mardi 7 février 2012 Dernière mise à jour 23h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Recensement - L'ingérence idéologique

Jean-Robert Sansfaçon   24 juillet 2010  Canada
L'ingérence du premier ministre Stephen Harper dans la conduite du recensement des Canadiens continue de faire couler beaucoup d'encre. Pour cause, car il ne s'agit pas d'une simple mesure administrative, mais d'une intrusion directe dans la gestion des méthodes scientifiques utilisées par Statistique Canada. On reconnaît les partis trop fortement teintés d'une idéologie, qu'elle soit de droite ou de gauche, à leur obsession malsaine du contrôle, y compris en matière scientifique.

La démission courageuse, mercredi, du statisticien en chef de Statistique Canada, Munir Sheikh, est venue accréditer la rumeur voulant que l'organisme soit en désaccord avec la décision gouvernementale d'abolir l'obligation de remplir la version détaillée du questionnaire de recension nationale. Une enquête volontaire, écrit M. Sheikh dans sa lettre de départ, ne peut pas remplacer un recensement obligatoire.

En réplique aux critiques unanimes des partis d'opposition, des groupes d'affaires autant que des groupes syndicaux, des municipalités et du milieu universitaire, les ministres du gouvernement continuent de faire valoir l'argument de l'intrusion inopportune de l'État dans la vie privée des gens. Le gouvernement n'a pas à frapper à la porte des gens, à 22h le soir, pour connaître le nombre de chambres à coucher dans leur maison, a commenté le bureau du premier ministre Harper. L'image est forte, mais elle est surtout ridicule.

Quant au député de Beauce, Maxime Bernier, il a profité de l'occasion pour promouvoir son credo de réduction de la place de l'État en suggérant aux «groupes de pression» qui utilisent les données du recensement d'effectuer leurs propres études. M. Bernier sait pourtant bien que les renseignements recueillis par Statistique Canada ne servent pas seulement à des groupes de pression, mais à tous les gouvernements dans l'élaboration de leurs programmes, aux chercheurs, aux entreprises, enfin à tous ceux qui ont besoin de données complètes, objectives, détaillées, et qui vont au-delà de ce que les sondages peuvent nous apprendre.

En fait, si M. Bernier et ses collègues sont à ce point opposés à l'obligation de répondre obligatoirement à un questionnaire détaillé malgré la totale confidentialité de l'exercice, c'est qu'ils refusent d'accepter que l'individu a aussi des devoirs à l'égard de la collectivité. L'idéologie libertarienne de laquelle il s'inspire prône l'avènement d'une société où les individus seraient «libérés» de toute entrave collective et entièrement responsables de leur sort, pour ne pas dire abandonnés à eux-mêmes. Et que le plus fort gagne!

***

Selon un sondage Ipsos Reid, 49 % des Canadiens et 62 % des Québécois interrogés seraient d'accord avec la décision du gouvernement Harper. Il va de soi que ces résultats font plaisir aux conservateurs, qui se réclament de la «majorité silencieuse» et ne manquent jamais une occasion de dénigrer les chercheurs, les artistes, les journalistes... enfin tout ce que le pays compte d'intellectuels. Pourtant, ils sont aussi la preuve qu'un simple sondage ne suffit pas pour connaître autrement que de façon superficielle la position des gens sur une question complexe. Encore moins pour dresser un portrait détaillé de la population canadienne et de ses habitudes de vie.

De toute façon, ce n'est pas parce qu'une majorité de gens se prononcent contre une mesure qu'un gouvernement doit suivre le mouvement. La peine de mort en est l'exemple le plus frappant, mais il en existe des dizaines d'autres, tels que les programmes de discrimination positive que les conservateurs songent aussi à faire disparaître, apprend-on.

Ce comportement d'un populisme navrant n'augure rien de bon pour l'avenir si d'aventure ce gouvernement remportait une majorité de sièges aux prochaines élections. On ne compte plus le nombre de décisions désastreuses prises malgré son statut de minoritaire, que ce soit l'abolition de l'aide aux tournées d'artistes, l'obsession pour la sécurité et la répression du crime, le refus d'adhérer au protocole de Kyoto ou d'inclure l'avortement dans l'aide aux femmes du Tiers-Monde, pour ne nommer que les plus connues.

