Lettre - Coast to coast ?
En voyant le titre «Place du français, toujours le mépris», j'ai spontanément pensé au français à Montréal et non à Vancouver et Sarnia. Puis, en lisant l'éditorial, je me suis demandé combien de temps encore nous allions croire à ce bilinguisme «coast to coast» inventé jadis par Pierre Trudeau.
Qui d'autre que les francophones, de moins en moins nombreux dans l'ensemble canadien, croit encore au bilinguisme? La cérémonie d'ouverture des Jeux de Vancouver reflétait parfaitement le Canada que vivent, même dans leur imaginaire, les Canadiens. Seuls les Québécois ont trouvé le portrait incomplet, voire injuste. Combien de temps encore allons-nous demander aux Canadiens de voir leur pays comme nous l'imaginons?
Surtout depuis que la menace séparatiste s'est estompée, tout concourt à l'affaiblissement du bilinguisme. Au-delà des opinions, des prédictions, des craintes, les faits ne cessent d'illustrer cette dégradation. Par quel miracle le Canada voudrait-il renforcer le bilinguisme au fur et à mesure que le français s'étiole?
Les fédéralistes ont toujours gagé sur un Canada bilingue. Ils ont réussi dans la mesure où tout un Québec nationaliste qui n'avait qu'à y perdre, les a suivis. Mais en 2010, s'ils ont encore de l'énergie à consacrer à ce noble rêve, les fédéralistes ne devraient compter que sur eux-mêmes pour défendre leur vision. Ceux qui veulent vraiment défendre le français n'ont plus de temps à perdre à Ottawa, ville unilingue anglaise. Qui va traverser le pont pour franciser la douane de Sarnia? Les récriminations sont désormais stériles. Il ne faut plus s'indigner pour une fiction, une lubie, un alibi.
(Dans ce contexte, la situation des francophones hors Québec reste une question spécifique qui mérite des considérations appropriées. Ironiquement, ces communautés dépendent moins des Québécois que les fédéralistes québécois ne dépendent d'elles, comme victimes appréhendées.)
Une fois dégagés du fardeau de faire respecter le français à Vancouver et à Sarnia, bien des Québécois mettront leurs efforts à des tâches plus proches d'eux. Même s'il s'agit d'une terre fédérale, on pourrait commencer par l'aéroport Trudeau.
Qui d'autre que les francophones, de moins en moins nombreux dans l'ensemble canadien, croit encore au bilinguisme? La cérémonie d'ouverture des Jeux de Vancouver reflétait parfaitement le Canada que vivent, même dans leur imaginaire, les Canadiens. Seuls les Québécois ont trouvé le portrait incomplet, voire injuste. Combien de temps encore allons-nous demander aux Canadiens de voir leur pays comme nous l'imaginons?
Surtout depuis que la menace séparatiste s'est estompée, tout concourt à l'affaiblissement du bilinguisme. Au-delà des opinions, des prédictions, des craintes, les faits ne cessent d'illustrer cette dégradation. Par quel miracle le Canada voudrait-il renforcer le bilinguisme au fur et à mesure que le français s'étiole?
Les fédéralistes ont toujours gagé sur un Canada bilingue. Ils ont réussi dans la mesure où tout un Québec nationaliste qui n'avait qu'à y perdre, les a suivis. Mais en 2010, s'ils ont encore de l'énergie à consacrer à ce noble rêve, les fédéralistes ne devraient compter que sur eux-mêmes pour défendre leur vision. Ceux qui veulent vraiment défendre le français n'ont plus de temps à perdre à Ottawa, ville unilingue anglaise. Qui va traverser le pont pour franciser la douane de Sarnia? Les récriminations sont désormais stériles. Il ne faut plus s'indigner pour une fiction, une lubie, un alibi.
(Dans ce contexte, la situation des francophones hors Québec reste une question spécifique qui mérite des considérations appropriées. Ironiquement, ces communautés dépendent moins des Québécois que les fédéralistes québécois ne dépendent d'elles, comme victimes appréhendées.)
Une fois dégagés du fardeau de faire respecter le français à Vancouver et à Sarnia, bien des Québécois mettront leurs efforts à des tâches plus proches d'eux. Même s'il s'agit d'une terre fédérale, on pourrait commencer par l'aéroport Trudeau.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

