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Huit questions pour décrire une société ?

Pour les conservateurs, c'est parce qu'ils se méfient de l'État que les citoyens ne se plaignent pas du recensement

Hélène Buzzetti   17 juillet 2010  Canada
Population<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Population
Ottawa — Les conservateurs justifient l'abolition du caractère obligatoire du recensement par son côté intrusif. L'État, estime le gouvernement Harper, n'a pas à forcer ses citoyens à fournir des informations personnelles. Cette crainte n'est absolument pas fondée, disent les spécialistes de la question.

«À Statistique Canada, on a une blague qui dit qu'il n'y a chez nous qu'un seul péché mortel: dévoiler des informations confidentielles. Tout le reste n'est que péché véniel», lance Ivan Fellegi en entrevue avec Le Devoir. M. Fellegi a été, de 1985 à 2008, statisticien en chef à Statistique Canada. Selon lui, la peur des gens de voir des informations sensibles entre les mains d'un organisme étatique n'a pas sa place.

«Statistique Canada est obsédée par les questions de vie privée. Jamais, jamais, n'y a-t-il eu un cas de fuite d'informations pouvant être reliées à une personne. Jamais.»

Le gouvernement conservateur a décidé que le formulaire long du recensement, celui dans lequel on interroge les gens sur la langue qu'ils parlent à la maison et au travail, leur origine ethnique, leurs revenus ou leur moyen de transport, ne sera plus obligatoire.

«Le gouvernement du Canada a reçu des plaintes de citoyens qui trouvaient que le questionnaire détaillé constituait une atteinte à leur vie privée. Le gouvernement ne croit pas que les Canadiens doivent fournir à Statistique Canada des renseignements tels que le nombre de chambres à coucher dans leur maison, l'heure à laquelle ils quittent leur domicile pour se rendre au travail ou la durée du trajet entre leur maison et leur travail», a indiqué par communiqué de presse le ministre de l'Industrie, Tony Clement.

Le Commissariat à la protection de la vie privée a pourtant indiqué cette semaine qu'il n'avait reçu qu'une plainte lors du recensement de 2001 et seulement deux en 2006. Cela n'est pas représentatif, croit Tony Clement. «Si l'intrusion du gouvernement vous préoccupe, vous ne serez pas enclins à vous plaindre auprès d'un autre organe gouvernemental, a expliqué le ministre en entrevue avec le Globe and Mail. Je dis cela sans préjudice pour la commissaire à la protection de la vie privée, mais la plupart des gens ne comprennent pas qu'elle est indépendante.»

Affaire de Constitution

La Constitution canadienne exige la tenue d'un recensement tous les dix ans dans le but de répartir les sièges à la Chambre des communes. Pour mettre fin à cette obligation, il faudrait lancer une ronde constitutionnelle...

Rien n'oblige toutefois le gouvernement à aller plus loin qu'un simple décompte. Et c'est à peu près tout ce que permettent de faire les huit questions du formulaire court (nom, sexe, âge, état matrimonial, liens entre les occupants, langue maternelle). Le gouvernement estime que c'est suffisant pour «tracer un portrait démographique de notre pays. Les questions nécessaires à l'atteinte de cet objectif font partie du questionnaire abrégé», dit le communiqué de Tony Clement.

La Grande-Bretagne songe à cesser son recensement décennal, même si celui de 2011 tient toujours. Plusieurs pays l'ont déjà fait, dont l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège. Mais dans ces pays, les informations sont déjà consignées dans des registres gouvernementaux exhaustifs.

Au Danemark, les citoyens reçoivent un numéro d'identification universel utilisé pour payer leurs impôts, obtenir des soins de santé et transiger avec leur banque, leur compagnie d'assurances, les douanes et la police. Le citoyen y est fiché par l'État, contrairement à ce qui se fait au Canada, où l'étanchéité entre les registres est maintenue.

