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Fadden s’excuse, mais ne se rétracte pas

Le patron du SCRS ne croit pas avoir révélé un secret en parlant de l’influence des pays étrangers sur certains politiciens canadiens

Hélène Buzzetti   6 juillet 2010  Canada
Le 22 juin dernier, Richard Fadden avait créé toute une commotion en soutenant que des ministres provinciaux de deux provinces étaient sous l’influence de pays étrangers.<br />
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Le 22 juin dernier, Richard Fadden avait créé toute une commotion en soutenant que des ministres provinciaux de deux provinces étaient sous l’influence de pays étrangers.
Ottawa — Le grand patron des espions canadiens, Richard B. Fadden, s’est excusé hier d’avoir parlé publiquement de l’influence exercée par des pays étrangers sur certains politiciens canadiens. Mais il ne retire pas ses remarques, qu’il juge anodines. Le Bloc québécois et le NPD croient au contraire que l’homme devrait démissionner parce qu’il a trop parlé... mais pas assez non plus.

La Chambre des communes ne siège pas l’été, mais les députés fédéraux ont trouvé les allégations du directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) d’il y a deux semaines si inquiétantes qu’ils sont revenus à Ottawa pour le faire comparaître en comité parlementaire. M. Fadden a tenté de les rassurer.

«Les cas mentionnés n’ont jamais représenté une menace immédiate pour la sécurité nationale», a déclaré M. Fadden hier. «Pour cette raison, il n’était pas nécessaire, et il ne l’est toujours pas, d’en informer le ministre avant que le SCRS n’ait achevé son analyse.» M. Fadden estime que le SCRS devrait communiquer davantage avec le public et que ses commentaires devaient être pris dans ce contexte.

Il a expliqué que deux personnes faisaient l’objet de l’enquête, commencée «il y a quelques années». La collecte d’informations est terminée, et le SCRS en terminera l’analyse d’ici «quelques semaines». Le directeur du SCRS soutient avoir consulté au début 2010 la conseillère à la sécurité nationale auprès du premier ministre, Marie-Lucie Morin, sur la façon d’avertir les provinces dont les ministres sont visés.

Le 22 juin dernier, M. Fadden avait créé toute une commotion en soutenant sur les ondes de CBC, la veille de la visite du président chinois au Canada, que des ministres provinciaux de deux provinces étaient sous l’influence de pays étrangers. Il n’a pas nommé les deux provinces ni les pays en question, bien qu’il n’ait pas nié, ni admis, que la Chine pouvait être du lot. Il a aussi dit que des fonctionnaires de Colombie-Britannique étaient sous influence, de même que des élus municipaux de cette province.

La Colombie-Britannique et l’Ontario se sont sentis visés, et cela a amené les deux premiers ministres à exiger des clarifications de M. Fadden. Ces critiques ont été reprises hier par le Bloc québécois et le NPD.

«Vous êtes bien conscient que vous avez jeté le discrédit sur plusieurs personnes de la classe politique, parce qu’en ne nommant personne, aucune province, vous visez toutes les provinces et tous les ministres. [...] Vous rendez-vous compte de l’impact fondamental sur toute la classe politique?», a demandé la bloquiste Maria Mourani.

Le directeur du SCRS estime que Mme Mourani «exagère» et qu’il n’a, au contraire, qu’évoqué une évidence. «S’il doit y avoir de l’ingérence politique, on pourrait se demander où pourra se trouver cette ingérence. Ce n’est pas auprès du type qui livre les lettres ou celui qui travaille dans le métro. C’est clairement dans la classe politique du Canada. Ça ne devrait pas être une surprise! Mais je regrette d’avoir fait des remarques dans le domaine public et ce n’est pas quelque chose que je referai à l’avenir.»

Le Bloc québécois et le NPD ont demandé la démission de M. Fadden. Celui-ci n’a pas l’intention de l’offrir. Le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, a seulement indiqué que «M. Fadden a eu l’occasion de clarifier ses commentaires. Son témoignage parle de lui-même». Le Parti libéral a semblé satisfait des clarifications apportées par le directeur du SCRS.

Autant le Bloc québécois que le NPD ont accusé Richard Fadden de trop parler, ce qui ne les a pas empêchés de lui demander d’en dire encore davantage: quelles provinces ou villes étaient sous influence, quelle était l’origine ethnique des politiciens concernés, etc.

Comment expliquer cette apparente contradiction? Selon le néodémocrate Don Davies, à partir du moment où des accusations sont lancées, mieux vaut qu’elles soient précisées, sinon, le doute plane sur tout le monde.

Après ce témoignage, un groupe de dissidents chinois ont tenu une conférence de presse pour citer des cas où le gouvernement de Beijing a tenté d’influencer les politiciens d’ici. Ils ne déplorent pas le fait que M. Fadden ait pu jeter un doute sur la loyauté des politiciens canadiens d’origine chinoise. Au contraire. «Nous croyons qu’il a rendu service au public», a déclaré Lucy Zhou, parce qu’il a ainsi mis cet enjeu à l’ordre du jour.
 