Devant tant de parti pris, on ne peut pas rester indifférents. Que les conservateurs veuillent imposer leur vision de la vie en société, c'est leur droit, mais rien ne nous oblige à les suivre. C'est pour cette raison qu'il faut réclamer plus d'indépendance pour des organisations de l'importance de Statistique Canada ou de Radio-Canada, dont le mandat n'est surtout pas de répondre aux lubies des politiciens.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Socrate
    Inscrit
    vendredi 23 juillet 2010 23h25
    idées
    Les partis sans idéologie sont généralement des partis sans idées. Alors que faire? Laisser les statistiques aux moutons de Panurge qui s'imaginent pouvoir penser par eux-mêmes peut-être?

    On pourrait tout aussi bien les marquer de rouge pour faire plaisir aux libéraux, ou de vert pour satisfaire les écolos; mais serions-nous plus libres pour autant sans petits moutons jaunes pour braire à défaut de moutons bleus pour brouter?

    Tout cela ne restera que vains gazouillis sans un peu de cash au bout de la ligne pour chanter; et hameçons pour hameçons, rien ne vaudra jamais une bonne Broue tranquille pour réfléchir à défaut de subventions pour penser.

  • Normand Carrier
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 06h34
    Le saccage du pays ......
    Les conservateurs s'active a saccager ce pays que nous tolérons faute d'en arriver a se donner notre pays a nous ou notre nation en aurait le controle et serions maître de notre destinée ! Il est navrant de constater ces libertariens a la Max Bernier donner des raisons un peu plus connes les une que les autres pour justifier ce saccage .... Tout ce qui touche a la science est un repoussoir pour ces conservateurs rétrogrades ....
    Nous avons le choix entre ces populistes , simplistes , démagogues , rétrogrades et les libéraux des commandites et du flouage constitutionnel !!!!! Heureusement que nous avons le Bloc qui lui est dédié exclusivement a défendre les Québécois .....

  • Loraine King
    Inscrite
    samedi 24 juillet 2010 06h48
    Plutôt que de faire peur au monde
    Plutôt que de faire peur au monde la gouvernement et StatsCan devrait expliquer que l'on a pas à donner son nom dans le recensement.

    StatsCan ne veut pas savoir combien il y a de chambres à coucher dans la maison où habite Loraine King, l''âge de Loraine King, le revenu de Loraine King. Le recensement veut savoir combien il y a de chambres à coucher au 123 rue Principale, Mississauga, l'âge et le revenu des personnes qui y vivent. Mais leur nom n'a aucune valeur statistique.

    Je sais que ce je dis semblera farfelu vu l'ampleur du débat axé sur l'intrusion dans la vie privée mais c'est précisemment ce qu'un représentant de StatsCan m'avait expliqué. Il m'avait suggéré d'utiliser des sobriquets pour identifier les personnes qui habitent dans ma maison, ce que j'ai fait.

    Le Canada ne recense pas les individus mais les ménages, en anglais households.

  • Hubert Larocque
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 07h20
    L'intérêt du Québec pour des statistiqlues déliées
    La complexité des nations modernes veut que les gouvernements disposent de renseignements nombreux sur tous les aspects de la vie de leur population. Le prétexte que certaines questions seraient « intrusives » (quel anglicisme!) ne résiste pas à l’examen le plus élémentaire. Le rapport d’impôt, à ce compte, devrait être interdit comme abusif et considéré comme un viol de la vie privée! Un recensement précis, fouillé, constitue une nécessité pour toute administration. Son usage peut facilement se restreindre à la sphère du renseignement général, le préservant ainsi de tout emploi dirigé contre la personne.
    Le premier effet pour le Canada français et le Québec d’un questionnaire court et facultatif est de rendre floues et incernables les données qui concernent le déclin du français au Canada et sa fragilité grandissante au Québec. Il s’agit d’une façon grossière de donner libre cours à l’anglicisation et à l’assimilation. Serait-ce le dessein d’Ottawa?
    Dans le domaine de la statistique, comme en bien d’autres, on ne peut plus accorder de confiance au Gouvernement fédéral. Le temps serait venu que le Québec se dote d’une agence de statistiques dont le questionnaire pourrait accompagner le rapport d’impôt. Sa subordination à la délivrance des permis et à l’accès aux services publics devrait suffire à en assurer le succès.
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    samedi 24 juillet 2010 07h29
    La gauche et la liberté...
    On se serait attendu que ce soit la gauche du PLC, du NPD, et le BQ qui fassent la promotion de l'idéologie libertarienne et non les « Conservateurs ».