Pour Jean-Guy Prévost, professeur à l'Université du Québec à Montréal et un des rares spécialistes des questions de recensement, c'est là le grand paradoxe, les recensements étant infiniment moins «inquisiteurs». «Avec des registres de la population bien faits, le gouvernement suit la population bien plus étroitement qu'il ne peut le faire par un recensement. Surtout que, très rapidement dans le processus, l'information est séparée du nom des personnes. On ne veut pas vraiment savoir si Mme Buzzetti est d'origine italienne, mais plutôt combien de personnes d'origine italienne il y a dans un quartier donné.»

Arme de guerre

Le professeur donne l'exemple des Pays-Bas dont les registres sont extrêmement complets. «Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands ont utilisé ces registres pour arrêter les Juifs.» Mais les recensements ne sont pas sans faille. Aux États-Unis, en 1942-1943, sous la pression de l'armée et du président, le Census Bureau avait finalement accepté de révéler l'emplacement approximatif des personnes d'origine japonaise afin de faciliter leur expulsion. «C'est la grande tache dans l'histoire du Census Bureau des États-Unis.»

La résistance américaine aux recensements persiste. Le courant libertarien traditionnel, porté par le Tea Party, y est pour quelque chose, croit Jean-Guy Prévost. Les agents du recensement qui font du porte-à-porte ces jours-ci pour convaincre les 48 millions de récalcitrants ont d'ailleurs fait l'objet de plus de 400 menaces et agressions. Dans une douzaine de cas, des coups de feu ont même été tirés.

Ivan Fellegi rappelle que le taux de réponse naturel à un recensement canadien n'est que de 70 % les «bonnes» années. Ce n'est qu'après de multiples démarches auprès des récalcitrants qu'il passe à environ 97 %. «Quand on fait un suivi pour demander aux gens de répondre au questionnaire, ils nous demandent: "Suis-je obligé?" Si on leur dit non, la réponse sera: "Alors, non merci"!»

Ce taux de 70 % explique toute la grogne générée par la décision d'Ottawa. Les gens moins susceptibles de répondre sont les autochtones, les immigrants récents ou encore les personnes moins éduquées ou défavorisées. L'échantillon du recensement sera donc biaisé: en grossir la taille, comme le propose Ottawa, n'y changera rien, avertit M. Fellegi.

Call me Canadian

Le recensement est toujours sujet à de grands débats. Tour à tour, l'agriculture, la religion, la race, la couleur de la peau ou la langue ont soulevé les passions. Au début, raconte Jean-Guy Prévost, les agriculteurs craignaient que l'État n'utilise les données pour évaluer leurs terres et ajuster la taxation.

Dans les années 1800, c'est l'Église catholique qui s'occupait du recensement. Quand, dans un mariage confessionnel mixte, les parents déclaraient une religion autre que la catholique pour leurs enfants, l'Église considérait qu'il s'agissait d'une erreur et les «convertissaient» dans les registres! Il y avait aussi une chicane entre protestants et catholiques pour savoir qui pouvait compter dans ses rangs les Grecs orthodoxes, chacun voulant gonfler son armée de fidèles.

La question sur l'origine ethnique a aussi créé bien des remous. Estimant que tout le monde, sauf les autochtones, était le fruit de l'immigration, Statistique Canada n'offrait pas l'origine «canadienne» dans son choix de réponses. Les 10 réponses les plus fréquentes étaient listées, ainsi qu'une case «autre» que le répondant pouvait remplir à sa guise. Des Ontariens ont alors lancé la campagne «Call me Canadian». Elle a été si populaire que l'option «Canadian» s'est hissée au 10e rang, forçant Statistique Canada à offrir ce choix de réponse en 1996.

Cela a créé une telle distorsion que cette question n'est plus utile, croit M. Prévost. «Cela a eu pour effet de diminuer le nombre de gens d'origine française.» La preuve? «C'est au Lac-Saint-Jean que, toute proportion gardée, le choix "Canadian" a été le plus populaire!»