 
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  • Sanzalure
    Inscrit
    mardi 6 juillet 2010 06h29
    Si on savait tout ce qu'on ne sait pas...
    La pire menace contre l'humanité, ça a toujours été et ça demeure l'ignorance. Moi je vois ça d'un bon oeil que les personnes qui en savent plus que les autres disent ce qu'elles savent. Plus nous serons conscient de la situation réelle, aussi difficille soit-elle, mieux nous pourrons agir pour nous en sortir.

    Serge Grenier

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    mardi 6 juillet 2010 08h00
    Fadden, le marchand d'alumettes
    En ne précisant pas quels seraient les politicens sous influence étrangère et surtout le nom des pays impliqués, il laisse toute sortes de rumeurs circuler, non pas seulement dans l,arène politique, mais sur la toile et précisément sur les sites xénophobes ou encore chez Point de bascule. site qui propage de façon abject la désinformation, la haine et les amalgames gratuits contre l,ensemble des Musulmans. Fadden vend les alumettes et les islamophobes de Point de bascule les font craquer dans des entrepôts remplis de bidons d'essence.

    Voilà pourquoi le NPD et le Bloc québécois doivent poursuivre leur travail pour faire davantage parler afin de savoir réellement ce qui se cache dans cette histoire avant que les dégâts sur certaines communautés prennent de l'ampleur.

  • ARKA777
    Abonné
    mardi 6 juillet 2010 09h17
    Discrédité le groupe des politiciens
    Pourtant, le discrédit sur la "classe" politique a été jeté depuis longtemps. En fait, on est arrivé à la phase oû les rats se mangent entre eux. Pendant ce temps, le peuple n'a qu'à regarder le spectacle politique et réfléchir à ce qu'il (le peuple) doit faire.

  • François Dugal
    Abonné
    mardi 6 juillet 2010 10h07
    Les guerriers de l'ombre.
    Entendons-nous d'entrée sur cette prémisse: le Canada est le «plusse meilleur» pays du monde; en plus de l'eau potable, il recèle de tout les matériaux stratégiques inimaginables.
    Ceci étant établi, notre beau pays suscite la convoitise de tous. Une chance que nous avons notre vaillant SCRS pour nous protéger.
    M. Fadden, notre «Smiley» national, veille au grain. Grâce à lui et à ses valeureux guerriers de l'ombre, nous pouvons dormir tranquille et profiter sans arrière pensée du pays que Dieu (présent dans le préambule de notre constitution) nous a si généreusement donné.

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    mardi 6 juillet 2010 11h26
    L’ÉVIDENCE RÉVÉLÉE

    Le grand patron des espions canadiens, Richard B. Fadden, a eu raison de communiquer ces informations au public. Cela démontre qu'il considère ce dernier digne de confiance.
    Mais, après avoir examiner les courbettes du PM Harper devant les vieux rabbins dernièrement, (dans le contexte houleux des nouvelles constructions de colonies juives dans Jérusalem Est), cela ne faisait plus aucun doute à l'être conscient.

    Jean Rousseau, B. Ps
    spécialiste des ressources humaines
    directeur de L'Académie, (niveau internationnal)
    courriel : jeanrousseau@live.ca

  • Malartic
    Inscrit
    mercredi 7 juillet 2010 12h37
    Espionage au Canada
    J'avais entendu l'entrevue de M. Fadden à CBC et sur le moment j'ai
    trouvé la révélation sur l'activité étrangère au Canada plutôt banale.
    Nos politiciens se sont toutefois montrés à la hauteur de leur réputation: le Canada est le "plusse meilleur" pays du monde. Tout le monde est bon, personne ne nous veut du mal, et ainsi de suite...
    Ce qui choque nos politiciens c'est de se faire dire, encore une fois, qu'il y a des "pommes pourrites" d'une autre forme par mis eux, et... on ne peut porter d'accusation directe, dons tout le monde est suspect...
    Il serait bon de savoir qu'avec chaque embassade ou consulat il y a un groupe relié à "l'intelligence". Ce groupe travaille à faire des contact dans tous les pays qui ont des embassade ou consulat dans le pays hôte.

  • Kebekwa
    Inscrit
    mercredi 7 juillet 2010 12h57
    Ce que Fadden de dit pas .....
    Moi aussi je suis heureux que M. Fadden ait "attacher le grelot". Et je demeure convaincu qu'il s'est bien gardé d'en dire davantage. Il est des choses qui ne peuvent hélas pas être dites. Nous avons tous les jours la preuve (Droits et Démocratie; Kairos, CRDI, ...) que l'emprise d'intérêts étrangers sur l'actuel gouvernement fédéral n'a jamais été aussi grande.

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