    Curieux phénomène... quand même que ce renversement des valeurs canadiennes.

    Moins d'État, pourrait-on croire.

  • Socrate
    Inscrit
    samedi 24 juillet 2010 08h13
    bulletin
    Je suggère de remplacer le recensement par un bulletin chiffré libréral et il n'y aura plus des pôblèmes.

  • Grognon
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 09h03
    demande d'informations
    Il serait intéressant d' avoir une idée plus précise des questions posées dans le cadre du recensement, version longue.
    Gilbert Le Blanc
    Hope Town

  • Nicolas Thibodeau
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 09h04
    Du recensement à un resgistre permanent de la population
    Il serait probablement l'heure d'effectuer un débat national sur la possibilité de changer notre recensement (enchâssé dans la constitution) et d'améliorer notre méthode par un registre de la population...

  • Kebekwa
    Inscrit
    samedi 24 juillet 2010 10h01
    Harper majoritaire ?
    L'Éditorialiste écrit: "Ce comportement d'un populisme navrant [par le gouvernement Harper] n'augure rien de bon pour l'avenir si d'aventure ce gouvernement remportait une majorité de sièges aux prochaines élections". Doit-on conclure qu'en toute logique (?) aux prochaines élections Le Devoir donnera priorité au blocage d'une telle éventualité et incitera ses lecteurs à ne PAS voter BLOC?

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 24 juillet 2010 10h03
    62% des Québécois seraient d'accord...
    Disons que ce résultat au sondage sur la question est plutôt gênant. M.Sansfaçon l'explique par une réponse superficielle à une question complexe, n'empêche que cela doit faire les gorges chaudes chez nos obsédés du contrôle qui préfèrent les sondages aux statistiques. On redécouvre ici le coeur saignant et édifiant de leur idéologie: "elle prône l'avènement d'une société où les individus seraient «libérés» de toute entrave collective et entièrement responsables de leur sort". Et quand on donne en exemple la chambre à coucher, on titille immanquablement même l'oreille distraite du vacancier picossé par les maringouins, qui répond "en maniant le barbecue": non merci!

  • Thibaud
    Inscrit
    samedi 24 juillet 2010 10h20
    Je balance
    Habituellement je ne suis pas partisan des obligations, qui ne nous encarcanent déjà que trop. Je dirais même qu'entre ce qui est interdit et ce qui est obligatoire, notre espace de liberté est entre le marteau et l'enclume, réduit à rien.
    Cela dit, une bonne connaissance du corps social, des conditions ambiantes, bref de la réalité, est absolument indispensable à qui voudrait prétendre gouverner en fonction de la réalité pour le bien des citoyens, et non d'après des principes immanents auxquels la réalité serait censée se plier.
    Cette suppression m'inquiéterait moins si elle ne s'était pas faite sous la férule de ce part conservateur, qui fait de plus en plus figure de Talibans Made in Canada.
    Aussi, après mûre réflexion, et considérant qu'il est toujours préférable de savoir que d'ignorer, malgré mon aversion pour le mot "obligatoire", je serais partisan du retour à la situation qui prévalait naguère, et de fournir à tous les universitaires, à tous les citoyens, et même aux groupes de pression, les moyens de savoir où nous en sommes et où nous risquons de nous en aller, dans un effort de lucidité qui ne doit rien ni à Monsieur Harper ni à Monsieur Bouchard.

  • François Dugal
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 10h31
    La fin du Canada
    Le pays ouvert et tolérant des Pearson et Stanfield n'existe plus: je suis bien content.

  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 10h40
    Les conséquences néfastes à long terme
    La décision du gouvernement Harper sur le questionnaire long et sa stratégie de communication auront des conséquences néfastes à long terme.

    Premièrement, le faible taux de réponse et la baisse de la qualités des données entraîneront l’abandon pur et simple du questionnaire et, par conséquent, une perte importante de renseignements utiles pour nos administrations publiques et pour de nombreuses entreprises privées.