La question sur la langue parlée à la maison a été ajoutée au formulaire long en 1971 dans la foulée de la commission Laurendeau-Dunton. Mais ce n'est que 30 ans plus tard qu'une question a enfin été posée sur la langue parlée au travail. «Ça permet de voir qu'il y a moins de gens qui parlent le français au travail qu'il y a de gens qui parlent le français à la maison, et encore moins que de gens dont c'est la langue maternelle», explique M. Prévost. Ces données permettent de chiffrer l'assimilation.

Données jamais révélées?


Un autre changement apporté au recensement de 2011, et passé inaperçu, est celui de l'utilisation des données nominatives dans le futur. Les données des recensements de 1851 à 1901 ont été mises à la disposition des chercheurs et généalogistes 92 ans plus tard, leur permettant de suivre l'évolution socioéconomique de familles types.

La pratique a ensuite cessé, mais en 2006 Statistique Canada est revenu à la charge, demandant aux gens leur autorisation pour une divulgation future. Cette question disparaîtra du formulaire long de 2011. Il sera donc seulement possible d'étudier l'évolution de l'état matrimonial des gens. Statistique Canada n'a pas été en mesure cette semaine d'expliquer cette décision.

Par ailleurs, la liste des groupes qui s'opposent à la décision d'Ottawa continue de s'allonger. Après les municipalités, le milieu des affaires et les professeurs d'université, voici que les syndicats et les groupes religieux se mettent de la partie.

Le Congrès juif du Canada dit se baser sur les réponses au formulaire long pour planifier l'offre de services sociaux à la communauté. L'Evangelical Fellowship of Canada ajoute qu'il ne sera plus possible de faire des comparaisons historiques des données. «Nous ne serons plus capables de comprendre comment le paysage religieux du Canada évolue», a expliqué à la Presse canadienne Rick Hiemstra, du Centre de recherche sur l'évangélisme canadien. La FTQ (Fédération des travailleurs du Québec), quant à elle, dit utiliser les données presque chaque jour, données qui servent à planifier les stratégies de main-d'oeuvre.
Population<br />
Ce n’est pas d’hier que les recensements suscitent des débats au Canada.<br />
 
 
 
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  • François Ricard - Abonné
    17 juillet 2010 07 h 13
    Un geste hautement anti-démocratique
    Plutôt cette semaine j'avais réagi à cette épouvantable décision qui va priver notre démocratie de données essentielles à son bon fonctionnement.
    Le recensement canadien, du moins jusqu'à maintenant, était reconnu mondialement comme étant le meilleur et plusieurs pays sont venus l'étudier pour pouvoir le bien copier chez eux. Son grand mérite consistait à présenter une image relativement réel du vrai pays et permettait à tous ses citoyens de prendre des décisions politiques, économiques et sociales qui collaient bien aux besoins appréhendés.
    Pourquoi jeter aux orties une approche si exemplaire? Car il ne faut pas oublier qu'une saine démocratie se nourrit d'informations. La nouvelle approche va priver les gouvernements, les entreprises, les organisations sociales de données qui leur permettaient de bien cerner les situations dans lesquelles elles se trouvaient.
    Quand on prive une population d'information, par le fait même, on diminue la qualité démocratique de tout son ensemble.
    Les grands perdants seront les groupes minoritaires, le Québec et l'électorat canadien tout entier. Et je pense que c'est voulu ainsi par ce gouvernement qui s'abreuve de conservatisme et de néo-libéralisme.
    Depuis les débuts de la Confédération, jamais n'aurons=nous été aussi mal foutus aux deux paliers de gouvernement, tant fédéral que provincial, que nous le sommes présentement.
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  • William Hogg - Abonné
    17 juillet 2010 08 h 14
    Harper attaque des programmes sociaux efficaces
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    17 juillet 2010 08 h 45
    Les non-répondants
    «Les gens moins susceptibles de répondre sont les autochtones, les immigrants récents ou encore les personnes moins éduquées ou défavorisées»
    Je confirme pour les moins éduquiées et défavoriées. J'avais travaillé au recensement de 1976 dans un quartier défavorisé. Le taux de réponse était très faible. Les gens ne comprenaient pas les questions! Fallait que je complète le questionaire au téléphone avec chaque non-répondant.
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    17 juillet 2010 08 h 52
    Si les groupes religieux et les gens d'affaire se plaignent....
    Si les groupes religieux et le milieu des affaires se plaignent des changements proposés par le gouvernement Harper au recensement , il y est possible que le gouvernement recule...On le sait, ce gouvernement n'écoutera pas les universitaires, ni les syndicats, et probablement pas les municipalités ....mais les gens d'affaires et les organisations religieuses reçoivent tout son attention...alors, on peut encore espérer.
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  • Jerome Letnu - Inscrit
    17 juillet 2010 09 h 05
    Sécurité des données ?
    «À Statistique Canada, on a une blague qui dit qu'il n'y a chez nous qu'un seul péché mortel: dévoiler des informations confidentielles. Tout le reste n'est que péché véniel», lance Ivan Fellegi en entrevue avec Le Devoir.


