Remaniement ministériel - La promotion du bouillant John Baird inquiète l'opposition
Le Bloc déplore l'«attitude très partisane et parfois très arrogante en Chambre» du nouveau leader parlementaire du gouvernement
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Le nouveau leader parlementaire, John Baird, est entouré de John Duncan (à droite) et de Chuck Strahl. Ce dernier sera responsable du portefeuille des Transports et de l’Infrastructure, alors que Duncan devient ministre des Affaires indiennes.
Ottawa — Soutenant qu'il souhaite faire fonctionner le Parlement pour éviter la tenue d'élections, le premier ministre Stephen Harper a procédé hier à un remaniement ministériel qui a cependant été accueilli froidement par l'opposition.
Car l'un des députés les plus agressifs des conservateurs aux Communes, John Baird, a été nommé leader parlementaire du gouvernement à la Chambre. Un rôle clé dans le cadre d'un gouvernement minoritaire, puisque c'est à lui que revient la responsabilité de négocier avec les partis d'opposition afin d'obtenir leur appui ou d'assurer le bon fonctionnement des Communes.
Le premier ministre a toutefois défendu les qualités de son nouveau leader parlementaire, à sa sortie de Rideau Hall, hier matin.
Questionné par un journaliste quant à la façon de faire de M. Baird aux Communes — celui-ci ayant été accusé d'être très partisan —, M. Harper a rétorqué qu'il était simplement un «ardent défenseur du Parti conservateur, de notre gouvernement et de notre programme».
Reconnaissant qu'il s'agissait d'un poste difficile, M. Harper a soutenu qu'il fallait, pour l'occuper, avoir «la capacité d'agir, la capacité d'écouter, la capacité de négocier, la capacité de forcer des choses de temps en temps». Des qualités que possède, selon lui, celui qu'il envoie fréquemment au front, «un ministre de premier plan, l'un de nos plus chevronnés».
M. Baird, lui, a répliqué aux journalistes qu'il n'était pas un chien de garde, mais un «chaton».
L'opposition craint le batailleur
Mais du côté de l'opposition, c'est justement le caractère batailleur de M. Baird que l'on craint.
À l'instar du libéral Marc Garneau, le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, s'est dit «sceptique» quant à l'aptitude du nouveau leader du gouvernement de coopérer avec les partis d'opposition, déplorant son «attitude très partisane et parfois très arrogante en Chambre».
Et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, est allé encore plus loin, en attribuant le déclenchement d'une éventuelle campagne électorale sur cette décision du premier ministre.
«Parce qu'il [M. Harper] a eu des occasions en or de travailler avec les autres partis, mais il n'a pas saisi les occasions. La nomination de M. Baird, l'"attack-dog" de l'équipe, envoie un message assez clair que son approche ne sera pas vraiment de travailler avec d'autres partis», a scandé le chef néodémocrate, en entrevue téléphonique.
Malgré les appréhensions de l'opposition, le nouveau leader du gouvernement avait néanmoins déjà contacté au moins l'un de ses homologues des partis d'opposition hier pour établir un premier contact.
Chaises musicales
Le premier ministre devait procéder à un remaniement, puisqu'il devait remplacer son leader en Chambre, Jay Hill, qui a annoncé le mois dernier qu'il souhaitait prendre sa retraite et qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections, après avoir siégé pendant près de 20 ans aux Communes.
Son successeur a été leader du gouvernement dans le cabinet de l'ancien premier ministre ontarien Mike Harris.
Puisque le portefeuille des Transports et de l'Infrastructure a été retiré à M. Baird, le ministre des Affaires indiennes, Chuck Strahl, cède le sien pour le remplacer.
Ce jeu de chaises musicales aura permis au député d'arrière-ban de la Colombie-Britannique, John Duncan, d'accéder au Conseil des ministres. M. Duncan hérite d'un dossier qu'il maîtrise déjà puisqu'il occupait le poste de secrétaire d'État aux Affaires indiennes.
