Tournée du Parti libéral - Une coalition entre Michael Ignatieff et... Jean Chrétien
Photo : La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson
Michael Ignatieff a été accueilli par Jean Chrétien lors de son passage à Shawinigan.
Shawinigan — Jean Chrétien a donné hier un bon coup de pouce et une curieuse poignée de main à Michael Ignatieff lors de son passage dans son ancien fief de Shawinigan. «Je suis en vacances ici, mais je ne pouvais pas manquer l'occasion avec Aline de venir voir des libéraux, hein?», a lancé l'ancien premier ministre qui est venu accueillir l'autocar d'Ignatieff à la Cité de l'énergie.
Dans un discours improvisé aux allures de bénédiction paternelle, M. Chrétien a dit à Michael Ignatieff qu'il était sur la bonne voie en allant à la rencontre des gens. «Il faut leur parler, leur donner la main, discuter des problèmes qu'ils ont, leur parler de politique. [...] Ce que vous faites présentement, c'est la chose à faire. Vous voulez que je vous donne [un conseil] je le fais publiquement.»
Et l'autre de répondre qu'il avait «tout à apprendre» de celui qui a représenté pendant 30 ans la circonscription de Champlain-Saint-Maurice, le «maître de la politique canadienne».
Réputé arrogant et affilié à l'élite torontoise, Michael Ignatieff a fort à faire pour séduire les régions et récupérer des circonscriptions comme celles de la Mauricie. Depuis le départ de Jean-Chrétien, cette circonscription a élu trois fois le Bloc québécois avec des majorités confortables. Au dernier scrutin, le bloquiste Jean-Yves Laforest l'a emporté avec 9000 voix de majorité devant le conservateur, les libéraux se classant troisièmes avec 21 % des votes.
M. Ignatieff a certes été accueilli par davantage de militants à Shawinigan qu'en Beauce la veille, mais certains sont sceptiques quant à ses chances. Huguette Desilets, une militante libérale, nous a dit qu'elle ne pensait pas qu'Ignatieff allait gagner les prochaines élections. «Ce n'est pas pour cette fois-ci. Peut-être pour la prochaine. [...] Les gens ne le connaissent pas assez.»
Avec la crise économique, l'emploi est redevenu l'enjeu numéro 1 dans la région, nous a expliqué son voisin de table de pique-nique. «Grand-Mère est en train de devenir une ville fantôme», de résumer Jean Montemiglio, un libéral de longue date.
Jean Chrétien, lui, parie sur une redite du scénario de 1993. Cet été-là, la chef du Parti conservateur, Kim Campbell, trônait dans les sondages, a-t-il rappelé hier. «Je disais que c'était une étoile filante avec une "job d'été". [...] Quatre mois plus tard, j'étais premier ministre.»
Appelé à commenter le rejet du scénario de coalition avec le NPD auquel il croyait beaucoup, Jean Chrétien a baissé la garde. «C'est la décision des deux partis et ils ne veulent pas en faire une. Que voulez-vous que je vous dise?»
La poignée de Shawinigan, «un mythe de la politique canadienne»
Or, si on se fie à Denis Coderre, qui était sur place hier, la coalition est à l'intérieur du Parti libéral. Lorsque nous lui avons demandé ce qui pouvait bien lier des politiciens aux styles si opposés que Jean Chrétien et Michael Ignatieff, l'ancien lieutenant du Québec a rétorqué que le Parti libéral était une «coalition en soi». «Quand les deux s'unissent, vous avez une force vive.»
L'écart entre le style impulsif de l'un et poli de l'autre était manifeste hier quand, dans l'auditorium de la Cité de l'énergie, Jean Chrétien a fait semblant de saisir Michael Ignatieff à la gorge (pour ensuite agripper Justin Trudeau) en référence à la manifestation de 1996 où il avait brutalisé le manifestant Bill Clennett.
Cet incident avait beaucoup nui à son image, mais apparemment, il fait désormais l'objet de blagues et d'une expression consacrée: «la poignée de Shawinigan». Surpris par la promptitude de l'autre, Ignatieff a réagi en disant que ça «faisait partie de l'histoire politique du Canada» et des «mythes de la politique canadienne».
Dans un discours improvisé aux allures de bénédiction paternelle, M. Chrétien a dit à Michael Ignatieff qu'il était sur la bonne voie en allant à la rencontre des gens. «Il faut leur parler, leur donner la main, discuter des problèmes qu'ils ont, leur parler de politique. [...] Ce que vous faites présentement, c'est la chose à faire. Vous voulez que je vous donne [un conseil] je le fais publiquement.»
Et l'autre de répondre qu'il avait «tout à apprendre» de celui qui a représenté pendant 30 ans la circonscription de Champlain-Saint-Maurice, le «maître de la politique canadienne».
Réputé arrogant et affilié à l'élite torontoise, Michael Ignatieff a fort à faire pour séduire les régions et récupérer des circonscriptions comme celles de la Mauricie. Depuis le départ de Jean-Chrétien, cette circonscription a élu trois fois le Bloc québécois avec des majorités confortables. Au dernier scrutin, le bloquiste Jean-Yves Laforest l'a emporté avec 9000 voix de majorité devant le conservateur, les libéraux se classant troisièmes avec 21 % des votes.
M. Ignatieff a certes été accueilli par davantage de militants à Shawinigan qu'en Beauce la veille, mais certains sont sceptiques quant à ses chances. Huguette Desilets, une militante libérale, nous a dit qu'elle ne pensait pas qu'Ignatieff allait gagner les prochaines élections. «Ce n'est pas pour cette fois-ci. Peut-être pour la prochaine. [...] Les gens ne le connaissent pas assez.»
Avec la crise économique, l'emploi est redevenu l'enjeu numéro 1 dans la région, nous a expliqué son voisin de table de pique-nique. «Grand-Mère est en train de devenir une ville fantôme», de résumer Jean Montemiglio, un libéral de longue date.
Jean Chrétien, lui, parie sur une redite du scénario de 1993. Cet été-là, la chef du Parti conservateur, Kim Campbell, trônait dans les sondages, a-t-il rappelé hier. «Je disais que c'était une étoile filante avec une "job d'été". [...] Quatre mois plus tard, j'étais premier ministre.»
Appelé à commenter le rejet du scénario de coalition avec le NPD auquel il croyait beaucoup, Jean Chrétien a baissé la garde. «C'est la décision des deux partis et ils ne veulent pas en faire une. Que voulez-vous que je vous dise?»
La poignée de Shawinigan, «un mythe de la politique canadienne»
Or, si on se fie à Denis Coderre, qui était sur place hier, la coalition est à l'intérieur du Parti libéral. Lorsque nous lui avons demandé ce qui pouvait bien lier des politiciens aux styles si opposés que Jean Chrétien et Michael Ignatieff, l'ancien lieutenant du Québec a rétorqué que le Parti libéral était une «coalition en soi». «Quand les deux s'unissent, vous avez une force vive.»
L'écart entre le style impulsif de l'un et poli de l'autre était manifeste hier quand, dans l'auditorium de la Cité de l'énergie, Jean Chrétien a fait semblant de saisir Michael Ignatieff à la gorge (pour ensuite agripper Justin Trudeau) en référence à la manifestation de 1996 où il avait brutalisé le manifestant Bill Clennett.
Cet incident avait beaucoup nui à son image, mais apparemment, il fait désormais l'objet de blagues et d'une expression consacrée: «la poignée de Shawinigan». Surpris par la promptitude de l'autre, Ignatieff a réagi en disant que ça «faisait partie de l'histoire politique du Canada» et des «mythes de la politique canadienne».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