    Jusqu'à ce que Jack Bauer entre en scène. Il a absolument besoin d'une copie des banques de données de statistique Canada pour empêcher un groupe terroriste de s'en prendre au stand à hot-dog de la plage de Corpus Christi, au Texas.

    Pour obtenir ce qu'il veut, il n'hésitera pas à torturer M. Fellegi, puisqu'il a un nom arabe et que tout le monde va s'en foutre, et que devant un impératif aussi important que la sécurité nationale des États-Unis, la vie privé des canadiens doit céder le pas.

    Il me semble que c'est une adaptation pas trop exagérée de l'utilisation faite par les Allemands, pendant la 2e guerre mondiale, des registres public des Pays-Bas ?
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  • L'ex-Canard - Inscrit
    17 juillet 2010 09 h 43
    Coupure des prestations de service dans l'Ouest canadien
    Recensement après recensement, nos nombres diminuent dans l'Ouest canadien. Les bureaucrates des villes et provinces ont utilisé ces données de déclin pour justifier les coupures et réallouer aux démographies montantes. Electorallement payant aussi. Ceci est devenu particulièrement évident récemment après les Jeux, compte-tenu des derniers resserrements de l'économie et l'humeur du payeur de taxe.

    Pourquoi alors s'entêter à mesurer le taux de mortalité des francos quand on pourrait mesurer leur taux de vitalité sur une base plus fréquente dans une société multilingue et branchée plus que jamais en appui à une reprise du français dans l'Ouest? Pourquoi s'entêter à mesurer une réalité qui n'existe plus mais qui est remplacée par une nouvelle qu'on ne semble pas comprendre?

    Serait-il possible que ceux qui se préoccupent des données linguistiques du recensement sont isolés dans des ghettos linguistiques institutionnels autant dysfonctionnels que mal branchés? Est-il possible qu'ils sont tout à fait prêts à mettre des X sur la francophonie en marge et tirer ce qui reste de la couverte de leur bord? Sauver les meubles qu'y disent. Parce qu'à répéter les mêmes actions, we keep producing the same results... Matière à réflexions entk!
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    17 juillet 2010 11 h 23
    Fellegi...
    n'est pas un nom arabe, mais hongrois. Mais tout le monde s'en fout sans doute quand même...