    Deuxièmement, en mettant l’accent sur le droit à refuser de remplir les questionnaires obligatoires de Statistique Canada et non sur la valeur des renseignements qui en découlent, cela réduira la qualité des données produites par cette institution et augmentera le coût de les produire.

    Troisièmement, l’indépendance de Statistique Canada sera réduite, ce qui aura pour effet de réduire l’ampleur de sa production et surtout la qualité de celle-ci.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    samedi 24 juillet 2010 11h07
    Libertariens?
    Ça me fait un peu rire ces étiquettes... Libertariens ces conservateurs qui prennent l'argent de nos taxes pour sauver les banques? Libertariens ces gens qui utilisent la police pour empêcher le peuple de manifester? Libertariens ces gens qui prennent le contrôle d'une ONG indépendante comme Droits

  • Mathieu Bouchard
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 12h28
    Recensement
    @ Hubert Larocque : « intrusif » est un mot en français.

    @ Marie Mance Vallée : les libertariens sont les premiers à faire remarquer que la division unique entre la gauche et la droite est fallacieuse. Ils se disent à la fois pour la liberté personnelle et la liberté économique, alors que dans leur système, la gauche est contre la liberté économique, et la droite est contre la liberté personnelle.

    @ Pierre Rousseau : on reconnaît certains comportements comme étant le propre d'une ou l'autre des idéologies, mais aucun parti ne forme un tout vraiment homogène, et aussi, c'est rare un comportement qui a juste une explication possible. Ça complique nécessairement l'analyse, d'autant plus que quand il y a plusieurs explications, il y a des bonnes chances pour que le comportement ait lieu pour plusieurs de ces raisons en même temps. En tout cas, je suis d'accord que «libertarien» est un mot qui ne colle pas ici, même si, hors-contexte, ça a l'air d'un comportement typiquement libertarien.

  • Jean Yves Arès
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 15h01
    Formulaire 2006
    @ Gilbert Leblanc, vous avez ici il lien ici pour le formulaire de 2006, il a été fourni par Ariane Krol sur cyberpresse lundi passé,
    http://www.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/instrument/3901

    Vraiment il est assez incroyable comme nos médias au Québec se montrer promoteurs de pensé unique dans certain débat !

    Pendant qu’ils crient, mur a mur, à la catastrophe, en Europe on observe qu’environ la moitié de la quarantaine de pays changent leur façon de faire en matière de recensement. Principalement les pays au Nord, un bastions bien connu de la Droite… Ceux qui ne bougent pas sont la Russie et ses pays proches, les îles britanniques la Grèce le Portugal…
    Et une des raisons invoquée a ces changement vers des «procédures innovantes» c’est justement que le publique est moins disposer à y participer.

  • Marco61
    Abonné
    samedi 24 juillet 2010 15h05
    @ F. Dugal
    Il est malheureux de lire votre commentaire. Les "Stanfield" et "Pearson" ( qui a su diriger un gouvernement minoritaire avec beaucoup d'efficacité) avait la tolérance et le doigté propre aux gens qui savent en appeler à l'intelligence des autres. Pour allez dans votre sens aussi bien retourner au " Toé tais-toé" duplessiste, tant qu'à y être, pas fort.

    Marc Drouin

  • Lanthier Claude
    Inscrit
    samedi 24 juillet 2010 16h45
    Nationalistes québécois, soyez plus lucide!
    Si le gouvernement fédéral veut réduire la quantité d'information qu'il récolte, c'est qu'il veut réduire l'ampleur de ses interventions sociales.
    Pour les nationalistes québécois, la mesure devrait-être bienvenue. Ça permet au gouvernement québécois de combler le vide. L'Institut de Statistique du Québec pourrais facilement effectuer ce recensement et d'autres ministères pourraient éventuellement remplacer les interventions sociales qui seront abandonnées par le gouvernent fédéral.

    Au lieu d'avoir des réactions viscérale anti-conservateur, les nationaliste québécois devais être un peu plus stratège.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    samedi 24 juillet 2010 19h37
    Le ridicule ne tue pas
    Ce gouvernement est vraiment vicieux. Il fait tout pour détruire le Canada et le Québec qu'on a connu. Il s'acharne à mettre à terre nos institutions.

