canada. Il est légalement accepté qu'une compagnie participe à des tueries massives ou les encourage, qu'elle corrompe les gouvernements, les écoles, les hôpitaux, détruise des régions entières par la contamination qu'elle fait, jette les gens à la rue, bénéficie des actions paramilitaires afin d'avoir accès aux ressources convoitées... Plusieurs compagnies et banques sont impliqués dans certaines de ces actions et elles sont défendues, supportées et encouragées par l'État. Les compagnies et institutions qui furent visées durant les émeutes du G20 participent toutes de loin ou de proche à ces horreurs. Faut-il comprendre qu'on donne plus de valeur à une vitre qu'à des vies humaines... faut-il comprendre que ce que la loi permet c'est d'abord la défense de la propriété et des bénéfices des grandes compagnies... Une vitre cassée oui mais combien de vie furent brisée par cette même institution qui fut visée?

  • Laurent Lavigne
    Abonné
    mercredi 25 août 2010 12h36
    On devrait publier toutes ces remarques...
    Je suis agréablement surpris de voir que la majorité des opinions exprimées suite à cet article semblent favorables aux idées véhiculées par les auteures. J'adhère d'ailleurs à ces idées et à ces valeurs. Je suis heureux de voir que cet article fait réfléchir et parler, j'espère trouver dans une prochaine édition ces commentaires. J'ajouterais mon grain de sel au débat en répondant à l'auteur du commentaire intitulé "Des valeurs et des actes criminels"
    Je crois que le problème à Toronto est que l'état, sous sa forme policière, n'était pas "garant de cette liberté" essentielle à la vie en communauté et à la démocratie. En effet, la police (protecteur de l'état) a brimé la liberté fondamentale de centaines d'individus pour aucune raison valable.
    Les chiffres parlent d'eux-mêmes
    plus de 1100 personnes arrêtées
    800 ont été relâchés sans aucune charge (c'est donc 800 innocents, nous ne parlons pas de briseur de vitre, qui ont été envoyé en prison sans motif)
    Sur les autres qui ont été amené à comparaître dans la dernière semaine, une autre centaine de personnes ont vu leur charge criminelle disparaître fautes de preuves ou même d'arguments solides. C'est donc encore une fois un processus bien étrange pour une société libre d'enfermer des innocents sans motifs.
    Attendons encore qui sera accusé et pourquoi, certaine charges sont à mon avis, ridicules. Un casier criminel pour s'être déguisé! )The star, toronto, 23 août 2010) vraiment?
    Il peut y avoir un débat très important je crois sur la façon de faire de la désobéissance civile et sur la confrontation ouverte avec la police ou l'état. Cependant, je crois que pour qu'une société soit libre et démocratique, il est inacceptable de mettre en prison des centaines de personnes sans motifs. Ce devrait être un consensus minimum dans une vraie démocratie.

    Jean-Baptiste Lacombe, Niamey, Niger

  • T. Julien
    Inscrit
    mercredi 25 août 2010 20h03
    Pas seulement une simple question d'habillement...
    Je ne crois pas que les arrestations furent principalement pour une simple question d'habillement contrairement à ce qu'en dit 'CRAC' car très tôt dans ces manifestations, il fut démontré, que les 'black bloc' changeaient leur vêtement rapidement - d'ailleurs quelques journalistes avaient demandés "pourquoi" ils s'étaient changés aussi rapidement (images vidéos le prouve)...
    ------------------------

    Selon le Devoir d'aujourd'hui, "En Bref-G-20: 58 poursuites tombent."

    Selon l'article, sur un nombre de 304 individus, y a eu abandon d'accusation seulement contre 31 personnes; 227 personnes sont assignées à comparaître en septembre ou en octobre prochain.

    Il est certains qu'il y a des gens qui furent arrêtés sans motifs valables et après vérification, ce qui a prit toute de même un certain temps, ils furent relâchés; mais, lorsque dans de telles manifestations, les protestataires prétendus 'pacifistes' protègent les 'faiseurs de troubles' ils sont tous aussi coupables.

    OUI les anarchistes ont le droits et le privilège de pouvoir s'exprimer MAIS, ils n'ont pas le droit de tout démolir sur leur passage et si 'leurs convictions' les tiennent vraiment à coeur, pourquoi se cacher.