    Cependant, même un faux Arabe directeur de StatCan ne pourrait pas avoir accès aux données nominatives du recensement, qui ne sont selon moi même pas conservées... Il suffit d'arracher la première page du questionnaire...
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  • MichelG - Inscrit
    17 juillet 2010 11 h 29
    Les sondages et les recensements
    Les recensements servent les manipulateurs anti -démocratiques qui se font élire en disant ce qu'ils lisent dans les sondages .
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  • Pierre Cornellier - Abonné
    17 juillet 2010 17 h 13
    A propos d'une vitalité nouvelle du français dans l'Ouest:vision carte postale
    @ L'ex-Canard

    A propos d'une nouvelle vitalité du français dans l'Ouest..D'abord rappeler que L'ALberta et la Saskatchewan sont officiellement unilingues anglais depuis 1988.

    http://journallareleve.com/wordpress/?page_id=390

    Au recensement 2006, taux d'assimilation à l'Ouest du Québec;
    Ontario 42%;Manitoba 56%; Sask 75%; Alberta 68% BC 71% Total ROC 39%

    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3
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  • Pierre Cornellier - Abonné
    17 juillet 2010 19 h 16
    Vision carte postale-suite et fin-
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  • L'ex-Canard - Inscrit
    17 juillet 2010 21 h 26
    Re: la vision carte postale
    En effet, la réalité francophone purelaine que le recensement mesure a pratiquement disparu dans tout l'Ouest canadien. Une nouvelle réalité l'a toutefois remplacé à mon avis et fait peur aux intégristes qui feront tout pour la décimer. Tel que le constatait MichelG plus tôt, les recensements servent les manipulateurs. Le changement proposé par Harper ne change absolument rien malheureusement à la donne linguistique et l'élaboration de politiques publiques reliées à la langue. Les volontés politiques sont inexistantes et il n'y a absolument aucun leadership pour mettre à jour la politique des langues officielles. Je crois qu'il serait dans l'intérêt des québécois de s'y affairer, parce que le problème de la dualité linguistique ne disparaitra pas, même si les francophones purelaines disparaissent graduellement dans le RdC.
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  • Pierre Cornellier - Abonné
    18 juillet 2010 08 h 05
    Décision idéologique néfaste pour une société
    Un recensement systématique est un élément indispensable dans une société la moindrement organisée, autant pour l'État lui-même que pour les différentes institutions:municipalités,universités, gens d'affaires,etc.

    La décision conservatrice est totalement irresponsable.

    Comme le Canada a, officiellement, 2 langues officielles, son recensement automatique lui permettait justement d'évaluer la situation ponctuelle en matière linguistique..

    C'est ainsi qu'en 2006, on a su, par exemple, le % des Anglophones bilingues(anglais-français) dans l'Ouest:Manitoba 6.5%; Sask. 3.6%; Alberta 5,3%;BC 6%.
    http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/cnddemo.htm

    Que dans chacune des quatre provinces de l’Ouest, l’assimilation des Francophones âgés entre 35-44 ans s’élève en 2006 au-dessus de 60 %. En effet, en Alberta, le taux d’anglicisation des francophones âgés de 35 à 44 ans et natifs de l’Alberta était en 2006 de 88 %. En Colombie- Britannique, le taux d’anglicisation des francophones du même âge, nés dans la province, était de 83 %.
    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3
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  • L'ex-Canard - Inscrit
    18 juillet 2010 09 h 17
    Dominer ses peurs pour avancer
    Aussi longtemps que les Québécois ne domineront pas leur peur en matière de disparition graduelle du francophone purelaine, ils n'avanceront pas. Il est dans leur intérêt d'allier au delà de ces statistiques pour véritablement comprendre comment ces purelaines franco ont disparu de la carte dans l'Ouest canadien. Le nombre de leçons est incroyable et je ne crois pas que vous les avez appris.

    Brandir l'épouvantail du bonhomme sept heure avec ces stats d'assimilation ne vous permettra pas d'avancer, que vous deveniez souverain ou non. La première étape serait d'arrêter subito presto de traiter ces francophones hors-Québec comme des pauvres tit's pittes ou pire encore comme des colonies de lépreux. Je ne crois pas que répondre à 8 questions ou une cinquantaine va changer quoi que ce soit à l'attitude courante, i.e. la peur! Cette controverse du recensement (aspect linguistique) est un autre faux débat présentement qui empêche d'avancer sur les véritables enjeux. La peur vous domine!
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  • J.M. Rodrigue - Inscrit
    18 juillet 2010 09 h 33
    Recensement et censure
    @ MichelG et l’ex-Canard, vous avez vu juste…
    L’étymon de censure >> est « cens » censor >> censeur, dans la Rome antique, i.e.. personne chargée de faire le recensement de la population à tous les 5 ans.