    Demander aux Québécois de ne plus voter pour le Bloc afin d'empêcher la venue d'un Harper majoritaire me semble utopique. C'est parce que le Bloc obtient une majorité de sièges au Québec que Harper est toujours minoritaire. De toutes façons, pour qui les Québécois voteraient ? Le PLC ? Ce parti est fini au Québec et probablement aussi au Canada. Le NPD ? Rien à faire. Mulcair est une exception.

  • Loraine King
    Inscrite
    dimanche 25 juillet 2010 06h54
    @ Claude Lanthier
    Le gouvernement ne tente pas de cumuler moins d'information qu'auparavant. Il entend le faire avec d'autres outils, dont l'Étude auprès des ménages qui remplacera le formulaire long en posant les mêmes questions, et les outils gouvernementaux déjà existants.

    Le numéro d'assurance sociale qu'émet le gouvernement fédéral identifie le citoyen personnellement, avec noms et adresse, et l'information sur votre personne à laquelle le gouvernement fédéral a accès grâce au numéro d'assurance sociale est déjà est cent, voire mille fois plus exhaustive que celle obtenue par le recensement.

    Par contre, vos noms et adresses sont dissociés de l''information avant même que StatsCan ne compile les données obtenues lors du recesement, et vous ne fournissez pas votre numéro d'assurance sociale lors du recensement. L'information est compilée de manière anonyme pour représenter des groupes dont la plus petite grappe est, je pense, le code postal, pas l'individu ou l'adresse.

    L'obligation de tenir un recensement est inscrite dans l'Acte constitutionel de 1867 et le Canada a depuis tenu des recensements sur les habitudes des foyers sans jamais qu'il y ait un bris de confidentialité de l'information obtenue. Cela pourrait changer si le gouvernement ouvre la porte à l'utilisation statistique des données obtenues par et reliées au numéro d'assurance sociale.

  • Daniel Breton
    Inscrit
    dimanche 25 juillet 2010 08h08
    Le préjugé l'emporte sur la science
    Ce qui est désolant, c'est de voir ce gouvernement rejeter de façon aussi cavalière toute approche scientifique. Qu'il s'agisse de réchauffement climatique, de recherche scientifique et de son financement, d'évolution, (n'oublions pas que le ministre des sciences est créationniste), de statistiques sur la criminalité ou de recensement, ce gouvernement rejette tout ce qui démontre que leurs croyances sont farfelues ou même dangereuses.

    Bref, c'est un retour dans un passé obscurantiste privilégiant les peurs et la manipulation. Très dangereux. Et comme le dit bien M. Sansfaçon, les libertés ont un pendant, les responsabilités.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    dimanche 25 juillet 2010 10h30
    «LIBERTARIANS» OU «LIBERTAIRES»: grande est la différence!
    Lorsqu'une personne se colle l'étiquette de «libertarienne» (cela se dit mieux en anglais), il s'agit presque toujours d'une personne plutôt conservatrice et de droite (souvent extrême) qui considère que le problème de fond de nos sociétés, c'est l'État. La solution, c'est donc la liberté économique, la concurrence et la compétition, l'exaltation presque «mystique» du marché et la libre entreprise. Ces personnes valorisent prétendument la liberté dite «individuelle» sans prendre en compte le fait majeur que la liberté peut varier en fonction des conditions économiques, des inégalités économiques, lesquelles sont secondaires. Les pauvres sont des «losers» et on n'a pas à estimer ou à aider les perdants, les ratés. Ces chères personnes «libertariennes» sont du côté des «lois naturelles», lesquelles ne sont pas très éloignées des «lois divines».

    Lorsque l'on dit d'une personne qu'elle est «libertaire» (et non pas «libertarian»), on fait probablement allusion à une personne de gauche plus ou moins liée au(x) mouvement(s) anarchiste(s). Les socialistes libertaires se méfient profondément de l'État, lequel devrait un jour disparaître, si on en croit leur «utopie». Mais la majorité des socialistes libertaires se méfient aussi des grandes entreprises motivées par la volonté du profit maximal et à court terme (si possible). Sauf grossière erreur de ma part, la majorité des «anarchistes» pensent que, pendant un certain laps de temps, l'État est «essentiel» pour minimiser les inégalités et pour «civiliser» le capitalisme. Mais l'État est aussi un monstre potentiel dont il faut sans cesse se méfier.