    Ici au Qc, on dénonce le niquab des femmes musulmanes et on accepte que des manifestants PORTENT des vêtements semblables ??? Où est la cohérence ???

  • Simon Beaudoin
    Inscrit
    jeudi 26 août 2010 11h38
    Pour clarifier mes propos
    Je suis, je crois, essentiellement d'accord avec monsieur Lacombe (qui s'exprime par le biais du compte de M. Lavigne?). Mon titre était peut-être quelque peu confus, mais je voulais bien dire que si les valeurs anarchistes (que je considère un peu comme libertaires) ne me répugnent pas fondamentalement, les manifestants n'avaient pas à casser des choses, ce qui est un acte criminel.

    Doté d'une admiration pour l'idée phare de l'habeas corpus (non-coupable jusqu'à preuve du contraire), je ne peux que dénoncer les arrestations massives, mais je constate qu'il y a bien eu des bris, et que les auteurs de ces bris ont été confondus avec la masse qui était présente en son ensemble. C'est tout le problème d'une manifestation de masse : les forces de l'ordre n'arrivent plus ou ne veulent pas faire la différence.

    Maintenant, à ceux qui pensent que ce genre de manifestation éclairent les insuffisance du système actuel, j'ai plutôt l'impression qu'elles renforcent le rôle de protection et de monopole de la violence que l'État s'est octroyé. Les anarchistes devraient donc se concentrer à améliorer le monde autour d'eux plutôt que de faire de grands coups d'éclat qui se retournent souvent, sinon toujours contre eux. La résistance passive a en quelque sorte prouvée son efficacité, dans les derniers siècles, là où ceux qui ont eu recours à la violence ont systématiquement mauvaise presse.

    Pour ma part, je suis persuadé que le drame, dans cette histoire, c'est que les manifestants comme les politiciens, comme les policiers, pensent faire ce qui est bien pour la population. Je n'adhère pas aux théorie du complots voulant que les politiciens soient tous corrompus.

    Simon Beaudoin

  • Laurent Lavigne
    Abonné
    vendredi 27 août 2010 13h15
    se concentrer à améliorer le monde...
    Ce que je trouve particulièrement intéressant dans l'article du collectif de recherche sur l'autonomie collective c'est que justement, il montre que l'anarchisme, c'est principalement des actions concrètes et constructives pour une meilleure communauté. Ils se concentrent donc à améliorer le monde. Je souligne principalement le passage où il est question de ces anarchistes en action.

    «...proposent le recyclage de vieux vélos, diffusent des logiciels libres, forment des groupes se vouant à l'autosuffisance alimentaire biologique (par l'entremise de groupes d'achats, de partage de semis, de l'agriculture» ETC ETC

    Cet anarchisme en action est aussi présent dans un autre article publié dans le devoir en 2007 http://www.ledevoir.com/societe/142289/anarchisme- où il est aussi question de l'anarchisme comme un mouvement social fondamentalement constructif et non destructeur.

    Je crois qu'un des problèmes dans le discours dominant au sujet de l'anarchisme, c'est qu'il porte l'attention principalement sur les vitres qui brisent et les vêtements noirs. Je doute fortement que cette fixation sur ces gestes est la meilleure façon de juger le fond de l'anarchisme, ses idées et ses valeurs fondamentales, Fondamentalement, l'anarchisme, ce n'est pas ça (à mon avis, car l'anarchisme n'est pas homogène)

    On devrai plutôt se pencher sur des questions de fond, comme celle de monsieur Bissonette. Anarchisme soluble dans le libéralisme? Quelle forme de violence et pourquoi? Est-elle utile? Et la critique de Goldfax, a un fond de vrai. L'anarchisme, une philosophie du local, incapable de répondre à des enjeux globaux? Un individualisme total ou plutôt un collectivisme basé sur la responsabilité individuelle? Ce qui est sur c'est que l'anarchisme n'est pas du féodalisme qui, rappelons le, est un système basé sur l'autorité d'un seigneur. Bref! Continuons la réflexion sur l'anarchisme! C'est constructif!

    Jean-Baptiste Lacombe

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