    Un glissement sémantique a fait du «recenseur» romain, celui qui fait le recensement, en vérificateur de l’ordre, puis en gardien de l’interdiction: d’ou recensement, recenseur, censeur et censure (le préfixe «re» exprime un retour en arrière ou une répétition).
    Jeanne-Mance Rodrigue
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  • Pierre Cornellier - Abonné
    18 juillet 2010 18 h 06
    Les personnes soucieuses de protéger les droits de la minorité francophone du Canada contre la décision des conservateurs
    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada
    "L'opposition à cette décision a rapidement pris de l'ampleur parmi les
    statisticiens, les gouvernements provinciaux et municipaux, les
    dirigeants autochtones, les groupes d'affaires et les personnes
    soucieuses de protéger les droits de la minorité francophone du
    Canada. ".

    Les questions sur la langue ne représentent qu'un des nombreux aspects de la vie collective.

    Quant à moi, tant mieux s'il y a une "vitalité" francophone hors Québec. Mais ce qu'écrit "l'ex-Canard" représente nettement la vision carte postale tristement répandue par le système. Tout comme le bilinguisme d'ailleurs:autre fiction étrangère au fonctionnement du Canada...mais véhiculée en forme carte postale.

    S'il y a "vitalité", on le verra dans le prochain recensement, s'il est effectué selon les normes habituelles...pas dans un "recensement bidon".
    Le Grand nettoyage Canadien par Ernest Bourgault FHQ pendant plus de 60 ans
    http://www.synapse.net/~imperatif/archives/nettoya
    " L'Acte de décès du français est ainsi gravé dans la pierre
    (tombale) à des dizaines de milliers d'exemplaires...Le Canada est
    l'auteur d'une des plus vastes opérations de nettoyage culturel des
    temps modernes".

    -"La purification ethnique au Canada anglais est une forme de
    nettoyage("cleansing") culturelle"-Sénateur Jean-Maurice Simard 11
    juin 1999- http://www.ottawacitizen.com/national/990610/27061

    -La Fédération des Francophones de Saskatoon:"L'ethnocide de la
    Francophonie minoritaire s'est toujours perpétué par les gouvernements provinciaux".
    http://www.synapse.net/~imperatif/archives/saskato "Dix ans de l'infâme Loi 2 en Saskatchewan" selon le Président de l'Association
    des francophones de Saskatoon"
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  •  
  • L'ex-Canard - Inscrit
    18 juillet 2010 19 h 41
    Les liens de Pierre C.
    Pas un seul ne fonctionne???
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  •  
  • Rodrigue Guimont - Abonné
    19 juillet 2010 09 h 21
    Au sujet de la disparition du français au Canada
    Vous trouverez beaucoup d'articles sur ce dossier sur le site Voxlatina:

    http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=930
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  • Mathieu Demers - Inscrit
    19 juillet 2010 22 h 53
    Recensement, super outil...
    Super outil pour les adeptes du néo-socialisme: planificateur, centralisé, avec tous les pouvoirs sur les vies de milliers et millions de personnes.
    Toujours dans le but vertueux d'aider les autres... en fait, d'aller se chercher des clientèles électorales, de passer pour des bienfaiteurs avec l'argent dérobé aux contribuables honnêtes.

    Un super outil pour créer pleins de nouveaux programmes coûteux mais faussement dits «gratuits».

    Martin Masse du Québécois Libre en a parlé cette semaine (article en français et en anglais): http://www.leblogueduql.org/2010/07/the-census-deb
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