    Le socialisme libertaire veut se distinguer du «communisme» et de tous les socialismes qui ont pris une forme autoritaire, «big brotherienne».

    Harper et ceux de sa coterie sont des «libertarians» et il importe de les avoir à l'oeil.

    JSB, sociologue

  • Marc Lavallée
    Inscrit
    dimanche 25 juillet 2010 11h02
    @ Claude Lanthier
    Le Québec n'a pas le mandat ni les moyens de recenser sa population; c'est une compétence fédérale, payée par l'impôt fédéral, et ce sont les données fournies par le fédéral qui servent à l'Institut de la statistique du Québec.

    Le nationalisme québécois, c'est bien beau, mais ça ne vient pas automatiquement avec un projet de société cohérent et viable. Un Québec indépendant pourrait collecter ses impôts, voter ses lois, recenser lui-même sa population, et offrir des services en conséquence. Mais tant que le Québec fait partie du Canada, il n'y a aucun avantage à retirer du saccage conservateur, parce que le Québec est lent et a la mémoire courte.

    Il n'y a pas de corrélation entre l'augmentation de la bêtise des conservateurs et l'augmentation d'un nationalisme québécois (de moins en moins) progressiste. À voir l'appui du Québec pour cette mesure conservatrice (62%), on constate jusqu'à quel point le Québec est (de plus en plus) civiquement sous-éduqué.

    Si la population canadienne s'avère à manquer de civisme en refusant de répondre au formulaire long, il n'y aura plus que des entreprises de marketing et de sondage d'opinions pour nous fournir certaines données spécifiques. C'est dangereux.

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    dimanche 25 juillet 2010 13h31
    Un éditorial de toute première nécessité
    Et pendant qu'on répond par des sondages aux questions incontournables soulevées par des mesures jugées avec raison inacceptables, les raisons de s'opposer au gouvernement conservateur et à son idéologie s'ajoutent de jour en jour et le temps ne jouera pas en faveur de l'oubli et du désintéressement. Un jour viendra où une opposition vigoureuse finira par se lever.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • Georges Allaire
    Inscrit
    lundi 26 juillet 2010 03h00
    Ingérence idéologique 2
    Dans un monde de sondages et de statistiques, il y a toujours moyen d'obtenir des informations pertinentes à la vie pratique. De ce côté-là, les recensements à fonds sont périmés... sauf pour ceux qui s'en alimentent pour maintenir leurs balises idéologiques, comme des troupes de pression et même des journalistes analystes des affaires politiques.

    L'actuelle levée de boucliers dans les milieux socio-idéologiques révèle que quelques chiffres servent quelques personnes plutôt que la bonté de coeur de ces analystes.

  • Loraine King
    Inscrite
    lundi 26 juillet 2010 07h07
    @Jean-Yves Ares
    Les gouvernements scandinaves tiennent des registres centralisés sur les individus. Pour faire comme les pays scandinaves, il faudrait que le gouvernement rassemble dans une seule base de données l'information obtenue par le numéro d'assurance sociale, les bases de données des régimes de santé, les listes électorales, les rapports d'impôt, les bureaux d'enregistrement des véhicules, les données des agents d'immeubles, et autres....

    Il faudrait donc apporter des changements majeurs aux lois sur la confidentialité de l'information obtenue via le numéro d'assurance sociale, et négocier des arrangements entre les juridictions canadiennes sur l'assurance maladie, etc. Toutes ces informations sont directement reliées à la personne alors que StatsCan dissocie les noms et adresses de l'information obtenue lors d'un recensement avant même de la compiler.

  • Loraine King
    Inscrite
    lundi 26 juillet 2010 09h05
    @Georges Allaire
    Vous prétendez que les recensements à fonds sont périmés... sauf pour ceux qui s'en alimentent pour maintenir leurs balises idéologiques.

    Allez donc expliquer cela au directeur de la Banque du Canada qui disait au Globe and Mail qu'il devra trouver d'autres moyens pour accomplir son travail.