Il avait été élu pour la première fois au Parlement en 1993, sous les couleurs du Parti réformiste.
Puisqu'il a offert un «travail irréprochable», M. Duncan était un «choix naturel pour ce nouveau rôle», a fait valoir M. Harper à sa sortie de la résidence officielle de la gouverneure générale.
Car l'un des députés les plus agressifs des conservateurs aux Communes, John Baird, a été nommé leader parlementaire du gouvernement à la Chambre. Un rôle clé dans le cadre d'un gouvernement minoritaire, puisque c'est à lui que revient la responsabilité de négocier avec les partis d'opposition afin d'obtenir leur appui ou d'assurer le bon fonctionnement des Communes.
Le premier ministre a toutefois défendu les qualités de son nouveau leader parlementaire, à sa sortie de Rideau Hall, hier matin.
Questionné par un journaliste quant à la façon de faire de M. Baird aux Communes — celui-ci ayant été accusé d'être très partisan —, M. Harper a rétorqué qu'il était simplement un «ardent défenseur du Parti conservateur, de notre gouvernement et de notre programme».
Reconnaissant qu'il s'agissait d'un poste difficile, M. Harper a soutenu qu'il fallait, pour l'occuper, avoir «la capacité d'agir, la capacité d'écouter, la capacité de négocier, la capacité de forcer des choses de temps en temps». Des qualités que possède, selon lui, celui qu'il envoie fréquemment au front, «un ministre de premier plan, l'un de nos plus chevronnés».
M. Baird, lui, a répliqué aux journalistes qu'il n'était pas un chien de garde, mais un «chaton».
L'opposition craint le batailleur
Mais du côté de l'opposition, c'est justement le caractère batailleur de M. Baird que l'on craint.
À l'instar du libéral Marc Garneau, le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, s'est dit «sceptique» quant à l'aptitude du nouveau leader du gouvernement de coopérer avec les partis d'opposition, déplorant son «attitude très partisane et parfois très arrogante en Chambre».
Et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, est allé encore plus loin, en attribuant le déclenchement d'une éventuelle campagne électorale sur cette décision du premier ministre.
«Parce qu'il [M. Harper] a eu des occasions en or de travailler avec les autres partis, mais il n'a pas saisi les occasions. La nomination de M. Baird, l'"attack-dog" de l'équipe, envoie un message assez clair que son approche ne sera pas vraiment de travailler avec d'autres partis», a scandé le chef néodémocrate, en entrevue téléphonique.
Malgré les appréhensions de l'opposition, le nouveau leader du gouvernement avait néanmoins déjà contacté au moins l'un de ses homologues des partis d'opposition hier pour établir un premier contact.
Chaises musicales
Le premier ministre devait procéder à un remaniement, puisqu'il devait remplacer son leader en Chambre, Jay Hill, qui a annoncé le mois dernier qu'il souhaitait prendre sa retraite et qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections, après avoir siégé pendant près de 20 ans aux Communes.
Son successeur a été leader du gouvernement dans le cabinet de l'ancien premier ministre ontarien Mike Harris.
Puisque le portefeuille des Transports et de l'Infrastructure a été retiré à M. Baird, le ministre des Affaires indiennes, Chuck Strahl, cède le sien pour le remplacer.
Ce jeu de chaises musicales aura permis au député d'arrière-ban de la Colombie-Britannique, John Duncan, d'accéder au Conseil des ministres. M. Duncan hérite d'un dossier qu'il maîtrise déjà puisqu'il occupait le poste de secrétaire d'État aux Affaires indiennes.
Il avait été élu pour la première fois au Parlement en 1993, sous les couleurs du Parti réformiste.
Puisqu'il a offert un «travail irréprochable», M. Duncan était un «choix naturel pour ce nouveau rôle», a fait valoir M. Harper à sa sortie de la résidence officielle de la gouverneure générale.
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