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Lettre - Pour un vrai recensement canadien

Jacques Henripin - Professeur de démographie, Université de Montréal, le 23 juillet 2010  27 juillet 2010  Canada
Il devrait y avoir moyen de s'entendre. Entre la brutalité de la proposition du gouvernement fédéral et la levée de boucliers de ceux qui s'opposent à tout rétrécissement, il y a place à de nombreuses solutions. Elles devraient faire place à la raison avant toute chose.

Disons d'abord que ce qui importe, dans cette immense enquête, ce sont les caractéristiques des citoyens, bien plus que leurs logements, leurs moyens de transport ou les terres agricoles. En outre, plusieurs de ces caractéristiques peuvent être suffisamment connues par des moyens moins massifs et impératifs, les enquêtes par sondage par exemple.

À vrai dire, le recensement s'impose surtout lorsqu'on veut disposer d'informations précises, sur des caractères importants (et dont la perception n'est pas trop subjective) et pour de petites régions. Or, dans la connaissance des membres d'une société, la précision n'est pas toujours nécessaire et il n'est pas toujours important de tout savoir sur chaque pâté de maisons et sur chaque village.

Ce genre de critères permettrait sans doute de réduire sévèrement le nombre de questions. Ce n'est pas le lieu de faire la liste de celles qui pourraient être supprimées, mais à vue d'oeil, on pourrait élaguer les secteurs concernant la santé, le travail, les sources de revenus et l'enseignement reçu. Je dis bien «élaguer» et non «supprimer entièrement». Cela dit, il me semble que pour connaître les traits dominants des Canadiens, de même que pour une bonne gestion de leurs problèmes et de la politique en général, on ne peut absolument pas s'en tirer avec le «questionnaire court».

***

Jacques Henripin - Professeur de démographie, Université de Montréal, le 23 juillet 2010
 
 
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  • Michel Simard
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 09h53
    À chacun sa profession
    Monsieur Henripin propose ici de ramener les recensement à sa stricte dimension démographique, prêchant pour sa propre paroisse, au mépris des autres disciplines comme la sociologie, l'économie ou l'agronomie.

  • Michel Mongeau
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 09h54
    Statistiques et politique
    Le débat autour du projet du gouvernement fédéral, lié à la méthodologie du recensement, n'est pas, comme le laisse supposer le professeur Henripin, qu'une discussion à caractère scientifique. L'on sait que Harper intègre ce projet dans un ensemble de réformes des règles et des institutions canadiennes, en fonction d'une perspective idéologico-politique. Voilà pourquoi la véhémence de certains points de vue exprimés sur cette initiative des Conservateurs. Sans en faire des épigones de l'extrême droite à l'européeenne, ce parti au pouvoir depuis 2006, a largement prouvé sa détermination à réduire une certaine tradition sociale-démocrate canadienne et à restreindre l'espace démocratique au nom de valeurs conservatrices. La discussion sur d'éventuelles modifications qui auraient rapport à la méthodologie du recensement, à la nature des formulaires utilisés, au nombre et aux types de questions posées et ses éventuelles retombées sur l'efficacité de Statistiques Canada, concerne davantage les spécialistes et fonctionnaires. Il faut comprendre le citoyen outré de voir ce gouvernement rogner dans moult choses qui permettent l'accès à une information impartiale et complète aux journalistes et aux Canadiens et Québécois.

  • Michel Page
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 10h11
    Solidarité avec communautés francophones hors-Québec, recensement sur langue d'usage et parlée à la maison essentilee; marginalisation des communautés francophones par immiration
    Monsieur M. Graham Fraser

    Commissaire aux langues officielles
    438, avenue University, Toronto (Ontario) M5G 2K8

    Objet: Action assimilatrice de la politique d’immigration, redressement de la situation, et prochain recensement complet sur la langue d’usage et parlée à la maison

    Monsieur,
    L'assertion que nous retrouvons sur le site du gouvernement de l’Ontario (Francophones Affairs) à l'effet que la communauté francophone présente une proportion élevée d’immigrants récents, plus d'un immigrant francophone sur cinq serait arrivé en Ontario entre 2001 et 2006, soit un pourcentage supérieur à celui de la population totale, est trompeuse, voire carrément malhonnête.

    Observons le rôle que l’immigration a joué sur la marginalisation de la population francophone : l’Ontario compte une population d’environ 65,000 immigrants francophones, mais de 3,4 millions immigrants allophones/anglophones. L’immigration a joué un rôle essentiel de la politique ontarienne; et on aura noyé la population francophone dans une marée anglophone. La proportion de la population francophone ontarienne est passée de 9% à 4,3 % entre 1951 et 2006, et peut-être moins depuis, ce que devrait révéler le prochain recensement complet. Ainsi, il aurait fallu que la communauté francophone reçoive une proportion élevée d’immigrants adoptant la langue française. Malgré un pourcentage supérieur à celui de la proportion de la population francophone résiduelle depuis 2001, l’immigration récente ne fait que figer l’action assimilatrice de la politique d’immigration canadienne et ontarienne.

    Ainsi, un constat fondamental: Il faudrait que l’immigration totale soit réduite et que l’immigration francophone de la région de la capitale nationale augmente. Une politique du 50%/50% serait honnête et juste pour toute la région de la capitale nationale. Un plus grand nombre d’écoles françaises, et un autre collège technologique, complété d’un

  • Chryst
    Abonné
    mercredi 28 juillet 2010 20h43
    L’idée d’épurer le questionnaire sur l’essentiel est bonne
    Quelle que soit la provenance des données ou le sujet traité cela importe peu, en autant que la cueillette des données soit systématique si l’on veut que l’information soit fiable.

    La nature des questions posées et le caractère facultatif ou obligatoire du long questionnaire renseigne sur les visées de ce gouvernement. Plus ces questions seront élaborées sur un sujet plus on sera susceptible d’en apprendre sur celui-ci.

    Michel Thibault ing. f. m. sc.

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