    Le gouvernement ne dit pas qu'il ne veut plus collecter l'information obtenue auparavant par le recensement détaillé. Le gouvernement vous demandera plus souvent de fournir les mêmes informations grâce à la nouvelle Etude nationale auprès des ménages.

    Personnellement, je veux surtout savoir combien cela coutera.

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    lundi 26 juillet 2010 09h20
    Pauvre Canada
    On n'a pas fini d'en baver avec ce gouvernement ....il est en train de nous bâtir un Canada plus inégalitaire, moins démocratique, plus répressif, plus guerrrier aussi, un Canada où la force brute (de l'argent et des armes) fera foi de tout....et ce Canada, les extrêmistes conservateurs le construisent avec la bénédiction de bien des groupes religieux

  • Daniel Valiquette
    Inscrit
    lundi 26 juillet 2010 09h50
    J'attends
    Moi, j'attends puisqu'il semble que ce ne soit pas encore le moment d'agir. Il en faudra davantage aux canadiens pour stopper ce gouvernement. Ce qu'il remet en question ne titille pas encore vraiment les électeurs... ça chatouille, mais c'est à peu près tout. Moi j'encourage notre merveilleux gouvernement conservateur à aller encore plus loin une prochaine fois afin que les canadiens comprennent bien ce qui leur pend au bout du nez. C'est à ce prix que viendra le changement. Est-ce que l'opposition ne pourrait pas mettre l'épaule àla roue et nous faire enfin une proposition qui soit qui soit alléchante ?

  • Michel Leclaire
    Abonné
    lundi 26 juillet 2010 11h03
    Démanteler l'État pour le donner aux Corporations
    Comment se fait-il que personne ne se rend compte que l'objectif de ce gouvernement est de démanteler l'État pour le donner aux Corporations, soit l'ordre marchand.

    Pour celui qui es capable de maitre en perspective l'ensemble des évènements, il sera évident que le règne de l'espèce humaine achève.

  • Jean Yves Arès
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 13h48
    Pourquoi pas l'exemple des pays Scandinaves
    @ Loraine King, peut-être qu’il faut apporter des changements a la façon de gérer les bases de données mais je ne vois pas de problèmes particuliers a la chose. Pour l’instant c’est géré ‘’en silos ‘’ avec les moult dédoublements que ça implique. D’ailleurs quand il est question d’aller chercher plus de revenu il y en a pas de problème pour partager des données, les ministères du Revenus fédéral/provincial ont pas eu trop de problème pour avoir la permission de croiser leurs données et a obtenir la permission d’aller chercher celles de SAAQ !

    Je dirais même qu’il y aurait tout avantage à mieux croiser les données. Ici il faut rappeler qu’il y a quelques années les médias nous rapportaient qu’il y avait quelques 5… millions de numéros d’assurance sociale de trop au Canada. Pas fort fort comme performance de gestion. Même plutôt digne d’une république de bannes.

    Ensuite, quand vous nous dites «vos noms et adresses sont dissociés de l'information avant même que Stat Can ne compile les données obtenues lors du recensement» cela veut simplement dire qu’on ne peut remonter à votre nom a partir des compilations. Un chercheur ne pourrait pas avoir la liste de noms des homosexuelles par exemple. Mais les noms restent associé aux renseignements fournit a la base de donnés primaire, sinon le consentement demander a la question 53 n’aurait pas de sens.

    Et comment faites-vous pour affirmer que la confidentialité n’a jamais été rompue depuis la Confédération? Si je prends l’exemple des informations qu’a obtenus par la loi d’accès a l’information Vincent Pouliot, de cyberpresse, il y a des dizaines de fonctionnaires aux deux ministères du revenu qui ont été sanctionnés, et même congédiés, pour cause de bris de confidentialité en une seule année. Rien de tel ne se serait jamais produit à Sta Canada en 143 ans ?
    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/qu

  • Jean Yves Arès
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 20h06
    lien fonctionnel sur l'article de Vincent Pouliot...
    Voici,
    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/qu

    Et j’ajouterais que le directeur de la Banque du Canada n’aura aucun trouble à s’adapter aux données fournis pas Sta Canada. En fait c’est Sta Canada qui saura s’adapter. Et quelle base de données serait mieux faite et plus pertinente pour ce directeur et que Sta Canada ne pourrait pas fournir?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
32 réactions
9 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Lettres
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012